Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Contentieux palestino-israélien

Une revendication palestinienne nulle et non avenue, M. Macina
19/08/2003

Causerie radiophonique de Menahem Macina, sur Aroutz 7 en français, le 19 août 2003


En ces jours sombres, où les revendications de nos ennemis pleuvent dru, et où les dirigeants palestiniens s'efforcent, avec rage, de nous discréditer aux yeux du monde, une accusation particulièrement grave est formulée à l'encontre d'Israël. Quoique dépourvue de toute base légale, elle n'en a pas moins un impact redoutable sur l'opinion publique. Les Israéliens refusent aux Palestiniens le 'droit', prétendument imprescriptible, de revenir dans les lieux où quelques centaines de milliers d'entre eux vécurent, avant la guerre d'agression arabe de 1948.

Je vous épargnerai les arguments juridiques et historiques qui démontrent l'inanité de ce prétendu 'droit de retour' (1). Dans cette brève chronique radiophonique, je recourrai à un argument à usage strictement interne, typiquement juif, talmudique même. Histoire de nous remonter un peu le moral.

Au chapitre XI du Traité Sanhedrin du Talmud de Babylone (p. 91 b), nous est contée l'histoire suivante.

Les Egyptiens vinrent présenter des revendications contre Israël devant Alexandre de Macédoine. Ils dirent [citant le Livre de l'Exode] : "Il est écrit : «Et l'Eternel fit trouver grâce à ce peuple aux yeux des Egyptiens et ils leur ont prêté [des objets d'or et d'argent]». Rendez-nous l'or et l'argent que vous nous avez pris". (Ex 12, 36).
Gebiah, fils de Pesiah, […] leur demanda : "D'où apportez-vous votre preuve ?" Ils lui répondirent : "De la Torah". Il leur dit : "Moi aussi je ne vous apporte ma preuve que de la Torah, ainsi qu'il est dit : «Et la durée du séjour durant lequel les enfants d'Israël demeurèrent en Egypte fut de quatre cent trente années.» (Ex 12, 40).
Donnez-nous le salaire de six cent mille hommes que vous avez asservis en Egypte pendant quatre cent trente ans."

La parabole est étonnamment consonante avec la revendication palestinienne à l'encontre d'Israël. J'en oserai la transposition suivante.

Les Palestiniens sont venus présenter des revendications contre Israël devant l'ONU. Ils ont dit : "Il est écrit : «… il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les Gouvernements ou autorités responsables… »
Laissez donc nos réfugiés revenir dans leurs foyers d'antan, ou versez-leur des compensations financières équivalentes au dommage subi."

Un illustre inconnu juif – en l'occurrence, votre serviteur – leur a demandé : "D'où apportez-vous votre preuve ?" Ils ont répondu : "De la Résolution 194 de l'Assemblée Générale des Nations unies du 11 décembre 1948". Je leur ai dit: "Moi aussi je ne vous apporte ma preuve que de la Résolution 194, ainsi qu'il est écrit : «....des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé.»
Qu'on indemnise donc, sur les mêmes bases, les quelque 856.000 Juifs des pays arabes qui furent expulsés et spoliés de tous leurs biens, de 1947 au début des années 50.


On le sait, les Palestiniens prétendent que les quelque 800.000 Arabes de Palestine devenus réfugiés, par départ volontaire ou suite à des expulsions, lors de l'agression arabe de 1948, sont devenus, par croissance naturelle, 4 millions d'ayant droit au rapatriement ou à indemnisation.

A supposer – ce qui serait à la fois injuste et immoral - qu'Israël soit réputé responsable, et donc redevable vis-à-vis des réfugiés palestiniens, on ne voit pas pourquoi ce ratio ne s'appliquerait pas aux quelque 800.000 expulsés juifs de la même époque.

Et comme, à l'évidence, deux dettes équivalentes s'annulent, la revendication palestinienne serait réputée pour ce qu'elle est déjà, en son principe, à savoir : nulle et non avenue.

----------------------

(1) On peut lire plusieurs analyses compétentes sur le sujet dans notre rubrique "Droit de retour palestinien" : www.upjf.org/documents/forumdisplay.php?s=&forumid=28. Et voir, en particulier :
-----------------------

Menahem Macina

© upjf.org et M. Macina



Mis en ligne le 19 août 2003 sur le site www.upjf.org