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Contentieux palestino-israélien

Le mensonge arabe dont le temps est venu, D. Gutmann
24/04/2004

FrontPageMagazine.com, 21 avril, 2004

Traduction française par Menahem Macina pour upjf.org

Original anglais : www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=12879

Pour soutenir ses demandes de rapatriement en Israël de la totalité des réfugiés arabes et de leurs descendants, la direction palestinienne a, pendant plus de cinquante ans, activement tissé l'histoire de la "Naqba" [catastrophe] des Palestiniens, leur fuite en catastrophe de Palestine entre 1947 et 1948, et ce dans tous les médias qui leur étaient accessibles. Cette version des événements, remplie de la brutalité juive et de la victimisation arabe, est un mensonge dont le temps est venu, une version à laquelle les non-Juifs comme les Juifs croient presque universellement.

C'est devenu la plus récente diffamation meurtrière contre le Peuple du Livre; et, comme les autres libelles, celui-ci ne disparaîtra jamais. Pourtant, beaucoup de Pacifistes juifs – tant israéliens qu'américains - ont admis le récit de la Naqba, et les auteurs et intellectuels juifs comptent maintenant parmi ses principaux partisans. C'est le cas de l'œuvre juive de propagande de la "Nakba", que constitue l'ouvrage du gauchiste israélien, Benny Morris, intitulé "Retour sur les racines du problème des réfugiés de Palestine". Dans ce livre, Morris se concentre en particulier sur l'opération Hiram, la campagne israélienne entreprise pour débarrasser la Galilée des combattants étrangers qui s'étaient infiltrés dans les villages arabes de la région. Il prétend que ces villages ont été le théâtre de nombreux massacres, d'expulsions et de viols, commis par des troupes juives.

Morris a amorcé récemment un virage à droite, en ce qu'il justifie les expulsions qu'il rapporte. Selon sa manière actuelle de voir les choses, l'Etat israélien nouvellement né n'eût pu survivre s'il n'avait été purgé d'une population arabe hostile. Mais soyons réalistes, peu importe que Morris soit de gauche ou de droite, faucon ou colombe. Quelle que soit sa couleur politique, les propagandistes palestiniens glaneront dans son analyse ce dont ils ont besoin pour corroborer substantiellement leur mythe de la Naqba et leur exigence radicale d'un rapatriement de tous les réfugiés et de leurs descendants au coeur d'Israël.

J'ai été témoin de l'époque de la Naqba, et je suis dans l'obligation de m'élever contre une telle volée de coups administrés à Israël par les Palestiniens et leurs alliés juifs. Jeune recrue dans le Palmach, puis dans les forces israéliennes régulières, durant la guerre d'indépendance, je n'avais ni les qualifications militaires ni la maîtrise de l'hébreu, et j'ai probablement causé plus d'ennui à mes unités que je n'en valais la peine. Ma véritable utilité pour Israël ne peut se révéler que 53 ans plus tard. En raison de ce service accompli quand j'étais jeune homme, je peux -maintenant que le mythe palestinien est en train d'acquérir un statut juridique de vérité irréfragable, même pour des Juifs – donner mon témoignage d'homme âgé contre le mensonge de la Naqba.

Voici quelques faits que je peux confirmer sous serment.

  1. Ce sont les Palestiniens qui ont pris l'initiative de la guerre qui a mené à leur Naqba. Des unités de Tel Aviv ont, par la suite, conquis Jaffa, mais ce sont les combattants arabes dans Jaffa qui, du haut des minarets de leurs mosquées, ont tiré sur Tel Aviv et transformé les zones interurbaines en champ de bataille.
  2. Les premiers réfugiés n'ont pas été des Arabes, mais des juifs yéménites, de la zone de No-Man's Land de Tel Aviv-Jaffa, que l'agression arabe a créée. À la différence des Palestiniens, leur statut n'était que celui de réfugié provisoire. Au lieu de les refouler et de les abandonner dans des camps de réfugiés sordides, leurs compatriotes ashkénazes les ont recueillis dans leurs quartiers. La plupart des Yéménites campèrent dans des couloirs d'appartements de Tel Aviv, et utilisèrent la cuisine et les équipements sanitaires des résidents permanents. Quand Jaffa tomba aux mains des soldats de l'Irgoun, ils retournèrent chez eux.
  3. Les Palestiniens ont fui pour de multiples raisons et du fait de nombreuses menaces, réelles ou imaginaires, et des milliers et des milliers d'entre eux ont fui sans que personne ne les y ait contraints. A titre d'exemple, quand mon unité a occupé le commissariat de police britannique abandonné de Sidn'a Ali, dans la Plaine du Sharon, des troupes britanniques étaient encore postées à proximité, et nous avons dû nous exercer et patrouiller en dissimulant nos quelques pistolets (désuets ou bricolés). Cependant, les Arabes de Sidn'a Ali étaient déjà loin, si bien que nous n'aurions pu les chasser, outre que les Britanniques étaient encore là pour les protéger de nous. Et inutile de préciser, qu'en l'absence de toute cible palestinienne (sauf quelques chameaux abandonnés) nous n'avons commis aucun viol. J'ignore pourquoi les gens de Sidn'a Ali ont fui, mais ils ont laissé un gardien sur place, comme un signe de leur intention de revenir, une fois que ces juifs empoisonnants auraient été ethniquement éliminés. Ils ne se sont pas sauvés par crainte des bandits juifs, mais en raison d'un calcul rationnel et logique: les juifs vont être exterminés; nous laissons la voie libre à l'exécution de cette opération malpropre et dangereuse, et nous reviendrons ensuite reprendre possession de nos maisons, et nous approprier, du même coup, ces agréables biens juifs.

    Ce fut un mauvais calcul, et les Palestiniens sont encore torturés par la honte persistante de leur fuite. Si leur honte est aussi grande, c'est que, à leurs yeux, fuir devant des juifs, c'est comme fuir devant des femmes; c'est aussi parce qu'il y a eu tellement de Sidn'a Ali. Pour soulager leur honte, ils ne cessent d'exiger à grands cris que leur déplaisante histoire soit réécrite et inversée.

    A l'époque où je n'étais témoin d'aucune atrocité israélienne dans la plaine côtière du Sharon, Ralph Lowenstein, volontaire américain en '48, et aujourd'hui un professeur de journalisme à l'Université de Floride, réfute les allégations de Morris, selon lesquelles les troupes juives, engagées dans l'opération Hiram, auraient commis des massacres et des épurations ethniques dans les Monts de Galilée. Le Prof. Lowenstein était alors un jeune conducteur de véhicule de combat semi-tracté au 79ème bataillon de la 7ème brigade, la formation qui constituait le fer de lance de l'opération Hiram. Comme moi, il réfute les allégations de crimes de guerre juifs, avancés par Morris:

    "Je n'ai jamais vu rien de tel, que ce soit durant la prétendue perpétration de ces faits, ou après leur déroulement. Après la ville de Jish, à population mixte chrétienne et musulmane - premier endroit que nous avons attaqué -, j'ai pu voir pratiquement tous les villages arabes sur une ligne qui va de Safed et Kadesh, sur la frontière libanaise, lors de l'opération Hiram, et la situation était la même partout: des villages peuplés d'Arabes chrétiens sains et saufs ; des villages musulmans abandonnés, longtemps avant que des troupes israéliennes y soient arrivées.

    Il y avait alors des rumeurs selon lesquelles un massacre s'était produit dans un village, et, une semaine après notre retour du combat, a été distribuée dans chaque poste militaire une directive, rédigée en anglais et en hébreu, faisant état de ces rumeurs et avertissant des graves conséquences pour tout conscrit ou officier convaincus d'être impliqués dans de tels incidents. Il n'y avait aucune allusion à des viols ni à un nettoyage ethnique, mais uniquement à un massacre isolé, commis dans le feu du combat".

    Entre parenthèses, l'appétit israélien pour le viol et le carnage, que Morris découvre, n'a été ni évoqué ni diffusé en '48, en termes racistes ou diabolisateurs – rien de semblable au "Tape le Jap" que nous, Américains, nous sommes permis durant la Seconde Guerre Mondiale. En fait, j'ai été étonné par le caractère neutre et impersonnel des termes employés pour décrire l'ennemi: uniquement "Aravim" (terme hébreu, au pluriel, pour "Arabes"), et autres mots semblables. La même litote laconique est la norme israélienne aujourd'hui.

    Tout méfait commis par des soldats de l'Armée Israélienne de Défense, durant la guerre d'indépendance, s'est produit sur la toile des événements de l'Holocauste et des appétits des Arabes eux-mêmes. C'est à peine quelques semaines après la phase initiale et irrégulière de la guerre, que les massacres ont commencé: le meurtre collectif, par leurs camarades arabes de travail, d'environ 40 ouvriers juifs, dans les raffineries de Haïfa; le massacre de professeurs de médecine et d'infirmières de l'Université Hébraïque sur la route du Mont Scopus; celui de nombreux combattants du Palmach et de membres de kibboutzim du Goush Etzion; la décimation des convois de camions en route vers Jérusalem. Mais c'est après le massacre que le véritable plaisir commençait. La manière arabe de faire la guerre consiste, à la lettre, à "féminiser" l'ennemi. Et en '47-'48, les "Aravim" châtraient et mutilaient, d'une manière que je ne décrirai pas ici, les soldats juifs tués ou capturés. A ce propos, des "portraits" de leurs victimes juives, - garçons et filles – circulaient ensuite dans la Jérusalem arabe.

    Ce qui précède peut se lire comme de la propagande du type "Viols de religieuses par les Huns", et je n'ai moi-même jamais vu de cadavre juif mutilé. Mais j'ai vu des photographies; et je puis dire que nos officiers du Palmach – des hommes plutôt enclins à la sous-estimation qu'à l'hystérie - nous donnaient pour consigne, quand nous menions une action, de toujours garder une balle ou une grenade pour nous-mêmes, afin de ne pas tomber vivant dans les mains d'irréguliers arabes. Il n'était pas question d'être fait prisonnier. Ce que confirme, de manière indépendante, le Professeur Lowenstein : "Nous savions tous alors que si nous, volontaires étrangers, étions capturés, nos vies ne vaudraient pas grand chose. On s'attendait à des atrocités arabes, et il y en a eu".

    En bref, trois ans à peine après l'Holocauste, les Arabes palestiniens, menés par le conseiller d'Hitler en matière d'Holocauste, Haj-Amin Al-Husseini, Mufti de Jérusalem, ont joyeusement promis un transfert - pas seulement de population, mais de génocide - et nous ont montré, tout à fait nettement, que les partisans [du Mufti] avaient la capacité et le désir ardent de le réaliser.

    Les Juifs de la Palestine ont répondu comme un peuple supérieur en nombre et mieux armé doit répondre: ils ont "nettoyé" les communautés arabes qui étaient devenues – ou risquaient de devenir - les instruments de la reprise de l'Holocauste. Quelques exemples :
    • Ils ont expulsé les habitants de Tireh, qui avaient la mauvaise habitude de tirer sans discernement sur les véhicules juifs circulant sur la route de Haifa à Tel Aviv.
    • Ils ont expulsé les habitants de Castel et d'autres villages qui ensanglantaient la route de Jerusalem à Tel Aviv.
    • Afin d'ouvrir les routes vers les marchés d'armes et les camps de réfugiés de l'Europe, ils ont pris le port de Haïfa.
    • Pour libérer Tel Aviv des tirs incessants, ils ont pris Jaffa.
    • Pour couper les Palestiniens de leurs fournisseurs d'armes libanais et syriens, ils ont lancé l'opération Hiram et pris possession de la Galilée.
    L'autre grand contexte dans lequel se déroulait l'action israélienne était naturellement la guerre elle-même. En temps de guerre, le pouvoir de la conscience individuelle est remis à l'état, qui fait de l'acte de tuer un devoir moral, alors que le plaisir de tuer est l'apanage du soldat individuel. Résultat: on peut massacrer avec bonne conscience. Telle est la recette humaine, plutôt que juive, des massacres courants en temps de guerre. Nous avons déjà vu ce scénario auparavant. Ainsi, alors que la Seconde Guerre Mondiale s'amplifiait, la RAF causait, dans les villes allemandes, des ravages d'enfer très supérieurs à tout ce que la Luftwaffe avait jamais commis contre les villes de Londres, Rotterdam, Coventry, Varsovie, et Guernica réunies. Pourtant, ni la population, ni même la gauche britanniques n'ont protesté. Il n'y a pas eu de rassemblements frénétiques pour exiger qu'il soit mis fin au déluge de feu des bombardements de Hambourg, Dresde, ou Berlin. Et pourquoi ? Parce que c'est Hitler qui avait pris l'initiative de la guerre et des bombardements de terreur, et les maudits Allemands n'avaient eu que la monnaie de leur pièce.

    Selon la même logique, les bombardements incendiaires et atomiques des villes japonaises ont été acceptés aux Etats-Unis, comme une rétribution partielle de l'attaque de Pearl Harbor. C'est le même sinistre contexte qui 'légitimise' également les "crimes de guerre" israéliens: Nos cousins palestiniens ont déclenché la guerre de '48, et ce faisant, ils ont déchaîné les dispositions guerrières d'une nation de survivants, d'un peuple sans aucun lieu de refuge, qui avait refoulé sa fureur durant des millénaires, et avait maintenant pleinement acquis ce droit. Citons encore le Professeur Lowenstein: "Parmi nos soldats, beaucoup avaient été récemment des Personnes Déplacées, des survivants de l'Holocauste, qui avaient peu de respect pour les finesses de la civilisation, voire pour la vie elle-même".

    Trois ans à peine s'étaient écoulés depuis l'Holocauste, et nous découvrions encore la pleine ampleur de l'horreur, de la bouche d'enfants qui nous venaient des camps de Personnes Déplacées de l'Europe, des camps-prisons de Chypre, et des tombes d'innombrables Anne Franck dans le ciel polonais. Leurs voix se mêlaient au verbiage des Palestiniens, qui décrivaient passionnément, avec l'allégresse innocente qu'ils ressentaient à la perspective du massacre qu'ils allaient faire de ce groupe particulier de Yids. Et maintenant, cinquante-cinq ans plus tard, toutes les "belles âmes" - Quakers, Unitariens, Société des Amis, B'Tselem – sont tellement déçues des Israéliens de '48. Pourquoi ? Parce que, en tant que nation de victimes, ils n'ont pas "fait preuve d'empathie", ils "n'ont pas perçu la souffrance de l'Arabe". Damnation ! Ils ont bien fait. Le plus étonnant, c'est la relative modération dont les Juifs ont réellement fait preuve.

    Enfin, ce n'est pas chercher une excuse que d'affirmer qu'en prenant l'initiative de la guerre, les Aravim [Arabes] portent la responsabilité suprême des tueries des deux camps. Ignorer ce contexte de la Guerre d'Indépendance, en déplorant uniquement des "crimes de guerre" juifs, c'est diaboliser les Israéliens. Si l'on fait abstraction de ces contextes incontournables, les massacres israéliens apparaissent comme uniques en leur genre. En tant que crimes uniques, ils dominent le paysage historique. Ils rejoignent les autres accusations meurtrières: le Juif assassin du Christ ; le Juif qui confectionne des pains azymes avec du sang [de non-Juifs] ; le Juif des 'Protocoles des Sages de Sion' ("Brrrr ! Shylock ! [1] Et il est armé!"). Mais si on se replace dans le contexte de la guerre, ce qui apparaît dans l'absolu comme des horreurs spécifiquement juives, de nouveaux assassinats du Christ, est ramené à de plus banales proportions, pour redevenir une partie du paysage humain global, où, de toutes parts, on glisse sur le sang.

    Tout peuple qui prend activement part à l'histoire, se salit les mains. Mais les mains les plus sales sont celles des Belles Âmes que leur conscience 'immaculée' empêche de combattre même leurs propres meurtriers. Qu'ils examinent leur propre moralité, et n'accablent pas de leur religiosité tortueuse les Israéliens contraints à la guerre.

    David Gutmann

    © FrontPageMagazine.com pour l'original anglais et upjf.org, pour la version française


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    Note de la Rédaction d'upjf.org

    [1] Shylock, type de l'usurier juif, immortalisé par Shakespeare.

    Mis en ligne le 24 avril 2004 sur le site www.upjf.org