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Conflits, terrorisme, oppression, etc.

Arafat relance, encore une fois, l'Intifada, J.-P. Bensimon
16/05/2004

15 mai 2004

www.objectif-info.com/Processus/relance.htm

  • Alors que le gouvernement israélien s'échine, avec le plan de désengagement de Sharon, à trouver des solutions de coexistence, séparée mais pacifique, avec les Palestiniens auxquels il reconnaît officiellement le droit à un Etat ;
  • alors que les Américains, dans leur quête désespérée d'un partenaire palestinien, envoient, toute honte bue, Condolezza Rice s'entretenir, en Europe, avec le premier ministre de l'Autorité palestinienne Ahmed Qoreï, dit Abou Ala, bien que ce dernier n'ait rien entrepris pour mettre en œuvre le premier article de la Feuille de route qui lui fait obligation de démanteler les structures terroristes ;
  • alors que le Quartet échafaude des projets dérivés du plan d'Ariel Sharon, pour assurer une certaine gestion de la Bande de Gaza, après l'évacuation prévue des implantations israéliennes,
Arafat relance l'Intifada.

Ce jour, le 15 mai, en commémoration de ce que la geste palestinienne appelle la Nakba, la catastrophe, qui n'est rien d'autre que la création de l'Etat d'Israël, Arafat a fait des déclarations qui disent avec la plus grande limpidité, l'essentiel de son programme politique.

Hannah Arendt avait, en son temps, souligné ce paradoxe : alors que les Etats totalitaires organisent un blocus étanche de l'information quotidienne délivrée aux peuples qu'ils dominent, par contre, ils expriment toujours leurs intentions stratégiques avec la plus grande clarté et la plus grande franchise. Les nazis et les communistes au pouvoir n'ont jamais rien caché de leurs desseins à long terme.

Arafat donc, n'échappe pas à la règle des régimes totalitaires. Dans son discours à la télévision palestinienne, il a averti que « Le droit au retour des réfugiés palestiniens est un droit sacré, confirmé par les lois internationales » (*). C'est-à-dire qu'il a attribué à ce « retour » un caractère sacré, qui relève du divin, sur quoi l'homme ne peut interférer sans s'opposer à Allah.

Ledit « retour », c'est la réimplantation en Israël de trois millions et demi d'enfants et de petits enfants des réfugiés de 1948 et de tous ceux qui ont été enregistrés comme tels pour profiter des aides financières de l'UNRWA. Autrement dit, Arafat proclame non négociable la submersion d'Israël sous un raz-de-marée de population étrangère arabe, et sa destruction ipso facto comme Etat juif.

En un mot, Arafat annonce, ce 15 mai 2004, que la destruction d'Israël n'est pas négociable.

Après la rupture des tractations de Camp David, en juillet 2000, pour les mêmes raisons, c'est une nouvelle déclaration de guerre, au moment où le reste du monde tente désespérément de rechercher une issue et l'apaisement – ou, pour certains, de faire mine de le faire. « Pas de paix, pas de stabilité sans le droit au retour », disent, au même moment, les manifestants encadrés au centre ville de Ramallah. Et pour faire bonne mesure, ils agitent des cartons sur lesquels sont inscrits les noms de leurs villages d'origine, qui se trouvent désormais en Israël. Dans la Bande de Gaza, les mêmes manifestants encadrés brandissent de vieilles clés, symbole de leur propriété sur des maisons restées en territoire israélien et ils crient : « Nous retournerons sur notre terre ». Peut-on faire plus clair ?

Bien qu'en Europe, on lui appose l'étiquette singulière de dirigeant laïc, Arafat, en bon islamiste, cite le Coran: « Cherchez de quelle force vous disposez pour terroriser votre ennemi et l'ennemi de Dieu ».

Pour lancer l'Intifada de septembre 2000, les phalanges d'Arafat avaient appelé à sauver la mosquée Al Aqsa, que les sionistes s'apprêtaient, selon elles, à jeter bas pour reconstruire le Temple juif. Les émeutes inévitables avaient alors éclaté, et les Palestiniens avaient pu baptiser l'ouverture des hostilités du nom d'Intifada d'Al Aqsa.

Cette fois encore, la référence de la guerre, c'est le Coran, et Arafat en appelle à Allah pour engager son peuple à « terroriser » Israël.

Arafat a réaffirmé aujourd'hui son option de la lutte armée pour détruire Israël.

Et l'Europe, et Jacques Chirac, vont-ils continuer à marteler qu'il est le représentant élu et légitime des Palestiniens ? Autant renvoyer la paix aux calendes grecques et proclamer que l'on soutient la guerre d'Arafat.

Ou bien vont-ils enfin le désigner comme le principal obstacle à tout règlement pacifique au Proche-Orient ?

Jean-Pierre Bensimon

© Objectif-Info.com


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(*) Les citations de ce texte sont extraites de deux dépêches d'agence (Associated Press et AFP) du samedi 15 mai 2004.

© upjf.org

Mis en ligne le 17 mai 2004 sur le site www.upjf.org