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Menahem Macina

Saada et Coursade sur Malbrunot: une différence éthique, M. Macina
25/12/2004

25 décembre 2004

Le site d'Arouts7 en français a mis en ligne, le 23 décembre 2004, un article d'Ilan Saada, intitulé "Unanimes dans la bêtise". Ce texte exprime des jugements de valeur extrêmement sévères concernant les journalistes Chesnot et Malbrunot.

On se souvient sans doute que j'ai exprimé, avec vigueur, mon scandale suite à la mise en ligne, sur le site de Metula News Agency, d'un article d'un certain Jérôme Coursade, divulguant, durant la captivité de George Malbrunot, des faits touchant à la vie privée de ce journaliste. J'avais bien précisé que je n'avais ni qualité ni information me permettant d'infirmer les accusations portées contre Malbrunot, et que ce que je flétrissais, c'était le procédé qui consiste à répandre des rumeurs (fondées ou non) sur une personne captive et en danger de mort.

À ma grande surprise, je fus alors accusé de cautionner un ennemi d'Israël, et ma critique de l'attitude de Metula me valut des dizaines d'e-mails de reproche, dont certains fort injurieux.

Il n'est donc pas étonnant que je reçoive aujourd'hui le message triomphant d'un des internautes qui se sont le plus acharnés à me prouver que j'avais eu tort de réagir comme je l'avais fait. Saada, m'écrit-il, en substance aujourd'hui, confirme le bien-fondé de ce qu'a publié la Ména sur le compte de Malbrunot, et que vous, vous avez dénoncé. Et de me citer la phrase qui lui semble étayer ses dires : « Il [Malbrunot] a avoué à plusieurs reprises à ses camarades que son activisme pro-arabe remplissait deux objectifs : se faire connaître et gagner beaucoup d'argent. »

Quand bien même Saada se ferait ici l'écho des dires de la Ména – ce qui est tout sauf prouvé -, il n'en reste pas moins que la grande différence entre son article et celui de la Ména, c'est que Saada, sachant ce qu'il sait, et ne s'étant pas privé, dans le passé, de combattre celui qu'il définit comme un « désinformateur patenté qui exprimait son exécration d'Israël », s'est bien gardé d'exprimer publiquement ses griefs durant sa captivité, et n'a pas colporté des propos diffamateurs, comme l'a fait le chroniqueur de la Ména.

Et c'est là une importante différence de niveau éthique et déontologique. Elle confirme le bien-fondé de mon attitude, si mal comprise alors : on ne traîne pas dans la boue quelqu'un qui se trouve en danger de mort, surtout en jetant en pâture au public des faits, non avérés, qui ressortissent à la vie privée de celui dont on veut, à tort ou à raison, ruiner la réputation (1).

Dans son article, Ilan Saada rappelle qu'il a « eu l'occasion, sur les ondes d'Arouts7, de disséquer les articles et reportages de Georges Malbrunot au début de la vague de terreur palestinienne. Il dit s'être acharné contre ce désinformateur patenté qui exprimait son exécration d'Israël. » Auditeur assidu, alors, de cette radio - empêchée d'émettre depuis -, je me souviens, en effet, de certaines de ces diatribes d'Ilan Saada, et j'avais d'autant moins de raison de douter de ses propos, que j'appréciais déjà les prestations de ce journaliste sur Radio Shalom.

Ceci étant dit, malgré leur vigueur et leur sévérité, je ne pense pas que l'on puisse mettre sur le même plan les propos mis en ligne par la Ména et ceux d'Ilan Saada. Ce dernier conclut, en effet, son éditorial en ces termes :

« Que ceci soit clair, en aucun cas je n'aurais souhaité qu'ils [les deux otages] mourussent, égorgés comme de vulgaires poulets. Toutefois, je me demande ce que leur séjour dans l'enfer islamiste leur a apporté. Du fait de leur proximité avec la gente arabe, s'ils ont été victimes du syndrome de Stockholm et ont jeté leur dévolu sur leurs ravisseurs, effectivement, cette expérience ne les a pas enrichis. Cependant, s'ils ont été touchés par une grâce inexplicable et ont pris conscience de l'absurdité et de l'ignominie du message islamiste, alors ils auront joui d'un sauvetage spirituel bien plus significatif que ne l'a été leur délivrance physique. Dans ce cas l'aventure aurait valu la peine d'être vécue et le monde aurait récupéré deux de ses fils. »

Et même s'il ajoute : « Mais, sans pouvoir vous expliquer pourquoi, j'en doute beaucoup », il a au moins le mérite et l'avantage sur le détracteur de la Ména, d'avoir gardé le silence sur ses griefs durant la captivité du journaliste dont il critique violemment les procédés.

Il faut lui en savoir gré.

Menahem Macina

© upjf.org


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Note

(1) Ce qui était précisément le cas de l'article que j'avais dénoncé. Illustration : « [À Jérusalem] Malbrunot ne s'aventurait du côté juif qu'en cas d'absolue nécessité ou pour aller draguer de jeunes Israéliennes. Cette occupation, qui le poussait même jusqu'à Tel Aviv, avait, je m'en souviens, quelque chose d'obsessif. Une fois, au Café Rimon, alors qu'il entreprenait une jeune et jolie avocate, je lui avais cassé volontairement ses effets, tant il me semblait que la jeune femme devait savoir à quel point extrême Georges détestait son pays, avant d'accepter de l'embrasser. Toute autre attitude de ma part m'aurait semblée [sic] contre-nature […] Tous les jours, Georges envoyait le même article à plusieurs employeurs, se contentant de changer, ici un mot, là une formule. À peine ses papiers étaient-ils dispatchés, qu'il sortait un petit carnet, sur lequel il comptabilisait l'argent qui lui manquait encore pour s'acheter un appartement, chez lui, à Montaiguët-en-Forez, dans l'Allier […] Alors qu'il venait de ranger son calepin de comptes, je lui demandai : "Ça paie bien d'écrire d'une façon aussi partisane ? - C'est très demandé, me répondit mon camarade, cynique, non seulement ça rapporte mais ça me fait connaître". » ("Mon camarade Malbrunot, l'ami des Arabes" (info # 013108/4) © Metula News Agency 31/08/2004])


Mis en ligne le 25 décembre 2004 sur le site www.upjf.org.