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Éditorialistes
Menahem Macina

Autodéfense médiatique face à ceux qui déshonorent les mots pour déshonorer les idées
01/07/2002

13/08/04

Dans le climat actuel d'attaques de presse, aussi sauvages que mensongères, dont sont l'objet le sionisme, l'Etat d'Israël, ses dirigeants politiques et son armée, cet article nous a semblé d'une particulière actualité. C'est pourquoi nous le remettons en course. M. Macina.

01/07/02

Ces derniers mois, tant sur ce site que dans mes causeries, je ne cesse de répondre à celles et ceux qui se plaignent de la diabolisation quasi universelle dont sont victimes Israël et l'idéologie sioniste, surtout dans la propagande palestinienne et ses suppôts européens : "Cessez de vous plaindre : défendez-vous !".

A en croire ces défaitistes, les médias se fichent éperdument des protestations des Juifs et des amis d'Israël. "Ils sont intouchables", se lamentent nos Juifs. "Vous pouvez toujours leur adresser des lettres ou des messages e-mail, ils ne les publient jamais. La plupart du temps, nos plaintes vont directement à la poubelle." Bref, à en croire ces découragés, il n'y a rien à faire.

Et c'est pire encore lorsqu'au chœur des défaitistes se joignent les voix des "belles âmes", qui estiment qu'il est "inadmissible de faire pression sur les médias". Et celles-ci d'insister : "D'ailleurs, c'est contreproductif : nos protestations ne font qu'ancrer ces journalistes dans leur certitude que nous agissons comme des lobbies, et cela les révulse. En fin de compte, ils nous détestent encore davantage".

En général, ces jérémiades se terminent par l'antienne véhiculée par des articles en vogue (dont plusieurs sont dus à des Juifs et même à des Israéliens) : "Israël a perdu la guerre des médias". Etrange défaite que celle qui résulte d'un combat qui n'a pas eu lieu !

Et si vous tentez d'opposer à cet esprit de Munich juif les succès remarquables de certaines campagnes récentes d'autodéfense médiatique, aux USA (voir: "When CNN is the story"), on vous répond invariablement : "Ce qui marche en Amérique ne marche pas en France".

Ici aussi, la certitude anticipée de la défaite 'prophétise', à bon compte, le résultat d'une bataille d'autant plus sûrement perdue qu'elle n'aura jamais été livrée…


Alors, à bout d'arguments, je joue la carte française (et ne venez pas me dire qu'elle est injouable, parce que de droite !), et je vous invite - cordialement tout autant qu'énergiquement - à lire Maurice Druon. Et ce, non parce qu'il est académicien, mais parce qu'il a raison.

Dans un éditorial pugnace, visant à laver le terme "libéral" de l'opprobre dont l'accablent les adversaires politiques de cette tendance, pour mieux la diaboliser, Druon nous donne une leçon de conviction et de certitude. Je cite d'abord, ci-après, un bref extrait de ce texte remarquable (non sans vous recommander d'en lire l'intégralité sur le site du Figaro). Ensuite, j'extrapole une partie du propos au traitement identique que font subir au terme "sionisme" les ennemis d'Israël.

"… La gauche française, afin de se venger de son échec électoral consécutif à son inaptitude à gouverner, vient de se saisir du terme, l'un des plus honorables de notre langue, pour inverser sa signification et lui donner un sens péjoratif. Sous peu, il deviendra une insulte.

Envisage-t-on de prendre une mesure indispensable, réparatrice des méfaits de nos banqueroutiers d'hier ? «Dérive libérale», entend-on dans leurs bouches.

Veut-on soulager un peu les charges fiscales qui pèsent sur la moitié des Français, desserrer l'incroyable maillage de règlements et de contraintes qui les entrave tous à tout instant et en tous actes de leur vie ? «Déviation libérale».

Désigner un homme comme un libéral voudra bientôt dire qu'il est un sinistre réactionnaire. Et une loi libérale équivaudra à une loi scélérate.

De grâce, qu'on se reprenne ! Libéral est formé sur la même racine que liberté. Elle les gêne tellement, les gauchistes, la liberté ? [...]

La gauche, qui s'en veut et en veut au monde entier de son échec, durcit ses positions. Elle cède au trotskisme dont elle est infiltrée, et recourt à la vieille méthode marxiste qui consiste à déshonorer les mots pour déshonorer les idées qu'ils représentent
. Dévoyer le vocabulaire est une spécialité des communistes ; ils ont abusé les peuples pendant soixante-dix ans avec ce procédé-là et, manifestement, ils n'en ont pas fini.

Voilà le libéralisme devenu vicieux, honteux, exécrable; les lois libérales, funestes et antidémocratiques; et les libéraux eux-mêmes, des gens dangereux et méprisables. Les libertés, la liberté, ne tarderont pas à paraître suspectes. Le totalitarisme vaut tellement mieux !"


(Extrait de l'article de Maurice Druon : "Libéral, vous osez vous dire libéral ?", dans Le Figaro du 1er juillet 2002 (www.lefigaro.fr/opinion/20020701.FIG0026.html.)


Et voici ma transposition de cet appel au combat contre le "détournement de sens" dont est victime le terme sioniste et l'idéologie remarquable qu'il définit * :

"L'[idéologie gauchiste et tiers-mondiste], qui s'en veut et en veut au monde entier de son échec, durcit ses positions. Elle cède au trotskisme dont elle est infiltrée, et recourt à la vieille méthode marxiste qui consiste à déshonorer les mots pour déshonorer les idées qu'ils représentent […] Voilà le [sionisme] devenu vicieux, honteux, exécrable, [la démocratie et l'autodéfense israéliennes] funestes et [colonialistes], et les [sionistes] eux-mêmes des gens dangereux et méprisables. La [démocratie] et la liberté [israéliennes], ne tarderont pas à paraître suspectes. [L'islamisme] vaut tellement mieux !".

Amis d'Israël, prenez modèle sur ce manifeste de Druon
et pratiquez ce que j'appelle, pour ma part :

L'AUTODEFENSE MEDIATIQUE



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Note de la Rédaction

*
"A l'opposé du colonialisme, le sionisme représente le mouvement de libération nationale du peuple juif. Et cela pour au moins trois raisons :

- Contrairement aux pieds-noirs d'Algérie, par exemple, les immigrants juifs qui ont fondé Israël n'avaient pas de métropole. Dans leurs pays d'origine, la plupart d'entre eux n'étaient pas des citoyens à part entière. Récemment encore, en Union soviétique, leur passeport indiquait une nationalité juive en tant que telle. Venus d'Europe centrale ou des pays arabes, les immigrants juifs n'ont pas d'autre pays qu'Israël.

- A l'inverse du colonialisme, le sionisme en Palestine ne visait pas à l'exploitation de la main-d'oeuvre indigène mais au contraire au développement d'une économie indépendante.

- Enfin, le sionisme ne considère pas l'installation en Israël comme la conquête d'un territoire étranger mais comme le retour d'un peuple sur sa terre d'origine."

(Extrait d'un manifeste intitulé « Contre l'antisionisme, pour la paix, collectif », paru dans Le Figaro du 23/03/2002, et signé par Michel Taubmann, Florence Taubmann, Pierre-André Taguieff, Pascal Perrineau, Gérard Grunberg, Illios Yannakakis - Respectivement : journaliste, pasteur, philosophe, politologue, politologue, historien.)

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© reinfo-israel.com Update 14 août 2004