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Éditorialistes
Menahem Macina

Touche pas à mon mythe du massacre de Jénine !
07/06/2002

Moins de 12 heures avant que 17 de nos frères et sœurs juifs de Eretz Israël ne meurent, affreusement déchiquetés ou brûlés vifs, et que des dizaines d'autres soient plus ou moins grièvement blessés, dans un autobus, suite à un attentat-suicide à la voiture bourrée d'explosifs, perpétré près de Meggido, la chaîne de télévision culturelle française « Arte » diffusait (4 juin 2002) un documentaire lamentable, intitulé «Les encerclés de Jénine».
(Sur cette affaire, voir l'article bien documenté de Martin Sieff : "Le Mythe de Jénine — Analyse".)
Bien que je n'aie vraiment pas le cœur à le faire, il me faut bien en dire quelques mots, puisque certains médias ne rougissent même plus de diffuser de telles insanités.
Comment qualifier ce document consternant ? Je dirais qu'il s'agit d'un règlement de compte rageur de journalistes, frustrés de « leur » massacre. Je veux parler, bien sûr, de celui qu'ils avaient annoncé, à grands renforts de superlatifs et de prophéties à la Cassandre, et qui s'est vite avéré n'avoir existé que dans leur imagination assoiffée de sensationnalisme, surtout quand celui-ci est aux dépens d'un Israël érigé en parangon de l'Etat-terroriste et colonisateur.
Qu'avons-nous vu, en effet ? Les mêmes monotones séquences de ruines, cent fois diffusées avec complaisance par toutes les chaînes de la planète. La même chasse aux (rarissimes) "témoins" oculaires. Les mêmes affirmations extravagantes – et de toute manière invérifiables – recueillies avec ferveur, et toujours encouragées (quand elles ne sont pas suggérées) par les interviewers.
Une perle dans ce magma inconsistant. Un homme prétend qu'il a servi de "bouclier humain" à un tireur israélien. Et comment ? L'homme a emmené les journalistes sur les lieux mêmes de son 'supplice'. «Ils m'ont obligé à rester debout ici» (il montre la fenêtre de l'immeuble où est censé avoir été perpétré ce "crime de guerre"), et le soldat a mis son fusil sur mon épaule, puis il a commencé à tirer. Vous vous rendez compte ! J'aurais pu être tué !»… Empathie visible de la journaliste qui en redemande : «Combien de temps le soldat a-t-il tiré avec son fusil sur votre épaule ?» - Brève hésitation du 'témoin'… «4 heures environ». Hochement de tête expressif de la journaliste, visiblement très impressionnée.
Je suis sûr que vous réagissez déjà mentalement comme je l'ai fait devant le petit écran. «Faut-il qu'elle soit bête, cette journaliste, pour ne pas s'être étonnée de ce que le 'malheureux' ait eu la chance insolente de ne pas être touché par une salve (voire une misérable balle isolée), en réplique à ces tirs à partir d'un POSTE FIXE, et ce durant QUATRE heures ! Autre miracle : comment ce "bouclier humain", n'est-il pas devenu sourd ? Si, si, demandez au moniteur de votre club de tir de reconstituer l'exercice. Je vous garantis que votre tympan ne résistera pas au-delà d'un chargeur vidé…

Mais là où les réalisateurs de ce reportage se sont réellement surpassés, c'est dans la séquence autopsies. Un vrai morceau d'anthologie. A lui seul, ce passage vaut de se procurer une copie de l'émission. Car, suprême raffinement journalistique, la reporter-en-chef a emmené dans ses bagages un médecin pathologiste (pas de nom, ni de détails sur l'endroit où ce spécialiste exerce sa profession – protection de la vie privée oblige ?…). Accrochez vos ceintures et suivez le guide. Emotions garanties.
Après une ballade de quelques minutes dans l'hôpital – «démuni de tout» et dont un obus israélien a détruit («volontairement») la réserve d'oxygène, «causant la mort de blessés et de nourrissons en réanimation», nous débouchons dans une espèce de hangar d'où l'on peut apercevoir, à quelques mètres de distance, notre pathologiste, apparemment occupé à disséquer un cadavre. «Vous avez terminé ?», hèle la reporter. – «Oui, enfin presque…», répond le pathologiste. Il s'approche de la caméra et en la regardant dans le blanc (?) de l'objectif, assène avec conviction : «S'il est probable qu'il n'y a pas eu massacre, aucun doute, par contre, sur le fait qu'il y a eu crime de guerre. En effet, tous les cadavres que j'ai examinés sont incontestablement des civils.» Et moi – mauvais esprit comme toujours – de marmonner : «Voilà une belle communication en vue pour l'Académie des Sciences. Titre : 'Comment reconnaître un civil d'un combattant, lors d'une autopsie ?'. Là aussi, on nous a fait grâce des preuves (trop techniques?) de cette allégation pour le moins surprenante.

Attendez. Vous n'en avez pas fini. Il reste la séquence "spécialiste-anglais-du-génie-militaire-rencontré-là-par-pur-hasard». L'homme explique doctement (je résume) : «C'est une méthode militaire bien connue de la guérilla urbaine, que celle qui consiste à raser des maisons suspectes d'être piégées. On reconnaît du premier coup des édifices qui ont subi ce traitement. Mais ce que nous avons là est totalement différent. L'écrasement est anormal. On sent que le bulldozer s'est acharné. Les ruines sont bien trop nivelées pour que ce soit innocent. A mon avis on a voulu cacher quelque chose en-dessous et rendre impossible toute recherche ultérieure…»

Voilà. Le procureur médiatique Deborah David (remarquez le raffinement : ce n'est pas un sale goy qui a réalisé ce reportage-'vérité', mais une juive !)… Donc, Debora David, assistée de ses collaborateurs de l'équipe de Channel 4, a prononcé son réquisitoire devant le jury populaire des téléspectateurs qui ont eu l'héroïsme de visionner jusqu'au bout ce sinistre navet journalistique. Rien n'a été épargné pour les convaincre de condamner sans hésitation (après l'avoir blanchi de mauvaise grâce, au bénéfice du doute, de l'accusation de génocide) l'Etat hébreu, pour crimes de guerre.

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Mince consolation, mais consolation tout de même – et d'autant plus appréciée que rien ne la laissait présager : cette déclaration 'décoiffante' du porte-parole de l'OLP, Saeb Erekat, dans le documentaire allemand, intitulé "Chefs de guerre", qui suivait l'émission consacrée à Jénine :
« Avant 1967, il n'existait pas de nationalisme palestinien : Arafat nous l'a apporté. Il nous a dit que nous avions une identité nationale dont nous devrions être fiers, notre identité palestinienne ! »

Et moi qui, ébranlé par la répétition incessante du mantra «Palestine, patrie éternelle du peuple palestinien», commençais à douter de l'antériorité du droit territorial juif sur la terre de nos ancêtres !… Ouf, merci, Saeb, de m'avoir ramené à la réalité historique.