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Menahem Macina

Groggy, perdant, discrédité: le peuple juif sait que sa cause est juste
05/11/2002

Comme vous ne le savez probablement pas, Aroutz 7 me fait, chaque mardi, à 19h (20h heure d'Israël), l'honneur d'une brève tribune radiophonique (3 minutes). Voici le texte de celle d'aujourd'hui, 4 novembre.

C'est un coup de théâtre que la décision d'Ariel Sharon de dissoudre la Knesset et d'aller à des élections anticipées. Je laisse aux prophètes du «je-l'avais-dit-j'en-étais-sûr» le soin de porter, a posteriori, des jugements péremptoires sur l'opportunité ou l'inopportunité de cette mesure radicale. Pour ma part, je me concentrerai sur l'angoisse des Juifs devant la dégradation de l'image d'Israël, que rien ne semble en mesure d'enrayer.

Et nul doute que ce franchissement du Rubicon par un Ariel Sharon, ulcéré de la défection de ses partenaires de la gauche dans la coalition gouvernementale, n'ajoute au malaise de celles et ceux qui sont soucieux de la justice d'Israël et de sa paix, comme dit le psaume 35.

Sur son site Proche-orient.info, Elisabeth Schemla, n'est pas tendre pour la démission des ministres travaillistes. Témoin cette phrase de son éditorial, intitulé «La gauche israélienne contre Israël» :
«Q'un parti politique, perdu corps et âme, suicidaire, en arrive à vouloir du coup exécuter une unité nationale qui tenait la route, malgré les divergences, et faisait la force d'Israël vis à vis de son ennemi comme devant les nations hostiles, est une erreur historique.»

Je partage entièrement ce point de vue. D'autant qu'en fait de gauche israélienne contre Israël, nous avons été servis, hier soir, sur nos petits écrans. France 2 diffusait la seconde partie du reportage de Charles Enderlin, portant le titre du livre de ce dernier : « Le rêve brisé ».
Suivait un débat contradictoire. Enfin, quand je dis contradictoire… c'était à quatre contre 1.
Seul à défendre l'honneur israélien et celui d'Ariel Sharon, Meir Rosen, ancien ambassadeur d'Israël, faisait face au quartet redoutable constitué de Charles Enderlin, dont on connaît le rôle de démolisseur de la réputation de son peuple, d'Ilan Greilshammer, de la mouvance "La Paix maintenant", de Leilah Shahid, déléguée générale de l'OLP à Paris, et d'une superbe étudiante palestinienne de 20 ans, sosie presque parfait de la chanteuse israélienne Noah, dans le rôle de la victime émouvante.

Comme j'aurais voulu qu'on entende la voix de Meir Rosen! Ses rappels historiques du droit d'Israël, constamment bafoué. Sa dénonciation des violations, par les Palestiniens, de presque tous leurs engagements. Son insistance sur le fait que l'Intifada n'est pas un mouvement spontané, mais une guérilla cynique et déterminée, menée par une direction palestinienne qui s'efforce par tous les moyens de diviser les Israéliens en canonisant la gauche et en diabolisant la droite, même modérée, et qui recourt sans vergogne à l'assassinat de civils.
Comme j'aurais aimé que Mme Martyr (pardon, Mme Shahid !) soit empêchée d'interrompre systématiquement Meir Rosen, de noyer dans sa logorrhée hargneuse les vains appels de ce dernier à la vérité historique, et de proférer des mensonges éhontés, dont la réfutation eût nécessité d'autres méthodes de dialogue et surtout un débat plus objectif.

Bref, je suis sorti de là groggy, aussi perdant que Meir Rosen. Aussi discrédité qu'Israël. Mais plus déterminé que jamais à me battre pour l'Etat des Juifs, parce que sa cause est juste et que – Dieu aidant - elle finira par triompher.

Menahem Macina