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Menahem Macina

Je n'ai pas déprécié la prestation de Meïr Rosen, M. Macina
06/11/2002

Plusieurs d'entre vous m'ont écrit pour dire combien ils avaient apprécié la prestation courageuse de Meïr Rosen, l'ancien ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis. Certains m'ont même reproché d'avoir sous-estimé sa qualité et son impact. Ce n'est pas du tout le cas. Ceux qui ont cru cela se réfèrent à ma courte intervention orale, faite à chaud hier sur Aroutz 7, dont j'ai d'ailleurs modifié le titre pour en évacuer l'ambiguïté (voyez : "FR2 et Enderlin : Meir Rosen a fait face, mais l'a-t-on entendu?"). Il est clair que, de par sa brièveté même et du fait qu'il se référait, dans l'urgence, à deux événements qui n'avaient aucun lien entre eux – la dissolution de la Knesset et le débat consécutif à l'émission de Ch. Enderlin, «Le rêve brisé» -, ce texte ne prétendait pas constituer une analyse de ce dernier, auquel je comptais consacrer un texte plus substantiel - dont me dispense l'excellente mise au point de Jacques Marouani, citée plus loin.
Ce que j'ai voulu dire ; c'est que, malgré tous ses bons arguments, et en grande partie parce que les référents de ce plateau étaient presque tous hostiles à la politique d'Israël, et que ce courageux défenseur d'Israël a été sauvagement interrompu à maintes reprises par une Leilah Shahid utilisant des méthodes trotzkistes, Meïr Rosen a fait figure de vaincu, comme l'Etat d'Israël, qu'il défendait bravement, et que dans un tel climat, il y a peu de chances qu'il ait été "entendu" par les téléspectateurs. Je n'ai donc pas déprécié la prestation de Meïr Rosen, au contraire. Qu'on en juge par la fin de mon billet. Malgré son extrême concision, elle ne peut laisser le moindre doute sur mon appréciation :

«Comme j'aurais voulu qu'on entende la voix de Meir Rosen! Ses rappels historiques du droit d'Israël, constamment bafoué. Sa dénonciation des violations, par les Palestiniens, de presque tous leurs engagements. Son insistance sur le fait que l'Intifada n'est pas un mouvement spontané, mais une guérilla cynique et déterminée, menée par une direction palestinienne qui s'efforce par tous les moyens de diviser les Israéliens en canonisant la gauche et en diabolisant la droite, même modérée, et qui recourt sans vergogne à l'assassinat de civils. Comme j'aurais aimé que Mme Martyr (pardon, Mme Shahid !) soit empêchée d'interrompre systématiquement Meir Rosen, de noyer dans sa logorrhée hargneuse les vains appels de ce dernier à la vérité historique, et de proférer des mensonges éhontés, dont la réfutation eût nécessité d'autres méthodes de dialogue et surtout un débat plus objectif. Bref, je suis sorti de là groggy, aussi perdant que Meir Rosen. Aussi discrédité qu'Israël. Mais plus déterminé que jamais à me battre pour l'Etat des Juifs, parce que sa cause est juste et que – Dieu aidant - elle finira par triompher.»
Je reproduis, ci-après, la lettre d'un visiteur de notre site, qui m'a paru plus équitable que d'autres, outre qu'elle résume excellemment les arguments de M. Rosen et les met en valeur.
J'ajouterai, pour finir que la biliographie du sujet s'est résumée à 3 ouvrages, dont seul celui d'Enderlin avait trait au sujet, les deux autres étant le pamphlet anti-israélien (dont je reparlerai) de Denis Sieffert et Joss Dray, La Guerre israélienne de l'information. Désinformation et fausses symétries dans le conflit israélo-palestinien, et un livre dont je n'ai saisi ni le titre ni l'auteur. Grand absent: l'ouvrage de l'ancien ministre des Affaires étrangères d'Ehoud Barak : Shlomo Ben-Ami, Quel avenir pour Israël ?, PUF, septembre 2001, dans lequel l'auteur - qui en sait tout de même un peu plus que Ch. Enderlin -, décrit la manière dont les pourparlers de Camp David ont abouti à un échec, dont la responsabilité semble bien incomber totalement à Arafat. Mais il va de soi qu'Enderlin et ses épigones ne croiront jamais le témoignage d'un homme politique, qu'ils considèrent comme juge et partie en la matière.



----- Original Message -----
From: Marouani Jacques
To: 'menahem@reinfo-israel.com'
Sent: Wednesday, November 06, 2002 1:31 PM
Subject: Meïr Rosen a bien défendu Israël

Bonjour,

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas pris le clavier pour vous écrire, bien que je sois resté un fidèle de votre site.

Je tenais toutefois à compléter et à réagir à votre éditorial de ce jour, suite au film de Charles Enderlin et au débat (?) qui a suivi.
Il ne faut pas perdre de vue que les défenseurs de l'action menée par le gouvernement israélien sont vraiment courageux lorsqu'ils s'aventurent sur des plateaux de télévision française. Ils deviennent alors, à mes yeux, de véritables cobayes qui s'évertuent à lutter contre la mauvaise foi des pro-palestiniens et contre le pacifisme naïf de la gauche israélienne.

Pourtant, il faut bien que certains se dévouent, comme l'ont fait Schmuel Trigano, dans l'émission "Arrêt sur images", de France 5, et Meïr Rosen au cours du débat qui a suivi "Le rêve brisé" sur France 2.

Toutefois, il y avait une réelle différence entre les 2 émissions. Si Schmuel Trigano n'a pu parler que très brièvement et a été coupé de manière éhontée, sans pouvoir aller jusqu'au bout de ses argumentations, Meïr Rosen a, lui, rappelé, des vérités que l'on avait pas entendues depuis bien longtemps sur un plateau de télévision, et qui étaient de nature à faire réfléchir les téléspectateurs français qui cherchent encore la vérité, en dépit du matraquage pro-palestinien qu'il subissent quotidiennement.

Meïr Rosen a, en effet, rappelé que les Israéliens veulent la paix et non pas la guerre, qu'ils n'agressent pas délibérément les Palestiniens, comme l'affirmait l'étudiante palestinienne, mais qu'ils ne font que se défendre contre des attentats-suicide - reconnus, la veille, comme des crimes contre l'humanité par "Human Rights Watch". Des attentats contre lesquels l'Autorité Palestinienne et son chef Arafat ne veulent pas agir.

Il a également rappelé que celui-ci est toujours entouré de terroristes dans son QG de Ramallah - de terroristes qu'il ne veut pas livrer ; il en est donc le complice -, et qu'un bateau rempli d'explosifs, le Karine A, a été trouvé au large de Gaza par les autorités israéliennes.

Enfin, le débat aura permis de remettre en cause la thèse de Charles Enderlin sur la mort de Mohamed Al-Dura, ce que nous réclamions lors de la manifestation controversée devant France 2.

De même, le film "Le rêve brisé" (mais, les faits l'ont montré, c'était davantage un rêve israélien qu'un rêve palestinien) avait-il le mérite de montrer des dirigeants palestiniens remettant en cause la sainteté de Jérusalem pour le peuple juif, allant jusqu'à douter de l'existence du Temple. Et dire que c'est cette même mauvaise foi que les négociateurs israéliens ont dû affronter durant les pourparlers qui devaient mener à un accord de paix entre les deux parties. Bravo pour leur persévérance !

Toutes ces vérités, nous les ressassons entre nous sur les sites spécialisés, comme le vôtre, consacrés au conflit israélo-palestinien. Des sites méritants, mais qui ne font que conforter ceux qui les lisent, c'est-à-dire, malheureusement, une infime minorité.

Aussi, les déclarations de Meïr Rosen ont-elles été utiles et importantes, car elles énonçaient enfin ces vérités sur un média national et non plus seulement communautaire.

J'espère vraiment que Meir Rosen sera encore invité à de nombreuses reprises dans les médias français. En quelques minutes, il a fait plus pour défendre Israël que tous les autres invités israéliens depuis deux ans d'Intifada. Si bien que, pour ma part, j'étais vraiment moins frustré que d'habitude, lorsque j'ai éteint ma télévision.

Jacques Marouani