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Menahem Macina

Je ne me prends pas pour Moïse. Quoique... par M. Macina
05/10/2002

«[Moïse vit] deux Hébreux [qui] se battaient. "Pourquoi frappes-tu ton compagnon?" dit-il à l'agresseur. Celui-ci répondit: "Qui t'a constitué notre chef et notre juge?" Moïse s'enfuit [...] il se rendit au pays de Madiân.» (Exode 2, 13-15)

Depuis plus de trois ans, sur mes deux sites, j'ai défendu de mon mieux - comme d'autres, mais avec ma sensibilité propre -, mon peuple et l'Etat d'Israël. J'ai donné la parole à toutes les organisations, associations et personnes juives qui me l'ont demandée ou qui m'ont envoyé leurs textes et annonces. Tout cela, malgré la surcharge de travail que cela représente, et la mise à rude épreuve de ma patience et de mes nerfs, due aux courriers ombrageux de certains, me reprochant, de favoriser untel aux dépens de tel autre, de mettre en ligne les textes des uns, qui n'avaient pas l'heur de plaire aux autres, etc.
C'est ainsi qu'au fil du temps et sous la pression des événements, j'ai été pris, à mon corps défendant, dans le tourbillon des dissensions communautaires, des susceptibilités de chapelles, des rivalités de personnes, du choc violent entre idéologies et conceptions antagonistes sur la meilleure manière de réagir aux agressions antijuives et anti-israéliennes.
Et voici qu'à l'occasion de la manifestation, organisée le 2 octobre à Paris, par un Collectif contre la désinformation, a éclaté une controverse affligeante, au cours de laquelle se sont débridées des passions, que le souci de donner de soi une image avantageuse maintient généralement dans les limites de la décence. Et quelle était la raison de ce déchaînement ? En quoi les organisateurs avaient-ils péché ? – A ce jour, et en attendant que s'apaise la tempête, bien malin est qui s'y reconnaîtrait dans les griefs contradictoires – dont certains sont totalement infondés. Tout cela, ressemble fort à un procès d'intention, et – ce qui est plus grave – contribue à semer la zizanie, plutôt qu'à unir les forces vives de la nation juive dans sa résistance aux attaques de ses ennemis.
Je ne voudrais pas tomber dans l'emphase oratoire, ni pécher par abus de métaphore, mais s'impose à mon esprit le sévère apophtegme de nos Sages (Z"L) : «Pourquoi le Second Temple fut-il détruit ? – A cause de la haine gratuite (sin'at hinam) qui régnait en [Israël] » (Talmud de Babylone, Yoma, 9b). On lit également cette citation, rapportée dans les Che'elot wetshùvot du Rama (58, après les mots : nire' li) «On a vu des communautés détruites par des controverses (mahloqot)».
Ma réaction – vive, j'en conviens, voire mordante – à l'égard de certains Juifs qui s'arrogent le droit de décrier d'autres Juifs, au nom de divergences de vues (mahloqot) implacables, et, pour certains, de les accabler de leur ire et de leur mépris gratuits (sin'at hinam), avait pour but de défendre des gens attaqués injustement et, si possible, de séparer les protagonistes qui en venaient aux mains, en quelque sorte.
Mal m'en a pris : «Qui t'a constitué notre chef et notre juge?», m'ont dit certains, en substance.
J'ai estimé qu'ils avaient raison et j'en tire les conséquences. Je quitte l'Egypte de l'esclavage et du compromis avec les nations, leur gouvernement et leur presse, pour me retirer virtuellement, avec Israël et ses vrais amis – Juifs et non-Juifs, dans la solitude d'un «Sinaï virtuel». Je laisse à leurs querelles intestines ceux de mes coreligionnaires qui sacrifient trop volontiers aux idoles de l'ego, de la démagogie et du compromis avec les pouvoirs qui nous oppriment et une certaine presse qui nous décrie, et qui se taisent honteusement quand leurs concitoyens non-Juifs vilipende de manière injuste l'Etat d'Israël, en leur présence.
Ces Juifs sont prêts à toutes les accommodements pourvu qu'on les estime, sans voir que ceux à qui ils veullent plaire les méprisent cordialement.
Ils fondent de plaisir lorsque les médias font, un bref instant, référence à eux, en attendant de les honnir, à la première occasion.
A l'instar des Juifs allemands des années ‘30, ils sont plus nationaux que les natifs de leur pays d'accueil, et aveugles sur le sort qui les attend.
Malgré l'évidence confondante des événements, ils en rajoutent et font du zèle, dans l'espoir – illusoire – qu'ils trouveront grâce aux yeux de leurs ennemis.
Ils aboient avec les loups contre Israël, sans comprendre que cet Etat sera leur unique refuge quand les nations s'allieront pour effacer leur peuple de la surface de la terre, comme l'ont annoncé les prophètes.
Ils se sont habitués aux «oignons et aux viandes de l'Egypte» et n'ont pas envie de rejoindre leurs frères et soeurs déjà entrés dans l'ingrate Terre promise, que leur disputent âprement de modernes Philistins.

A ceux-là et à ceux qui adorent écrire et pérorer pour se mettre en valeur, et sont sans cesse en train de mesurer meilleurs qu'eux à l'aune de leur médiocrité, je ne donnerai plus l'occasion de nuire à leurs compatriotes et à eux-mêmes, ni de faire, de leur peuple, un objet de sarcasme.

Concrètement, notre site ne se fera plus l'écho, dorénavant, d'aucune polémique, initiative, ni prise de parole communautaires, d'où qu'elles viennent.
Il ne donnera la parole - et ce sans faire acception de personne - qu'à celles et ceux qui combattent loyalement et courageusement les ennemis de notre peuple et de l'Etat d'Israël, et dont les contributions sont dignes de publication, en raison de la sincérité, de la compétence, de l'élévation d'esprit, du talent et de la force de conviction de leurs auteurs.

Au désert, les grands espaces, l'aridité et le silence invitent à rentrer en soi-même, à méditer, à tirer les leçons de l'histoire, et, éventuellement, à entendre la voix de Dieu.

Notre désert à nous, ce sera le calme de la réflexion, à l'écart du tumulte des opinions tapageuses et partisanes et du choc sauvage des egos.

Ce sera le recentrement sur la recherche du sens des événements, à l'école de ce qu'en disent des analystes compétents, des interprètes intuitifs, voire - pourquoi pas? - à l'écoute de ce qu'y entrevoient des inspirés, que rien ne semblait destiner à ce ministère, et qui ne s'en jugent pas dignes...

- "Vous vous prenez pour Moïse!", m'a dit quelqu'un qui m'avait lu au premier degré.

Et moi : "Je ne me prends pas pour Moïse... Quoique..."


Menahem Macina


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