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Menahem Macina

Mizna Premier ministre ? – 'Tapie' pour Israël, M. Macina
20/11/2002

Causerie radiophonique sur Aroutz7, en Israël, le 19 novembre 2002

Mashal lemah hadavar domeh (1). Une fois, n'est pas coutume, aujourd'hui, je vous propose une parabole.
Je viens juste d'expédier la lettre qu'attendaient de moi les avocats de mes créanciers, et j'ai expliqué à mon ami israélien que, malgré les apparences, elle n'a rien d'une reddition. « C'est une transaction pour en finir avec une situation impossible », lui ai-je expliqué pour me justifier.
Lui, il pense que je suis fou. « Sacrifier une maison qui vaut au bas mot 200.000 dollars, sans même avoir tenté de combattre, c'est un suicide », commente-t-il.
Je lui explique pour la énième fois que je ne suis pas en position de force. Mes créanciers savent que je n'ai pas le premier sou de l'énorme dette que je dois rembourser, augmentée des intérêts de retard et des frais de justice, dans les délais impartis par le juge, au terme du procès en appel que je viens de perdre. Ces vautours me prennent à la gorge. A les en croire, je risque la prison. Et cette fichue maison que je ne parviens pas à vendre tant la conjoncture est mauvaise…
En tout cas, tout plutôt qu'une condamnation dont ma réputation ne se relèverait pas. Je sais qu'ils veulent la totalité de mon bien, qui vaut plus du double de la dette dont ils exigent le règlement immédiat.
Je leur ai donc proposé de leur céder mes parts, qu'ils convoitent depuis longtemps, dans la société immobilière dont j'étais l'un des associés, avant que ces derniers ne me plument. Ce n'est pas un acte de faiblesse, je l'ai fait dans mon propre intérêt.
Il y a deux ans, scandalisé des exigences exorbitantes de mes créanciers, et persuadé que je finirais par tirer le maximum d'argent de la vente de ma maison, j'avais rompu toute négociation avec eux. Cette fois, je vais les reprendre sans condition préalable.
Et s'il s'avère qu'ils n'acceptent aucun accord, je demanderai à mon avocat d'accéder à toutes leurs exigences et de leur céder la quasi totalité de mes biens fonciers.
Parce que je veux la paix, la paix, à n'importe quel prix…
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Vous penserez sans doute que j'ai perdu la raison. C'est possible.
En tout cas pas davantage que Mitzna, le candidat travailliste et actuel maire de Haïfa, qui, dans un entretien accordé à Associated Press, a déclaré «qu'il commencerait par retirer les soldats et les implantations juives de la bande de Gaza, en précisant que ce ne serait pas un geste de bonne volonté mais représenterait l'intérêt d'Israël».
Et notre homme d'ajouter qu'il reprendrait les négociations avec les Palestiniens, sans condition préalable.
Mieux, s'il s'avérait qu'il n'y avait pas, de la part des Palestiniens, la volonté de parvenir à un accord, il retirerait l'armée et les habitants de Judée-Samarie de la quasi-totalité des territoires».
Incroyable. Regardez, dans mon cas, ma famille, mes collègues, mes faux amis, tous me disent que je brade mon héritage…
Oui, mais moi, c'est mon héritage. Je ne fais de tort à personne d'autre.
Tandis que Mizna, si on le laisse faire, il va brader notre héritage à tous : Eretz Israel.
Et pour mettre le comble à la dérision, nous apprenons, toujours d'après la même dépêche d'Associated Press, «que malgré les sondages qui prévoient une écrasante victoire du Likoud aux élections générales, Mitzna garde espoir que le peuple votera pour lui et qu'il pourra alors résoudre les problèmes économiques et sécuritaires».
Rien que ça !
Je croyais unique le cas du spécialiste français des rachats de faillite et naufrageur des gogos financiers et des travailleurs impuissants – j'ai nommé Bernard Tapie, force m'est d'admettre que je me trompais.
Je ne sais si Mizna sera obligé de vendre le yatch qu'il n'a peut-être pas, mais ce qui est sûr c'est que, s'il continue comme il a commencé, il finira comme Tapie : en acteur de théâtre et animateur d'émissions provocatrices.
C'est ce qui peut arriver de mieux pour lui comme pour nous. Surtout pour nous ![color]

Menahem Macina

(1) Littéralement : «Parabole (montrant) à quoi la chose ressemble».