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Menahem Macina

Plaut règle ses comptes avec le sionisme laïque, M. Macina
03/12/2002

Stephen Plaut est professeur d'Économie à l'université de Haïfa. C'est, nous dit-on, l‘un des trois enseignants à ne pas souscrire aux idées qui ont valu à ce campus le surnom de «Bir Zeit du Nord». Il vient d'écrire un long article qui, sans aucun doute, va faire des vagues, tant en Israël qu'à l'étranger.

Sa thèse : Le dilemme de l'adaptation du Judaïsme à l'ère moderne a donné lieu à plusieurs tentatives pour le résoudre : L'assimilation - La quasi-assimilation à travers la Réforme radicale du Judaïsme traditionnel - La défection vis-à-vis du judaïsme par le biais de l'adhésion à des mouvements politiques non juifs. - Le sionisme laïque. L'orthodoxie moderne, enfin.

Après un tour d'horizon assez copieux des heurs et des malheurs de ces tentatives, l'auteur conclut, sans nuance, à un constat de faillite. Tout cela pour nous «vendre» sa critique assassine du Sionisme laïque, qui est visiblement sa bête noire.

Voici quelques brefs extraits du long réquisitoire qu'il consacre aux premières décennies de l'État d'Israël:
  • De nombreux Israéliens se plaisaient à affirmer qu'ils avaient plus de choses en commun avec les Druzes et avec les Bédouins du pays qu'avec un quelconque Juif orthodoxe de Brooklyn.
  • Les programmes scolaires des écoles laïques, fréquentées par la majorité des élèves israéliens, furent largement dénués de substance juive. L'étude de la religion juive, à l'exception de la Bible, fut entièrement éliminée des programmes... avec pour résultat que de nombreux adolescents ne peuvent finir la phrase commençant pas «Chema Israël…» et que peu sauraient expliquer ce qu'est la Amida.
  • La célébration de l'identité israélienne était censée offrir la voie ultime de la résolution des différences entre Arabes et Israéliens.
L'auteur se rallie toutefois à ceux qui pensent que, sur un point au moins, le sionisme a réussi là où toutes les autres tentatives de concilier Judaïsme et modernité ont échoué.

Alors que reproche donc Plaut à ce sionisme-là?
  • Il déplore que «les dirigeants d'Israël, du parti Travailliste, de la gauche israélienne, et du Likoud aient insisté sur le fait que des relations pacifiques avec les Arabes ne pourraient être établies qu'au bout d'un long processus d'auto-dénigrement et d'auto-flagellation de la part des Juifs».
  • Il leur reproche d'avoir affirmé «la paix ne serait obtenue que par l'acceptation d'Israël de remettre son terroir aux terroristes, et que la sécurité ne serait obtenue que par l'abdication de la sécurité et par la prise de distance d'Israël d'avec ses racines juives.»
  • Il leur reproche «d'avoir seriné, des années durant, que la paix serait possible, si Israël voulait bien accepter de se débarrasser de ses mesures de sécurité et s'en remettre à la bonne volonté résultant des concessions faites aux Palestiniens, aux Jordaniens et aux Syriens.»
  • Il leur reproche, enfin, «d'être parvenus à se convaincre que la puissance militaire était obsolète et n'avait plus aucun rôle à jouer, et cela dans la région la plus barbare de la planète.»
Après ce réquisitoire, voici le verdict de Steven Plaut :
  • «Dans sa tentative de se substituer à l'identité juive traditionnelle… le sionisme laïque a forgé une curieuse entité criblée de fourvoiements au regard de sa propre identité, affichant une virulente haine de soi et un auto-déracinement, se flagellant pour tous les problèmes issus de l'agression et du fascisme arabe, et disposée à se sacrifier sur les autels païens du politiquement correct.
  • Ces mêmes Juifs qui avaient affronté une immense adversité pour vaincre, en 1948, acceptaient un «plan de paix» qui impliquait des gestes unilatéraux de la part d'Israël, en échange de la poursuite, par les Arabes, de leur guerre contre les Juifs.»
Et de conclure : «Aucune nation sur terre n'accepterait une telle chose. Pourquoi les Israéliens le firent-ils ? La seule explication est que les Israéliens qui firent Oslo n'étaient pas une vraie nation. Ils n'avaient jamais réellement développé une conscience nationale mais l'avaient seulement simulée jusqu'alors.»

Stephen Plaut achève sa longue contribution par ce qui constitue, en quelque sorte, sa profession de foi : «Le problème remonte, en grande partie, à cette idée déliquescente qu'une sorte d'identité israélienne peut exister en marge de la judéité».


Pour lire le texte intégral de la traduction française de l'article de Stephen Plaut, cliquer sur : "Effondrement de l'identité israélienne ?"