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Menahem Macina

SDN-ONU - Un air de déjà vu! Menahem Macina
04/03/2003

04/03/03

Texte de ma causerie hebdomadaire sur Aroutz7, en Israël.

La comparaison entre la capitulation de Munich face à Hitler et les atermoiements de quelques Etats européens, face à Saddam Hussein, en agace plus d'un. Pour ma part, je l'avoue : j'ai un faible pour cette analogie.

Quelques résonances pour vous mettre en bouche.


Les pour

Chamberlin, premier ministre britannique, retour de Munich, à sa descente d'avion :

«J'ai là un papier qui porte la signature de Herr Hitler. Je crois que nous avons la paix pour notre époque.»

Jean Prouvost, journaliste à France-Soir :

«La paix ! La paix ! La paix ! Voilà le mot qui, ce matin, se lisait dans tous les yeux, sortait joyeusement de toutes les lèvres. (...) Notre président du Conseil et notre ministre des Affaires étrangères nous ont gardé la paix, c'est bien (...) dans l'honneur et la dignité. C'est mieux. Grâce à eux, la France peut continuer à vivre son beau et glorieux destin de nation pacifique et démocratique.»

Les contre

Daladier, accueilli, à Orly, par une foule de Français en délire :

« Les cons ! S'ils savaient…»

Churchill :

"La France et l'Angleterre avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, elles ont choisi le déshonneur et elles auront la guerre."

Montherlant :

«La France est rendue à la belote et à Tino Rossi (...) Sur le demi-cadavre d'une nation trahie [la Tchécoslovaquie], sur les demi-cadavres de leur honneur, de leur dignité, de leur sécurité, les hommes par millions dansent la danse de Saint-Guy de la paix (...) Délirez à votre aise, pauvres manoeuvrés et dupés, affaiblis, souffletés, et qui accueillez votre défaite et votre humiliation avec les transports de joie de l'esclave.»

Dans un article récent, ("Calmer Hitler et Saddam")), Alistair Cooke nous rappelle que

«quelques années avant Munich, 10 millions d'électeurs britanniques sur 11 avaient approuvé ce qu'ils appelaient un "scrutin de paix". Celui-ci ne posait aucune condition, ne donnait aucun détail, il se bornait à compter le nombre des Britanniques qui étaient "pour la paix". Le leitmotiv de ce mouvement était : "Contre la guerre et le fascisme"
Crûment dit, une majorité de Britanniques étaient prêts à faire n'importe quoi, littéralement n'importe quoi pour se débarrasser de Hitler... sauf se battre contre lui.»


Du déjà vu ! N'est-ce pas?…

Je cite toujours Alistair Cooke:

«Les Français, en particulier, ressassaient, après chaque invasion d'Hitler : "négociation, négociation". Ils négocièrent avec tant de succès que tout leur pays se retrouva vaincu et occupé. Mais, comme un fameux français de gauche l'affirma : "En tout cas, nous avons réussi à leur faire déclarer Paris ville ouverte: nous ne serons pas bombardés !"

Et Alistair Cooke de poursuivre :

"En Grande-Bretagne, la réponse universelle à chacune des avancées de Hitler était le désarmement et la sécurité collective. Sécurité collective voulait dire qu'on s'en remettait, pour toutes les crises, à la Société des Nations… C'est ce qu'on psalmodiait à la Chambre des Communes : la Société des Nations, et la sécurité collective sont la seule vraie garantie de paix."

A la place de Société des Nations, mettez ONU et nous sommes en mars 2003…

Ecoutons encore Alistair Cooke :

«Après l'invasion de la Rhénanie, Churchill, le non conformiste, avait décidé que la sécurité collective n'avait pas d'effectivité collective, et avait entrepris une campagne, hautement impopulaire, en faveur d'un réarmement de la Grande-Bretagne, avertissant, contre l'opinion générale, que Hitler avait déjà construit une énorme armée mécanisée et une puissante aviation. Mais il ne s'en est pas servi, il ne s'en est pas servi! protestaient les gens.»

C'est comme l'armement actuel de Saddam : qui croirait qu'il va s'en servir ? D'ailleurs, n'a-t-il pas fait preuve de bonne volonté réconfortante en détruisant 4, non 6, enfin… quelques missiles prohibés…

C'est à Alistair Cooke que je laisserai le soin de clore cette réflexion sur un passé furieusement consonant avec notre présent:

«Ce que je sais, c'est que l'écho de toutes les voix des années '30 résonne en 2003… »

Comme il a raison, hélas !



Et pour conclure, je vous propose un slogan pour la manif que vous ferez, quand vous voudrez, ou vous pourrez, et à défaut - pourquoi pas? - chez vous... seul ou en groupe :

(Sur l'air des lampions)

SDN-ONU - Un air de déjà vu!
SDN-ONU - Un air de déjà vu!
SDN-ONU - Un air de déjà vu!


(Ad libitum)


© reinfo-israel et Menahem Macina