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Éditorialistes
Menahem Macina

Des sites Web contre Antenne... "d'eux", M. Macina (fév 01)
06/04/2003

1er septembre 2001

Texte récupéré du site de CJE : [url]http://www.chretiens-et-juifs.org/article.php?voir[]=1203&voir[]=4706[/url]

La chaîne nationale française de télévision "Antenne 2" n'a jamais brillé par la qualité de sa couverture des événements de "l'étranger", selon l'expression consacrée. Ses déficiences, en ce domaine, sont flagrantes sur au moins deux plans : le temps qu'elle y consacre – rarement plus de deux minutes, en l'absence d'événements à sensation, sur une demi-heure d'informations franco-françaises –, et l'orientation de ses analyses de politique internationale. On se limitera ici à illustrer la seconde.

Un exemple parmi des dizaines d'autres. Vendredi 31 août, au menu des "Nouvelles de l'étranger" du bulletin d'informations de 13 heures : la Conférence de Durban sur le racisme et les derniers rebondissements du conflit palestino-israélien.

Le présentateur commence par rappeler les ravages de l'esclavagisme, pratiqué à l'échelon industriel dans les siècles passés au détriment des noirs. Notons au passage qu'il ne mentionne qu'une seule catégorie de coupables : les nations occidentales. S'il est patent que la responsabilité de ces dernières est énorme en la matière, il n'était pas interdit de rappeler que bien des peuples orientaux – y compris des pays africains eux-mêmes - et extrême-orientaux ont, eux aussi, pratiqué l'esclavage et le génocide. Au lieu de cela, notre journaliste donne à comprendre que les coupables "occidentaux" – et les Américains moins que les autres – n'ont pas l'intention de mettre la main à la poche pour indemniser les descendants des esclaves du préjudice incalculable qu'ils ont subi.

Et d'enchaîner sur un étonnement, feint ou réel, à propos de l'information selon laquelle le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell – "pourtant lui-même afro-américain" – ne participera pas à la Conférence de Durban. Bon, pensez-vous, on va nous en donner les raisons. Pas du tout. Qu'en déduira le téléspectateur non averti ? – A l'évidence, que ce haut représentant du peuple américain ne tient pas à s'exposer à des demandes de réparation. En fait, l'opinion publique ne connaîtra pas la vraie raison de cette absence : le refus des organisateurs de supprimer du communiqué final de la Conférence les mentions violemment hostiles et insultantes à l'égard d'Israël. Pour mémoire, l'Etat juif y est accusé de colonialisme, de génocide, d'apartheid, de purification ethnique, de comportement digne des nazis, etc.

Deuxième volet de ces "informations" : le conflit opposant Israël aux Palestiniens. On nous explique, film à l'appui, que la maison où habite un militant d'une des branches armées palestiniennes a été détruite par un obus, probablement tiré par un char israélien. Fort heureusement, rassure le présentateur, l'homme n'était pas présent dans les lieux au moment de l'attentat. Soit. Une tentative d'élimination israélienne de plus pour éliminer les leaders palestiniens extrémistes, se dira le téléspectateur…

………………………….

Flash. Que m'arrive-t-il ? … Mais oui, c'est bien moi que je vois, à l'écran, faisant irruption dans le studio, mon doigt accusateur pointé vers le présentateur :

– Moi : "Monsieur, vous voilà pris, pour la deuxième fois en quelques minutes, en flagrant délit de rétention d'information, ou plutôt – j'ose employer le terme – de désinformation !"

– Le Présentateur : "Comment cela ?"

– Moi : "Allons, ne nous faites pas croire que vous n'avez pas lu la dépêche relayée par plusieurs agences de presse dignes de foi, selon laquelle l'armée israélienne a formellement démenti être l'auteur du tir."

– Le Présentateur : "Et vous croyez cela, vous ?"

– Moi : "Pourquoi pas ? "

– Le Présentateur : "C'est un peu gros tout de même. D'autant que ce n'est pas la première fois qu'Israël tente d'assassiner des leaders palestiniens."

– Moi : "Justement ! Et il l'a toujours reconnu, même quand – on l'a vu récemment – une de ces tentatives a échoué. Alors, si tel était le cas ici, pourquoi démentirait-il ?"

– Le Présentateur : "Les téléspectateurs auront compris à quel camp vous appartenez."

– Moi : "Peu m'importe, du moment qu'ils comprennent quel est le vôtre, celui des responsables qui vous emploient et celui des politiques qui les couvrent."


Fin du flash.

……………………………………………

"Tu peux toujours rêver", a commenté mélancoliquement un mien ami, au terme de mon récit ; "dans la réalité, un tel dialogue n'a aucune chance d'avoir lieu".

Sur le coup, j'ai estimé qu'il avait raison. Puis je me suis ravisé. C'est son expression : "dans la réalité", qui m'a fait réfléchir. Moderne Pilate, je lui ai assené un "Qu'est-ce que la réalité ?" Où réside-t-elle ? Sur le terrain, dans les livres, dans la presse écrite ou audiovisuelle, dans mon esprit, ou dans celui des autres ? Pour tout être doté d'une intelligence, même moyenne, la réalité, c'est ce qui lui apparaît, à lui, comme étant la vérité. La réalité, dit le sens commun, c'est ce qui s'est passé dans les faits. Mais que s'est-il réellement passé ? Et les faits sont-ils ce qu'on nous dit qu'ils sont ? Et même si c'est le cas, quels étaient les buts et les intentions de ceux qui ont fait ce qu'ils ont fait ? Qu'en savons-nous, en dehors de ce qu'on nous en dit, de ce que nous en voyons, de ce que nous en comprenons ?

"Philosophie, philosophie que tout cela !", a rétorqué mon ami en me quittant, malheureux mais résigné, comme d'habitude, persuadé que, "de toute façon", il n'y a rien à faire. Puisque, "de toute façon", nous [les Juifs] n'avons aucune prise sur les médias et encore moins sur l'opinion publique. Et que, "de toute façon", le rapport des forces nous est défavorable. Et mon ami d'ajouter : " D'ailleurs, une quinzaine de millions de juifs dans le monde, qu'est-ce que ça pèse face à plus d'un milliard de musulmans ? Et que représentent les capitaux des grandes fortunes juives du monde occidental, ou la mini-Silicon Valley israélienne, face à l'énorme puissance financière et stratégique de l'or noir, en majorité arabe ? Que cela te plaise ou non, mon vieux, voilà la réalité ".

Cela ne me plaît pas et je refuse de capituler devant la force. Mais comment lutter contre "la réalité telle que la perçoivent les autres", et surtout nos ennemis, sans parler de que ceux qui – le plus souvent sans trop savoir pourquoi, ou pour des motifs infondés ou erronés – prennent parti pour cette "réalité"-là ?

Au pied de cet Himalaya de l'inconnaissance (ou de la mauvaise foi), je sais que je ne suis pas seul à relever le défi. J'aperçois, loin, très loin, là haut, quelques éditorialistes de talent – anglophones et Américains pour la plupart. Ils m'ont largement précédé, et force m'est de constater, avec quelque dépit, qu'ils sont infiniment mieux équipés que moi. La sophistication de leurs moyens de communication et la large audience qui est la leur sont sans commune mesure avec mes maigres possibilités. Un instant, j'ai envie d'abandonner immédiatement et de redescendre vers les vallées de la docte médiocrité, de la quiète passivité… Mais je me ressaisis vite. On n'arrête pas la vérité, me dis-je ! Il se trouvera bien des yeux pour la lire, des esprits pour en être impressionnés, des consciences pour en être remuées, des êtres de courage qui oseront se dresser et conspuer le mensonge éhonté !

Autant les prévenir d'avance, toutefois, leurs moyens seront dérisoires, leurs tribunes, quasi inexistantes. Le plus souvent, ils n'auront que l'imèle et quelques sites Internet pour proclamer la vérité… Mais, j'en suis convaincu, ils seront toujours plus nombreux à le faire. Et je l'affirme aujourd'hui, sans crainte du ridicule : le temps viendra où la grande presse - écrite et audio-visuelle –, qui s'enorgueillit de façonner l'opinion, devra compter avec l'énorme perte d'audience que lui causera bientôt la migration inexorable, déjà en cours, de lecteurs et d'auditeurs – écoeurés de ce gavage idéologique pour oies au foie plus gros que la cervelle – vers des sources d'information alternatives plus fiables et surtout plus objectives.

C'est pourquoi bien des Juifs, et une foule de gens qui ne le sont pas mais pensent comme eux, n'ont pas attendu la débâcle de la désinformation pour chercher ailleurs, et surtout sur les sites Web, des informations vraiment dignes de ce nom. Quant à Antenne 2, qui s'aligne docilement sur la diplomatie étrangère de la France en prenant systématiquement parti pour les thèses anti-israéliennes, et souvent anti-juives, ses dirigeants et son Ministère de tutelle doivent savoir comment celles et ceux qui l'ont répudiée (et cela fait du monde !) appellent cette chaîne nationale, au service exclusif des ennemis du peuple juif…


– " Antenne… d'eux ".




© M. Macina et CJE