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Menahem Macina

Irak: le visage terroriste de l'islamisme radical, M. Macina
15/04/2004

15/04/04

Ce qui vient de se passer en Irak a montré au monde, dans toute sa nudité hideuse, la cruauté et le cynisme du terrorisme islamique international.

Tout d'abord, ma pensée va, avec émotion, vers la famille et les proches de l'otage italien exécuté par ces barbares. Elle va ensuite à celles et ceux qui sont encore aux mains de leurs ravisseurs.



Mais, au-delà de l'aspect humanitaire des événements auxquels nous assistons, pratiquement en direct, je voudrais m'attarder sur leur dimension 'stratégique'.

Peut-on encore feindre de l'ignorer, en effet ? Plusieurs détails, qui semblent avoir échappé aux analystes et correspondants de presse chargés de couvrir les événements d'Irak, sont pourtant révélateurs à ce propos.

Tout d'abord, faisons un zoom sur les scènes surréalistes auxquelles il nous a été donné d'assister, dans les différents journaux télévisés de ce midi.

Ce sont tout d'abord les images de 'l'otage spécial' qu'était le journaliste français, Alexandre Jordanov, libéré par ses ravisseurs et entouré d'imams souriants et compatissants, le tout sur ronds de jambes de quelques diplomates français de seconde catégorie. Je dis "otage spécial", non pour minimiser les angoisses et les souffrances de cet homme, mais pour souligner l'instrumentalisation machiavélique, faite par tous ces 'mollahs' irakiens, de sa libération. Qui ne comprend le message subliminal ? C'est quelque chose comme : Vous voyez, LUI, on le libère parce qu'il est Français et que la France ne fait pas partie de la coalition irakienne et a même résisté courageusement à l'entreprise américaine d'agression contre l'Irak.



© Cliché Ahmad Al-Rubaye (AFP - jeudi 15 avril 2004),


Le point nauséeux est atteint, lorsqu'un diplomate de second rang de l'ambassade de France en Irak remercie avec effusion l'un des dignitaires religieux évoqués ci-dessus. De ce que l'on pouvait comprendre des propos peu audibles échangés, il ressort qu'ils étaient à l'avenant de la flagornerie craintive du personnage, dans le style : Ah ! Merci vraiment d'avoir libéré notre ressortissant ! Quelle générosité !...

Et les autres otages, pleutre, tu t'en es soucié? Peut-être avais-tu peur qu'un mot, une allusion, voire un regard de reproche – même diplomatiques - ne soient cause que les tout-puissants 'mollahs' reviennent soudain sur leur geste 'généreux' et remballent l'otage pour le livrer à ses futurs exécuteurs…

Et puis, il y a eu les deux phrases laconiques d'un cheikh sunnite au visage inexpressif, justifiant les enlèvements, « seul moyen qu'ont les groupes qui luttent pour la libération de l'Irak, d'attirer l'attention sur leurs revendications » - je cite de mémoire, mais tel était bien le sens de sa déclaration.

Ajoutons-y les propos – prudents, mais cependant révélateurs – du journaliste français libéré, qui raconte avoir été transféré d'une cache à une autre et pris en charge successivement par différents groupes d'insurgés. Il y aurait beaucoup à dire sur son aveu - naïf ou soigneusement calculé ? – selon lequel il a été témoin de ce que ces factions se connaissent parfaitement l'une l'autre et agissent en synergie. Dans les villages qu'on a traversés, ils se soutiennent tous, a-t-il ajouté, estimant que, par le jeu de ces interrelations, c'est pratiquement tout un pays qui est en résistance.

Que conclure de ce jeu d'ombres ? Je sais que je vais en irriter, ou en choquer plus d'un(e), mais je dois dire ce que j'ai sur le cœur à ce propos.

Il me paraît évident que cette soudaine épidémie d'enlèvements, de mises en scène de pseudo-exécutions, le tout accompagné de chantage en direction des démocraties 'infidèles', ne peut être le fruit du hasard, mais qu'il s'agit bel et bien d'une opération concertée d'intoxication des opinions publiques occidentales.

Message : faites pression sur vos gouvernements pour que leurs troupes quittent l'Irak. Nous voulons régler nos affaires nous-mêmes entre musulmans, vous devez comprendre cela. Si vous voulez ne plus craindre pour votre vie, ni pour celles des membres de votre famille et de vos proches, vous devez nous 'aider' à bouter l'Infidèle hors du sol musulman.

Le scénario est connu et – hélas ! – il a fait ses preuves. L'Espagne a été le premier maillon faible, en cette matière, et, visiblement, cela a donné des idées aux intégristes irakiens.

Pour l'instant, fort heureusement, les pays concernés, principalement le Japon, la Corée et l'Italie, n'ont pas plié face à ces menaces. Mais les démocraties occidentales vont-elles enfin comprendre, leurs yeux vont-ils se dessiller ?

Faut-il rappeler que les forces de la coalition sont en Irak depuis un an et n'ont pas prolongé leur intervention au-delà d'une date-butoir ? Faut-il insister sur le fait troublant que l'on est à moins de trois mois du transfert de l'administration du pays à un gouvernement irakien? A l'évidence, ce soulèvement n'est en rien - comme le prétendent certains Irakiens et, bien entendu, des journalistes et commentateurs aux ordres -, le résultat de l'exaspération d'un peuple que l'on aurait trompé. Il semble, au contraire, qu'il ait pour unique but de déstabiliser une autorité civile irakienne encore à l'état d'ébauche et de favoriser une prise de pouvoir violente par une faction islamique radicale, en faisant en sorte que ce 'putch' ait l'air d'une révolte anti-américaine, et non de ce qu'il est réellement : un début de guerre civile.

Nos journalistes aveugles vont-ils enfin dire tout haut ce qu'ils pensent déjà tout bas sans oser l'avouer, à savoir : que les poncifs inlassablement ressassés pour justifier le terrorisme n'ont plus cours désormais.

  • Le désespoir – tant invoqué comme alibi des crimes contre l'humanité commis par les terroristes palestiniens - ne joue aucun rôle ici.
  • Ceux qui tuent n'ont qu'un motif : la haine des Occidentaux non musulmans.
  • Ils n'ont qu'une motivation : établir l'hégémonie de l'Islam sur le monde.
  • L'argument fallacieux de "l'occupation" ne tient pas davantage.
  • Les forces de la coalition ne colonisent pas plus l'Irak qu'ils ne l'exploitent de manière éhontée, comme les en accusent les idéologues pervertis.
  • Elles s'efforcent simplement, de restaurer, au prix d'un labeur et de coûts énormes, les infrastructures de ce pays, de remettre à flot son économie, et de développer son commerce.
  • Le fait que certains pays ou multinationales y trouvent leur compte n'est pas une tare, mais une conséquence normale de la libre entreprise, des investissements et du développement, qui sont le moteur de toute économie.
En tout état de cause, les prétendues "forces d'occupation" font tout ce qui est en leur pouvoir, souvent au prix de la vie de leurs soldats et des techniciens civils de leurs pays respectifs, pour empêcher l'Irak de sombrer dans le chaos où le plongerait – et, avec lui, la région toute entière - une prise de pouvoir politique par un islamisme intégriste radical et fanatique (à l'algérienne, type FIS et GIA), obsédé par la restauration du Califat et de son corollaire obligé : une charia – ou loi islamique – intolérante et implacable, méprisant les droits humains les plus élémentaires, qui ramènerait les populations de cette région à des conditions d'existence étouffantes et mutilantes, sous la férule d'un pouvoir féodal et obscurantiste.

Le terrorisme islamique est le même partout. Ses méthodes ne varient pas : violence, cruauté, mépris absolu de la vie humaine, fanatisme religieux irrédentiste, mensonge, calomnie, trahison de la parole donnée, incapacité viscérale à négocier, à dialoguer, orgueil démesuré, refus de reconnaître ses erreurs, rejet de la responsabilité de ses actes sur ses ennemis et ses victimes, bref tous les ingrédients d'un totalitarisme pire que ceux qui ont terrorisé l'Europe, il y a quelques décennies…

Reste une question incontournable, qui se pose à tous les êtres civilisés de la terre : comment réagir, sans provocation ni faiblesse, car il y va de la sécurité, et peut-être de la vie de chacun d'entre nous ?

Les juifs connaissent la réponse : elle figure, en toutes lettres, dans le Talmud (Baveli Sanhedrin 72 a) :

S'il vient pour tuer, tue-le avant

('im ba' lehoreg, hashkem lehorgo).


Menahem Macina

© upjf.org


Mis en ligne le 15 avril 2004 sur le site www.upjf.org