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Menahem Macina

'Le Chagrin et la pitié': France et 'Collaboration' terroriste, M. Macina
30/10/2004

Voir aussi la Lettre ouverte de Ph. Meyer : "Arafat en France: silence de la communauté juive de France".

Supplique fictive à un Président bien réel


Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Fait-elle envie ou bien pitié ?
Je n'ai pas le cœur à le dire,
La française hospitalité…


Le 30 octobre 2004

Monsieur le Président,

Bref, mais impressionnant, votre message télévisé a dû plaire à de larges segments de l'opinion publique musulmane, dont vous vous profilez de plus en plus comme le valeureux héraut. Et nul doute que votre fière réitération de la tradition française d'hospitalité ait fait vibrer les cœurs dans les chaumières et les HLM, tout en envoyant un message politique fort aux chancelleries du monde entier :


«Il allait de soi», avez-vous déclaré, «que la France, terre d'accueil, ne mettrait pas en cause le droit du président de l'Autorité palestinienne de venir se faire soigner dans notre pays».

Ainsi, la générosité française est-elle à l'honneur, tandis qu'est sauve votre impartialité politique personnelle, connue de tous. Il convenait, en effet, de le préciser : C'est M. Arafat qui a exercé son "droit" aux soins français, sans que la France - c'est-à-dire vous-même - ait pris l'initiative de l'inciter à exercer ce "droit".

Avec de nombreux autres citoyens de ce pays, je suis impressionné de l'accueil réservé par la France - c'est-à-dire par vous - au leader palestinien malade, afin de lui assurer les "meilleurs" soins.

J'apprécie également que vous ayez souverainement anticipé sur l'avis des contribuables que nous sommes - certain, sans doute, de notre approbation enthousiaste des dépenses considérables afférentes à cette opération humanitaire à sensation. Et n'allez surtout pas croire que j'attribue à cette dernière des mobiles aussi vulgaires que l'opportunisme et le sensationnalisme politiques indignes de vous. Qui le croirait, d'ailleurs, hormis des fanatiques ?

En tout cas, à en juger par le déploiement considérable de moyens et de personnels techniques et médicaux pour assurer le transfert du précieux malade palestinien, on ne pourra pas vous reprocher d'avoir lésiné sur "nos" moyens.

Au vu de cette vôtre générosité envers un étranger – pardonnez-moi cette précision, indispensable en la circonstance -, je me sens conforté dans la démarche que j'entreprends aujourd'hui auprès de vous, au bénéfice de citoyens "bien français", certes moins VIP qu'Arafat, mais plus tragiquement atteints que lui.


Je veux parler des dizaines de mutilés franco-israéliens de tous âges, victimes de la violence barbare commanditée par le "reclus de la Muqata", votre hôte, ci-devant terroriste international - qui fait d'ailleurs l'objet de plusieurs plaintes pour assassinats et crimes contre l'humanité, comme vous le confirmera, si besoin est, le juge anti-terroriste Bruguière.


Et si vos amis palestiniens et arabes vous reprochent cette égalité de traitement entre le brave et légendaire Président de l'Autorité palestinienne, et les lâches et méprisables occupants franco-israéliens, "qui-n'ont-que-ce-qu'ils-méritent", je ne doute pas que, courageux et impartial comme vous l'êtes, vous ferez une déclaration analogue à celle que vous avez consacrée à l'accueil d'Arafat, dans le genre :

«Il allait de soi que la France, terre d'accueil, ne mettrait pas en cause le droit des mutilés français citoyens de l'État israélien de venir se faire soigner dans notre pays».

Je ne doute pas un seul instant que l'éthique et l'esprit d'accueil de la France - que vous incarnez, tant de par votre fonction qu'en raison de vos convictions personnelles, et que vous venez d'exprimer, de manière aussi admirable que retentissante - vous disposeront à donner la suite qu'elle mérite à mon humble supplique.

Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l'expression de ma haute considération citoyenne.

© Menahem Macina


(Avec mes remerciements à l'internaute qui m'a suggéré cette démarche, en requérant l'anonymat.)

Mis en ligne le 30 octobre 2004 sur le site www.upjf.org.
Update 31/10/04