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Menahem Macina

'Que celui qui a des oreilles…' Témoignage et avertissement, M. Macina
21/06/2004

21/06/04

L'infection israélophobe, à tonalité antijuive, s'étend, prenant des allures de pandémie. Depuis deux ou trois ans, sournoisement, elle gagne la population non issue de l'immigration africaine ou maghrébine. Dorénavant, une partie de la population française de souche – qu'il est impossible de quantifier, mais qui semble importante - se joint à la meute des contempteurs, voire des agresseurs de Juifs vivant en paisibles citoyens en dehors de l'Etat d'Israël.

Le scénario est toujours le même : être identifié comme Juif vous catalogue immédiatement comme suppôt de Sharon, du sionisme, de Tsahal, comme complice de la soi-disant "occupation coloniale" israélienne, et du malheur de la population palestinienne.

En témoigne éloquemment un texte intitulé "Citoyen toléré en France, ce Juif sera Israélien en août 2004", qui a motivé la présente réaction. Il est, en effet, exemplaire. Non seulement le style en est sobre et dépouillé de pathos ou d'invectives – ce qui renforce sa véridicité -, mais on y assiste, en raccourci et comme sur le vif, au basculement intérieur qui bouleverse, de plus en plus fréquemment, nombre de nos coreligionnaires. Moment de vérité fulgurante, où un Juif, sous la pression d'événements - mineurs, en apparence, mais décisifs pour lui -, décide qu'il n'aura d'autre patrie, désormais, que cet Etat, plus honni que lui, mais constitué Juif à la face du monde, et résolu à tout pour défendre ses citoyens, un Etat OÙ IL EST NORMAL D'ÊTRE JUIF.

Il faut avoir "des yeux pour voir et des oreilles pour entendre" : Nous assistons – mutatis mutandis – à un 'remake' des années 30, quand la haine antijuive des nazis ne se traduisait encore que par des lazzis, de menues voies de faits et un ostracisme, pénibles mais supportables. Alors, combien des nôtres firent le gros dos, persuadés que cela passerait, car, pensaient-ils, "le peuple juif en a vu d'autres et il s'en est toujours tiré". Les Juifs craintifs d'alors ont pratiqué le profil bas. Les plus fiers se sont lancés rageusement dans l'autodéfense verbale – art dans lequel notre peuple excelle -, ils ont plaidé leur cause dans des livres, des revues, des brochures et des journaux juifs, voire, tant que ce fut possible, jusque dans la presse allemande. Puis est venue l'époque des rafles, des déportations, des spoliations, des crimes… Celles et ceux qui avaient "des yeux pour voir et des oreilles pour entendre" ont cherché refuge sous d'autres cieux. Celles et ceux qui ont refusé d'y croire sont presque tous morts.

Je sais, on dira que je suis un semeur de sinistrose. Nos prophètes – Jérémie surtout – avaient déjà cette réputation… Qu'on se rassure, je ne vais pas endosser le manteau de poil pour me répandre en oracles… Mais, je le dis très haut, ici : la conjoncture actuelle est mauvaise pour les Juifs. A celles et ceux qui le peuvent et en ont la motivation, surtout s'ils sont jeunes - ou, s'ils ne le sont pas, pourvu que leur improductivité ou leur impécuniosité ne constituent pas un poids insupportable pour l'Etat Juif –, je crie : "BILOU" ! (beit ya'aqov lekhou wenelkha, "Maison de Jacob, allons et marchons", cf. Isaïe 2, 5). Soyez des bilouim, à l'instar de ces pionniers de la fin du XIXe siècle, qui préférèrent la rudesse et les dangers d'un pays où tout était à faire, à l'opprobre des nations dans lesquelles ils étaient tout juste tolérés, dans le meilleur des cas !

Et voici ce que n'avaient pas prévu nos ennemis : leur haine d'Israël et des Juifs s'avère de plus en plus contreproductive pour leurs desseins.
  • En voulant avilir et, si possible, arracher notre identité juive de notre âme et de nos esprits, ils sont en train de nous rejudaïser.
  • En calomniant et en insultant, de la pire manière, un Etat mis au pilori pour la seule raison qu'il est Juif et constitué majoritairement de Juifs qui ont choisi de vivre à nouveau sur la terre de leurs ancêtres, ils ne sont parvenus qu'à une chose : à faire que nous nous y intéressions.
  • Que nous découvrions sa dignité, sa créativité et l'ampleur de ses réalisations en quelques décennies.
  • Que nous admirions le courage et l'honneur de son armée – hormis quelques brebis galeuses comme il en existe dans toutes les armées du monde.
  • Et même que nous en venions à envier l'endurance silencieuse de sa population - que ni les massacres, ni les difficultés économiques, ni la modicité des salaires, ni les tensions quotidiennes engendrées par cette situation difficile, n'ont réussi à briser -, déterminée qu'elle est, malgré les nations qui grondent (cf. Ps 2), à rester juive sur sa terre d'antan.
C'est cela le Sionisme que blasphèment nos ennemis : l'amour de Sion-Jérusalem, cœur et âme éternelle de notre peuple.

Menahem Macina.


© upjf.org.



Mis en ligne le 21 juin 2004 sur le site www.upjf.org. Update 22 juin 2004