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'Christian Aid': ONG caritative ou pro-palestinienne?
24/10/2004

Analyse de l'Observatoire des ONG [ONG-Watch] (Vol. 2 n° 10) 15 juin 2004


Compte rendu succinct sur Christian Aid: juin 2004



Original anglais: "Summary Report on Christian Aid: June 2004".

Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org.


Données concernant l'organisation

  • ONG fondée dans les années 50 et située à Londres.
  • Buts: "Promouvoir des objectifs charitables, qui soulagent ou combattent la malnutrition, la faim, la maladie ou la détresse dans le monde entier. Promouvoir d'autres objectifs charitables pour faire progresser ou aider toute autre œuvre de charité pouvant être poursuivie par ou avec l'appui ou l'approbation du Conseil Britannique des Eglises."
  • Les rentrées pour l'exercice 2002/2003 ont dépassé 58.5 millions de livres sterling (approximativement 90 millions de dollars), dont 40 millions de LS (60 millions de dollars) proviennent de dons privés, de cadeaux et de legs. La majeure partie du reste provient de sources gouvernementales, dont 5 millions de LS (7 millions de dollars) du Département Gouvernemental Britannique pour le Développement International (DfID). L'église d'Angleterre, les Baptistes britanniques, les églises méthodistes, et les églises orthodoxes russes sont d'importants partenaires et sponsors de Christian Aid.

Résultats

  • L'implication considérable de Christian Aid dans des campagnes de propagande anti-israélienne jette le doute sur ses prétentions d'être une organisation charitable et humanitaire.
  • Ces campagnes ignorent systématiquement la complexité et la sensibilité du conflit arabo-israélien, et déforment les causes de la pauvreté au Moyen-Orient, contredisant ainsi leur prétention d'être une organisation humanitaire neutre.
  • Christian Aid ne fournit pas seulement une contribution financière mais également une légitimité et un appui logistique à plusieurs organisations partenaires ayant des objectifs idéologiques très affirmés. Le nom de Christian Aid est employé pour récolter des fonds destinés à des groupes politiques tels que LOI et PCHR, qui soutiennent des objectifs politiques anti-israéliens extrémistes, qui aggravent le conflit et, comme beaucoup d'analystes l'ont fait remarquer, constituent une forme moderne d'antisémitisme.
  • Le discours de Christian Aid témoigne d'une hostilité profonde à l'égard d'Israël, qu'elle accuse d'être responsable de la souffrance palestinienne, alors qu'elle s'abstient de mentionner le rôle moteur des dirigeants palestiniens dans la promotion de la terreur, de la violence, et dans le rejet de la légitimité d'Israël.
Exemples:

Film de propagande de Christian Aid : "Peace Under Siege" [La paix en état de siège]

  • En octobre 2003, Christian Aid a diffusé un film destiné à collecter des fonds, intitulé 'La paix en état de siège', qui affirme décrire les "racines de la pauvreté palestinienne". En réalité, ce documentaire de 20 minutes consistait en une attaque véhémente et gravement inexacte contre Israël. Bien que Christian Aid ait entrepris des projets importants en Cisjordanie, il apparaît clairement dans les séquences du film, que Christian Aid poursuit également, et peut-être principalement, l'objectif politique consistant à délégitimer l'Etat d'Israël. (Voir : Christian Aid's Political Campaign Continues: "Peace Under Siege" - NGO Monitor Oct. 2003).

"Missions d'enquête"

  • Christian Aid emmène des politiciens britanniques pour des "missions d'enquêtes" dans les territoires palestiniens, qui présentent une vue unilatérale de la situation en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, sans donner une chance égale à l'expression de la position israélienne officielle. Le résultat est apparu en pleine lumière dans les commentaires violemment anti-israéliens dans l'organe de presse des parlementaires Oona King et Jenny Tonge, à leur retour d'une mission de Christian Aid. Voici ce qu'a déclaré Tonge à propos des terroristes-suicide: "Si je devais vivre dans cette situation - et je dis cela après mûre réflexion – il se pourrait bien que j'envisage de le devenir moi-même".
  • 'Le rapport d'une visite de trois politiciens irlandais - organisée par Christian Aid, décrite dans un communiqué de presse du 30 janvier 2004 ("Une action internationale est nécessaire pour briser le cycle de la violence au Moyen-Orient") - à laquelle s'étaient joints des volontaires de la filiale israélienne de l'association Médecins pour les Droits de l'Homme, qui se rendaient à Tulkarem ainsi qu'à la barrière israélienne de sécurité autour de Qalqilya, n'incluait aucun compte-rendu des rencontres qui avaient eu lieu avec les représentants officiels ou officieux d'Israël.
  • De même, un communiqué de presse du 28 mai 2004, citant un parlementaire britannique en visite dans la région, déclarait qu'il prenait part à un programme "permettant à des politiciens de voir par eux-mêmes les expériences quotidiennes des Palestiniens et des Israéliens". [Mais, contrairement à cette affirmation], il n'y avait aucune référence à quelque activité que ce soit ayant trait aux points de vue israéliens.
  • Christian Aid a sponsorisé deux visites effectuées dans la région par l'artiste John Keane, et dont le point culminant a été l'ouverture, à Londres, d'une exposition de peintures fortement anti-israéliennes.

Équivalence immorale entre les victimes et les criminels

  • Le communiqué de presse du 30 janvier déclarait: "Dix Israéliens ont été tués et plus de 50 blessés, hier, quand un terroriste-suicide a frappé près de la résidence d'Ariel Sharon à Jérusalem. Quelques heures auparavant, huit Palestiniens avaient été tués lors d'une incursion israélienne dans une banlieue de la ville de Gaza". Alors que les civils israéliens ont été tués dans un acte de terrorisme délibéré, Christian Aid omet de préciser dans quelles circonstances a eu lieu l'opération militaire israélienne qui a causé la mort des Palestiniens. De même, Christian Aid continue à établir une équivalence amorale entre le terrorisme palestinien et les contre-mesures d'Israël, en les définissant comme "un cycle permanent de violence."

Organisations en partenariat avec Christian Aid

  • A titre d'exemples d'organisations en partenariat avec Christian Aid, on peut citer l'ONG palestinienne LAW, et le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme (PCHR), ainsi que l'YMCA de Jérusalem. LOI et PCHR ont joué un rôle important dans le diabolisation infâme d'Israël qui a eu lieu à Durban, en septembre 2001. En décembre 2003, la Fondation Ford s'est engagée à cesser immédiatement de financer LAW. En outre, LAW a fait l'objet d'une enquête pour irrégularités financières, enquête qui a abouti au gel des dons en provenance de l'étranger, après qu'il se soit avéré que 3,63 millions de dollars ont été utilisés abusivement. Selon des rapports, l'Union européenne [UE] a enquêté après que LAW, entre autres, ait été soupçonné d'avoir versé des fonds reçus de l'UE à des organisations terroristes tels le Fatah et le Hamas. (LAW est citée comme une organisation partenaire de Christian Aid, dans une lettre aux ministres des Affaires étrangères de l'UE.
  • Comme il ressort des analyses de l'Observatoire des ONG, nombre d'organisations qui sont en partenariat avec Christian Aid affichent un programme politique clairement anti-israélien. On trouve parmi elles: www.ngo-monitor.org//editions/v2n10/v2n10-1.htm
    Adalah - Physicians for Human Rights – Israel - Union of Palestinian Medical Relief Committees (UPMRC)). L'organisation Palestine Monitor s'est avérée si manifestement politisée, que Christian Aid a déclaré qu'elle n'était plus au nombre de ses partenaires.

Opposition politique à la politique israélienne (désengagement de Gaza)

  • L'insistance de Christian Aid sur l'action politique, plutôt que sur l'aide humanitaire, est également illustrée par son opposition aux politiques du gouvernement israélien ("'Disengagement plan' is another blow to Middle East peace"). Conformément à une analyse précédente de l'Observatoire des ONG, un communiqué de presse du 16 avril 2004 a exprimé l'opposition à l'initiative de désengagement de Gaza, du Premier ministre Ariel Sharon, décrivant l'approbation du plan par le Président des Etats-Unis, Bush, comme un "coup supplémentaire... porté aux peuples du Moyen-Orient". (Israel's Disengagement Plan - NGOs Rush to Reject Gaza Withdrawal - NGO Monitor May 2004).
  • Après avoir exprimé son opposition au plan de retrait de Gaza, Christian Aid a publié un Communiqué de presse, daté du 18 mai, dans lequel, suite aux opérations militaires israéliennes dans la Bande de Gaza elle déclare : "Israël a dit qu'il intensifierait ses opérations militaires à Gaza, quelques heures après qu'un rassemblement pour la paix, organisé le 15 mai à Tel Aviv, ait exigé que le Premier ministre Ariel Sharon mette en oeuvre ses plans de se retirer entièrement du territoire occupé."
  • Le 28 mai 2004, Christian Aid a publié le texte d'un briefing parlementaire intitulé "A Road to Nowhere ?" [une route vers nulle part ?"], appelant Israël à abandonner sa politique unilatérale de désengagement, affirmant que le plan "sape le droit international", et que le Royaume Uni et les Etats-Unis courent également le "danger d'ouvrir une brèche dans le droit international" en approuvant le plan. A nouveau, Christian Aid a montré ce qui constitue le coeur de son programme politique, qu'elle poursuit sous l'apparence de l'aide humanitaire.

Campagnes de Christian Aid contre la barrière de sécurité

  • Dans un exposé qui figure sur son site Web ("Why the Israeli 'barrier' is wrong" [Pourquoi la ' barrière ' israélienne est une erreur], Christian Aid reconnaît brièvement qu'"il est important de prendre en compte les craintes légitimes d'Israël en matière de terrorisme, et la nécessité où il se trouve de prendre des mesures pour protéger ses citoyens". Mais le texte poursuit : "notre expérience de terrain nous dit que la barrière n'est pas la [bonne] manière, pour l'un et l'autre peuples, de parvenir à la sécurité et à la paix". La barrière de sécurité est condamnée pour des raisons humanitaires, sans que soit traité le terrorisme palestinien, qui a rendu nécessaire cette barrière - laquelle est décrite comme "la dernière d'une série de politiques mises en oeuvre par le gouvernement israélien depuis qu'il a commencé son occupation de la terre palestinienne en 1967" -, et l'on affirme : "ces mesures ont appauvri la population palestinienne". Une telle diabolisation d'Israël reflète le parti pris flagrant qui est grossièrement en porte-à-faux avec les prétentions de [Christian Aid] d'être une organisation charitable.


© NGO-Monitor pour l'original anglais et upjf.org pour la version française..

Mis en ligne le 24 octobre 2004 sur le site www.upjf.org.