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Contentieux palestino-israélien

Guerre populaire de l'OLP - Réponse inadéquate d'Israël, J. Fishman
02/11/2003

DIX ANS APRES OSLO : LA STRATEGIE DE "GUERRE POPULAIRE" DE L'OLP
ET LA RIPOSTE INADEQUATE D'ISRAËL


THE JERUSALEM CENTER FOR PUBLIC AFFAIRS

JERUSALEM VIEWPOINTS

No. 503, 1-15 Septembre 2003

[L'étude reproduite ici est d'une importance capitale pour comprendre la nature et les péripéties du conflit palestino-israélien. Ce point de vue original est resté jusqu'alors confiné au milieu étroit des experts. Il est, d'ailleurs radicalement contesté, surtout chez les partisans de la bonne foi de l'Autorité palestinienne - ou à tout le moins de la nécessité inéluctable pour Israël d'en passer par la majorité de ses exigences. Persuadés que finira par émerger une direction palestinienne 'raisonnable' avec laquelle il sera possible de reprendre une négociation 'à l'occidentale', dans le style : "la paix contre les territoires", les adversaires de la thèse de Fishman, préfèrent la rejeter en bloc, plutôt que d'examiner sérieusement la cohérence du processus dont elle dévoile, de manière convaincante, l'idéologie et le modus operandi, qu'il est possible de recouper par l'examen des faits sur le terrain et l'évaluation du délitement de l'image d'Israël dans l'opinion internationale. Mon espoir est que la diffusion vulgarisée des idées maîtresses contenues dans cette étude servira de matériau de référence pour expliquer la position d'Israël et contrer la stratégie palestininenne de déstabilisation et de subversion, qui vise à épuiser et à décourager Israël et les Juifs qui le soutiennent et à dresser les gouvernements et les opinions publiques du monde contre ce peuple en butte à l'hostilité mortelle du monde arabe. Il faut lire cette étude et en tirer les leçons pour une hasbarah et un militantisme intelligents et efficaces, dont le but principal doit être de faire comprendre à quiconque n'est pas de mauvaise foi que telle est bien la stratégie des ennemis d'Israël et que, si nous ne prenons pas au sérieux la menace mortelle qu'elle constitue, Israël risque - has wehalilah! - de disparaître, au moins en tant qu'Etat juif souverain. Je veux être clair : il ne s'agit pas pour nous d'entreprendre une croisade contre un peuple qui aspire à un Etat qui lui soit propre, mais de tout mettre en oeuvre pour empêcher ses dirigeants et les mouvements séditieux et terroristes qui se sont développés en son sein de substituer leur souveraineté nationale à celle de l'Etat juif sur la totalité de la Palestine-Israël. Si J. Fishman et les auteurs dont il s'est inspiré ont raison - et je pense personnellement que c'est le cas -, il est plus qu'urgent que tous les Juifs du monde - secondés, éventuellement par leurs amis non-Juifs, et tout spécialement les chrétiens à qui Israël est cher - se mobilisent pour mettre en oeuvre une campagne de sensibilisation tous azymuts, pour empêcher que ne s'actualise le scénario-catastrophe, dont ce texte montre qu'il est prévisible et qu'il serait irresponsable de ne pas en empêcher la réalisation, par tous les moyens à notre disposition. A lire donc, soigneusement, et à diffuser massivement. Menahem Macina.]

[Nota: Pour celles et ceux qui n'ont pas le courage de lire ce long document (c'est dommage !) je recommande chaudement l'article de J.-P. Bensimon, "Comprendre la guerre d'Arafat", qui reprend l'essentiel de la thèse de J. Fishman, en quelques pages.]

Traduction française révisée et corrigée par Menahem Macina.

  • Israël et l'OLP se sont affrontés selon des modèles stratégiques complètement différents.
  • Depuis la fin des années soixante, l'OLP a adopté un modèle stratégique, celui de la «guerre populaire», qu'elle a continué d'appliquer, même après la signature des accords d'Oslo en 1993.
  • Selon le modèle de «guerre populaire» emprunté à la tradition marxiste léniniste chinoise et vietnamienne, le conflit est mené simultanément sur les terrains politique et militaire. Cependant, pour des guérillas en situation d'infériorité militaire, l'aspect politique est le plus important, et particulièrement la délégitimation de l'adversaire et la division de sa société.
  • Avant 1993, Israël donnait généralement une réponse militaire et non politique à la menace terroriste de l'OLP. Après 1993, quand l'OLP a «renoncé» au terrorisme, Israël a fait confiance au leadership palestinien et ignoré les indices montrant que l'OLP était encore engagée dans une stratégie de guerre (incitation à la violence, répugnance de l'OLP à remplir ses engagements, votes à l'ONU, livres scolaires). Les gouvernements israéliens déploraient, a posteriori, la persistance de ces manifestations bellicistes sans en identifier les causes.
  • Les traditions de l'establishment israélien mettent indûment l'accent sur une approche étroitement militaire, au détriment de l'approche politique, qui rend Israël particulièrement vulnérable à une stratégie globale fondée sur la mystification de l'adversaire. Les responsables politiques israéliens doivent revoir les hypothèses sur lesquelles ils ont fondé leur stratégie politique et militaire des dix dernières années.

Méconnaissance de la stratégie de l'ennemi

"Ce qui est d'une importance capitale, c'est de s'en prendre à la stratégie de l'ennemi."
Sun Tse, L'Art de la guerre (1).


Le 13 septembre 1993, le premier ministre Yitzak Rabin et le président Yasser Arafat se serrèrent la main sur la pelouse de la Maison Blanche. Shimon Peres, pour le gouvernement d'Israël, et Mahmoud Abbas (Abou Mazen), pour l'OLP, signèrent la Déclaration de Principes (DP) paraphée par le président Clinton, le secrétaire d'Etat Christopher et le ministre russe des Affaires étrangères, Kozyrev. La Déclaration de Principes devait lancer un processus de paix entre l'Etat d'Israël et l'OLP. Dix ans ont passé depuis cet évènement porteur d'espoir, et Israël compte 1080 morts : 256, de la signature de la DP à septembre 2000, et 824, de septembre 2000 au 1er juin 2003 (2). Proportionnellement, cela représenterait, pour les Etats-Unis, des pertes d'environ 49.000 citoyens. Pour Israël, le coût humain de l'aventure d'Oslo a dépassé celui de la guerre d'usure sur le canal de Suez (1968-1970). L'état de guerre prolongé a porté des coups dévastateurs à l'économie d'Israël. Il a scellé pour toujours de nombreux destins individuels et aggravé les tensions sociales. Tout cela nous oblige à nous poser des questions fondamentales. Pour s'être engagé dans ce processus, Israël va-t-il mieux ou moins bien? A-t-il essuyé un échec politique ? Si nous n'avons pas la paix, qu'avons-nous à la place et où tout cela nous mène-t-il ?

Les déboires d'Israël proviennent de son incapacité à comprendre les buts stratégiques de l'ennemi, ses moyens et ses méthodes. Il est évident, rétrospectivement, que le leadership israélien a gravement sous-estimé la détermination et la conviction de l'adversaire. Plusieurs dirigeants palestiniens, s'exprimant ouvertement et en public, avaient déclaré qu'ils s'engageaient dans le processus de paix, de mauvaise grâce (3). Un exemple suffira. Le défunt Faysal Husseini, présenté naïvement par les médias comme un «Palestinien modéré», soutenait, dans une interview au journal égyptien pro-nassérien Al Arabi, le 24 juin 2001, que les accords d'Oslo étaient un «cheval de Troie», conçu pour mystifier l'adversaire. Il disait tout à fait clairement que l'OLP avait passé ces accords pour prendre pied sur la terre d'Israël, d'où elle pourrait initier une lutte de guérilla capable de détruire l'Etat juif et de le remplacer par une Palestine arabe. A cette occasion, Husseini reformulait, de manière cohérente, la politique des étapes, que l'OLP avait adoptée en 1974. Ce programme, connu sous le nom de «Stratégie des Etapes», était basé sur l'implantation d'un Etat palestinien sur une fraction quelconque du territoire qui deviendrait disponible, si nécessaire, à l'issue d'une négociation (4).

«Vous m'invitez à parler de ce que nous appelons nos buts 'stratégiques', ou nos objectifs 'politiques', ou nos objectifs échelonnés dans le temps. [L'auteur insiste sur ce point]. Les buts 'stratégiques' sont les objectifs les plus 'élevés', les objectifs 'à long terme', ou encore les 'objectifs irrévocables', qui sont enracinés sur les solides principes et les droits historiques des peuples arabes. Les objectifs 'politiques', eux, sont définis sur une échelle de temps qui prend en considération [les contraintes] de la situation internationale, le rapport des forces, nos propres aptitudes et d'autres paramètres qui «varient» d'une période à l'autre.
Quand nous demandons aux forces et aux groupes palestiniens de considérer les accords d'Oslo et les autres accords comme des engagements 'provisoires', ou des objectifs d'étape, cela signifie que nous précipitons les Israéliens dans un guet-apens, que nous les mystifions [l'auteur insiste sur ce point].
Notre but ultime est [toujours] la libération de toute la Palestine historique, du fleuve [le Jourdain] à la mer [Méditerranée], même si cela signifie que le conflit durera un deuxième millier d'années, ou de nombreuses générations (5).

Il ne faut pas voir là la moindre intention de devenir des 'partenaires pour la paix', ni de bons 'voisins'.

Il est remarquable que la proclamation ouverte de ce traquenard n'ait pas provoqué une sérieuse discussion en Israël, ni un changement radical de la stratégie du pays. D'un côté, les responsables politiques israéliens, faute de prendre de telles déclarations au pied de la lettre, ont pratiqué la politique de l'autruche. De l'autre, on a invoqué le mode de fonctionnement de l'Autorité Palestinienne [ci-après AP] pour expliquer un discours de ce genre. Or, l' AP n'est pas une organisation démocratique mais plutôt un état totalitaire en gestation (6). Hanna Arendt a écrit qu'une des marques de ce type de régime est de ne pas hésiter à exprimer ouvertement ses véritables objectifs tout en fonctionnant, à maints égards, comme une société secrète (7).

En dépit d'évènements troublants, comme des bombes dans des autobus, ou la poursuite de l'incitation à la haine des Juifs, on considérait majoritairement qu'en signant la Déclaration de Principes de 1993, l'OLP était entrée dans une ère nouvelle, marquée par l'abandon de la terreur et l'édification d'un Etat. Les dirigeants israéliens et américains ne pouvaient pas tirer les leçons des manifestations périodiques du terrorisme, car ils les considéraient comme des catastrophes naturelles, des ouragans ou des tremblements de terre, contre lesquels personne ne peut rien faire. Nul ne peut reconnaître formellement la "dérangeante réalité" du terrorisme, sans remettre en question le "processus de paix" dans son ensemble. Si l'on veut prendre en compte la réalité, on doit adopter des orientations incompatibles avec le statu quo. C'est parce que les certitudes inébranlables du "politiquement correct" sont la règle, que l'on n'osa pas soutenir en public l'hypothèse que ces actes de terrorisme et de violence, perpétrés contre la société et la population civile d'Israël, étaient au coeur de la stratégie palestinienne, qu'ils étaient la règle plutôt que l'exception.

A l'époque de ce qu'elle définissait comme la phase de "Libération Totale" (1969–1974), l'OLP avait trouvé sa place au sein des mouvements de libération anti-colonialistes d'inspiration socialiste (8) Comme l'a montré Barry Rubin, l'OLP désirait lancer une "guerre populaire", sur le modèle des guérillas marxistes-léninistes de Chine, de Cuba, et du Vietnam. Rubin a décrit les objectifs de la guerre populaire et la façon dont l'OLP comprenait ses buts stratégiques à cette époque. Les citations suivantes sont remarquablement cohérentes avec les analyses de Faysal Husseini évoquées, plus haut.

«L'objectif de l'OLP en Israël, n'était pas simplement la mise en place d'un gouvernement, mais le peuple lui-même. Ainsi, puisque l'OLP était en guerre contre une société – et non pas l'armée ou l'occupation qui a suivi 1967 -, tous les aspects et tous les membres de la société israélienne devenaient des cibles légitimes. Le but de l'OLP "n'est pas d'imposer notre volonté à l'ennemi", expliquait le magazine Filastin al-Thawra, en 1968, "mais de le détruire pour prendre sa place… non pas soumettre l'ennemi, mais le détruire".» (9)


Les leçons des mouvements de libération socialisants

L'OLP prenait exemple sur les autres mouvements de libération dans l'intention de trouver des alliés et d'obtenir de l'expertise et des armes, surtout dans le camp socialiste. Les expériences de la Chine, de Cuba et du Vietnam revêtaient une importance particulière. L'OLP s'inspira aussi de l'expérience révolutionnaire de l'Algérie, dont elle reçut des conseils avisés quand elle lui présenta son projet (10). Avant la consultation des Algériens, le thème principal de la propagande palestinienne était "jeter les Juifs à la mer". Les Algériens conseillèrent d'employer une autre terminologie et de mettre en avant de nouveaux thèmes de propagande. Bien que l'armée française ait gagné sa guerre contre l'Algérie, "la victoire algérienne sur la France fut, pour une bonne part le résultat de l'opinion publique, en France même, et dans la plupart des pays de l'OTAN. L'opinion fut retournée contre la présence de la France en Algérie, à l'issue d'une campagne de propagande terriblement habile menée par le FLN". (11) On a là un exemple d'utilisation efficace de la propagande comme outil de guerre politique (qui ressemble beaucoup au modèle vietnamien présenté par la suite). Après la Guerre des Six Jours, Mohamed Yazid, qui fut ministre de l'information dans deux gouvernements algériens à l'époque de la guerre (1958-1962), enseignait les règles suivantes aux architectes de la propagande palestinienne :

"Finissez-en avec l'argument selon lequel Israël est un petit Etat dont l'existence est menacée par les Etats arabes, et avec votre façon de réduire le problème palestinien à un simple problème de réfugiés ; présentez plutôt la lutte palestinienne comme une lutte de libération comme les autres. Cessez de donner l'impression […] que, dans la lutte entre les Palestiniens et les Sionistes, les Sionistes sont les opprimés. A présent, ce sont les Arabes qui sont opprimés et victimes dans leur existence, parce qu'ils ne sont pas seulement confrontés aux Sionistes, mais aussi au monde impérialiste." (12).

Dans les années 70 et 80, l'état-major de l'OLP tissa des liens étroits avec l'Union Soviétique et les pays du bloc de l'Est, comme la République Démocratique d'Allemagne et la Roumanie (13). Les relations entre l'OLP et l'Union Soviétique furent de nature un peu différente, du fait de la volonté de Moscou de pénétrer dans la région et d'y accroître son influence (14). Bien que les relations entre l'OLP et l'URSS aient été établies dans les années 60, il fallut attendre 1974 pour que l'OLP ouvre une représentation à Moscou. En contrepartie de son aide, l'OLP s'aligna sur Moscou, jusqu'à approuver publiquement, bien plus tard, l'invasion de l'Afghanistan, en 1979 (15). De nombreux Palestiniens reçurent un entraînement militaire, apprirent l'espionnage et furent endoctrinés dans des pays communistes. Mahmoud Abbas (Abou Mazen) en est un exemple fameux. C'est l'Université du Monde Oriental de Moscou qui, en 1982, décerna son doctorat à [celui qui allait devenir] Premier Ministre de l'AP (17). Il n'est pas possible de décrire avec précision le type de formation que chaque individu a pu recevoir dans les pays socialistes, mais les militants concernés ont tiré de cette expérience collective une doctrine militaire commune, dont ils continuent à s'inspirer.

En 1970, alors que les relations avec l'Union soviétique "étaient devenues distantes et empreintes de suspicion", la Chine et le Vietnam tendirent la main à l'OLP. Yasser Arafat et Abou Ayad furent invités à y faire une visite discrète. Zou En Laï (Chou En Laï) les reçut et leur accorda l'appui total de son pays. Au Vietnam, où ils restèrent deux semaines, leur hôte fut le général Vo Nguyen Giap (né en 1912), le grand maître de la guerre révolutionnaire de sa génération. On raconte que Abou Ayad demanda aux Vietnamiens pourquoi l'opinion publique occidentale tenait la lutte armée des Palestiniens pour du terrorisme, alors que la lutte du Vietnam recueillait, elle, louanges et soutiens. En guise de réponse, les vietnamiens conseillèrent à l'OLP de se fixer des objectifs par étapes, de dissimuler leurs véritables buts selon la stratégie de mystification de l'adversaire, et de se donner une apparence de modération (19). Ils enseignèrent aussi aux Palestiniens les méthodes de manipulation des nouveaux médias américains (20). Giap tança Arafat. "Combattez avec toutes les méthodes susceptibles d'aboutir à la victoire… Si c'est la guerre classique, faites-la. Si vous ne pouvez pas vaincre avec la guerre classique, ne l'engagez pas. La bonne méthode, c'est la méthode qui conduit à la victoire. Nous combattons par des moyens politiques et militaires, en mobilisant les appuis extérieurs" (21). En quelques mots, le général Giap avait décrit l'essentiel de la guerre populaire.

Ce ne fut pas la seule visite de Palestiniens de haut niveau au Nord-Vietnam. En 1964, avant qu'il ne se transforme en OLP, le Fatah envoya Abou Jihad, qui devait prendre la tête des opérations militaires, en Chine et au Nord-Vietnam, où il étudia les tactiques du combat de guérilla. Abou Jihad a attesté que ces séjours avaient remis en cause ses certitudes en matière militaire, acquises depuis des années, tant et si bien qu'il devint, par la suite, l'apôtre de la "guerre populaire de libération" (22). On soulignera que le Fatah traduisit en arabe les écrits du général Giap, mais aussi les œuvres de Mao et de Che Guevara (23). De même, le FPLP, qui adhèrera aussi à l'OLP, introduisait déjà, dans les années 60, les écrits de Mao et de Giap dans les programmes de formation militaire des fedayin (24).


La guerre du peuple : les opérations militaires subordonnées au politique

Selon le très influent stratège américain, Stefan Possony, une guerre populaire est un "choc de sociétés", qui inclut les dimensions politique et militaire, avec des phases violentes et non violentes. Possony eut, à l'époque, une grande influence sur le président Ronald Reagan, parce qu'il découvrit en quoi consistait la vulnérabilité stratégique de l'Union soviétique et comment on pouvait l'exploiter (voir Annexe). Sa clairvoyance fut d'analyser "la guerre populaire comme un conflit politique, comportant des opérations militaires subordonnées au politique (25).

Les moyens et les méthodes d'une guerre populaire sont probablement les plus adaptées dans un conflit asymétrique, où un mouvement insurrectionnel ne peut pas affronter directement un adversaire militairement supérieur. Il est d'une importance décisive que les responsables politiques israéliens en comprennent les principes et la doctrine opérationnelle, parce que c'est ce type de guerre que l'AP a engagé contre Israël. La signature des accords d'Oslo n'a pas mis un terme à la violence palestinienne passée, mais a plutôt démontré la continuité des objectifs de l'AP, de ses modes de pensée et de sa tactique. Dans ce débat sur la guerre du peuple, il faudra accorder une attention toute particulière à l'évaluation, de part et d'autre, des forces et des faiblesses relatives (26).


L'arrière plan historique de la guerre populaire

Pour comprendre la nature de la guerre du peuple, il est indispensable d'en rappeler l'origine et l'évolution. La théorie de la guerre populaire constitue la base de la doctrine militaire soviétique, à laquelle les stratèges asiatiques ont ajouté leurs propres apports. La victoire des communistes chinois sur les nationalistes et la naissance de la République Populaire de Chine résultent, en dernière analyse, d'une application réussie de cette doctrine. La génération suivante, celle du général Vo Nguyen Giap, qui a vaincu les Français et les Américains, y a introduit certains développements.

Harriet Fast Scott et William F. Scott ont étudié la théorie militaire soviétique (marxiste-léniniste) et sa terminologie originale (27). Ce corps de pensée fournit un cadre idéologique qui réunit en un tout les principaux objectifs politiques et leurs conditions militaires de réalisation. Dans la théorie soviétique, la catégorie conceptuelle la plus large, appelée "doctrine", est le fondement idéologique à partir duquel sont définies les politiques et leur mise en œuvre (28). Bien que ce système de pensée ait été appliqué dès le début des années 20, il est encore à la base de sa doctrine militaire, même après que l'Union soviétique soit devenue une superpuissance dotée d'un grand arsenal conventionnel et nucléaire. Même si le communisme soviétique n'est plus, aujourd'hui, une force à l'échelle mondiale, la filiation de sa doctrine militaire est bel et bien vivante. La doctrine militaire soviétique unifiée, élaborée sous l'influence de la pensée militaire allemande (29), se développe dans deux directions : politique et militaire, le politique ayant la priorité sur le militaire. Son principal objectif politique, on doit le répéter, était la victoire du communisme sur le capitalisme.

Quand, dans les années 20, l'Union soviétique exporta sa doctrine militaire, elle se proposait de mobiliser le soutien du prolétariat urbain. Cette approche n'était pas judicieuse pour la Chine où ce groupe social était peu nombreux. Le gouvernement nationaliste (KMT – Kuomintang) avait l'avantage d'une armée conventionnelle bien entraînée (avec des conseillers allemands). Il était en général capable de tenir les villes importantes. Après avoir essuyé des pertes sérieuses dans le Hounan, en août et septembre 1930, Mao Tse-Tung prit "l'unique décision réellement vitale dans l'histoire du parti communiste chinois". Il s'affranchit de la ligne tracée par Moscou pour adopter une approche nouvelle (30). Etant incapable d'affronter ses adversaires par des moyens conventionnels, Mao Tse-tung résolut de mobiliser les paysans, transporta la guerre dans les campagnes et empêcha la destruction de ses forces par la mobilité et la retraite tactique.

Mao était partisan de la guerre prolongée "parce qu'il n'y avait pas d'autres moyens dignes de confiance d'épuiser un adversaire plus puissant" (31). Ici, la dimension humaine devient capitale. Une bonne stratégie et une bonne tactique compenseraient une relative faiblesse, et les initiatives d'un général talentueux pourraient faire pencher la balance. A l'opposé, on a tendance à mesurer, en Occident, l'avantage militaire en termes de moyens matériels et de puissance de feu, lesquels ne sont pas toujours des indicateurs fiables de la puissance effective (32). Lin Piao (1907-1971), qui fut, jusqu'à sa mort, le successeur désigné de Mao, développa, par la suite, le concept de guerre du peuple et proposa l'application de ses principes à l'échelle de la planète, à savoir l'encerclement des pays capitalistes par les campagnes du monde. Dans ce schéma, l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest représentaient les villes du monde, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique Latine, les campagnes du monde (33).

Les Vietnamiens, surtout à l'époque du général Giap, agissaient dans la tradition du combat de guérilla, mais en plus pragmatique. Giap ne souscrivait pas automatiquement à l'approche chinoise, ni à l'obligation idéologique de lui obéir (34). Dans une interview portant sur l'histoire de la libération du Vietnam, il déclara que le combat de guérilla n'était qu'un aspect de la guerre du peuple. Selon son interprétation personnelle, "une guerre populaire se définit par une stratégie qui n'est pas réduite à sa dimension militaire. On peut toujours trouver une expression synthétique de la stratégie. Notre stratégie était à la fois militaire, politique, économique et diplomatique, bien que la composante militaire fût la plus importante" (35).

Une des innovations de Giap avait trait à la manipulation des nouveaux médias occidentaux, pour retourner, à son profit, la liberté et la vulnérabilité des sociétés ouvertes démocratiques. Il comprit que l'impact des événements, vus à travers le prisme des média, pouvait jouer un rôle décisif. Par exemple, en 1954, les français perdirent seulement 4 % de leurs forces à Dien Bien Phu. Cependant, le choc de ce revers en France métropolitaine – sans rapport avec l'événement lui-même - anéantit le soutien du pays à l'effort de guerre français (36). Bien que l'offensive du Tet se soit conclue par une défaite du Vietcong et un taux de pertes américaines relativement faible, la manipulation des médias eut un impact stratégique très comparable à celui de Dien Bien Phu (37). Plus tard, le général Giap utilisa, de façon experte, la télévision (avec l'aide enthousiaste de ses partisans américains) pour miner le soutien de l'opinion à la guerre du Vietnam. Il déclarait : "En 1968, j'ai compris que je ne pourrais pas vaincre les 500.000 hommes des troupes américaines qui étaient déployées au Vietnam ; je serais incapable de couler la 7ème Flotte et ses centaines d'avions, mais je parviendrais à introduire dans les foyers des américains, des images qui leur donneraient l'envie folle de mettre fin à cette guerre" (38).

Dans cet aperçu de la pensée militaire marxiste-léniniste, nous avons souligné la priorité du politique sur la doctrine militaire. Comme on l'a dit plus haut, le principal objectif du système qui produit ce type de guerre est d'assurer la victoire du capitalisme sur le communisme. Cependant, en 1988, l'Union Soviétique décida officiellement de modifier son image publique et de dissimuler ses principaux objectifs politiques. On ne devait plus parler de "lutte des classes" ; à sa place, une nouvelle formule, élégante et trompeuse, devrait s'imposer pour désigner la même chose : "la lutte pour la paix" (39).


La guerre populaire et sa doctrine opérationnelle

En 1970, Stefan Possony énonça les caractéristiques de la guerre populaire, en ces termes (40) :

  • La guerre populaire est une révolution de longue durée. Sa durée inévitable est exploitée par la guérilla pour anéantir l'adversaire, politiquement, moralement et économiquement (41)… L'objectif pratique du combat de guérilla est de créer le chaos dans le pays-cible et de le rendre ingouvernable.
  • Le concept-clé d'une guerre populaire est l'édification d'un double pouvoir grâce à la guérilla. Un double pouvoir signifie qu'il existe deux instances de pouvoir, d'institutions, d'autorités et de gouvernement, fonctionnant côte à côte de façon concurrente.
  • La transition du pouvoir du gouvernement 1 au gouvernement 2 s'opère par le transfert de la souveraineté sur la population, du gouvernement préexistant vers le pouvoir émergeant, ce qui lui confère instantanément la légitimité. Cette transition est constitutive du processus révolutionnaire.
  • La victoire signifie que le nouveau gouvernement a triomphé. La défaite signifie que l'un des deux pouvoirs (ou régime) disparaît [l'auteur souligne ce point]. Le transfert de souveraineté dépend, dans une large mesure, du succès des opérations violentes de la guérilla (42).
Les procédés tactiques courants de cette guerre comportent :
  1. L'utilisation de la propagande pour priver l'ennemi de sa légitimité et de ses soutiens extérieurs… La propagande, surtout si elle s'accompagne de conquêtes, est la principale méthode par laquelle la légitimité est transférée à la nouvelle élite au pouvoir (43). Dans ce cadre, la propagande a un but particulier : "Comme la guerre fait rage durant des années, mais qu'elle surgit et disparaît de l'actualité périodiquement, l'opinion publique doit être conditionnée à croire que la victoire des rebelles est inéluctable" (44).
  2. La destruction de l'économie de l'ennemi.
  3. La promotion de l'antimilitarisme, l'encouragement des désertions et des mutineries dans l'armée (45).
  4. L'utilisation du terrorisme de masse comme moyen psychologique pour affaiblir les forces morales de l'armée et renforcer la guérilla (46).
  5. La collecte de renseignements et des actions consistant à priver l'ennemi de ses sources d'information (47). Au-delà de ces procédés tactiques, un groupe révolutionnaire doit obéir à quelques principes de base : 1) ne pas être détruit ; 2) être en mesure de peser sur le rythme des affrontements ; 3) sécuriser certains sanctuaires et garder son potentiel de mobilité. Le but principal d'une force rebelle, qu'elle utilise la violence ou non, est d'éviter l'annihilation, et, pour cela, elle doit dissimuler son organisation, ses concentrations de forces et ses moyens de combat. Les rebelles ne recherchent pas des résultats immédiats ; ils cherchent à survivre et à se développer sur le long terme – qu'on doit évaluer en décennies (48). En ce qui concerne le rythme du combat, "la guerre connaît des avancées et des reculs. La conduite stratégique des hostilités est plus efficace quand on alterne les phases, - escalade et désescalade, diversions nombreuses, changements de cible -, et quand on utilise à fond la dissimulation et la propagande" (49).


    En quoi les Palestiniens mènent-ils une "guerre populaire" ?

    Le conflit actuel avec les Palestiniens présente les caractéristiques fondamentales d'une guerre populaire. C'est un aspect de la stratégie des étapes. Conçue sur le long terme, cette méthode se propose d'infliger une défaite à Israël. Démoraliser ses citoyens, réduire sa capacité de combat, attaquer ses arrières (la société civile), détruire son économie, provoquer des affrontements intérieurs, en sont les ingrédients, le tout convergeant dans la désintégration de son moral et de sa cohésion interne. Il faut donc analyser les divers effets de la guerre du peuple sur la société israélienne, et la capacité de celle-ci à résister à ce type d'insurrection.


    L'utilisation de la guerre économique pour provoquer la faillite de l'adversaire

    Si les difficultés attestant la détresse économique d'Israël sont étalées tous les jours dans l'actualité, on a trop peu conscience que ces difficultés ne proviennent qu'en partie de la crise économique mondiale, ou des erreurs de politique économique, mais qu'elles sont plutôt l'effet d'une volonté délibérée. Des rapports récents mettent en garde contre un effondrement du système de santé, tandis que le nombre de chômeurs augmente. Il y a dix ans, on pensait que le "processus de paix" produirait des interdépendances économiques [entre Palestiniens et Israéliens] qui ouvriraient la voie à un avenir de paix et de prospérité. La violence palestinienne, qui a débuté en septembre 2000, a eu de sérieuses conséquences économiques, avec des fermetures d'entreprises, un quasi-effondrement du tourisme, et la ruine de projets d'investissement conjoints, qui devaient fournir des moyens d'existence aux salariés palestiniens (50).


    Terrorisme et mobilisation intérieure

    Selon Possony, "le terrorisme vient en second dans les modes opératoires de la guérilla. Le terrorisme sélectif porte des coups aux muscles, aux nerfs et au cerveau de l'ennemi. Terroriser la population civile, dans sa masse, permet d'obtenir des collaborations, des appuis et de profiter d'un flux de nouvelles recrues. La terreur de masse est un procédé psychologique qui affaiblit les forces et le moral de l'ennemi, mais qui fortifie la guérilla" (51).

    Lors de la mise en œuvre des accords d'Oslo, dans les années 90, les Israéliens déploraient souvent les incitations à la violence des médias palestiniens et la haine d'Israël qui suintait des manuels scolaires palestiniens. Dans l'optique de la "guerre populaire", l'incitation des médias et des manuels scolaires à la violence sont des armes pour mobiliser la société palestinienne dans une guerre de longue durée et la préparer aux sacrifices prévisibles. Les incitations palestiniennes à la violence et les manuels scolaires étaient donc la preuve que le leadership palestinien engageait un conflit sur la durée et que l'on n'avait pas affaire à une péripétie du processus de paix.

    De fait, le processus de paix ne mit pas fin au terrorisme. Selon le porte-parole de l'armée israélienne, entre septembre 2000 et la fin du mois de juin 2003, il y a eu 18.000 actions terroristes (y compris celles qui ont échoué), soit, en moyenne, 18 opérations par jour. Si les cargaisons d'armes illégales capturées lors de l'arraisonnement du Santorini et du Karine A et d'autres envois d'armes étaient parvenus à leurs destinataires, les Palestiniens auraient été capables de neutraliser les tanks et certains types d'avions de combat, relayant ainsi la menace sous laquelle le Hezbollah a placé le nord d'Israël (53). Ce scénario du pire donne une idée concrète de la guerre qui a été épargnée aux Israéliens. Alors que les forces de guérilla sont capables de remporter des victoires décisives, même avec des moyens de basse technologie - et elles en ont effectivement remporté (54) - il faut voir que les capacités technologiques de l'AP se sont régulièrement améliorées.

    Dans cette stratégie, la construction d'une armée conventionnelle est l'étape qui suit la guerre de guérilla. La guerre populaire a commencé en Chine et au Vietnam par des opérations de guérilla, mais ce sont des armées conventionnelles qui ont terminé le travail. La stratégie des étapes de l'OLP de 1974 prévoyait qu'à l'étape finale, les Etats arabes se rassembleraient en une vaste coalition d'armées conventionnelles, qui attaquerait Israël et lui infligerait une défaite. Il y eut une répétition de ce scénario, quelques années plus tard. En 1982, avant la guerre du Liban, l'OLP organisa ses unités en formations régulières dans le sud de ce pays. C'était le signe qu'elle était prête à passer de la guérilla à une organisation militaire conventionnelle (55). Les formations palestiniennes étaient intégrées à une coalition du Front de l'Est, avec la Jordanie, la Syrie et l'Irak. Des années 90 à aujourd'hui, les actualités télévisées montrent que l'AP a formé une armée, cette fois sous le prétexte de construire une force pour combattre le terrorisme. Les Palestiniens admettent qu'ils ont 39.000 policiers, soit bien plus que la limite de 30.000 qui avait été fixée, et il est probable que leur nombre réel est bien plus élevé. Le commandant de la police palestinienne en Cisjordanie est Hadj Ismail, celui-là même qui dirigeait les troupes de l'OLP dans le sud du Liban, au début des années 80. Les Américains et les Européens ont financé l'armement de l'AP, la CIA a fourni l'entraînement, et, en définitive, le tout a été utilisé contre Israël et le sera encore demain, pour le compte de la guerre populaire palestinienne. (De ce point de vue, on doit avoir à l'esprit que les Américains ont eux-mêmes entraîné les combattants islamiques, en Afghanistan).


    Propagande

    La délégitimation d'Israël a été le thème central de la propagande palestinienne dans les instances internationales, comme les Nations unies. Cela a commencé avec le premier discours de Yasser Arafat à l'assemblée générale de l'ONU en 1974, au moment de la campagne pour l'adoption de la résolution scélérate, "Le sionisme est un racisme". Comme on l'a dit plus haut, le but du combat par la propagande est le transfert de la légitimité de l'Etat d'Israël à l'Etat palestinien, sous le nom de processus de "substitution". Effectivement, dans ce premier discours à l'ONU, Arafat attaqua systématiquement la légitimité d'Israël décrit comme une "entité" raciste, fondée sur "les concepts impérialiste et colonialiste". Il s'étendit ensuite de façon interminable sur la légitimité de l'OLP.

    Tout cela rappelle un combat beaucoup plus ancien auquel le peuple juif a été confronté. Les pères de l'Eglise développèrent le concept de "substitution", le "Nouvel Israël" remplaçant le "Vieil Israël". Selon leurs enseignements, le peuple juif – ainsi que sa religion - était à présent obsolète, et son Alliance abrogée (56). L'"Alliance de la Palestine", dont le but est de remplacer l'Etat juif, est une formulation haineuse pour actualiser le principe de substitution. Paradoxalement, alors que les Eglises protestante et catholique ont désormais rejeté le principe de substitution et l'antisémitisme, les agitateurs palestiniens et leurs partisans se repaissent avidement de la culture de l'adversaire. La fabrication par les Palestiniens d'une version contrefaite de l'histoire, qu'il s'agisse de l'histoire ancienne ou plus récente, pour s'approprier la légitimité qui revient de droit au peuple juif, est une extension du concept de substitution (57).

    Il était déjà évident, en 1993, que l'OLP allait continuer sa guerre politique pour délégitimer Israël, sans tenir compte des accords passés entre les deux parties. Dans les trois mois qui suivirent la signature de la Déclaration de Principes, en 1993, l'OLP relançait son offensive contre Israël à l'Assemblée générale des Nations unies, avec près de vingt résolutions anti-israéliennes. Pour ceux qui menaient une stratégie de guerre du peuple, les négociations n'étaient qu'une autre façon de poursuivre la guerre et non une chance d'aboutir à un rapprochement des deux peuples. Cette tendance se matérialisa à la conférence des Nations unies contre le racisme, à Durban (septembre 2001). Le principe de substitution joua un grand rôle dans la tentative des Palestiniens de délégitimer Israël en prenant sa place dans la référence à l'Holocauste. Dans ce scénario, les Palestiniens souffriraient, sous la domination israélienne, d'une oppression de type nazi (58).


    Antimilitarisme

    Les mouvements pour la paix sont une expression légitime de l'opinion dans toutes les sociétés démocratiques. Le mouvement israélien pour la paix témoignait d'un intérêt béat pour l'OLP. Cependant, du coté palestinien, on voyait l'autre partie d'une façon bien différente. Tandis que les mouvements israéliens cherchaient à ouvrir un véritable dialogue pour explorer les voies d'un règlement du conflit, les leaders palestiniens admirent, à de nombreuses reprises, qu'ils attendaient de ces mouvements un renfort, pour répandre l'antimilitarisme et diviser la société de leurs adversaires israéliens. Mahmoud Abbas tenait le discours suivant aux Arabes israéliens, après le déclenchement de la violence palestinienne : "Si vous voulez nous aider, fournissez-nous [à l'AP] des ressources et [faites] des manifestations pacifistes avec les mouvements pour la paix israéliens" (59).


    Obtenir des renseignements et priver l'ennemi de sources d'information

    Dans la conduite de la guerre populaire, un groupe rebelle doit se doter de très bons moyens de renseignement s'il veut agir efficacement. L'OLP a fait preuve d'une grande ingéniosité pour réunir des renseignements et comprendre de façon approfondie les subtilités de la société israélienne (60). Elle a utilisé les services des politiciens arabes israéliens, comme Ahmad Tibi, qui devint conseiller de Yasser Arafat. Les dirigeants de l'OLP nouèrent des liens étroits avec les ONG israéliennes et d'anciens responsables israéliens des secteurs civil et militaire. A de nombreuses reprises, les dirigeants de l'OLP reçurent des conseils de ces Israéliens sur la meilleure façon de traiter avec les gouvernements d'Israël. En même temps, ils agissaient de façon impitoyable avec les Palestiniens suspects de "collaboration", qui étaient fréquemment exécutés, lynchés en public, par des factions comme le Tanzim, pour faire des exemples.


    Zones de contestation de l'autorité publique

    L'A.P. tenta de saper la souveraineté israélienne par la mise en place d'instances concurrentes de l'autorité publique, surtout dans les zones urbaines et les villes de Galilée, territoires sous entière souveraineté israélienne (61). De nombreuses cités de ces zones sont désormais dangereuses pour les Juifs, et, pour des raisons de sécurité, les services de l'Etat ne peuvent souvent pas fonctionner (62). A Jérusalem, la vague de constructions illégales, organisée en partie par l'AP, avec le secours des Saoudiens pour couvrir les frais de justice des contrevenants, est une tentative du même ordre (63). Jusqu'à sa fermeture par le gouvernement israélien, la Maison de l'Orient servait quasiment de mairie de l'AP à Jérusalem-est, avec une sorte d'immunité et un service de sécurité propre. Elle conférait à l'AP une présence semi-officielle, des personnalités étrangères y étaient reçues, et elle servait de base à l'entretien de relations avec les sympathisants israéliens.


    Construction de sanctuaires et gains de mobilité

    Les Forces de Défense d'Israël ont fait des efforts considérables pour empêcher l'ennemi de bâtir des 'sanctuaires' et de gagner en mobilité opérationnelle. Ainsi, la fermeture de l'aéroport de Dahaniya et du port de Gaza, l'édification d'une barrière de sécurité, la réduction du nombre de sauf-conduits pour les dignitaires palestiniens, comme l'utilisation, à une grande échelle, de barrages routiers, ont été et demeurent déterminants pour la sécurité d'Israël. Ces mesures défensives - qui ne sont pas sans dommages pour la population civile - devenaient indispensables à partir du moment où les dirigeants palestiniens ne remplissaient pas leurs obligations.


    La réponse d'Israël à la "guerre populaire"

    Si Israël a remarquablement fait face au défi militaire, ses résultats en matière politique ont été médiocres. Israël n'a pas de tradition politique d'excellence dans la conduite des affaires de l'Etat, ni dans le domaine des affaires étrangères, et il s'est souvent conformé à l'aphorisme de Moshe Dayan : "Israël n'a pas de politique étrangère, il a seulement une politique de défense" (64). Malheureusement, ses ennemis ont tiré parti de cette carence. La faiblesse la plus grave est l'absence de buts politiques bien définis et de talents politiques à la hauteur des capacités militaires. Cette situation provient, en partie, de l'idée révolue qui veut que la sécurité soit d'abord une question militaire. Alors que l'OLP engageait la lutte selon le modèle de la guerre populaire, en donnant la priorité à la lutte politique contre Israël à travers ses campagnes terroristes, la riposte israélienne demeura exclusivement militaire jusqu'à la signature des accords d'Oslo en 1993. Après 1993, le gouvernement israélien s'enticha de l'OLP, parce qu'elle avait déclaré qu'elle renonçait au terrorisme, alors qu'elle ne faisait que mettre en pratique son programme politique de guerre contre l'Etat d'Israël.

    Pendant les deux décennies qui précédèrent Oslo, l'OLP, avec l'assistance de politiciens socialistes comme le président autrichien, Bruno Kreisky, s'efforça, avec persévérance, d'acquérir tous les attributs de la respectabilité politique. Le 13 novembre 1974, Yasser Arafat fit son discours à l'ONU, et en juillet 1979, Kreisky le reçut à Vienne comme un chef d'Etat. En décembre 1988, Kreisky organisa pour Arafat, avec le soutien tacite du département d'Etat américain, une réunion avec les dirigeants juifs américains à Stockholm (65). Après 1993, Arafat devint un hôte régulier du Bureau Ovale, et, en décembre 1994, il reçut le prix Nobel de la Paix avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres. En même temps, le prestige d'Israël paraissait s'améliorer dans le monde entier, ce qui s'avéra être seulement temporaire. Au moment où l'OLP choisit d'enfermer le processus de négociation dans une impasse, la position diplomatique d'Israël s'effondra, et les Palestiniens multiplièrent les succès.

    Dans le même temps, la position politique d'Israël fut affaiblie par deux handicaps, qu'il s'infligea lui-même : la décision de cesser de défendre la cause d'Israël à l'étranger et la réduction de ses relations traditionnelles avec la diaspora. Une décennie auparavant, le ministre des affaires étrangères Shimon Peres avait officiellement décidé de mettre un terme à la politique d'information qu'Israël aurait du avoir (66). Israël réduisit alors ses maigres dépenses d'information tandis que les Palestiniens faisaient un usage efficace des savoir-faire remarquables qu'ils avaient acquis depuis des années. Saisissant cette opportunité, ils intensifièrent leurs efforts avec agressivité pour anéantir la légitimité d'Israël par la propagande, entendue comme "un instrument politique de la guerre".

    En outre, le processus d'Oslo conduisit à refuser le soutien de la diaspora juive. L'idée que la diaspora n'était plus importante pour Israël s'imposa, comme l'auteur israélien, A.B. Yehoshua, le dit vertement à des Juifs américains : "Nous n'avons pas besoin de vous" (67). De la même manière, le Dr Yossi Beilin, du ministère des affaires étrangères, déclara à un public américain : "Vous désirez que je vienne en tendant la main et que je vous dise que nous avons besoin d'argent pour les pauvres gens. Israël est un pays riche. Je suis désolé de vous le dire" (68). Ce changement d'attitude, empreint de mépris, sapait un des piliers traditionnels du soutien à l'Etat juif. Presque dix ans plus tard, le professeur Steven Windmueller décrivait les effets de ce programme de liquidation.

    "A la suite des accords d'Oslo, une réalité nouvelle prit de l'importance. Des organisations communautaires et civiques juives entreprirent le démantèlement des structures institutionnelles qui s'adonnaient traditionnellement à la défense de la cause d'Israël. Les effets de ces changements structurels du milieu des années 90 peuvent être mieux compris, si on les replace dans le contexte où une génération entière de jeunes Juifs américains se trouve incapable de défendre efficacement la cause d'Israël auprès de leurs pairs. Il y a pire, si c'est possible : la réduction du niveau d'engagement de cette génération de Juifs américains, de moins en moins désireuse de considérer Israël comme une composante de son identité juive et comme l'objet d'une commune responsabilité (69).

    Une explication supplémentaire de la faiblesse politique d'Israël réside dans la surreprésentation des anciens généraux dans l'appareil de décision politique. Parmi eux, beaucoup n'ont jamais eu l'expérience d'une administration civile, des affaires, de l'université et n'ont jamais acquis les compétences, les connaissances, l'expérience, le niveau d'exercice des responsabilités, requis pour des dirigeants politiques. Ayant passé leur vie adulte à faire la guerre, ces généraux retraités tentent désespérément de terminer leur carrière en hommes de paix. Certains d'entre eux ont pris des initiatives personnelles, sans recueillir l'avis de personnalités politiques chevronnées. Il leur est aussi arrivé de faire preuve de mépris pour les procédures démocratiques.

    Quand ils négociaient avec les Palestiniens, les dirigeants politiques israéliens focalisaient strictement leur attention sur les aspects militaires de la menace à laquelle ils avaient à faire face, comme le démantèlement des infrastructures terroristes, ou la collecte des armes à feu illégales. Ce faisant, les dirigeants israéliens ne répondaient pas au défi que l'AP continuait de poser avec sa stratégie des étapes. Les renseignements militaires israéliens lançaient périodiquement des avertissements sur le refus d'Arafat de démanteler le Hamas et le Jihad islamique. Mais, jusqu'au début de 2001, toute interrogation sur l'intention de l'OLP de conclure une véritable paix était tenue pour une opinion marginale. (Au contraire de 1974 ; où on attaquait l'OLP pour sa théorie des étapes, accusée de rechercher l'élimination d'Israël) (70).

    Tout au long de la décennie écoulée, le grand espoir des responsables politiques israéliens a été de parvenir à un règlement avec les Palestiniens, à tout prix, de préférer une "mauvaise paix" à une "bonne guerre", même au prix de "pénibles sacrifices" (71). Il semblait qu'ils avaient attribué à tout règlement, quel qu'il soit, les vertus d'une panacée. Par la suite, la politique israélienne, faite d'improvisations à court terme, ne prit pas en compte l'éventualité d'une "guerre prolongée", au moment où la théorie de la guerre populaire faisait un usage calculé et habile du facteur temps. En conséquence, dix ans plus tard, le capital économique et humain d'Israël s'est trouvé réduit, alors que l'ennemi augmentait sa puissance politique et militaire. En suivant cette politique, Israël perdit des positions favorables, renonça à de nombreuses initiatives pour d'autres, moins favorables, tandis qu'Arafat et son organisation suivaient un plan précis et démontraient la cohérence de leur entreprise (72). Dans ce contexte, Hanna Arendt apporte un éclairage de grande valeur :

    "Dans ses rapports avec les systèmes totalitaires, un des principaux handicaps du reste du monde, c'est d'ignorer la nature du système, donc de penser, d'une part, que l'énormité de ses mensonges le conduit à sa perte, et de l'autre, qu'il est possible de prendre le Guide au mot et de le forcer à aller dans le bon sens, quelles qu'aient été ses intentions initiales. Malheureusement, le système totalitaire est immunisé contre un tel scénario et l'ingéniosité de son organisation lui permet de s'affranchir de la réalité quand ses mensonges sont mis au jour, ou quand il est acculé à ne plus pouvoir démentir ses faux-semblants" (73).

    Le rôle des États-unis, dans la situation difficile où se trouve Israël, mérite d'être évoqué. Tout au début de la présidence de Bush, juste après la fin de l'administration Clinton, Barry Rubin, présentait la politique américaine comme neutre dans le court terme mais, incapable à plus longue échéance de faire avancer la cause de la paix et de la stabilité dans la région :

    "Pour ce qui est de sa stratégie à long terme dans la région, on peut dire que les États-unis s'en sont tenus à un rôle de médiateurs pour des accords de paix, en dépit des preuves innombrables que de tels accords ne pouvaient pas aboutir dans un avenir prévisible (et, si jamais ils sont conclus, on ne peut pas imaginer qu'ils soient respectés par les dirigeants avec lesquels Israël négocie actuellement)" (74).

    La politique américaine de condamnation du "cycle de violence", de proclamations d'"impartialité" et de "pression sur les deux parties" est une compromission morale. Elle consiste à répandre des confusions, seulement nécessaires pour conserver le processus en marche. Bien qu'on ne le reconnaisse jamais en public, le prix de cette approche, c'est la tolérance d'un "niveau acceptable" de victimes civiles israéliennes du terrorisme. Le principal bénéficiaire de cette politique est l'AP, et non Israël, pour la simple raison qu'elle engrange les bénéfices d'une présentation truquée. Cela rappelle l'époque où les États-unis pressaient Israël d'accepter les violations égyptiennes de l'accord d'armistice, quand l'Egypte mettait en batterie des rampes de lancement de missiles à proximité du canal de Suez, après la guerre d'usure, en 1970. L'administration américaine a suivi le même chemin avec les Palestiniens, à l'époque d'Oslo (75).


    Oslo a donné aux Palestiniens une base territoriale

    "Nous adaptons les expériences des autres peuples aux particularités de notre propre situation. La topographie n'est pas la même, ici, qu'en Algérie ou au Vietnam. Nous ne pourrions pas ignorer les limites qui nous sont imposées par les conditions naturelles, militaires et matérielles mais nous pouvons les surmonter et nous le ferons si nous adaptons notre stratégie".
    Yasser Arafat, fin des années 60 (76).

    Depuis sa naissance et pendant la phase de "Libération Totale" (1969-1974), l'OLP n'avait pas la faculté de lancer un combat de guérilla soutenu contre Israël. Le principal résultat des accords d'Oslo fut de donner à l'OLP une base territoriale permettant d'entamer une telle guerre, faite pour servir ses objectifs stratégiques. "La victoire, dans cette lutte", il faut le répéter, "signifie que l'un ou l'autre des deux pouvoirs s'impose. La défaite, c'est quand l'un ou l'autre des deux pouvoirs disparaît" (77).

    L'analyse de la situation actuelle rend indispensable le réexamen des hypothèses de base de la politique israélienne. Le fait qu'Israël est confronté à une guerre populaire signifie qu'il n'y a pas de "processus de paix", dans le sens que l'on donne habituellement à cette formule, ni un véritable règlement en perspective. Il n'y a pas d'accord à conclure. Au lieu de cela, toutes les conditions d'une guerre prolongée sur des décennies ont été réunies dans le but d'affaiblir l'Etat juif avant de le détruire. Les négociations et les temporisations sont avant tout des tactiques subordonnées aux objectifs fondamentaux, et des moyens de prendre le contrôle de territoires sans livrer combat (78). Comme l'a écrit David Makovsky, les conséquences de ce genre de rencontres diplomatiques, comme les négociations de Taba, ont été d'accroître, pour Israël, le coût d'un règlement dans une négociation ultérieure. Cela s'appelle "accroître la base de concessions" (79). Les négociations fournissent aussi à l'autre partie l'opportunité de consolider ses gains et un surcroît de légitimité pour avoir obtenu la compagnie de partenaires respectables.

    En vertu de cette analyse, les responsables politiques israéliens ont gravement sous-estimé la détermination et les capacités de l'ennemi et ils ont donné trop d'importance au facteur matériel dans l'analyse du rapport des forces. Si l'on prend en compte la stratégie de l'adversaire et son intégration des doctrines politiques et militaires dans un tout, l'avantage d'Israël se réduit singulièrement. Si Israël veut assurer sa survie, il doit infliger une défaite à la stratégie de l'ennemi et à sa guerre populaire. En particulier, il est urgent de réévaluer la menace à laquelle fait face Israël et d'empêcher l'ennemi d'accroître sa puissance et de déployer sa stratégie. Israël doit relever le défi en énonçant sa propre doctrine, avec des objectifs politiques et militaires définis et échelonnés. Certains d'entre eux devront être : 1) assurer la survie de l'Etat d'Israël comme Etat juif et protéger ses citoyens ; 2) défendre activement la légitimité de cet Etat ; 3) achever la processus d'intégration de l'Etat juif dans le monde démocratique.

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    Annexe : La pensée stratégique de Stefan T. Possony

    Ce texte s'est largement appuyé sur les écrits de Stefen T. Possony (1913-1995), auteur peu connu, mais stratège américain extrêmement important. Né à Vienne en 1913, il obtint son doctorat d'histoire et d'économie en 1930. Il s'installa à Paris en 1938, l'année de la publication de son premier ouvrage d'importance, La guerre de demain. Il travailla comme conseiller en guerre psychologique au ministère français des Affaires Etrangères et comme conseiller auprès de l'armée française. Des unités de la Gestapo le capturèrent au moment de la chute de Paris, mais il s'évada rapidement, traversa les Pyrénées et arriva aux États-Unis en 1940. Il travailla d'abord à l'université de Princeton, aux côtés d'Einstein, à l'Institut des Etudes Avancées. Possony étudia de nombreux problèmes significatifs du XXe siècle : le communisme, la guerre psychologique, la détermination des cibles stratégiques (80). Lors du second conflit mondial, il était convaincu que le nazisme serait écrasé et que le communisme serait le problème suivant. Il joua un rôle-clé dans l'entreprise de manipulation de l'empereur Hiro Hito, pour qu'il accepte la capitulation du Japon contre l'avis de la caste militaire de l'impérialisme japonais. Lorsqu'il était directeur des études internationales et professeur associé à l'institut Hoover, de l'université de Stanford (à partir de 1961), il imagina les systèmes spatiaux de défense anti-missiles et l'utilisation des armes à énergie activée depuis l'espace. Il retint ainsi l'attention de celui qui était, alors, le Gouverneur de Californie, Ronald Reagan. Ce dernier adopta ses concepts stratégiques quand il fut élu président, en 1980. (Possony et Jerry Pournelle, un auteur de science-fiction, sont co-auteurs de La stratégie de la technologie, qui inspira directement l'Initiative de Défense Stratégique (81). L'un des élèves de Possony, Richard Allen, devint le Conseiller National à la Sécurité, sous Reagan, en 1981. Il servit de lien entre Possony et la Maison Blanche (82). (Le chef d'Etat Major de la Maison Blanche et ancien Secrétaire d'Etat Alexander M. Haig Jr fut un autre ancien élève de Possony.) Le président Reagan adopta les théories de Possony, basées sur l'utilisation de la supériorité technologique occidentale pour remporter la victoire dans la guerre froide (83). Les autres idées de Possony sont facilement identifiables dans la stratégie de déconstruction de l'Union Soviétique de l'administration Reagan (84). Son analyse de la guerre insurrectionnelle et de la doctrine militaire communiste a été d'une grande utilité pour ce texte.

    L'auteur exprime ses remerciements à : Gregory Copley (Defense and Foreign Affairs Publications, The International Strategic Studies Association, Washington, D.C.) ; Cecil B. Currey (Lutz, Florida); Rivkah Duker Fishman ; Manfred Gerstenfeld ; Raanan Gissin (Prime Minister's Office); Amnon Lord ; Zvi Marom ; Moshe Yegar ; Jerry Pournelle (Los Angeles); Michelle Ben-Ami, Librarian, American Jewish Committee, Jerusalem ; l'état-major du Centre Culturel américain à Jérusalem; et à Linda Wheeler, Reference Librarian, Hoover Institution (Stanford, California).


    Dr. Joel Fishman *

    * Le Dr. Joel Fishman est membre associé du « Jerusalem Center for Public Affairs ». Cet essai contient un certain nombre de conclusions de son sujet de recherche, la Démocratie en Israël, conduit sous les auspices du Centre.

    © JERUSALEM VIEWPOINTS pour l'original anglais et upjf.org pour la traduction française

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    Notes


    1 Sun Tzu, Art of War, Samuel B. Griffith, tr. and ed. (New York: Oxford University Press, 1963), p. 77.
    2. www.mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAH0cc40. Entre le 29 septembre 2000, et le 1er Juin 2003, le Magen David Adom [Croix Rouge israélienne) a pris en charge 5.456 personnes, dont : 688 morts, 478 gravement blessés, 685 moyennement blessés, 3.605 légèrement blessés, et, parmi eux, 11 cadres du Magen David Adom; www.mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAH0ia50.
    3. Par exemple: Arafat's speech of May 10, 1994, in a Johannesburg mosque. Yossi Melman, "Don't Confuse Us with the Facts", Haaretz, August 16, 2002. Voir aussi: Yael Yehoshua, "Abu-Mazen: A Political Profile", MEMRI Special Report 16 (April 30, 2003).
    4. Yossef Bodansky, Arafat's "Peace Process", ACPR Policy Paper 18 (1977) : 4.
    5. memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP23601.
    6. L'AP n'a pas tenu d'élections générales depuis 1996. L'accord intérimaire israélo-palestinien sur la Rive Occidentale et la bande de Gaza, signé à Washington le 28 septembre 1995, prévoit, au Chapitre I, Article III, Paragraphe 4 : "Le Conseil et le Président de l'Exécutif du Conseil doivent être élus pour une période transitoire qui ne dépassera pas 5 années, à compter de l'accord Gaza-Jericho du 4 mai 1994". On doit noter qu'en janvier 1996, Arafat fut élu avec 87,3% des voix, ce qui est exactement le même score que celui du parti communiste polonais en janvier 1947. Après sa prise de pouvoir en 1959, Fidel Castro promit aussi des élections démocratiques dans les trois ans.
    7. Hannah Arendt, The Origins of Totalitarianism, 2e édit. (New York: Meridian Books, 1959), p. 378. [Version française : Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme - suivi de Eichmann à Jérusalem, Gallimard, Paris - Quarto 2002, 1615 pages].
    8. Hussam Mohammad, "PLO Strategy: From Total Liberation to Coexistence" http:/pij.org/site/vhome.htm?g=a&aid=4282. Voir aussi Gérard Challiand, The Palestinian Resistance, trans. Michael Perl (Harmondsworth: Penguin, 1972). [Original français : Gérard Chaliand, La résistance palestinienne, Seuil, Paris, 1970.]
    9. Barry Rubin, Revolution until Victory? The Politics and History of the PLO (Cambridge, Mass.: H.U.P., 1994), p. 24.
    10. Raphael Danziger, "Algeria and the Palestinian Organizations", in The Palestinians and the Middle East Conflict, Gabriel Ben-Dor, ed. (Tel Aviv: Turtledove, 1979), p. 348.
    11. Ibid.
    12. Ibid., pp. 364-365. Voir, en particulier, la sous-section, "Some Diplomatic and Propaganda Techniques" du chapitre de Richard Pipe, "Some Operational Principles of Soviet Foreign Policy" in M. Confino and S. Shamir, The USSR and the Middle East (Jerusalem: Israel Universities Press, 1973), pp, 18-20.
    13. Voir Baruch Hazan, "Involvement by Proxy: Eastern Europe and the PLO, 1971-1975",Ibid., pp. 321-40.
    14. Voir Ion Mihai Pacepa, "The Arafat I Know" Wall Street Journal, January 10, 2002.
    15. Neil C. Livingston and David Halevy, Inside the PLO (New York: Morrow, 1990), p. 141.
    16. Yuval Arnon-Ohana, L'OLP : Portrait d'une Organisation (en hébreu) (Tel Aviv, 1985), p. 107 : "Muhammad A-Sha'ar, représentant de l'A.P.à Moscou, déclarait, en février 1981, 'plusieurs centaines d'officiers palestiniens, du rang de commandants de division, sont diplômés des académies militaires soviétiques'".
    17. Voir "Palestinian Leader: Number of Jewish Victims in the Holocaust Might be 'Even Less Than a Million...'", MEMRI Inquiry and Analysis Series 95, May 30, 2002: http:memri.org/bin/opener.cgi?Page=archives&ID=IA9502.
    18. Abu Iyad [Salah Khalaf] with Eric Rouleau, My Home, My Land, trad. Linda Butler Koseoglu (New York: Times Books, 1978), pp. 65-67. [Original français : Abou Iyad, Palestinien sans patrie: Entretiens avec Eric Rouleau, Paris, Fayolle, 1978.]
    19. Ibid., 69, and Yossef Bodansky, "Arafat's 'Peace Process'", p. 4. En juin 1974, l'OLP adopta le "Programme par étapes" dans une série de résolutions du Conseil National de la Palestine tenu au Caire. Bernard Lewis, "The Palestinians and the PLO: A Historical Approach", Commentary 59 (January 1975):45, 48.
    20. Abu-Iyad, p. 69, as quoted by Yossef Bodansky, p. 4.
    21. Al-Dustur (Amman, Jordan), April 14, 1970, quoted by Cecil B. Currey, Victory at Any Cost; The Genius of Viet Nam's Gen. Vo Nguyen Giap (Washington: Brassey's, 1997), p. 277. Voir aussi: Joseph Farah, "Vietnam All Over Again in Mideast?", WorldNetDaily, December 17, 2002; worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=30025.
    22. Voir le début de Khalil al-Wazir, in Guy Bechor, ed., The PLO Lexicon (Tel Aviv: Ministry of Defense, 1991), p. 90. Voir aussi "Biography of Khalil al-Wazir (Abu Jihad)", Encyclopedia of the Palestinians, Philip Mattar, ed. (New York: Facts on File, 2000).
    23. Y. Harkabi, "Al Fatah's Doctrine", in The Israel-Arab Reader: A Documentary History of the Middle East Conflict, Walter Laqueur and Barry Rubin, eds. (New York: Penguin Books, 1991), p. 395.
    24. Chaliand, The Palestinian Resistance, p. 158. [Original français : Gérard Chaliand, La résistance palestinienne, Seuil, Paris, 1970.]
    25. Stefan T. Possony, People's War: The Art of Combining Partisan-Military, Psycho-Social, and Political Conquest Techniques (Taipei: World Anti-Communist League, 1970), p. 85 [Ci-après, P.W.].
    26. Voir Sun Tzu, Art of War, p. 84, "Offensive Strategy" verset 31: "Je dis, par conséquent: 'Connais ton ennemi et connais-toi toi-même et tu pourras engager cent batailles sans crainte'".
    27. Harriet Fast Scott and William F. Scott, eds., The Soviet Art of War; Doctrine, Strategy and Tactics (Boulder, Colo.: Westview Press, 1982. Pour une histoire récente de l'Union Soviétique, voir Mikhail Heller and Alexander Nekrich, Utopia in Power; The History of the Soviet Union from 1917 to the Present, trad. Phylis B. Carlos (New York: Summit Books, 1986).
    28. Marshal A. A. Grechko a donné une définition de la doctrine militaire : "le système officiel de concepts d'un Etat donné et de ses forces armées sur la nature de la guerre, sur la façon de la conduire et sur la préparation à la guerre du pays et de l'armée", Scott, Soviet Art of War, p. 4.
    29. Mikhail V. Frunze (1885-1925), qui devint chef d'état major de l'Armée Rouge, en Mai 1924, a présenté la doctrine militaire unifiée, dans une publication éditée pour la première fois en juin 1921. Scott rapporte qu'il a été très influencé par les écrits des généraux allemands Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff, Ibid., p. 28. Voir aussi : "Some Soviet Techniques of Negotiation", in Philip E. Mosely, The Kremlin in World Politics: Studies in Soviet Policy and Action (New York: Vintage, 1960), p. 40. Mosely écrivait, en 1951: "Grâce à Lénine et Staline, la pensée soviétique a pleinement intégré le principe de Clausewitz selon lequel la puissance de la nation et des alliances fortes déterminent l'efficacité de la politique nationale en temps de paix, et, en temps de guerre, on ne doit jamais perdre de vue les but politiques pour lesquels les hostilités ont été engagées."
    30. Mao Tse-tung on Guerilla Warfare, trad. and ed., Samuel B. Griffith (New York: Praeger, 1961), pp. 16-17, and Art of War, p. 47. Mao et Chu The, avec qui il fonda l'Armée Rouge chinoise, prirent la décision ensemble.
    31. Stefan T. Possony, A Century of Conflict (Chicago: Regnery, 1953), p. 235. Pour ce qui concerne ce principe, Mao puisa dans la pensée de Mikhail V. Frunze et de Mikhail N. Tukhachevsky, un maréchal de l'Union Soviétique (1882-1945).
    32. Scott, Soviet Art of War, p. ix.
    33. "Lin Piao on 'Strategy and Tactics of a People's War'" (1965), in Martin Ebon, The Life and Writings of China's New Ruler: Lin Piao (New York: Stein and Day, 1970), pp. 228-29. On peut trouver ce passage dans le discours-clé de Lin Piao sur la politique : "Longue vie à la guerre populaire" (1965). Sun Tzu a écrit : "Attaquer les villes est la pire des politiques. Il faut attaquer les villes si l'on n'a pas d'autre choix", Art of War, p. 78. Voir aussi les commentaries de Conor Cruise O'Brien's à propos de Lin Piao, On the Eve of the Millenium: The Future of Democracy Through an Age of Unreason (New York: Free Press, 1994), p. 138.
    34. Currey, Giap, pp. 319-21. Pour l'arrière-plan historique, voir Ho Chi Minh, "The Party's Military Work among the Peasants; Revolutionary Guerilla Methods", in Armed Insurrection, A. Neuberg [pseud.], ed. (New York: St. Martin's 1970), pp. 255-71. Ce document a été publié pour la première fois en 1928, sous le titre Der bewaffnete Aufstand.
    35. "Interview avec Vo Nyugen Giap, commandant du Viet Minh" : www.pbs.org/wgbh/peoplescentury/episodes/guerrillawars/giaptranscript.html.
    36. Currey, Giap, p. 204.
    37. "Quand il était à Hanoi, Abou Ayad reçut aussi une formation sur l'impact stratégique de l'offensive du Tet, en 1968, une importante défaite militaire du Vietcong et du Nord Vietnam, qui fut transformée en une victoire stratégique majeure par la manipulation habile des médias et de l'opinion publique occidentale, et en particulier américaine", Yossef Bodansky, "Arafat's 'Peace Process'", p. 4.
    38. Raanan Gissin, "Low Intensity Conflict with High Resolution: Can We Win?" Justice 31 (March 2002):15-16.
    39. David Binder, "Soviet and Allies Shift on Doctrine", New York Times, May 25, 1988.
    40. Stefan T. Possony, People's War.
    41. Ibid., p. 86.
    42. Ibid., pp. 87-88. "En ce sens, une guerre du peuple est moins une prise de pouvoir que la construction d'un pouvoir révolutionnaire et l'affaiblissement progressif, peut-être la destruction des forces contre-révolutionnaires, en particulier de sa puissance armée" (Ibid., p. 39).
    43. Ibid., p. 44. Pour des informations sur le contexte de la propagande, voir E. H. Carr, "Propaganda in International Politics", Oxford Pamphlets on World Affairs 16 (Oxford: Clarendon, 1939); and Philip M. Taylor, "Propaganda from Thucydides to Thatcher" : www.leeds.ac.uk/ics/arts-pt1.htm.
    44. P.W., p. 44.
    45. L'antimilitarisme comprend les manquements à la discipline militaire, la désobéissance, la désertion et la mutinerie, Ibid., p. 34.
    46. Ibid., p. 21. Voir Richard Pipes, "Some Operational Principles of Soviet Foreign Policy", pp. 13-15.
    47. Ibid., p. 22.
    48. Stefan T. Possony, Waking up the Giant (New Rochelle: Arlington House, 1974), pp. 679-80. "Tous les principes directeurs des opérations militaires dérivent d'un principe de base: tout faire pour préserver ses forces et détruire celles de l'ennemi", Selected Works of Mao Tse-tung, vol. 2 (Peking: Foreign Languages Press, 1967), p. 81.
    49. P.W., p. 45.
    50. Amos Harel, "Major General Yaakov Orr", Haaretz, July 13, 2001. Voir J. S. Fishman, "The Broken Promise of the Democratic Peace: Israel and the Palestinian Authority", Jerusalem Viewpoints 477, May 1, 2002.
    51. P.W., p. 21. "La propagande est une partie intégrante de la 'guerre psychologique', mais la terreur l'est davantage encore. La terreur continue d'être utilisée par les régimes totalitaires, même quand leurs buts psychologiques sont atteints, ce qui fait son horreur, car elle s'applique à une population totalement éteinte… La propagande, en d'autres termes, est un des instruments du totalitarisme, peut-être le plus important dans ses rapports avec le monde extérieur ; la terreur, au contraire, est l'essence profonde de cette forme de gouvernement", Hannah Arendt, The Origins of Totalitarianism, p. 344.
    52. "Zochrim et Mitchell Techilah?" ["Se souvenir de Mitchell d'emblée?"] Mekor Rishon, June 27, 2003 (en hébreu).
    53. Dans les années d'Oslo, la direction palestinienne était en infraction avec les clauses militaires des accords intérimaires, en tentant d'importer des armes comme le lance-roquettes SA-7, des missiles anti-aériens et en construisant des roquettes Kassam. Le cargo rempli d'armes, Karine A, contenait une tonne et demi d'explosif C4, de très grande puissance, des mortiers à longue portée (120 mm), et des roquettes Katyuska de 20 km de portée (122 mm). Dore Gold, "Defensible Borders for Israel", Jerusalem Viewpoints 500 (June 15-July 1, 2003).
    54. "Tout le reste de sa vie, Giap rira d'une plaisanterie qu'Ho Chi Minh avait faite sur les résultats de la bataille. 'A Dien Bien Phu, gloussait Ho, Giap n'a pas perdu un seul tank, ni un avion'" Currey, Giap, p. 204.
    55. "Durant les quatre années qui menèrent à la guerre de 1982 [au Liban], l'OLP renforça ses troupes du sud en nombre et en armement et les transforma en quelque chose de proche d'une armée régulière", Rashid Khalidi, Under Siege: PLO Decision-Making During the 1982 War (New York: Columbia University Press, 1986).
    56. Pour une définition de la substitution, voir James Carroll, Constantine's Sword; the Church and the Jews (Boston: Houghton Mifflin, 2000), p. 633, n. 1.
    57. Sur l'enseignement antisémite des dirigeants des chrétiens palestiniens, voir Yitzhak Sergio Minerbi, "Palestinian Christians Ignite Religious Controversy" (en hébreu), Kivunim Hadashim 8 (April, 2003):70-82. [NDLR d'upjf.org Voir : "Des chrétiens qui haïssent les Juifs", par Melanie Phillips ; consulter aussi : "Message de Pâques de Sabeel", par Naim Ateek ; et surtout "'Jérusalem en esclavage': Chrétiens, Bible, et époque actuelle, la politique israélo-palestinienne", par Michaël Perko (chapitre 5)].
    58. Anne Bayefsky, "Terrorism and Racism: The Aftermath of Durban" Jerusalem Viewpoints 468 (December 16, 2001).
    59. "Abu Mazen in Gaza: Stop the Armed Operations", MEMRI, Special Dispatch 449, December 2002.
    60. A titre d'exemple des activités de la Paix Maintenant dans l'observation et l'information sur les implantations juives, voir Aviv Lavie, "No Mountain Too High", Haaretz Magazine, June 20, 2002, pp. 8-11.
    61. Voir, par exemple, Etgar Lefkovits, "Five Held for Trying to Reestablish Jerusalem PA Security Force", Jerusalem Post, August 19, 2003.
    62. Moshe Katz, "It is Also Dangerous Here", Mekor Rishon, Yoman Shevi'i, July 4, 2003 (en hébreu).
    63. Justus Reid Weiner, "The Global Epidemic of Illegal Building and Demolitions: Implications for Jerusalem", Jerusalem Viewpoints 498 (May 15, 2008).
    64. Conor Cruise O'Brien, The Siege (New York: Simon & Schuster, 1986), p. 508.
    65. Sten Anderson révéla le rôle de Kreisky, qui détourna la politique suédoise en faveur de l'OLP dès la fin de 1974, et entraîna les Juifs américains dans des conversations avec Arafat. Moshe Yegar, Neutral Policy - Theory versus Practice; Swedish-Israeli Relations (Jerusalem: W.J.C., 1993), pp. 153-54.
    66. Yoram Hazony, The Jewish State: The Struggle for Israel's Soul (New York: Basic Books, 2000), p. 66.
    67. Jerusalem Post, April 5, 1996, cité par Steven T. Rosenthal, Irreconcilable Differences? (Hanover: Brandeis, 2001), p. 175.
    68. Washington Post, February 20, 1994, cité par Rosenthal, Ibid.
    69. Steven Windmueller, "September 11: Its Implications for American Jewry", Jerusalem Viewpoints 492 (February 16, 2003). Un des résultats du processus décrit plus haut fut que de nombreux jeunes juifs, doués d'un sens aigu de la justice sociale, idéalistes, mais privés de références d'identification ont été des proies faciles pour les groupes pro-palestiniens qui en avaient fait la cible de leur recrutement.
    70. Lt. Col. Jonathan D. Halevi, "Understanding the Breakdown of Israeli-Palestinian Negotiations", Jerusalem Viewpoints 486, September 15-October 1, 2002. Dans la version originale en hébreu de cet article, qui parut dans le journal des questions militaires de l'armée Maarakhot 383, de mai 2002, il est indiqué que cette analyse a été faite sur la base d'un document de l'armée, intitulé "L'autre point de vue", que l‘auteur avait écrit en août 2001.
    71. A l'opposé, Harold Nicolson, écrivain et diplomate, membre de la délégation britannique à Paris après la première guerre mondiale, écrivait : "une mauvaise paix est une paix qui ne résout rien. Nous devons bien voir cela, et donc, à l'issue de cette guerre, nous ne devons pas signer une mauvaise paix. Nous devons apprendre de l'expérience passée.", Pourquoi l'Angleterre est en guerre (Harmondsworth: Penguin, 1940), p. 113.
    72. "Dans un tourbillon de voyages diplomatiques, après camp David, Arafat s'arrêta à Djakarta, le 16 août 2000, où le président Abdurrahman Wahid le pressa de mettre un terme au conflit avec Israël. Sa réponse ? 'Arafat me confia que, dans cent ans, Israël aurait disparu. Pourquoi devrais-je me presser de le reconnaître ?'". Yediot Ahronot, May 10, 2002, cité par David Makovsky, "Taba Mythchief", The National Interest (Spring 2003):128.
    73. Hannah Arendt, Origins of Totalitarianism, p. 384.
    74. Barry Rubin, "From One U.S. Administration to the Next; Similarities and Differences in the Push for Arab-Israeli Peace", AJC Israel/Mideast Briefing (July 3, 2001).
    75. Dr. Steven Plaut, "The Third Worst Middle East War", (November 27, 2003): www.chronwatch.com/content/contentDisplay.asp?aid=961.
    76. Danziger, "Algeria and the Palestinian Organizations", p. 348.
    77. P.W., pp. 87-88.
    78. "Ce type de négociations ne sont pas déclenchées par les révolutionnaires pour parvenir à des arrangements amicaux avec leurs rivaux. Les révolutions font rarement des compromis, et quand elles en font, c'est pour servir leurs desseins stratégiques. Les négociations sont donc engagées dans le double but de gagner du temps pour consolider des positions (militaires, politiques, sociales, économiques), ou pour user, frustrer et accabler les adversaires", Griffith, Mao Tse-tung on Guerilla Warfare, Introduction, p. 16.
    79. David Makovsky, "Taba Mythchief", pp. 119-29.
    80. "Son travail sur la question des cibles stratégiques était d'avant-garde. Avant lui, presque tout ce qui concerne la définition des cibles dans la guerre aérienne était considéré comme relevant de la tactique". "Stefan Possony: Pioneered Air War Strategy in WWII", Los Angeles Times, May 3, 1995.
    81. "La politique de défense américaine de l'époque se réduisait à la dissuasion par la mise en œuvre de moyens offensifs écrasants qui devaient faire réfléchir deux fois plutôt qu'une les deux parties avant leur engagement. Elle était appelée justement 'destruction mutuelle assurée' (MAD [en anglais, cet acronyme est équivalent à 'fou']). Possony avança que cette stratégie n'était pas assez souple. Il écrivait : 'Pour être à l'avan-garde de la guerre technologique, les États-Unis doivent définir de véritables options, propres à leur assurer la survie'. Bien que la technologie ait déjà été employée à un certain niveau, Possony introduisit la perspective d'une stratégie anti-missiles, avec des laser à haute énergie, tirés à partir de satellites militaires, des systèmes radar en orbite pour la détection précoce de la menace, et une batterie de leurres, technique dans laquelle on avait pris du retard" "Stefan Possony" (notice nécrologique), The Times, May 2, 1995.
    82. Communication personnelle, Jerry Pournelle, 18 may 2003.
    83. Martin Walker, "Dark Dreamer of Star Wars; Stefan Possony" (notice nécrologique), Guardian, May 5, 1995.
    84. See, for example: Peter Schweizer, Victory: The Reagan Administration's Secret Strategy that Hastened the Collapse of the Soviet Union (New York: Atlantic Monthly Press, 1994).


    Mis en ligne le 27 février 2004 sur le site www.upjf.org
    Update consistant à substituer la traduction française à l'original anglais de cet article mis en ligne en novembre 2003.