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Menahem Macina

Soral, pyromane antisémite victime de l'incendie qu'il provoque, M. Macina
29/09/2004

29 septembre 2004

Pour servir de témoignage !

Une dépêche de l'AFP se fait l'écho de l'attaque dont a été l'objet "une librairie du 3ème arrondissement de Paris où l'écrivain Alain Soral dédicaçait son dernier livre».

«Mon grand tort est d'avoir des opinions pro-palestiniennes et de défendre Dieudonné», a-t-il déclaré à l'AFP. Et l'écrivain provocateur d'accuser le reportage de France 2 d'être responsable de ce qui lui arrive (1).

Non, Monsieur l'antisémite, ce n'est ni France2, ni son journaliste (Benoît Duquesne) qui sont responsables de ce qui vous arrive, mais vos propos eux-mêmes, que je rappelle ici :

«On [les partisans d'Israël] cherche - un : à obtenir de la part des gens qui sont dans les médias un soutien inconditionnel à Israël. Donc tout… je veux dire que la formation qualifiante pour exister dans les médias aujourd'hui, c'est d'être sioniste. Si t'es antisioniste, si t'es judéocritique, ou quoi que ce soit, tu dégages. C'est clair, le ménage est fait, hein ! C'est clair, hein !

C'est-à-dire, tu peux vérifier par ailleurs, hein ! Enfin d'ailleurs, tout le monde le sait, hein ! J'vais t'dire : Les mecs, c'est pour ça qu'y bougent pas sur l'sujet, parcqu'y disent : j'sais pas si j'vais manger demain. Tu vois. C'est comme ça qu'se distribuent les boulots. Tu vois. Non mais j'te préviens déjà…

Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire : Y'a p't'être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez p't'être fait quelques erreurs. C'est pas systématiquement la faute de l'autre, totalement, si personne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds. Parce qu'en gros, c'est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2500 ans qu'chaque fois qu'y mettent les pieds quelque part, y s'font dérouiller. Hein ! Tout d'même faut se dire : c'est bizarre, c'est qu'tout l'monde a toujours tort sauf eux.

Le mec y se met à aboyer, à d'venir dingue. Tu vois. Tu peux pas dialoguer. J'pense qu'y a une psycho-pathologie - tu vois – du judaïsme sioniste, qui confine à la maladie mentale…»


Imaginez un instant le séisme qu'eussent provoqué de tels propos s'ils avaient été émis par un leader du Front National. Nul doute que les ligues de vertu du politiquement correct l'eussent fait traduire en justice. Il est à craindre, malheureusement, que Soral, lui, s'en tire indemne, et que si un groupe juif suicidaire se risque à ester en justice contre ce nostalgique de la "peste brune", les magistrats décident, comme ils le firent à propos de Dieudonné, que ces propos n'ont rien d'antisémite.

D'où, sans doute la réaction violente de ceux qui ont brisé la vitre de la librairie où Soral dédicaçait son livre…

"Qui sème le vent, récolte la tempête", dit le proverbe, tiré des Ecritures juives, justement (Osée 8, 7). Soral, qui se définit lui-même comme un «écrivain libertaire» répand à tous vents le fiel de son antisémitisme obsessionnel, teinté de philo-islamisme. On ne compte plus ses propos provocateurs, proférés à partir des tribunes, que, quoi qu'il en dise, certains médias télévisuels lui accordent généreusement - telle, entre autres et plus particulièrement, l'émission de Thierry Ardisson, "Tout le monde en parle". Cet homme, violent et plein de haine, excelle à exploiter, avec le cynisme et la violence de ton qui le caractérisent, la moindre opportunité pour insulter le peuple juif et son Etat.

Il ne devrait donc pas s'étonner de voir se retourner contre lui-même la haine qu'il sème et attise sans cesse. A l'instar du pyromane que brûle un retour de flamme inattendu, Soral crie "au feu !", mais c'est lui qui allume l'incendie antisémite.

Ceux qui ont perpétré cette attaque sont des Juifs désespérés mais déterminés. Soral et d'autres antisémites plus ou moins déclarés les ont acculés à la haine, et ils rendent coup pour coup, parce qu'ils ne croient plus à l'efficacité de la patience et de la dignité juives. Ce sont les "violents de notre peuple", dont parle le Livre de Daniel (Dn11, 14).

A défaut d'approuver de telles méthodes – étrangères à l'éthique juive – on peut au moins comprendre l'état d'esprit de ceux qui sont acculés à y recourir par la haine et l'injustice dont le peuple juif est l'objet, sans que justice soit faite.

Menahem Macina

© upjf.org


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Note

(1) Au cours de l'émission "Complément d'enquête", sur l'antisémitisme", du 20 septembre. Voir aussi : "Un antisémite à Auschwitz: Dieudonné tel qu'en lui-même".

Mis en ligne le 28 septembre 2004 sur le site www.upjf.org.