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Tourisme 'virtuel', ou comment aider Israël sans s'y rendre, Dvora Levin
24/04/2003

Traduction française par Norbert Lipszyc.

(Note du traducteur : Ce message m'est parvenu par l'intermédiaire de cousins en Australie, cette idée fait le tour du monde et j'espère qu'elle continuera à se développer).


[Note de Menahem : Bien que ce texte remonte à plusieurs mois, il est toujours d'actualité, et il faut remercier chaudement N. Lipszyc d'avoir pris la peine de le traduire. C'est, en effet, une idée remarquable et féconde que celle de ce "tourisme virtuel". Plaise à D. qu'elle se répande comme une traînée de poudre et soit imitée par ceux, Juifs autant que chrétiens, "qui se réjouissent de la justice d'Israël, et de ce que la paix lui advienne!" (cf. Ps 35, 27).]



Assise avec un ami dans un restaurant, autrefois très fréquenté, dans le quartier de Ein Kerem, à Jérusalem, j'étais frappée de le voir aussi vide. Un jeune homme montait la garde à la porte et, près de lui, était affichée une note informant tous les clients qu'ils devaient payer deux shekels, en plus de leur addition, pour aider à couvrir les frais de garde.

Après avoir reçu ma note, je demandai à parler au directeur du restaurant. Le serveur avait l'air inquiet - de quoi allais-je me plaindre ? Je dis au directeur que j'allais payer trois fois le montant de mon addition. Je lui expliquai que, venue rendre visite à ma famille et à des amis, en ces temps terribles, j'avais amené avec moi des "touristes virtuels".

La plupart des membres de la petite communauté de Victoria, dans l'ouest canadien, soutiennent Israël avec ferveur. Mais ne pouvant venir eux-mêmes en Israël en ce moment, ils m'avaient envoyé de l'argent (1700 dollars en tout) pour les dépenser en boissons, repas et autres services virtuels. Ils m'avaient en particulier demandé d'aider les petites entreprises qui souffrent le plus de la crise économique, à cause de la menace terroriste et du manque de touristes qui en résulte.

Le directeur du restaurant et le serveur, maintenant souriants, furent ébahis et très touchés. "Nous avions l'impression d'être seuls au monde, en Israël" dit-il, "il est vraiment étonnant que des gens qui sont si loin se soucient vraiment de nous, ici". Je leur dis en riant : "En fait ils sont ici virtuellement et prennent un repas virtuel. Mais leur argent est réel".

Durant les minutes qui suivirent d'autres serveurs vinrent à la table pour nous remercier et entendre par eux-mêmes cette histoire de "touristes virtuels". Le patron me demanda comment je m'appelais et me fit cadeau d'un livre en hébreu sur l'histoire d'Ein Kerem, que le personnel du restaurant me dédicaça pour me remercier de leur avoir apporté un sourire ce jour-là. Mon ami, ému aux larmes, commenta qu'il était merveilleux d'apporter un moment de joie à ces gens.



Funérailles pour un magasin

C'est le rabbin de notre communauté, Harry Bremmer, qui a eu cette idée de "tourisme virtuel" et en a fait part dans notre synagogue et par email, quelques jours avant mon départ pour Israël. Durant les préparatifs de mon voyage j'ai été constamment interrompue par des appels et des visiteurs apportant des chèques ou de l'argent.

Au cours ldes deux semaines de mon séjour, j'ai répété mon explication de "tourisme virtuel", parfois à deux reprises, aux patrons de petites entreprises, cafés, restaurants, coiffeurs, magasins de fleurs et de cadeaux.

Un petit magasin de cadeaux de la rue Yoel Solomon, vers le bas de la zone piétonne de Ben Yehudah, souligna la "gentillesse" de cette idée. Elle me dit qu'un propriétaire de magasin, un peu plus loin dans la rue, avait organisé une cérémonie de funérailles pour la fermeture de son magasin. Il s'était habillé de noir et avait invité ses amis à ces funérailles - une incroyable note d'humour et de tristesse.

La moitié des 500 magasins pour touristes ont fermé, à Jérusalem, depuis le début des violences, et 75 % des chambres d'hôtel sont inoccupées. Dans le centre-ville, 40 restaurants ont fermé.



Marchandage sur le prix

Plus d'une fois, ma voix s'est brisée en répétant mon histoire, comme ce fut le cas dans une petite pizzeria d'Emek Refaim, qui venait de rouvrir, ce matin-là, après un terrible attentat dans un café, situé un peu plus loin dans la rue. J'avais expliqué au patron le "tourisme virtuel" et lui avais donné 100 shekels (quatre fois le montant de la note de 25 shekels), mais il estima que 50 shekels suffisaient. Comme je persévérais, il essaya de négocier un compromis à 75 shekels. J'insistai sur le fait que j'étais obligée de lui donner la totalité des 100 shekels pour les six autres "touristes virtuels" qui 'm'accompagnaient'. Il me dit que c'était un signe de chance que cela se produise le premier jour de sa réouverture. Nous plaisantâmes ensemble sur l'humour de cette situation où l'on marchandait pour être moins payé.

A l'occasion de chaque petit achat, mes amis participaient à cette expérience si agréable, qui devint un lien entre nous, les propriétaires de ces magasins et ma petite communauté de Victoria, laquelle se faisait ainsi moins lointaine, jour après jour.

Certains patrons se plaignaient de ce que leur caisse enregistreuse n'aie pas de rubrique "dons".

D'autres me demandaient que faire de cet argent. Je leur dis que j'avais accompli ma tâche et que je souhaitais qu'ils n'aient jamais de plus gros problèmes à résoudre.

Beaucoup me dirent qu'ils allaient partager cet argent avec leurs employés. D'autres qu'ils allaient le remettre rapidement à des gens "qui en avaient réellement besoin".

Les derniers dollars furent dépensés pour l'achat de 15 falafels destinés à l'équipe de Tsahal qui négociait la reddition des terroristes réfugiés dans l'Eglise de la Nativité, à Bethléem. Un de mes amis effectuait sa période de réserve dans cette unité.



Des traces de pas sur la plage

Tandis que cette idée était mise en oeuvre par mon intermédiaire, entre ma communauté et de petites entreprises et des amis en Israël, je me rendis compte qu'elle se répandait dans divers cercles totalement ignorés de nous. Le fils d'un ami en parla dans sa classe d'éducation civique. Des membres de la famille d'autres amis en firent part à leur communauté aux Etats-Unis. Nul doute que d'autres en ont parlé ailleurs, par courrier, ou par téléphone.

J'ai demandé à un Israélien pourquoi cette une action si modeste soulevait une telle vague d'émotion. Il m'a répondu que c'était un acte gratuit, totalement inattendu et sans la moindre condition, une expression de notre unité.

Très vite, je me suis rendue compte que je n'avais pas seulement fait un don, mais que j'avais reçu, en retour, un cadeau exaltant.

J'ai le fervent espoir que d'autres iront en Israël en emmenant avec eux leurs propres "touristes virtuels", qui laisseront les traces de leurs pas sur les plages de la mer agitée de notre patrie.

Et tout comme les traces pas sur la plage sont effacées par les marées, davantage encore sera fait, et les Israéliens sauront qu'ils ne sont pas seuls. Car sous sommes avec eux.

Meilleurs vœux de santé de bonheur et de réalisation de vos souhaits!

Dvora Levin



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An idea to develop: Virtual tourism

By Dvora Levin

Sitting with a friend in a once popular restaurant in Ein Kerem, a neighbourhood in Jerusalem, I was startled to see how empty it was. A young guard sat at the front gate. Next to him, a note was posted stating that all customers were to pay an extra two shekels to help cover his cost.
After getting the bill, I asked to speak to the manager. I told him, while the waiter hovered in the background worried about a complaint, that I would be paying three times the amount of the bill. I explained that as a visitor
coming to visit family and friends during these terrible times, I had brought "virtual tourists" with me. I told the manager that I would be paying three times the amount of the bill.
Most of the members of my small Jewish community in Victoria, on the far west coast of Canada, were heartfelt in their support of Israelis. However, the realities of their lives prevented them from coming personally. So they
had sent me with money ($1,700) to spend on virtual drinks, meals, services and gifts. They particularly asked me to support small businesses suffering from serious economic losses due to direct and threatened terrorist attacks and lack of tourism.
The manager and now-smiling waiter were clearly surprised and very moved. "We in Israel feel that we are all alone in the world," he said. "But this is amazing that there are others so far away who actually care about us here."
I laughed and said: "Actually they are virtually here, having virtual meals. But their money is real." Over the next few minutes, another waiter and two waitresses came to the table to thank me and to hear the story of "virtual tourists" for themselves. The manager asked for my name and presented me a Hebrew book on the history of Ein Kerem, inscribed by the staff with a warm note of appreciation for bringing a smile to their day. My friend, who was moved to tears, commented on how wonderful to bring a moment of joy to such young people.

FUNERAL FOR A STORE

This idea of "virtual tourism" had been picked up by our rabbi, Harry Bremmer, and passed along in our synagogue and by email a few days before I was to leave for Israel. During final preparations for my trip, I was constantly interrupted by calls and visitors, dropping off checks and cash. Needing to get some sleep before my departure, I finally had to ask the late callers to pass along their donations to the next community members to go.
Throughout my two-week stay, I repeated my "virtual tourist" explanation, often twice to the same stunned owner or manager of small businesses, cafes, restaurants, hairdressers, flower stores and gift shops.
One small gift shop on Yoel Solomon, at the bottom of the Ben Yehudah Mall, remarked on the sweetness of this idea. She went on to tell me of one shop owner down the street who had a funeral for his closing business. He dressed in black and invited his friends and the press for a funeral – an amazing display of humor and sadness.
Half of the 500 tourist shops in Jerusalem have shut down since the increase in violence; 75 per cent of hotel beds are empty. In the central area of the city, 40 restaurants have closed.

NEGOTIATING THE PRICE

I found my own voice breaking with feeling as I repeated the story over again. One small pizza place on Emek Refaim had just reopened that morning after a dreadful bombing of a cafe just up the street. After explaining "virtual tourism" to him and giving him 100 shekels (four times the bill of 25 shekels), he suggested that 50 shekels would be enough. I insisted, and he then tried to negotiate a compromise of 75 shekels.
I insisted that I was obliged to give him the full 100 shekels for the other six "virtual tourists" with me. He said what a good luck sign it was, on this first day of reopening. We laughed together about the irony of someone negotiating to be paid less.
On the occasion of each small purchase, my friends joined in this delightful experience, which became a bond between us, the owners and my small community in Victoria, which grew less distant from us each day.
Some managers complained they had no key on the cash register for donations.
Some managers demanded I tell them what to do with the extra money, remarking they had no key on the cash register for such an item. I told them I had fulfilled my responsibility, and that this would be their big problem for the day. Many said they would share it with their staff. Some quickly said they would pass it along to someone "who really needs it."
The last of the funds was spent on 15 pitas (with the Jerusalem mixture of spicy meats) for the IDF's negotiating team dealing with the standoff at the Bethlehem Church of the Nativity. One of my friends was on his way for reserve duty with this group.

FOOTPRINTS ON THE SHORE

As this small idea moved into action, from my community, through me, to Israeli small business people and friends, I became aware of it rippling out in circles beyond our knowing. One friend's son told of it in his citizenship class. Visiting relatives of another couple passed it by email to their home community in America. No doubt, others would be passing it along over dinner and in phone conversations.
When asked why he thought this small act was met with such emotion, one Israeli said because it is so unexpected and completely unconditional, something for nothing, an expression of our being together. Early in this process, I realized I had not only given, but was also being given a truly uplifting gift. My fervent hope is that others going to Israel will take along their own "virtual tourists" who will leave their footprints on the shores of the turbulent sea of our homeland.
And just as our footprints are being washed away by the tides, more will be made, and Israelis will know that they are not alone. For we are with them.

Best wishes for Health, Happiness and Fulfillment in 2003

Mike Klein
Chairman
GDC
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