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Israël (Société - mentalités)

Sermon sur Israël, par Rabbi Feinstein
30/04/2002

Traduction de l'anglais, réalisée spécialement pour reinfo-Israel, par un groupe de bénévoles. Le texte original anglais figure juste après la version française.

Diffusion autorisée sous réserve de la mention suivante : "Traduction francaise : reinfo-israel - www.reinfo-israel.com"

L'original anglais de ce beau texte nous a été adressé par Norbert Lipszyc, qui l'a fait précéder de la remarque suivante : "Ce qui suit est profondément émouvant et pose un vrai problème que je n'ai pas encore vu soulever en France. Comment parler à nos enfants et petits-enfants qui voient les Juifs tellement attaqués et vilipendés par tous ceux qui les entourent? Comment leur faire comprendre que tous ont tort et les Juifs raison ? C'est le thème du sermon ci-après".


Je veux parler aux enfants, ce soir. Car je me soucie de votre âme et de votre foi. Vous avez entendu dire que nous sommes des agresseurs, que nous envahissons sauvagement, que nous occupons et opprimons un peuple souverain. Vous avez entendu que nous avons brutalement détruit leurs villes, maisons, magasins ; profané des lieux saints, dévasté des endroits où jadis la vie florissait pour en faire des champs de ruine et de mort.

Vous avez entendu dire que nous avons commis des atrocités ; que nous avons massacré des centaines d'innocents, enterré vivant des victimes sous les décombres à coups de bulldozers, tiré sur des femmes enceintes et des enfants, empêché des ambulances de porter secours aux blessés. On dit même que nous avons empêché que les morts soient enterrés. Et que lorsque nous en avons enterré, ce n'était que pour masquer des assassinats collectifs.

Et il paraît que tout le monde le dit. Vous l'entendez sur CNN et ABC, vous le lisez dans le Times et vous l'entendez dire par des leaders du monde et ceux des organisations vouées aux causes humanitaires. José Saramago, prix Nobel portugais, en visite en Cisjordanie avec un groupe d'écrivains célèbres, appelé le Parlement International des Ecrivains, a déclaré : « ce qui se passe ici est un crime comparable à celui d'Auschwitz ». Robert Sheer, dans le Times de ce matin, compare Ariel Sharon au boucher serbe Slobodan Milosevic. Et ce, après un week-end riche en couvertures et gros titres décrivant la destruction gratuite et l'impitoyable massacre de civils palestiniens perpétrés par des soldats israéliens à Naplouse et Jénine. (Et vous devez attendre jusqu'au 5e paragraphe pour découvrir qu'aucun des rapports n'avait été confirmé, vérifié ou authentifié de manière indépendante).

La session annuelle de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies a condamné Israël, la semaine dernière, pour des «tueries» de Palestiniens, pour de «graves violations des lois humanitaires» et a affirmé le droit légitime du peuple palestinien à la résistance». Amnesty International et l'ONG Human Right Watch ont condamné les «brutalités pratiquées par Israël dans les territoires palestiniens qu'il occupe». L'Unesco a émis une résolution condamnant Israël pour les attaques des centres culturels et des lieux saints en Palestine. (Etrangement, ils ne disent rien sur les synagogues brûlées en France ou explosées en Tunisie).

Le Parlement Européen a adopté, la semaine passée, une résolution appelant l'Union Européenne à suspendre son accord commercial avec Israël, qui avait cours depuis 6 ans. Vous, nos enfants, vous entendez ces choses, vous les lisez. Vous êtes témoins des manifestations dans les campus et dans toutes les grandes capitales du monde. Et vous devez vous demander : Est-ce la vérité ? Ces gens sont-ils de mon peuple ? Quel genre d'hommes sommes-nous ? Quelle société que celle d'Israël ? Qu'est-il arrivé au rêve que fut le sionisme ? Kofi Annan, le secrétaire général des Nations Unies l'a dit succinctement : « Est-ce possible, questionna-t-il, qu'Israël ait raison et que le monde entier ait tort ? ».

Aussi longtemps que vous vivrez, je veux que vous vous souveniez de ce soir. Ce soir, il s'est produit quelque chose d'extraordinaire. Ce soir, nous sommes venus, vos parents et grands-parents, vos rabbins et professeurs, des dirigeants distingués de tous les courants de la communauté juive – des Orthodoxes, des Conservateurs, des Réformés, des religieux et des laïcs, la droite et la gauche, nous sommes venus vous dire une chose : « Est-il possible qu'Israël ait raison et que le monde entier ait tort ? ». Vous pouvez le parier sur votre vie, oui, c'est bien possible. Vous pouvez parier sur votre vie, car nous avons parié sur la nôtre. C'est vrai aujourd'hui, comme cela a toujours été. Depuis l'âge où le monde adorait des pierres et des arbres et qu'Abraham découvrit le Créateur de toutes choses.

Depuis le temps où le monde se courbait devant le Pharaon et que Moïse demanda que nous nous tenions debout – en hommes libres. Depuis le temps où le monde idolâtrait puissance romaine et se prosternait devant elle, et qu'Akiba risqua sa vie pour enseigner la Torah. Et c'est toujours vrai aujourd'hui. Parce que le monde n'a pas de mémoire.

Ils ont oublié, mais nous nous en souvenons. En 1947 les Nations-Unies ont voté la partition de la Palestine pour former 2 Etats entre le Jourdain et la Méditerranée : l'un, juif, l'Etat d'Israël et l'autre, un pays pour les Arabes palestiniens. L'autorité sioniste, le gouvernement du Yishuv en place, accepta le plan. En 1947, nous avons affirmé notre désir de vivre en paix, à côté d'un Etat Palestinien. Mais les armées de 9 pays arabes ont franchi les frontières en vue d'écraser l'Etat naissant d'Israël et de massacrer encore un million de Juifs. Lorsque la trêve est venue, le territoire prévu pour bâtir l'Etat palestinien a été dévoré par l'Egypte, la Jordanie et la Syrie.

Ils ont oublié, mais nous nous souvenons que des milliers d'Arabes palestiniens ont fui devant l'invasion arabe. Mais que, lorsqu'ils ont atteint les frontières égyptienne et jordanienne, ils s'en sont vu refuser l'accès. Israël, petit Etat assiégé, a réussi à absorber et installer des millions de réfugiés juifs venant d'Europe et du Moyen-Orient. Mais toute la Ligue Arabe et les 26 nations musulmanes, avec leur richesse de pétrole, ne pouvaient pas trouver de la place pour leurs frères et sœurs palestiniens – et ils les ont laissés pourrir dans de sordides camps de réfugiés, empestés de haine et de rage.

Ils ont oublié, mais nous nous souvenons de toutes les fois où ils ont traversé notre frontière pour tuer et détruire. Nous nous souvenons de 1948, de 1967 et de 1973. Nous nous souvenons des Jeux Olympiques de Berlin et de l'école de Maalot. Et nous nous souvenons aussi, lors de la venue de Sadate à Jérusalem, que nous avons démantelé des colonies, relogé les habitants de villes entières et rendu l'intégralité du Sinaï à l'Egypte, en échange de la paix.

Nous nous souvenons de Yitzhak Rabin et de son rêve. Et nous nous souvenons que son protégé, Ehud Barak, est allé à Camp David, puis à Taba, et qu'il a offert, pour la deuxième fois en 50 ans, la chance d'établir un Etat Palestinien, comprenant 97% de la Cisjordanie plus l'intégralité de la bande de Gaza, avec la souveraineté sur la moitié de Jérusalem, dont le Mont du Temple, plus 30 millions de dollars d'aide économique internationale. Et nous nous souvenons de la réponse.

Ils ont oublié, mais nous nous souvenons qu'il y a tout juste 2 mois, un terroriste s'est fait exploser à la discothèque du Dolphinarium, à Tel Aviv, et a tué 21 jeunes. Et qu'avons-nous fait en représailles, qu'avons-nous frappé ? Rien. Nous avons appliqué la politique de la retenue. Quelques mois plus tard, un autre terroriste à la bombe a détruit la pizzéria de Sbarro, tuant une douzaine de personnes. Quelle fut notre réponse ? Rien. Nous avons encore appliqué la politique de la retenue. Et puis il y a eu la Bat Mitzvah à Hadera et le centre commercial de Netanya, et les restaurants et cafés à Jérusalem, à Afula et Haifa. En riposte, nous avons détruit des bâtiments. Des bâtiments vides. Parce que nous avons donné l'alerté des heures avant chaque mission, les avertissant d'évacuer. Alors survint Pesach. Cette année, l'Ange de la Mort n'a point épargné notre bien-aimée Pearla Hermele. Des familles entières massacrées à la table de Seder. Malgré cela, avons-nous bombardé par avion, comme le font les Américains ? Avons-nous pris le risque de frapper les hôpitaux et les écoles et les ambassades comme l'ont fait les Américains et les Européens en Bosnie, ou en Afghanistan ? Non. Nous avons envoyé nos jeunes risquer leur vie dans les ruelles et les impasses, face aux pièges mortels, aux mines et aux tireurs d'élite.

Ce soir, vos parents et grands-parents, vos rabbins et professeurs, votre communauté, nous nous sommes rassemblés ici, par milliers, pour témoigner que le monde entier a tort et qu'Israël a raison. Et nous n'allons pas nous excuser de faire ce qui est juste – de protéger nos enfants et leurs rêves des assassins.

Nous pleurons les innocents, Palestiniens et Israéliens, qui sont pris dans cette lutte. Nous ne prenons aucun plaisir à la souffrance de n'importe quel être humain. Nous laissons s'échapper le vin de nos coupes, mais nous ne nous excuserons pas de prendre des mesures pour survivre dans ce terrible coin du monde où, hypnotisés par le meurtre et le sang, des gens dansent et chantent dans les rues lorsque leurs propres enfants se font exploser. Les Juifs ne s'excusent plus d'avoir survécu. Vous n'avez pas à excuser Israël ni à avoir honte d'Israël. Vous ne devez pas vous sentir gênés à cause d'Israël ni avoir peur de défendre Israël. Et vous ne devez jamais devenir amers, sombres ou cyniques.

Le prophète Jérémie a été témoin de la destruction de tout ce qu'il aimait : Jérusalem, le Temple et son peuple. Avec larmes, il écrivit [Jr 7, 34]: lo yeshama [1] b'arey yehuda, uv'chutzot yerushalayim, kol sasson, v'kol simcha, kol chatan v'kol kalah. On n'entendra plus [1]dans Juda et dans [les rues de] Jérusalem les clameurs joyeuses et les voix de bonheur, le chant du marié et celui de la mariée. Mais les rabbins des générations ultérieures savaient que le prophète s'était trompé. Ils ont cru qu'un jour, nous retournerions en Juda et à Jérusalem. Mais seulement si nous conservions l'espérance et résistions au désespoir ; si nous nous attachions à nos rêves et refusions de nous laisser aller à l'amertume. Les rabbins savaient que la mort de notre foi serait une plus grande tragédie encore que la destruction de notre cité, que la perte de notre vision serait un plus grand désastre que la ruine du Temple. Ainsi, ils ont changé un mot dans la prophétie. Au lieu de Lo yeshama, nous chantons Od yeshama. Dans tous les mariages, dans toutes les familles juives, toute communauté et synagogue, dans tous les lieux où vivent des Juifs, on voit que Jérémie s'était trompé [2]. Od yeshama b'aray yehuda [Jr 33, 10] Encore une fois, les collines de Juda et les rues de Yerushalayim résonneront. Elles résonnent aujourd'hui des sons de la joie et de la célébration, avec la musique de l'amour et la mélodie de l'espoir et le chant de paix ; et nous ferons entendre ces chants de paix au monde entier. Amen.


Philip Spectre
Rabbin, Religiösa sektionen Judiska Församlingen i Stockholm
Box 7427 103 91 Stockholm

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[1] Je ne sais d'où le rabbin tire la lecture lo yeshama (peut-être du sidour de prières]. Le texte massorétique lit : wehishavti, je ferai cesser. Note de Menahem.
[2] J'avoue ne pas comprendre sur quoi se base ce rabbin pour dire que Jérémie s'est trompé. En fait, comme chez d'autres prophètes – Isaïe, en particulier – il y a, dans le livre de Jérémie, des prophéties de malheur et des prophéties de bonheur. C'est le même Jérémie qui, en Jr 7, 34, dit : "Je ferai cesser dans Juda et dans Jérusalem les clameurs joyeuses et les voix de bonheur, le chant du marié et celui de la mariée" ; et en 33, 10-11 : "dans les villes de Juda et les rues désolées de Jérusalem… on entendra de nouveau les cris de joie et d'allégresse, les appels du marié et de la mariée". Note de Menahem.


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Texte anglais original :

From: David Lerner
Sent: Wednesday, April 24, 2002 3:47 PM
To: David Lerner
Subject: POWERFUL ISRAEL SERMON AND JENIN ACCOUNT -please READ and FORWARD widely! Shalom Al Yisrael

ISRAEL SERMON by Rabbi Feinstein, Valley Beth Shalom in Los Angeles

I want to talk to the children tonight. Because I'm concerned for your souls and your faith. You've heard that we are aggressors -- savagely invading, occupying, and oppressing a sovereign people. You've heard we have brutally destroyed their cities and towns, their homes and shops, desecrating holy places, turning once-thriving centers of life into fields of destruction and death.

You've heard that we have committed atrocities; that we have massacred hundreds of innocents, bull-dozed living people into rubble, shot pregnant women and little children, halted ambulances from attending to the wounded. They say we've even prevented the burial of their dead. And when we did bury the dead, it was only to cover up the mass murder.

And it seems that everyone says it. You hear it on CNN and ABC, you read it in the Times, and you hear it from world leaders and organizations devoted to humanitarian causes. The Portuguese Nobel Laureate, Jose Saramago visited the Palestinian West Bank as one of a group of famous authors, called the International Parliament of Writers and declared that "what is happening here is a crime that may be compared to Auschwitz". Robert Sheer, in this morning Times, compares Ariel Sharon to the Serbian butcher, Slobodan Milosevic. This, after a weekend of prominent, front-page articles describing the wanton destruction and ruthless mass murder carried out by Israeli soldiers against Palestinian civilians in Nablus and Jenin. (And you had to read to the fifth paragraph of the story to discover that none of the reports were independently confirmed, verified, or corroborated.)

The annual session of the United Nations Commission on Human Rights, last week, condemned Israel for "mass killings" of Palestinians, "gross violations" of humanitarian law" and affirmed the "legitimate right of Palestinian people to resist."Amnesty International and Human Rights Watch condemned Israel's "brutal practices in the occupied Palestinian territories" UNESCO issued a resolution condemning the Israeli attacks on the cultural centers and holy sites in Palestine. (Strangely, they said nothing of synagogues burned in France or exploded in Tunisia.)

The European Parliament adopted a resolution last week that called on the European Union to suspend its 6-year-old trade Treaty with Israel. You, our children, you hear these things, you read these things. You witness demonstrations on college campuses and in the great cities of the world. And you have to wonder: Is this the truth? Are these really my people? What kind of people are we? What kind of society is Israel? What happened to the dream that once was Zionism? Koffi Annan, the Secretary General of the United Nations put it succinctly: "Is it possible," he asked, "that Israel is right and the whole world is wrong?"
As long as you live, I want you to remember this night. Tonight, something extraordinary is happening. Tonight, we have come, your parents and grandparents, your rabbis and teachers, distinguished leaders from every corner of the Jewish community - Orthodox, Conservative, Reform, religious and secular, right-wing and left-wing, to say one thing: Is it possible that Israel is right and the whole world is wrong? You bet your life it is. You bet your life, because we've bet our lives. It is true now and it always has been. From the time the world worshipped rocks and trees and Abraham discovered the Creator of all.

From the time the world bowed low to Pharoah and Moses commanded that we stand up and be free. From the time when the world idolized and revered Roman power and Akiba risked his life to teach Torah. And it's true today. Because the world has no memory.

They forget, but we remember. In 1947 the United Nations voted to partition Palestine and to create two states between the Jordan and the Mediterranean: One, the Jewish state of Israel. The other, a homeland for Palestinian Arabs. The Zionist leadership, the acting government of the Yishuv, accepted the plan. In 1947, we affirmed our desire to live in peace, side by side with a Palestinian State. But the armies of nine Arab states came pouring over the borders, to extinguish the nascent state of Israel and to murder yet another million Jew. When a truce came, the territory for the Palestinian Arab State had been devoured by Egypt and Jordan and Syria.

They forget, but we remember that thousands of Palestinian Arabs fled in the face of that Arab invasion. But when they reached the borders of Jordan and Egypt, they were not permitted to enter. Israel, tiny beleaguered Israel managed to absorb and settle millions of Jewish refugees from Europe and the Middle East. But the entire Arab League and all 26 Muslim nations, with all their oil-wealth, couldn't find room for their poor Palestinian brothers and sisters - and left them to rot in squalid refugee camps, festering in hatred and rage.

They forget, but we remember every time they came across our border to murder and to destroy. We remember 1948, 1967, and 1973. We remember the Olympics in Munich and the school in Maalot. And we remember that when Sadat came to Jerusalem, we dismantled settlements, and relocated whole cities, and gave Egypt back the entire Sinai, in return for peace.

We remember Yitzchak Rabin and his dream. And we remember that his protégé, Ehud Barak went to Camp David and then to Taba, and offered, for the second time in 50 years, to create a Palestinian State, comprised of 97% of the West Bank and all of Gaza with sovereignty over half of Jerusalem including the Temple Mount, and $30 billion in world economic aid. And we remember the answer.

They forget, but we remember, just months ago, a bomber in the Dolphinarium Disco in Tel Aviv killed 21 teens. And what did we do in retaliation, what did we hit? Nothing. We practiced restraint. And months later when another bomber destroyed Sbarro's Pizza and dozens more were killed. What was our retaliation? Nothing. We practiced restraint. And the Bat Mitzvah in Hadera and the mall in Netanya and the restaurants and cafes in Jerusalem and Afula and in Haifa - we retaliated by destroying buildings. Empty buildings. Because we called them hours in advance of each mission, to warn them to evacuate. And then came Pesach. This year, the Angel of Death did not pass over our beloved Pearla Hermele. Whole families were murdered at the Seder table. But even now, do we bomb from the air, like America? Risk hitting hospitals and schools and embassies like America and Europe did in Bosnia and Afghanistan? No. We send our young people through the alleyways and byways -- to face booby traps and snipers and mines.

Tonight, your parents and grandparents, your rabbis and teachers, your community has gathered here in the thousands to testify that the whole world is wrong and Israel is right. And we will not apologize for doing what's right - for defending our children and their dreams from murderers.

We mourn for innocents, Palestinian and Israeli, who are caught in the struggle. We take no pleasure in the suffering of any human being - we dip out wine from our cups every Pesach and this one too - but we will not apologize for taking steps to survive in that vicious corner of the world where, mesmerized by murder and blood, they dance and sing when their children blow themselves up. We will not apologize for demanding our land and our freedom and our security in this world. Jews no longer apologize for surviving. You must not be apologetic for Israel or ashamed of Israel. You must not be embarrassed by Israel or afraid to stand up for Israel. And you must never, ever grow bitter, cynical, or dark.

The prophet Jeremiah witnessed the destruction of all he loved: Jerusalem, the Temple, and his people. And through his tears he wrote, lo yeshama b'aray yehuda, uv'chutzot yerushalayeem, kol sasson, v'kol simcha, kol chatan v'kol kalah. Never again will Judah or Jerusalem hear the sounds of joy and the voices of gladness, the song of the bride and grooms. But the Rabbis who came generations later knew the prophet got it wrong. They believed that one day, we would return to Judah and to Jerusalem. But only if we hold fast to hope and resist despair; only if we cling tightly to our dreams and refuse to surrender to bitterness. The Rabbis knew that the death of our faith is a greater tragedy than the destruction of our city; and the crushing of our vision, a bigger disaster than the ruin of the Temple. And so they changed one word in the prophecy. Instead of Lo yeshama, we sing Od yeshama. In every bride and groom, in every Jewish family, in every community and synagogue, in every place where Jewish life lives, Jeremiah is proved wrong. Od yeshama b'aray yehuda. For once again, the hills of Judah and the streets of Yerushalayim will ring. They ring today with the sounds of joy and celebration, with the music of love and melody of hope and the song of peace and we shall make those songs of peace heard throughout the world. Amen.

Philip Spectre
Rabbin, Religiösa sektionen Judiska Församlingen i Stockholm
Box 7427 103 91 Stockholm