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Contentieux palestino-israélien

Les Palestiniens ont besoin d'aide, Catherine Leuchter
29/07/2002

Je déplore la mort d'enfants, de tous les enfants, enfants israéliens, enfants talibans, enfants palestiniens, et même enfants de terroristes.

Les Palestiniens ont besoin d'aide.

Une bombe lâchée par un F-16 israélien à Gaza a tué 15 personnes [en fait 17. Ndlr de reinfo-israel] dont, outre le terroriste visé, 9 enfants.

Les Palestiniens ont besoin qu'on les aide à comprendre qu'on ne provoque pas la guerre sans en subir les conséquences.

Ah oui, mais, me direz-vous, il s'agit dans ce cas de civils qui ont été tués et blessés. Des civils que l'on a visé chez eux, dans leur logement.
Merci d'aborder ce point. Il est primordial. C'est même le nerf de cette guerre qui ne dit pas son nom.

Puisque les Palestiniens se précipitent vers l'ONU pour réunir une commission de sécurité d'urgence, qu'ils crient au crime contre l'humanité, contre toute vraisemblance, comme pour effacer le rapport d'Amnesty International qui les taxe eux de criminels contre l'humanité, il convient de regarder de plus près ce que veut dire Droit international.

Les 4 Conventions de Genève de 1949 et leur protocole additionnel de 1977 traitent de ce que l'on peut appeler les “lois de la guerre”. Car, à défaut d'éradiquer les conflits, au moins cherche-t-on à en définir des règles pour les rendre moins sauvages. Les Conventions de Genève donc consacrent un large volet aux populations civiles. (l'OLP y a adhéré en 1989).

L'article 48 du 8 juin 1977, plus précisément, évoque le principe de distinction :
“Les parties au conflit feront, en tout temps, la distinction entre la population civile et les combattants, de façon à épargner la population et les biens civils. Ni la population civile en tant que telle, ni les personnes civiles ne doivent être l'objet d'attaques. Les attaques ne seront dirigées que contre les objectifs militaires”.

Chaque partie au conflit entendra cet article différemment.

Pour les Israéliens, cet article, pour la seule intifada présente, a été violé plus de 160 fois, au cours des attaques terroristes, faisant plus de 400 morts civils et 2995 blessés, toujours civils.

Les Palestiniens aussi comptent leur mort, et le raid à Gaza constituerait également une violation de ladite Convention.

En tout état de cause, force est de reconnaître que les civils israéliens sont tout ce qu'il y a de plus civil, des enfants, des femmes et des hommes qu'il faut aller chercher pour les tuer délibérément.

Pour le Hamas, tout Juif est une cible et doit être tué. “Le temps [du jugement eschatologique. Ndlr de reinfo-israel] ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les Juifs et ne les tuent ; jusqu'à ce que les Juifs se cachent derrière des rochers et des arbres, et ceux-ci appelleront : O musulman, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens et tue-le ! ” (article 7 de la charte du Hamas).

Quant aux civils palestiniens, il faut en distinguer deux sortes.
- Les personnes qui ne prennent pas du tout ou pas directement part au conflit. Ce sont assurément des civils, même si nous avons à déplorer le lavage de cerveau qui leur est prodigué par les médias palestiniens, dans les mosquées, dans les discours de leurs leaders religieux et politiques. Même si les enfants vont dans des écoles où on leur apprend l'amour de la haine et la vénération du martyr, entendez par martyr la vocation de devenir des terroristes-suicidaires, de façon tout à fait explicite. Même si ces germes de haine et de mort ne laissent présager pour l'avenir qu'une récolte de terreur, ce sont des civils, et en tant que tel, leur vie doit être préservée.

- Quant aux autres “civils”, et là je mets des guillemets, la plupart, en fait, ce sont des combattants offensifs, ni plus ni moins.
Salah Shahade, le chef des brigades Izz Al-Din Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ce chef que Tsahal vient de tuer dans le raid à Gaza, déclare dans une interview (29 mai 2002) visible sur le site Islam online :
“Les brigades sont une petite armée. Elles ont toutes les divisions et structures d'une armée”.
Et encore ceci : “Nous avons des scientifiques spécialisés dans le développement d'armes”. C'est d'ailleurs Shahade qui a mis au point les missiles Qassam, déjà plusieurs fois envoyées sur le territoire israélien.

Le Hamas a, par ailleurs, perpétré des dizaines d'attentats contre Israël, se soldant par de nombreux morts et blessés.

Nous parlons aujourd'hui du Hamas, mais il en va de même du Jihad islamique, du FPLP, du Fatah d'Arafat etc.

Ce type de civils donc n'ont de civil que le terme que nos Occidentaux leur accolent.

Et les Règlements de La Haye, à propos des Lois de la guerre, mentionne que “ Est tout particulièrement considéré comme une traîtrise le fait de protéger des objectifs militaires contre des attaques en les installant ou en les déplaçant dans des secteurs massivement peuplés ou de placer volontairement des civils à proximité d'objectifs militaires ”.

Voilà comment Shahade et tous les terroristes palestiniens sont non seulement criminels envers les Israéliens, mais aussi envers leur propre peuple palestinien.

® Petite digression à propos de ce Règlement. Il mentionne notamment le “ fait de protéger des objectifs militaires ”. Avant le raid à Gaza, la communauté internationale s'offusquait de ce qu'Israël envisageait d'expulser les familles de terroristes de la Cisjordanie vers la bande de Gaza. Ces familles, après l'“héroïque” suicide de leur “martyr”, reçoivent des primes de l'ordre de 25.000 $. Selon un juriste italien, Alfredo Bonivento (1), qui s'y connaît quelque peu en matière de mafia, “les avantages sociaux et économiques laissés derrière lui par l'auteur d'un attentat-suicide font partie organique de l'acte criminel lui-même. Au plan du droit criminel, il s'agit de recel du profit d'un assassinat”. C'est un profit qui ne provient que de l'acte criminel, et qui sans la perpétration de l'assassinat ne pourrait être généré ; il est par conséquent parfaitement illicite.
(Pour exemple, le juriste prend le cas d'un voleur qui soustrait 25.000 $ à une banque et les fait parvenir à sa famille avant de se faire arrêter. Cet argent est illégal et la famille du malfaiteur n'en a pas l'usufruit).

De plus, nous avons pu voir les photos, vidéos et interviews de familles avant l'attaque-suicide de leur protégé, où se mélangeaient fierté, encouragements, bonheur non dissimulé même. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la famille est bien souvent au courant. Par ce fait, elle se rend complice de crime contre l'humanité.

L'Assemblée générale de l'ONU aurait-elle oublié la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes qu'elle a adoptée en décembre 1997 ?
“ La Convention s'applique à l'infraction commise par toute personne qui, illicitement ou intentionnellement, livre, pose ou fait exploser ou détonner un engin explosif ou autre engin meurtrier dans ou contre un lieu public, une installation gouvernementale ou une autre installation publique, un système de transport public ou une infrastructure, dans l'intention de provoquer la mort ou des dommages corporels graves, ou dans l'intention de causer des destructions massives qui entraînent ou risquent d'entraîner des pertes économiques considérables. Elle s'applique également à l'infraction commise par toute personne qui se rend complice d'un de ces actes, en organise la commission par d'autres personnes ou y contribue de toute autre manière ”.
(Cela dépasse largement le cadre de la famille. Notre pensée va vers Arafat…)


Revenons aux conséquences des opérations de défense d'Israël (une défense peut être offensive, et dans le cas du terrorisme, c'est même sans doute la seule solution).

Si l'on déplore encore trop de pertes civiles côté palestinien – et Israël s'en est excusé maintes fois et le déplore -, on a tendance à oublier ou tout simplement à ignorer que la méthode de ces “ petites armées ”, de ces combattants et de ces terroristes qui consistent à fabriquer des armes, à les stocker dans des habitations civiles, à former des combattants (parmi lesquels des enfants), à établir de véritables camps d'entraînement militaire, à organiser des carnages parmi les civils israéliens depuis ces lieux, et à s'y retrancher, à se fondre sciemment parmi une population civile, est un crime qui fait reposer sur les Palestiniens l'entière responsabilité légale des pertes civiles.

C'est assez que de citer le dernier rapport d'Amnesty International qui considère les “ attentats perpétrés contre des civils israéliens par des groupes palestiniens armés, généralisés et systématiques, comme s'inscrivant dans une politique clairement affichée d'attaques contre des civils. Ils constituent de ce fait un crime contre l'humanité au regard de la loi internationale ”.

Quand on vous a attaqué (23 attentats revendiqués par le Hamas entre le 29 septembre 2000 et le 31 mai 2002), que l'on vous attaque et que l'on vous attaquera encore et encore, que l'on annonce votre anéantissement, il est plus que légitime de parler de légitime défense.

L'article 51 de la charte de l'ONU précise que conformément au droit légal d' “ autodéfense anticipée ”, un Etat peut se défendre contre des opérations terroristes tant en contre-attaquant qu'en lançant des opérations préventives.

Le droit international n'est pas un engagement au suicide. (2)

Salah Shahade est mort, et c'est tant mieux.

Quelle comparaison y a-t-il entre des terroristes qui s'en viennent perpétrer leurs actes au sein même de la population civile israélienne dans le but de faire le plus de victimes possibles, qui viennent délibérément chercher les femmes, les enfants et les bébés pour les tuer, et une armée qui cherche à défendre ses citoyens en limitant tant que faire se peut les dégâts collatéraux, c'est à dire les morts civils ? Entre les 19 morts de l'attentat de la pizzeria Sbarro, dont 8 enfants, les 21 morts de l'attentat du Dolphinarium , dont 10 mineurs, et les 14 civils palestiniens de Gaza, dont 9 enfants, le seul point commun est que des enfants et des civils sont morts. Le similitude s'arrête là. L'intention de tuer dans un cas, la volonté de protéger les civils dans l'autre constituent une différence fondamentale tant sur le plan moral que sur le plan légal.

Et pourtant, nos médias, nos chers médias n'ont de cesse de crier au carnage quand la guerre provoque des victimes palestiniennes (quand leur indignation face aux attentats palestiniens reste polie et circonstanciée).
Nos médias et nos belles âmes ont l'air de découvrir la guerre et les morts qu'elle entraîne. Ils sont stupéfaits des conséquences sans vouloir analyser les causes et les responsabilités, sinon de façon tronquée. “ Carnage de Gaza. 17 morts dont 9 enfants lors d'un raid israélien ”.

J'imagine les mêmes en train de décompter les 400 à 800 civils afghans tués accidentellement dans les raids aériens américains, les 2000 civils serbes tués par les bombes de l'OTAN, les 8000 bosniaques de Srebenicza exterminés sans que l'ONU, aux portes de la ville, ne bronche, les 2 millions de Soudanais assassinés par les islamistes du Nord-Soudan parce qu'animistes ou chrétiens.

Essayez un peu : 13 Soudanais tués par une milice islamique au Sud du pays ; 43 femmes et enfants Soudanais animistes égorgés ; 19 victimes de la guerre qui ensanglante le Soudan depuis 20 ans. Etc. il faut arriver à 2 millions.

(Cette comparaison mise à part, il serait effectivement courageux de s'intéresser un peu à ces populations).


Derrière cet exposé apparemment froid des faits, je dois encore dire ma tristesse pour ces civils morts.

D'ailleurs, en Israël comme dans les communautés juives, personne ne s'est réjoui de voir la mort frapper plus que celui qu'elle visait.

Nous ne singeons pas cette partie importante de la population palestinienne qui fête les morts israéliens dans la joie.

Nous ne cherchons pas comme eux à apitoyer le monde avec des images de morts brandis comme des icones. D'ailleurs, honneur à Israël de préserver ainsi la dignité de ses victimes.

Ainsi, quand une erreur a été commise – je n'envisage pas une seule seconde que Tsahal ait tué délibérément des civils – non seulement personne ne se réjouit, mais cela provoque en Israël des débats et une enquête.

France Inter dans son journal de 8h00, jeudi 25 juillet 2002, parlait “ d'un débat étonnamment créé en Israël ”. Moi, cela ne m'étonne pas. Israël est une démocratie et ses débats s'étalent librement dans les médias et dans les lieux publics et politiques. Et encore une fois, Israël n'hésite pas à lancer une enquête pour déterminer les causes de cette erreur.

Cela ne fera pas revivre les morts mais témoigne de la responsabilité de ce pays.

Alors qu'en face, une malsaine irresponsabilité amènent les Palestiniens à vouer un véritable culte à la mort, à encourager le terrorisme à tous les niveaux de la société, à tuer sauvagement ceux qu'ils dénomment honteusement des “ collabos ”, à violer tous les droits, toute la morale, tout ce qu'il y a d'humain en l'humain. A rejeter finalement toute la responsabilité de ce qui leur arrive sur l'autre pour se disculper de toutes leurs turpitudes. Et à nier, d'Arafat au Hamas, tout droit à l'existence d'Israël.

Cela est non seulement choquant, répugnant, mais c'est aussi une insulte à la vie et à l'humanité.


Et pourtant, les médias dans leur ensemble oublient cela, plus exactement ils le font oublier par ceux qui les lisent, les écoutent, les regardent. Occultation partisane.

Par contre, ils sautent sur l'occasion pour annoncer en fanfare que “ Sharon par ce raid sur Gaza a torpillé les pourparlers interpalestiniens sur une trêve des attentats ”. Ce serait risible si ce n'était tragique.
Ecoutez comment Libération du 25 juillet dernier commence son article : “ Le compromis avait été trouvé. En tout cas, les deux parties palestiniennes [le Fatah représenté par son nouveau Ministre de l'intérieur, Abdel Razzaq Yehya, et les partis islamistes] l'assurent ”.

Et de citer divers responsables palestiniens – pardon, le mot responsable est dévoyé – des chefs palestiniens qui clament que “ le Hamas était disposé à proclamer une trêve dans les opérations militaires [c'est comme cela qu'ils qualifient les attentats terroristes]à l'intérieur d'Israël ” - notez qu'il s'agirait d'une trêve, et on connaît la pérennité des trêves du Hamas. Qui clament haut et fort que “ chaque fois que l'Autorité palestinienne tente de calmer la situation, Sharon détruit ses efforts ”.

Là, on a envie de partir d'un grand éclat de rire. L'Autorité palestinienne qui tente de calmer la situation…On se croirait dans un film de science-fiction. Toutes les preuves accablent Arafat de collusion avec le Hamas et le Jihad, de financement direct du terrorisme, ainsi que de son encouragement et son apologie.

Alors, de grâce, ne confondons pas tout, résistons à ce vent de calomnie qui bafoue Israël, et tentons d'ouvrir des brèches à la sagesse.

Catherine Leuchter
Responsable de la commission média du CRIF Midi-Pyrénées

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(1) Cité par Metula News Agency (MENA), 21 juillet 2002
(2) Louis René Beres, professeur de droit international à l'université de Purdue, 6 mars 2002