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Christianisme

Reportage chrétien diabolisateur de Tsahal, brutal assiégeant d'une basilique
12/04/2002

PROCHE-ORIENT. Dans la ville déclarée «zone militaire fermée» depuis neuf jours, le couvre-feu n'a pas été levé une seule seconde jeudi. Quelque 200 personnes sont toujours prisonnières dans la basilique.
Les soldats israéliens sont nerveux et dissuadent de manière parfois brutale les journalistes de s'approcher du site. Reportage à quelques encablures de l'église assiégée.

Autour de l'église de la Nativité, la peur rôde dans les ruelles désertes de Bethléem

Le Temps, Genève

Luis Lema, envoyé spécial à Bethléem
Vendredi 12 avril 2002

Seule la Vierge de l'Hôpital de la Sainte Famille regarde. Mais il vrai que, à demi détruite par les balles, sa silhouette de pierre est à peine reconnaissable. Le blindé s'approche. Et tire. Une longue rafale, d'autant plus effrayante que pas un autre bruit n'est audible dans la ville figée. Une rafale de semonce. Qui sera suivie d'une autre, encore plus longue et menaçante que la première. Les soldats israéliens ne veulent pas être dérangés par les journalistes dans une ville de Bethléem soumise à un couvre-feu depuis neuf jours et déclarée «zone militaire fermée».
Le siège de la ville, de fait, s'est encore durci à mesure qu'avançait la journée de jeudi. Pour le deuxième jour consécutif, le couvre-feu n'a pas été levé une seule seconde, et les habitants, claquemurés derrière les volets et les rideaux, n'osent pas même jeter un regard à l'extérieur.
L'église de la Nativité est à quelques centaines de mètres, inatteignable. On ne la voit pas, mais l'on percevait nettement hier la colonne de fumée qui s'élevait à proximité, après que se fut dissipé le bruit d'une violente explosion. Personne, excepté la caméra de surveillance israélienne que transporte un petit dirigeable survolant l'endroit, ne sait ce qui se passe sur la place de la Mangeoire, là où selon la tradition chrétienne est né Jésus.
Depuis neuf jours, 200 Palestiniens sont assiégés par les forces israéliennes dans les bâtiments de la basilique, aux côtés de quelques dizaines de prêtres et d'hommes d'Eglise. Dans ce qui a été perçu comme la justification préalable d'une attaque, le gouvernement israélien a distribué tous azimuts les faits d'armes des Palestiniens, présentés comme des terroristes.
«Des «terroristes», il y en a peut-être, mais la plupart sont des membres de la police touristique, de ceux qui traînaient ces derniers mois sur la place de la Mangeoire en attendant des visiteurs qui ne venaient plus», assure Miguel, un Espagnol qui connaît très bien quelques-uns de ces hommes pour avoir travaillé avec eux pendant deux ans en préparation à la visite du pape Jean Paul II. «Quand ils ont vu l'armée arriver, ils se sont regroupés et sont entrés naturellement dans l'église pour y chercher l'asile.» Depuis lors, ils sont assiégés. A mots couverts, les Israéliens ont reconnu que leurs tireurs embusqués postés sur les toits étaient responsables des tirs qui ont tué le sonneur de cloches de l'église et un Palestinien sorti éteindre un début d'incendie. Son corps n'a pas encore pu être évacué, quatre jours plus tard. Un moine arménien a aussi été grièvement blessé.
A l'armée israélienne, qui prétend que les prêtres sont tenus en otage, les Eglises chrétiennes ont opposé des démentis catégoriques. Selon les agences de presse, le père Giacomi Bini, de l'ordre des franciscains, rappelait hier encore que les pères ont librement choisi de rester aux côtés des Palestiniens. Le Vatican a soumis au président israélien Moshé Katsav un plan visant à désarmer les combattants et à les escorter jusqu'à Gaza, où ils auraient été libérés. Mais l'Etat hébreu a refusé. Il n'y a d'autre issue que la reddition, a expliqué le chef de l'Etat hébreu.
«Je peux vous assurer que pas un seul coup de feu n'a été tiré de l'intérieur depuis neuf jours», assure le père Raed Abu Sahlia, chancelier du patriarcat latin, qui est en contact étroit avec les assiégés. Pour lui, «les Israéliens mènent une intense guerre psychologique, à l'intérieur et à l'extérieur de l'église». Les Israéliens, selon le patriarcat, auraient entrepris de brûler des dizaines de voitures stationnées autour de l'église, ce qui expliquerait les nuages d'épaisse fumée noire.
La communauté chrétienne de Bethléem a réuni des aliments qu'elle a tenté d'acheminer dans la basilique. Mais elle en a été empêchée par l'armée israélienne. «Les soldats sont très nerveux dès qu'ils nous voient», confirme une jeune militante européenne qui, avec un petit groupe d'activistes du monde entier, tente de maintenir une présence symbolique dans les rues vides de la ville. Parfois, à leur passage, des gens s'enhardissent et sortent humer l'air quelques minutes sur le pas de leur porte. D'autres applaudissent et leur offrent des bonbons. «Lorsque les soldats ne veulent plus qu'on avance, ils nous disent: on compte jusqu'à dix. Et si vous êtes encore là, on tire.»
Sur certaines maisons, la présence d'une croix indique le passage des soldats, qui les ont fouillées dans leur traque systématique des «infrastructures terroristes». Sur d'autres ont été peintes des Etoiles de David, peut-être pour tuer le temps dans cette ville passagèrement débarrassée de tous ses habitants.

Source : www.letemps.ch/

[Texte aimablement communiqué par H.M. A]

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On aura perçu la teneur 'chrétienne' de ce 'reportage', qui cache mal son hostilité anti-israélienne. Comment s'en étonner? L'organe officieux du Vatican, L'Osservatore Romano ne parlait-il pas, dans son édition du 2 avril, d'une "aggression qui équivaut à une extermination"? Et d'ajouter que l'armée israélienne "profane les lieux saints par le fer et le feu."