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Éditorialistes
Menahem Macina

'Israël: questions interdites', Fr2, analyse et critique, M. Macina
24/02/2004

Updates : 25/02/04 - 27/02/04

- Transcriptions déjà réalisées :

- Interview d'Emmanuel Navon.
- Interview de Théo Klein.
- Tsahal tueuse d'enfants, selon 'Israël, questions interdites' (Fr2).

[Sur les méthodes sensationnalistes de France2 voir aussi : FR2 dans le collimateur pour l'affaire al-Dura.]


Dans le cadre de son magazine de la rédaction, "Un œil sur la planète", la chaîne nationale de Télévision France2 diffusait, ce lundi 23 février, à une heure de grande écoute, un reportage sur un sujet brûlant : "Israël : questions interdites".

On aura une idée du propos en lisant ces lignes de présentation qui figurent sur le site de France 2 :

"En octobre dernier, le Monde publie en Une «La mort du sionisme», une tribune d'un ancien président de la Knesset, qui stigmatise avec des mots terribles l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens. Pour la première fois, la critique vient du cœur d'Israël et la légitimité de son auteur interdit toute référence à l'antisémitisme.
D'autres voix bientôt s'élèvent dans l'armée, les services secrets, les milieux intellectuels israéliens pour alerter sur les dérives de l'occupation des territoires palestiniens. En filigrane, ces critiques font surgir d'autres questions longtemps taboues [sic] qui font désormais l'actualité de la presse israélienne.
Avec l'occupation des territoires palestiniens, Israël est-il en train de perdre son âme ?
Israël est-il l'otage de ses colons? Démocratie ou théocratie ? Quelle doit être la place de la religion dans le pays ?
Avec son défi démographique, Israël pourra-t-il rester à terme un «Etat juif et démocratique» ?"


Le titre de l'émission et son sommaire donnaient le ton, et les ennemis d'Israël n'ont pas dû être déçus. Quant aux amis et aux soutiens de l'Etat juif, dans les années sombres qu'il traverse, nul doute que ces 95 minutes ont été des moments de torture morale et de découragement, à quelques rarissimes exceptions près, comme on le lira plus loin.

Je voudrais être objectif et ne pas donner dans la sinistrose ni dans les jérémiades – dans le genre : "Les médias nous détestent", ou autres variantes du même acabit. Je dirais donc, d'entrée de jeu, que, comparé à d'autres reportages antérieurs sur des sujets consacrés à Israël et aux Palestiniens, ce reportage peut passer pour moins destructeur, voire empathique – je précise : par rapport au pire que nous avons connu de la part de cette chaîne...

Pour être objectif et avant de mettre sous les yeux de nos internautes une partie des interviewes et reportages contenus dans cette émission et de formuler nos critiques à leur égard, il faut reconnaître qu'une émission aussi ambitieuse que celle qui a été diffusée hier soir, sur un sujet aussi explosif et polémique que la politique d'Israël et le conflit palestino-israélien, est une espèce de quadrature du cercle qui invite, quasi automatiquement le dénigrement ou le procès d'intentions.

Au plan technique, ce que l'on peut reprocher à cette entreprise, sans mauvaise foi, me semble-t-il, est son manque de professionnalisme. Je ne parle évidemment pas du professionnalisme journalistique, mais de la connaissance du sujet complexe dont on prétend exposer objectivement, la nature, les tenants et les aboutissants, avec – tout de même – un désir, au moins implicite, de susciter, voire d'induire un jugement de valeur sur un Israël qui, dans cette émission, apparaît davantage – on le verra - comme un cas pathologique, que comme un Etat aux prises avec des problèmes énormes, dont la responsabilité est loin de lui incomber exclusivement, et confronté à une haine meurtrière, et apparemment irrédentiste, de la part d'un ennemi qui a, jusqu'ici, refusé toute négociation digne de ce nom et qui s'efforce, par tous les moyens, de discréditer, de calomnier et de diaboliser Israël et les Israéliens, aux yeux de l'opinion publique internationale.

Le défaut le plus criant de cette émission réside dans l'absence, quasi-totale, de background politique et historique, sans parler de contrevérités criantes, sur lesquelles je m'attarderai dans mes analyses des diverses interventions et interviewes. Par exemple, pas une seule fois il n'est fait la moindre allusion au fait que les territoires (Judée-Samarie, Gaza, Jérusalem-est) ne sont pas "occupés", comme on le répète à satiété dans les médias en général et dans cette émission, en particulier, mais "disputés".

De cette absence de perspective historique et politique, il résulte que cette émission ressemble davantage à un reality-show qu'à une analyse contradictoire des événements auxquels est confronté l'Etat d'Israël.

Autre défaut, criant et indigne : l'opposition israélienne et juive à la politique du gouvernement se taille la part du lion, tandis que les partis de la majorité et l'immense majorité du peuple israélien qui a élu le Premier Ministre Sharon doivent se contenter de la portion congrue.

Je ne dis pas cela de manière arbitraire. Les internautes qui prendront la peine de lire attentivement les transcriptions que j'ai réalisées et les analyses critiques que je leur ai consacrées, pourront se faire une idée par eux-mêmes et estimer si la critique générale que je formule d'entrée de jeu est recevable ou non.

L'émission s'ouvre sur une série d'interviewes dévastatrices de personnes et de personnalités ayant exercé de hautes fonctions dans l'Etat, l'armée et les services de sécurité israéliens. Pas la moindre mise en perspective. Rien n'est dit ou très peu sur l'extrême liberté de critique, ni sur l'extrémisme – voire la violence - des positions antagonistes exprimées. L'ensemble dégage une impression accablante d'un pays aux abois, de citoyens désorientés, voire hébétés, bref d'un Etat au bord de la faillite.

Qu'on me permette de le dire en toute liberté : ce portrait est loin d'être conforme à la réalité. On peut, à ce propos, se poser des questions sur l'intention et la perspective idéologique qui ont présidé aux choix des référents interviewés. Quelques exemples :
  • Le seul journaliste interviewé appartient à la rédaction de Ha'aretz, journal de gauche, réputé pour son hostilité de principe au gouvernement de droite actuellement aux commandes en Israël. A croire que c'est le seul journal israélien. Cette interview aurait dû être équilibrée par celle d'un organe de presse de tendance opposée, par exemple le Yediyot Ahronot, et - pourquoi pas ?- le Jerusalem Post, journal de droite pro-sioniste, mais non nationaliste chauvin.
  • Les quelques pilotes interviewés font partie d'un groupe d'officiers qui ont donné leur démission de l'armée, en signe de protestation contre les attaques anti-terroristes menées dans les zones palestiniennes. Or, selon nos sources, ils ne représentent pas plus de 0, 1 % de l'ensemble des officiers de Tsahal ! Pourquoi n'a-t-on interviewé qu'eux ?
  • Les religieux sont mis en scène de manière voisine de la caricature, en accentuant le clivage entre société laïque et pratiquante.
  • Et mieux vaut ne rien dire de la manière polémique, voire carrément hostile, dont est traité le sujet des "colons"…


Enfin, ce fut une erreur et un manque de goût que de choisir, pour clore l'émission, d'interviewer l'avocat Théo Klein, dont on connaît les positions polémiques et souvent dépréciatives de la politique d'Israël et du comportement de son armée. Chacun, chacune, jugera, sur pièces, de la pertinence des propos de celui que Thierry Thuillier présente, de manière aussi obséquieuse que dithyrambique, comme "un sage, un humaniste, une conscience".


La méthode adoptée pour l'analyse des interviewes et reportages diffusés au cours de l'émission intitulée "Israël : questions interdites" est la suivante :

Chaque sujet retenu fera l'objet d'une transcription et d'un commentaire et sera mis en ligne pour lui-même.

Le listing des sujets figurera dans le présent document, avec un lien vers le texte afférent.

La tâche étant considérable, les transcriptions et commentaires seront mis en ligne, à partir d'aujourd'hui et dans les jours à venir.

(A suivre donc...)

Menahem Macina

© upjf.org


Mis en ligne le 24 février 2004 sur le site www.upjf.org

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Un Oeil sur La Planète

«Israël: questions interdites»

Rédaction en chef
Patrick BOITET

Présenté par
Thierry THUILLIER

Reportages :

La crise morale
Agnes Vahramian
Mossi Armon
Meni Matok
Ariel Matok
Alon Grego
Naor Levi
Anne Cohen

Israël : Démocratie ou Théocratie ?
Reportage : Vincent Nguyen
JRI :Mathieu Dreujou
Ops :Gweltaz Kergoat
Montage :Fred Fournier

Les colons
Martine Laroche-Joubert
Gilles Jacquier
Elie Cohen
Gérard Lemoine

Les arabes d'Israel
Tania Rakhmanova
Nili Aslan
Roni Yatzkan
Emmanuelle Perez
Paul Mitchell
Roz Howe
Rachel Jones
Copyright WILTON FILMS

Equipe technique Paris, Israël
Jean-Louis Laforêt
Stéphane Morelli

Documentaliste
Isabelle LE DISEZ

Personnel
Et Moyens Techniques
France 2 Paris
France2 Jérusalem
Highway
Waymel
Planipresse


Unité de Gestion des Magazines
Jean-François DA CONCEICAO

Attachée de Presse
Anne-Laure MOSSER

Documents
IBA
Reuter
Aroutz 2
Roger Viollet
France2 Jérusalem

Remerciements
Charles Enderlin
Cécile Berecz
Carole Gozlan
Laurence Benkel
Josselyne Elfassi
Laurence Louër (CERI)
Groupe DAM

Réalisation
Nicolas MAUPIED


Site Internet :
Rémi Pietton
Pascal VoisinUpdate 01/03/04