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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.
Antisémitisme
Antisémitisme arabo-musulman

Les Arabes ont fait leurs les mythes antisémites de l'Europe
21/04/2003

Jérusalem Post

24 février 2003

Compte-rendu de Elli Wohlgelertner

Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org

[Albert Soued a traduit un autre article sur le même sujet, qui comporte plusieurs détails et analyses qui ne figurent pas dans le présent compte-rendu. Nous en recommandons la lecture : "Le nouvel axe antisémite, par Menahem Milson".]


Selon Menahem Milson, professeur de langue et de littérature arabes à l'université Hébraïque, l'antisémitisme arabe a adopté tous les mythes antisémites de l'Europe, même ceux que les antisémites occidentaux avaient rejetés comme trop primitifs, dont la calomnie de crime rituel, les "Protocoles des Sages de Sion", et l'accusation selon laquelle les Juifs ont tué Jésus.

La propagande antijuive arabe est aujourd'hui "la forme la plus dangereuse de haine envers les Juifs, où qu'ils se trouvent, depuis la fin des années ‘30 ", et il faut y faire face, a déclaré Milson, la semaine dernière, lors d'une Conférence internationale de quatre jours sur le thème "Antisémitisme et préjugé dans les médias contemporains", qui s'est tenue à l'Université Hébraïque de Jérusalem.

"La calomnie de crime rituel est toujours présente dans le monde arabe et musulman, et surgit même dans les journaux gouvernementaux les plus importants", affirme Milson. Certains auteurs ressassent et recyclent ces accusations familières, ce qui leur confére une nouvelle impulsion, comme, par exemple, celle de l'utilisation, par les juifs, de sang humain, non seulement dans la fabrication des matzot, mais également pour farcir les 'oreilles d'Haman', une pâtisserie de Purim, comme nous l'a appris un journal saoudien."

Les Protocoles ont été utilisés dans le monde arabe depuis leur traduction en langue arabe, en 1927, et beaucoup de façonneurs d'opinion publique citent ce document, fabriqué de toutes pièces, pour montrer que le plan malveillant des Juifs est actuellement en cours de réalisation.

"Il convient de reconnaître que beaucoup d'auteurs arabes - dont certains sont importants – ont parfaitement conscience de ce que les 'Protocoles' sont une forgerie", remarque Milson. "Néanmoins, ils continuent à les utiliser, parce que, [selon eux], qu'il s'agisse d'un fait réel ou d'une fiction, cela n'a aucune importance. Leurs prédictions, disent-ils, se sont révélées en grande partie fondées, ce qui prouve que, même si le document que vous avec en mains - les 'Protocoles'- est en soi un document fabriqué, le matériau qui s'y trouve, lui, est authentique".

Que les antisémites arabes accusent les Juifs d'avoir tué Jésus est "une accusation plutôt étrange pour des musulmans, car, selon le Coran, ce n'est pas Jésus qui a été crucifié, mais quelqu'un d'autre qui lui ressemblait. Pourtant, quand apparaît le besoin de se servir de cette accusation, même la doctrine coranique ne gêne pas le propagandiste antisémite."

Les principaux axes de l'antisémitisme arabe moderne sont la négation de l'Holocauste et l'équation du sionisme avec le nazisme.

"C'est une tendance très courante, dans tout écrit antisioniste, antijuif, et anti-israélien, de mettre le sionisme sur le même plan que le nazisme. Ils prétendent que tout comme les Nazis croyaient en la supériorité de la race [arienne], les Sionistes croient en un peuple choisi, à savoir, les Juifs. Il n'est donc pas étonnant que ces deux mouvements - les Nazis et les Sionistes – adoptent un expansionnisme militaire."

Autre allégation : les Sionistes ont collaboré avec les Nazis à l'extermination du peuple juif; et "les actes d'Israël et des Sionistes à l'encontre des Palestiniens sont réputés identiques au crime des Nazis contre les Juifs, ou aux 'prétendus' crimes des Nazis à l'encontre des Juifs. On entend souvent dire: 'ce qu'ils ont 'prétendu' que les Nazis leur ont fait, ils le font réellement aux Arabes."

La troisième composante est l'insulte habituelle - proférée à l'encontre des Juifs, non seulement dans les sermons du vendredi, mais également dans des articles politiques -, selon laquelle ils sont des singes et des porcs, ou en sont issus, une référence dérivée d'un certain nombre de versets coraniques.

Milson s'est montré critique envers l'institution académique israélienne, en raison du fait qu'elle ferme les yeux sur l'antisémitisme arabe, phénomène dont il donne les raisons tout en expliquant qu'il ne peut être ignoré.

"Des facteurs psychologiques se mêlent à des motifs idéologiques et politiques", dit-il. "Toute l'entreprise sioniste avait pour but de résoudre le problème de l'antisémitisme. Par conséquent, le fait que la haine à laquelle nous croyions avoir échappé, quand nous avons quitté l'Europe, était endémique au Moyen-Orient est une chose que beaucoup de gens cherchent à éliminer ou à nier."

La motivation politique qui pousse à l'ignorer est la crainte qu'en dénonçant le sentiment antisémite de la partie arabe, on renforce l'intransigeance politique en Israël et que l'on fasse le jeu des groupes politiques qui s'opposent à tout compromis territorial.

Et Milson d'affirmer : "Ce point de vue n'est pas totalement infondé, mais nous devons admettre que fermer les yeux sur l'antisémitisme arabe est non seulement erroné, au plan intellectuel, mais également contreproductif, au plan politique".

"Le seul traitement approprié, qui peut aussi générer quelques résultats positifs, est précisément de ne pas dissimuler, mais de mettre à nu. La mise à nu est la première étape du meilleur traitement de l'antisémitisme."


© 2003 The Jerusalem Post pour l'original anglais
et upjf.org et M. Macina pour la traduction française