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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Shahnaz, "tuée" puis sauvée par des soldats de Tsahal, par Rémy Ourdan
30/04/2002

[Samuel Jourdan, de Jérusalem, attire notre attention sur l'article suivant, paru dans le Monde du 30 avril. Il l'accompagne du pertinent commentaire suivant "Antisémitisme, quand tu nous tiens, même les belles histoires sentent mauvais !" J'ai mis en rouge (et éventuellement en grasses et italiques) les passages qui justifient ce jugement. Il s'agit ici d'UN CHEF D'OEUVRE D'HYPOCRISIE ET DE MACHIAVELISME JOURNALISTIQUES QUI PARVIENT A SOUILLER L'IMAGE D'UNE ARMEE QUI A UNE CONDUITE DIGNE DE TOUS ELOGES. Menahem.]

Mes commentaires figurent après l'article.

Mardi 30 avril 2002
LE MONDE

Naplouse, de notre envoyé spécial

Shahnaz Shatara cligne lentement des paupières. "Ils m'ont tuée, ils m'ont sauvée..." Si, finalement, personne n'a perdu la vie dans cette aventure, l'armée israélienne a bien failli décimer, sans raison, une famille palestinienne vivant dans le camp de réfugiés d'Askara, près de Naplouse. Shahnaz ne sait pas pourquoi les soldats de Tsahal ont agi ainsi : "Ils tirent partout !" Elle sait en revanche que certains de leurs officiers et camarades lui ont sauvé la vie : "Ils étaient si gentils..."Elle ne comprend rien à cette guerre : "Nous sommes entre les mains de Dieu..."Elle caresse les cheveux d'Ala, son fils, silencieux.

C'était un mercredi, vers 10 h 30, il y a trois semaines, peu après le lancement de l'opération israélienne "Mur de protection". "Il y a eu des tirs contre la maison. J'ai entendu des balles traverser des fenêtres, raconte Samer, l'époux de Shahnaz. J'ai vu des traces rouges sur le sol, puis mon fils Ala, âgé de 4 ans, qui crachait du sang. Il avait reçu une balle dans la poitrine."Shahnaz croit qu'Ala est touché au cœur et panique. Elle veut aller chercher du secours, ouvre la porte de la maison. Une nouvelle salve est tirée et Shahnaz reçoit une balle dans la hanche. Elle hurle, d'autant plus qu'elle est enceinte de six mois et pense que le fœtus est atteint.

"ILS ÉTAIENT TRÈS GENTILS"

"Mon frère a crié aux soldats qu'une femme enceinte et un enfant étaient blessés. D'abord, ils ont tiré sur lui, puis ils ont écouté, poursuit Samer. Ils sont venus chercher nos blessés et les ont emmenés jusqu'à leur position, en face de notre maison. Un soldat, furieux, a jeté son arme au sol et enlevé sa veste de treillis ; il hurlait à ses camarades qu'il avait honte d'appartenir à une armée capable de se conduire ainsi." Un officier arrive. Shahnaz et Ala sont emmenés à l'hôpital militaire de Hawara. "Un médecin militaire parlait arabe, raconte Shahnaz. Il m'a annoncé que mon fils et moi devions être opérés en urgence, et que nous allions être transférés. Un hélicoptère a été mobilisé ! Les soldats étaient très gentils. A Tel-Aviv, j'ai été soignée comme une Israélienne, par des gens qui n'arrêtaient pas de s'excuser. Ils semblaient très surpris. Ils pensaient que leur armée arrête des "terroristes", car c'est ce que disent leurs médias, et non qu'elle tire sur les femmes et les enfants."

Quand Shahnaz évoque des soldats "gentils", le salon des Shatara s'anime. "Non ! s'exclament en chœur frères et sœurs. Les soldats d'Israël, c'est tous la même merde ! Des tueurs !" "Ce n'est pas vrai, rétorque calmement Shahnaz. Un soldat me caressait le front dans l'hélicoptère pour me réconforter, et m'a appris qu'Ala n'était blessé qu'à l'épaule, et non au cœur." A Tel-Aviv, les opérations chirurgicales sont un succès, mais les médecins doivent provoquer l'accouchement prématuré du bébé de Shahnaz. Il pèse 1 kilo et a des problèmes cardiaques. Sa survie n'est pas assurée.

"JE VEUX GARDER ESPOIR"

Ala retrouve goût à la vie depuis son retour à Naplouse. Pour lui, qui n'a connu que les territoires palestiniens, qui ne connaît d'Israël que le fracas des chenilles des chars et les cris des soldats, le séjour à Tel-Aviv a été synonyme de cauchemar. Il hurle en apercevant le drapeau israélien flottant au vent. Il pleure dès qu'une infirmière lui parle en hébreu. "Dans l'ambulance, sur le chemin du retour, il se cachait sous mon brancard, dit Shahnaz. Il entendait des conversations en hébreu et criait : "Maman, ils vont nous tuer ! Ils vont nous tuer ! Ils ne nous ramènent pas chez papa !" Il ne s'est apaisé qu'une fois arrivé à la maison."

Shahnaz ne s'est pas étonnée que Tsahal tire sur des civils, mais elle s'est montrée surprise d'avoir pu être sauvée grâce à des moyens militaires et sanitaires aussi importants. Ala a en revanche découvert le diable, celui qui désormais revient hanter ses nuits. "Je veux garder espoir en l'avenir, dit Shahnaz. Pour mes enfants. Inch'Allah !"

Rémy Ourdan

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Commentaires de Menahem

Sur le fond, tout d'abord. Je tiens à souligner que le fait relaté ici n'est pas exceptionnel dans les guerres de Tsahal. Il s'est produit des dizaines et des dizaines de fois.
Sur la forme, maintenant. La manière dont les faits sont relatés s'apparente à un faux picturesque grossier, et trahit le procédé idéologique le plus immonde qui soit.
J'ai lu des centaines de textes franchement hostiles à Israël, sur fond de relations de faits et/ou d'accusations mensongères, parfois énormes. Mais c'est la première fois que je suis confronté au récit d'un haut fait humanitaire, défiguré et inversé à ce point.

De quoi s'agit-il? D'un enfant palestinien et de sa mère atteints, le premier par une balle perdue, la seconde par un tir de riposte à une menace présumée (une porte de maison qui s'ouvre peut faire craindre l'apparition d'un terroriste armé, surtout quand des soldats ont été victimes de traîtrises pseudo-civiles, qui ressemblaient à s'y méprendre à ce qui s'est passé là).
Interrogez d'anciens militaires de n'importe quelle armée. Demandez-leur si un tel incident ne s'est jamais produit dans un engagement armé. Par ailleurs, je ne suis pas sûr que beaucoup de corps de troupes pourraient se targuer de l'humanité dont ont fait preuve ces combattants israéliens.

Alors pourquoi truffer le texte de remarques dévastatrices sur le comportement, réputé barbare, de ces mêmes soldats, en ajoutant - cerise sur le gâteau - la description invraisemblable d'un soldat, furieux, qui jette son arme au sol et enlève sa veste de treillis, en hurlant à ses camarades qu'il a honte d'appartenir à une armée capable de se conduire ainsi"? (Remarque - ô combien pertinente - de Norbert Lipszic, à propos de ce passage : "comment le journaliste peut-il savoir ce que le soldat israélien a dit à ses camarades... puisque le seul témoin (Shahnaz) ne sait pas l'hébreu ? Qui a soufflé cela au témoin ?)
Pourquoi faire hypocritement allusion à un prétendu 'étonnement' des soldats "qui pensaient que leur armée arrêtait des 'terroristes', comme le disent leurs médias, et n'imaginaient pas qu'elle tire sur les femmes et les enfants"?
Toute l'astuce consiste à faire croire au lecteur que les propos et les jugements de valeur désobligeants sont le fait des membres de cette famille palestinienne éprouvée. Le journaliste, lui, est censé jouer ici le rôle d'un support magnétique : il enregistre froidement, sans état d'âme. Il ne se permet pas le moindre commentaire salvateur de l'honneur de l'armée israélienne, la moindre mise en perspective - qu'il considère sans doute comme une interférence subjective, nuisible à l'OBJECTIVITE du récit, voire contraire à la déontologie journalistique...
Malheureusement pour lui, ce correspondant du Monde en fait trop, dévoilant sa supercherie manipulatrice. Exemple : le comportement - pour le moins miraculeux - de Ala, le petit Palestinien. Qu'il pleure quand il entend parler hébreu, on peut le croire. Mais il est beaucoup plus difficile d'"avaler" qu'il ait pu crier : "Maman, ils vont nous tuer ! Ils vont nous tuer ! Ils ne nous ramènent pas chez papa !". Tout de même! ce gamin a vraisemblablement passé quelques jours à l'hopital (la balle dans l'épaule...). Si apeuré qu'il ait pu être au début, il a eu ensuite largement le temps de constater qu'on ne voulait pas le tuer, puisqu'on l'a soigné. Même une bête comprend cela, alors, a fortiori un petit Palestinien de 4 ans... dont le QI frôle le coefficient des génies. En effet, à en croire le récit épique du 'journaliste' du Monde, ce bout de chou hurle en apercevant le drapeau israélien flottant au vent". Avouez que c'est peu commun.
Ajoutons, pour faire bonne mesure, que Rémy Ourdan (le 'journaliste') a dû passer des jours (et des nuits) dans la famille dont il nous raconte le drame, puisque, à l'en croire,"le DIABLE, revient [tiens! il était donc déjà venu?]hanter les nuits" de Ala.

Inch'Allah! comme dit la mère d'Ala, consolons-nous en constatant, même au travers de ce récit tordu, que "le DIABLE" militaire israélien n'est finalement pas un 'mauvais diable'...

Menahem Macina