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Menahem Macina

Du danger des prophéties présomptueuses, M. Macina
31/12/2004

Connaissant mon intérêt pour la Terre d'Israël, une excellente amie m'a fait don, il y a quelques années, d'un fort volume, ayant appartenu à sa sœur, décédée depuis, consacré à ce pays.

Je ne lui avais, jusqu'ici accordé aucune attention. Mais, il y a quelques jours, à l'occasion d'une énième tentative de rangement des milliers d'ouvrages de ma pléthorique bibliothèque – tâche sisyphéenne s'il en fut -, je pris en mains, cet ouvrage – respectable mais délabré -, avec l'intention bien arrêtée de le jeter à la poubelle. Toutefois, avant l'exécution, je lui accordai un délai de grâce, afin de m'assurer qu'il ne recélait pas, ne fût-ce qu'une infime parcelle rédimable. Bien m'en a pris.

Toutefois, autant le préciser d'entrée de jeu, l'ouvrage ne contenait rien de rédimable, tant s'en faut. Il suintait l'antisémitisme et le mépris de notre peuple, ainsi qu'on le verra. Mais c'est précisément pour cette raison, que je l'ai soustrait à la damnation.

On le sait peut-être : pour l'historien ou le chroniqueur, tout texte, même un libelle, même une lettre anonyme, même un tissu d'insultes ou de stupidités, constituent autant de documents utiles, ne serait-ce que pour illustrer une thèse. En l'occurrence, celle de la haine antijuive (voir, sur notre site : "Regard antisémite d'un voyageur en Palestine au XIXe s.").

Mais j'ai parlé d'abord du danger des prophéties présomptueuses. Illustration.

Dans l'ouvrage prétentieux et ampoulé de Jules Hoche, écrivain populaire français de la fin du XIXe siècle, on peut lire un échantillon frappant de cette manie :

"Je suis personnellement convaincu que les Rothschild ne donneraient pas un farthing pour voir refleurir l'époque de Job ou celle des règnes du prophétisme, et qu'ils n'échangeraient pas un de leurs millions contre la promesse d'un prochain relèvement national, quand même on leur offrirait de rebâtir le Temple par-dessus le marché." (1)

L'histoire a infligé à ce prétentieux un cinglant démenti.

En effet, non seulement, le baron Benjamin (Edmond James) de Rothschild (1845-1934) patronna et finança une douzaine de localités – dont Metulah, Zikhron Yaakov, Rishon Letsion et Rosh Pinah (2), mais encore c'est à lui que fut adressée la lettre, plus connue sous le nom de Déclaration Balfour, que le Secrétaire au Ministère des Affaires étrangères d'Angleterre, Lord Balfour, annonçant que "le Gouvernement de Sa majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif…" (3).

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Menahem Macina

© upjf.org


Mis en ligne le 31 décembre 2004 sur le site www.upjf.org.


Notes

(1) Jules Hoche, Le Pays des Croisades, Librairie Illustrée, Paris, 1886, p. 231. Notons qu'il est fait référence à cet ouvrage sur le site islamique, Palestine.info : www.palestine-info.info/arabic/alquds/history/altasweer.htm

(2) Extrait de l'article de Naftali Greenwood, "Ceux qui rachetèrent le pays", sur le site du Ministère des Affaires étrangères d'Israël.

(3) Voir : Le sionisme et l'histoire (documents). Et surtout Baron Edmond de Rothschild (1845-1934), Prince en Palestine (HaNadiv, HaNassi).


© upjf.org

Mis en ligne le 31 décembre 2004 sur le site www.upjf.org.
Mise à jour 02/01/05