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Menahem Macina

C'est Ménargues qu'on assassine: Oulala, M. Macina
19/11/2004

Alain Ménargues: 'Je suis un homme libre et j'entends le rester'

Ci-après le texte d'une interview du journaliste Alain Ménargues, réalisée le 15 novembre 2004, par Sylvia Cattori, sur le site Oulala.net. Je l'ai assorti de nombreux commentaires de mon cru. Pour mémoire, voir : "Alain Ménargues, Sharon, France-Inter et RFI". Menahem Macina.

www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1494


La vie d'Alain Ménargues - vice directeur de Radio France Internationale - a basculé d'un jour à l'autre, en octobre 2004. En effet, à peine son livre «Le mur de Sharon» était-il sorti, qu'il s'est brutalement trouvé pris dans une de ces campagnes idéologiques, où le mensonge se mêle à l'irrationnel. Accusé d'«antisémitisme», Alain Ménargues a été demi [sic] de ses fonctions. Le soupçon d'antisémitisme - avec toutes les manipulations qui peuvent s'ensuivre - pèse lourdement sur la tête des personnages publics qui critiquent Israël. Il peut détruire des carrières, briser des vies. Alain Ménargues en est la preuve vivante la plus récente.

Silvia Cattori. N'avez-vous pas brisé sciemment un tabou en affirmant qu'Israël est un Etat raciste ?

Alain Ménargues. Les textes sont là. Je n'ai rien inventé. L'Etat juif d'Israël est considéré comme juridiquement raciste par les Nations Unies.

- Ménargues retarde. Rappelons que, le 10 novembre 1975, sous l'énorme pression du lobby pro-arabe à l'ONU, l'Assemblée générale des Nations unies ratifiait la résolution 2279, qui affirmait que le sionisme était une forme de racisme et de discrimination raciale. Cette résolution infamante ne fut abrogée qu'en 1991.

S.C. Vous l'avez chèrement payé. Etes-vous atteint ?

A.M. Je suis résolu à me battre contre tous ceux qui accusent injustement des gens honnêtes. Vous savez je m'occupe de longue date de l'information sur le Moyen Orient. Je sais très bien, pour l'avoir observé de près, comment Israël exerce son contrôle sur l'information. Depuis les années 1970, il existe un service de renseignements militaires. Il y a un département qui s'occupe exclusivement de la presse. Tout journaliste qui va en Israël est muni d'une carte de presse délivrée par un service de presse qui dépend de l'armée. C'est donc bien l'armée israélienne qui est chargée, entre autres, de façonner l'image d'Israël dans le monde. Toutes les ambassades israéliennes ont un service de communication, des diplomates qui sont chargés de veiller à ce que la bonne image d'Israël soit sauvegardée. Dans l'affaire qui me concerne, les ambassades d'Israël à Paris et à Bruxelles sont intervenues. Elles ont fait pression sur des journalistes par le biais de ce que l'on appelle les agents d'influence ; pour faire dire que je suis antisémite, donc pour me décrédibiliser et dissuader les journalistes de donner un écho à mes propos.

- Vieux 'canard' - réellement antisémite, celui-là – selon lequel les Juifs (ici, Israël) ont la haute main sur tous les moyens d'information.

S.C. Cela vous a-t-il été rapporté de bonne source ?

A.M. Oui je peux en apporter la preuve. Il y a des journalistes qui peuvent le confirmer.

S.C. Comment un Etat peut-il intervenir aussi ouvertement ?

A.M. C'est ce qui s'appelle, en communication, de la manipulation. Dans mon cas cela s'est fait sur un axe bien précis. Je représente un cas d'école. Avec mon dernier livre [1] je touche à un point sensible. D'autant que l'image d'Israël se détériore de plus en plus. Il y a un rapport du Ministère des Affaires étrangères, daté d'août dernier, qui analyse l'image d'Israël. Ce rapport révèle qu'Israël a bel et bien perdu la bataille médiatique mondiale. Qu'Israël risque d'être classé, sous peu, au même rang que l'Afrique du Sud de l'apartheid. Mon livre tombe à pic.

- Comme aux pires époques de l'intoxication stalinienne, les contradictions n'embarrassent nullement les distillateurs de calomnies et de haine. Un peu plus haut, Ménargues affirme: "Israël exerce son contrôle sur l'information… C'est donc bien l'armée israélienne qui est chargée, entre autres, de façonner l'image d'Israël dans le monde." Si donc, à en croire Ménargues lui-même, Israël manipule les médias dans le monde, comment se fait-il que son image se détériore à ce point ? Le journaliste intoxicateur eût été mieux avisé de décréter que les Israéliens sont de déplorables communicateurs. Sur ce terrain, je n'aurais pu que le suivre.

S.C. Pourquoi ce déchaînement contre vous alors que tant de choses ont déjà été écrites dans des médias spécialisés ou sur les sites Internet ?

A.M. Je n'ai pas la réputation de quelqu'un qui transige sur l'exigence d'informer correctement. En ce qui concerne la politique israélienne je suis assez rigoureux dans ce que j'écris. Je parle du droit de l'enfant, de la femme et des abus qu'ils subissent en ce qui concerne Israël comme pour d'autres pays. Israël n'est pas un pays à part. J'en appelle donc simplement à l'application des résolutions de l'ONU, qu'Israël ignore. Par conséquent, m'éliminer, me chasser du poste de responsabilité qui était le mien, un poste médiatique, c'est pour mes détracteurs faire d'une pierre deux coups. Je prépare un document à ce sujet.

S.C. Donc vous ne baissez pas les bras ?

A.M. Je vais me battre. Je ne vais pas me laisser faire.

S.C. Vous battre pour vous faire réintégrer à RFI ?

A.M. Non, retourner à RFI c'est impossible. Je veux me battre pour que l'on me rende justice.

S.C. Vous avez un projet concret ?

A.M. Oui nous sommes en train de mettre sur pied une fondation regroupant 100 journalistes au minimum, qui auront pour tâche de dénoncer tous ceux qui, parce qu'ils critiquent la politique illégale d'Israël, sont accusés d'antisémitisme, de racisme, de révisionnisme, de négationnisme.

- Belle chasse aux sorcières en perspective !

S.C. Des journalistes qui sont à l'intérieur des rédactions en France ?

A.M. Oui, des journalistes qui ont une renommée professionnelle en France aussi bien que dans d'autres pays. Le but est que, chaque fois qu'une personne est soupçonnée d'antisémitisme et décriée comme telle par les médias, son cas soit soumis à examen par notre fondation. S'il s'avère que cette personne est accusée à tort, nous allons intervenir pour exiger que l'on rétablisse la vérité des faits. Une manière de dire que nous n'acceptons plus la manipulation.

S.C. Pensez-vous intervenir uniquement quand on accuse une personne d'antisémitisme ou dans tous les cas de racisme ?

A.M. Je pars de l'idée qu'il y a, en France, un racisme anti-arabe et un racisme anti-juif latents. Le nier serait malhonnête. A partir de là, il peut y avoir des dérives de l'une ou l'autre partie. Toutefois, dans la majorité des cas ces accusations sont infondées. On utilise le terme d'antisémitisme, comme dans mon cas, pour briser des volontés, des carrières ou pour écarter les «gêneurs». Donc le comité que nous mettons sur pied aura pour tâche de dénoncer les manipulations. Dès qu'une affaire éclate elle sera immédiatement prise en compte par notre «comité des cent».

- Remarquez que Ménargues omet soigneusement d'évoquer le fait qu'on utilise le terme d'islamophobe pour diaboliser celles et ceux qui dénoncent la violence islamique. Selon lui, les persécuteurs s'acharnent uniquement sur ceux qu'ils accusent 'arbitrairement' d'antisémitisme.

S.C. Quand serez-vous opérationnels ?

A.M. Bientôt. J'espère d'ici décembre 2004.

S.C. Pensez-vous vraiment que les médias vont donner un écho conséquent à votre action ?

A.M. Oui. Je le crois. Je crois en l'honnêteté des gens. Cela fait 30 ans que j'exerce ce métier. Personne parmi mes collègues n'aurait jamais pu penser, avant que ces attaques contre moi ne se déchaînent, que je puisse un jour être traité de raciste ou d'antisémite. Ces qualificatifs n'ont rien à voir avec ma carrière et mon souci d'informer. J'ai des amis qui, comme moi, ont travaillé sur le terrain comme correspondants de guerre et sont toujours sur le terrain. Tous ces professionnels qui me connaissent, savent que je dis vrai. Ils ne peuvent que me soutenir.

S.C. Vous ne vous attendiez pas à de telles attaques ?

A.M. Dans mon livre «Le mur de Sharon», page 11, je pressentais ce qui allait m'arriver. Mais pas dans ces proportions. Curieusement, mon livre n'a pas été attaqué. C'est ce que j'ai déclaré dans une conférence qui a été mis [sic] en cause.

S.C. Le fait que vous ayez touché à des questions religieuses vous a-t-il également desservi ?

A.M. Je travaille en effet sur l'influence des religions dans le monde. En Irak on peut parler des différentes tendances religieuses. Bush fait entrer le religieux dans toutes ses déclarations. Mais dès que vous dites qu'Israël est ce qu'il est, un Etat théocratique, il y a une levée de boucliers. J'ai parlé en effet du « Lévitique », de l'impur et du pur, qui sépare et qui a un lien avec le mur. Pour moi c'est un élément constitutif. Il a suffit [sic] que j'évoque cela sur une radio pour que les choses dégénèrent en un vrai pugilat. Si, au départ, les théoriciens de l'Etat sioniste étaient laïcs, et les religieux avaient condamné le concept même de sionisme, le religieux a pris désormais un poids extrêmement important. Surtout depuis 1987. Toutes les lois passent par le religieux. Il s'agit au surplus d'une religion qui se considère comme supérieure aux autres. Moi je me sens libre de parler de toutes les religions. Les gens de confession juive parlent eux-mêmes de «peuple élu». Pourquoi n'aurais-je pas, moi, le droit d'évoquer cette notion de «peuple élu» ?

- Difficile de dire autant de sottises en si peu de mots. Personnellement, je n'accuserais pas Ménargues d'antisémitisme, mais d'incompétence notoire. Exemples :
- "Israël… Etat théocratique… Toutes les lois passent par le religieux", etc. : Je doute que Ménargues ait vraiment vécu plus d'une semaine au sein de la population israélienne (pas dans un hôtel de Jérusalem-est pour journalistes pro-palestiniens !). S'il l'avait fait, il aurait constaté qu'au rebours de ce qu'il affirme, le sentiment, voire le militantisme antireligieux sont extrêmement vivaces dans la population. Les lois (que ce journaliste n'a visiblement jamais étudiées, ni même lues) sont tout ce qu'il y a de plus démocratiques et n'utilisent une phraséologie religieuse (courante) que lorsqu'il s'agit d'une législation ayant trait à la chose religieuse.
- Quant à la puissance de l'establishment religieux ("le religieux a pris désormais un poids extrêmement important") : Monsieur Ménargues peut-il nous expliquer comment, si tel est le cas, des "Gay Prides" peuvent bien se dérouler dans les rues israéliennes, sans émeutes de croyants juifs pratiquants ni déploiement significatif de forces policières ? Imagine-t-il de telles manifestations dans les pays arabes, qu'il prise tant (sans doute pour l'extraordinaire tolérance religieuse dont ils font preuve !), telle, p. ex., l'Arabie Saoudite ?
- Ménargues parle, sans complexe, "d'une religion qui se considère comme supérieure aux autres". Mieux, il affirme, sans crainte d'être contredit par Sylvia Cattori, qui n'en sait sans doute pas plus que lui sur la question (ou qui le cache bien) : "Les gens de confession juive parlent eux-mêmes de «peuple élu»". En réalité, quiconque a lu quelques articles, ou ouvrages objectifs sur la religion juive, et connaît un tant soit peu la bible, a, depuis longtemps, compris que toute religion se considère comme la seule vraie, et que c'est, entre autres, le cas du judaïsme. Que le peuple juif, à en croire la Bible elle-même, ne risque pas de se considérer comme supérieur aux autres, en témoignent ces deux versets (Dt 7, 6-7) : "Car tu es un peuple consacré à L'Eternel ton Dieu; c'est toi que L'Eternel ton Dieu a choisi comme un peuple particulier (ou 'qui lui est réservé', en hébreu : segullah), parmi toutes les nations qui sont sur la terre. Si L'Eternel s'est attaché à vous et vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples: car vous êtes le moins nombreux d'entre tous les peuples." En bref, Israël n'avait aucun titre à être choisi par Dieu. Il s'agit d'un choix gratuit, comme l'est l'amour. L'expression "peuple élu" est le résultat d'une mauvaise traduction de l'expression ‘am segullah, traduite en latin tardif par "populus electus", alors que la Vulgate (traduction latine, reçue dans l'Eglise, de la Bible hébraïque) la rend par "populus peculiaris" (peuple particulier).]


S.C. En persistant à vous exprimer de la sorte ne risquez-vous pas d'aggraver votre cas ?

A.M. Ce que vous me suggérez est de me taire, de ne pas me battre. Il y a des gens qui manipulent l'information en France. Le quotidien «Libération» m'a assassiné. Et je devrais me taire ? J'ai commencé ma vie professionnelle au Vietnam. J'ai traversé bien des difficultés. J'ai l'habitude de relativiser. Mon affaire n'est rien par rapport à ce qui se passe ailleurs et notamment en Palestine. Je ne suis pas un homme de pouvoir. Dans une interview à un quotidien Belge, «Le soir», j'ai dit que ma liberté d'expression ne valait pas quelques galons sur l'épaule. Je suis un homme libre et j'entends le rester. Ni les honneurs, ni l'argent, ni la fonction, ne m'empêcheront de dire ce que je veux. Quand j'ai signé mon contrat avec RFI, il y avait une clause de réserve que j'ai fait supprimer. Que je sois tenu à être discret sur les affaires internes c'est normal, mais, pour le reste, on ne peut pas exiger d'un journaliste qu'il se taise.

- Ménargues, ou la conscience du journalisme ! Un des derniers hérauts de la vérité, que l'on étouffe. D'ici à ce qu'on l'assimile au capitaine Dreyfus !...

S.C. Vous a-t-on blessé en vous interdisant de travailler ?

A.M. Blessé n'est pas le mot. Je suis fortement irrité de voir qu'en France, il y a une liberté fondamentale qui est en train de disparaître. Et cela est un fait qui ne peut que m'amener à réagir, à lutter. Dans mon pays, qui est la France, je n'arrive pas à concevoir qu'il y ait un terrorisme intellectuel qui contraigne les gens à se taire sous peine d'être complètement broyés. Je suis outré de constater cela. Donc blessé à titre personnel, non. Je savais que cette pression existait. Mais depuis que cela m'est arrivé à moi, j'en mesure toute l'importance.

S.C. Vous référez-vous à ces campagnes destinées à blanchir Israël et à noircir les Arabes musulmans, qui déferlent, surtout depuis le 11 septembre ?

A.M. Oui. Je crois que cela procède de la manipulation pure au sens de la communication. Israël a pu évoluer, depuis plus d'un demi siècle, sur une image de victime. Or cette image de victime a commencé à fortement s'effriter. Surtout depuis 1982, après les massacres de Sabra et Chatila. Depuis ce moment[-]là, les responsables de la propagande israélienne ont été obligés de financer des campagnes pour ne pas perdre ce statut de victime. Pour y arriver, ils ont utilisé toutes les techniques de communication possibles et imaginables. Exemple : alors qu'en France, et aux Etats-Unis en tête, on interdit aux chaînes télévisées de montrer les cadavres, les cercueils et les enterrements de soldats en cas de conflit, les TV israéliennes, quand il y a un attentat dans leur pays, font l'inverse. Chaque fois qu'il y a un attentat en Israël, leur service d'information diffuse en boucle des images de corps déchiquetés, pour choquer et mobiliser l'opinion. C'est la technique de la manipulation par l'image. Les Palestiniens font la même chose. Je ne fais pas de disting(u)o. Mais, dans le cas d'Israël, ces images de bus explosés, abondamment diffusées, sont distribuées gratuitement à toutes les chaînes du monde. Donc, alors que chez nous on montre les cadavres de manière très floue, justement pour amoindrir le choc, en Israël, on vous commente ce choc psychologique.

- Ménargues utilise ici vraiment la technique de ce qu'il appelle lui-même la "manipulation pure au sens de la communication", en mélangeant le vrai et le faux. Essayons de mettre de l'ordre dans ce flou désinformateur savamment entretenu. Rebondissant avec joie sur l'incitation de S. Cattori, qui parle de "campagnes destinées à blanchir Israël et à noircir les Arabes musulmans", Ménargues met au compte de la 'propagande' israélienne des accusations méritées par la propagande télévisuelle française. Exemples :
- Les "massacres de Sabra et Chatila", perpétrés par des milices libanaises, sont, une fois de plus, imputés à Israël, sans même mentionner le fait que la chose est fausse et, au minimum, fortement contestée, et pas seulement par les Israéliens.
- "En France… on interdit aux chaînes télévisées de montrer les cadavres, les cercueils et les enterrements de soldats en cas de conflit…" : Non seulement l'affirmation est fausse, mais c'est vraiment, comme dit le dicton populaire, "l'hôpital qui se fout de la charité". Voir, par exemple : "FR2 tire de nuit sur Israël par mort d'enfant interposée". Et mieux vaut passer pieusement sur les honneurs militaires rendus, en France, à la dépouille du terroriste en chef, ex-président de l'Autorité palestinienne, et, bien sûr (ce qui est naturel, par contre), sur les funérailles nationales et l'attribution de la légion d'honneur, à titre posthume, aux soldats français tués en Côte d'Ivoire…
- "Les TV israéliennes, quand il y a un attentat dans leur pays, font l'inverse. Chaque fois qu'il y a un attentat en Israël, leur service d'information diffuse en boucle des images de corps déchiquetés, pour choquer et mobiliser l'opinion" : Je ne capte pas les chaînes israéliennes et ne puis donc ni infirmer, ni confirmer cette affirmation. Je me permets toutefois d'en douter, car tel n'est pas l'usage des Juifs dignes de ce nom, auxquels le respect de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait obligation de ne pas exposer cette image lorsqu'elle est dégradée. Ménargues confond, volontairement ou par ignorance, l'action des sites Web juifs et/ou israéliens non officiels, lesquels croient utile de prendre la liberté de montrer l'horreur infligée aux membres de leur peuple par des terroristes barbares. Mais tel n'est pas l'usage des services officiels d'information israéliens en Israël ou à l'étranger. La vérification est facile pour ceux qui veulent se donner la peine de surfer sur leurs sites (voir principalement : www.mfa.gov.il/mfa/).
- "…dans le cas d'Israël, ces images de bus explosés, abondamment diffusées, sont distribuées gratuitement à toutes les chaînes du monde… alors que chez nous on montre les cadavres de manière très floue…" : Ici encore, c'est l'hôpital qui se fout de la charité. "Images de bus explosés", avez-vous dit ? Le seul autobus explosé qui ait retenu l'attention des médias du monde entier est celui qui a été exposé, en signe de reproche, non loin du Tribunal international de La Haye, chargé de statuer sur la légalité de la construction, par Israël, de la Barrière de sécurité. "Cadavres montrés de manière très floue" (ailleurs qu'en Israël), avez-vous dit ? Oui, comme dans le clip du reportage de la mort en direct du petit Al-Dura, diffusé gratuitement dans le monde entier par France 2, où le flou provient du tressaillement du caméraman palestinien, qui devait se trouver tout près du ou des tireurs. (A cet endroit, ce ne pouvait être qu'un Palestinien, comme l'ont démontré les différents rushes et croquis publiés dans divers médias et, entre autres, sur notre site).
- Quant à la phrase (en français charabia !) : "Israël a pu évoluer, depuis plus d'un demi-siècle, sur une image de victime" (comprenez : «exploiter l'image de victime que la Shoah et la guerre d'indépendance ont contribué à forger»), suivie de l'affirmation selon laquelle, ne pouvant supporter d'avoir perdu cette aura, "les responsables de la propagande israélienne ont été obligés de financer des campagnes pour ne pas perdre ce statut de victime", elle ne mériterait qu'un silence méprisant, n'était le risque que nos ennemis n'en déduisent que "qui ne dit rien consent".


S.C. Comment procèdent-ils, dans les faits ?

A.M. Il y a, dans leur mode de communication, quelque chose d'extraordinaire. Israël compte, dans chaque ambassade, des chargés de communication qui interviennent systématiquement, à l'aide des agents d'influence. Cela s'est avéré dans mon cas. L'ambassade israélienne intervient auprès des journalistes pour signaler qu'un tel est antisémite, qu'il faut le faire taire. Ici, en France, l'avocat Goldnagel [2] est un de ces agents d'influence qui agissent pour le compte d'Israël. Cet avocat m'a reproché d'avoir parlé du «Lévitique» sur Radio Courtoisie. Or le «Lévitique» est le quatrième livre de la Torah où il est question de la séparation du pur et de l'impur. Tora qui fait partie de la Bible. Mais qu'est-ce qui m'empêcherait de parler de la Torah ?

- "Il y a, dans leur mode de communication [celui des «responsables de la propagande israélienne», évoqués plus haut], quelque chose d'extraordinaire." On songe à l'exclamation d'Hitler, rapportée par Rauschning, dans son livre, Hitler m'a dit : «Quand j'ai lu, il y a longtemps, les Protocoles de Sion, j'en ai été bouleversé. Cette dissimulation dangereuse de l'ennemi [juif], cette ubiquité!...»
Et, en effet, dans ce paragraphe de l'interview de Ménargues, on est en plein délire de l'obsession du complot. En témoigne, l'utilisation, à deux reprises, de l'expression "agents d'influence", réputés, s'agissant de Goldnadel, "agi[r] pour le compte d'Israël". Il ne vient pas à l'esprit de Ménargues que des gens comme Goldnadel et bien d'autres (dont moi-même), peuvent agir – et agissent, en fait, le plus souvent – de leur propre initiative, par amour de leur peuple et de l'Etat d'Israël, au risque, d'ailleurs, d'embarrasser ce dernier – ce qui s'est produit plus d'une fois !
- "qu'est-ce qui m'empêcherait de parler de la Torah ?", se demande Ménargues. Réponse : personne et rien, si ce n'est votre ignorance, Monsieur. La comparaison entre la barrière de séparation, qui a pour but d'assurer la sécurité des citoyens israéliens confrontés à un terrorisme barbare, et les règles de pureté rituelle, édictées dans le Lévitique, qui ont pour but de garantir une stricte 'séparation' entre le sacré et le profane, est, au mieux, ridicule, au pire, malsaine et raciste.


S.C. Mais aller à radio Courtoisie, marquée politiquement, n'était-ce pas prêter encore plus le flanc à la critique ?

A.M. Il s'agit d'une radio catholique située à l'extrême droite. Or, quand M. Goldnagel m'a accusé, il a omis de dire qu'il s'est lui même exprimé quatre fois sur radio Courtoisie. Il ne s'est pas gêné de faire des associations du genre «Ménargues parle du "Lévitique" sur une radio d'extrême droite, donc il est d'extrême droite». Tout cela, qui procède de l'amalgame, a pour but précis d'entretenir la confusion. Les choses se sont produites de la même façon en Belgique, quand je suis allé faire la promotion de mon livre. L'ambassade d'Israël a téléphoné à un journaliste pour lui dire de ne pas m'interviewer car j'étais «antisémite». Or, de quoi m'accuse-t-on ? Quand je parle du sionisme je me réfère au sionisme en tant que théorie politique coloniale. Une politique qui veut créer un Etat juif pour les Juifs dans une zone déjà habitée. Dire cela n'est pas une contrevérité. C'est malheureusement la vérité. Le sionisme est né à Bâle dans un contexte d'expansion coloniale. Le monde a changé de vision par rapport au colonialisme. Quand Sharon dit que «la guerre d'indépendance de 1948 n'est pas terminée et que chaque mètre de gagné est un gain pour Israël» c'est une attitude coloniale. Mais quand des gens dénoncent ce genre d'affirmation ils sont vilipendés. Pour moi, Israël est un pays comme un autre. Je ne vois pas pourquoi on lui réserverait un traitement spécial. Il faut dire ce qui s'y passe. Je le répète. Sur les ondes de cette radio associative, qui a une connotation de droite très marquée, s'expriment toutes sortes de gens. Monsieur Philippe de Saint Robert, qui m'a interrogé pour radio Courtoisie, est un gaulliste de gauche.

- "L'ambassade d'Israël a téléphoné à un journaliste pour lui dire de ne pas m'interviewer car j'étais «antisémite»" : Je pense que M. Ménargues serait bien en peine d'apporter une preuve irrécusable de cette accusation ? Personnellement, j'ai beaucoup de mal à y croire.
Je me fonde, pour dire cela, sur une cuisante expérience personnelle. Il y a un peu plus d'un an j'ai utilisé mes canaux personnels et d'excellentes introductions que j'ai pour téléphoner à l'un des principaux responsables des services gouvernementaux de presse, en Israël, qui accréditent les journalistes, israéliens autant qu'étrangers. Je suggérais de réexaminer l'accréditation d'un journaliste étranger dont les reportages, systématiquement biaisés et souvent anti-gouvernementaux, causaient, à mon estime, de grands dommages à la cause d'Israël à l'étranger. La réponse fut du genre : «De quoi vous mêlez-vous ? Qui êtes-vous pour vous immiscer dans des procédures auxquelles vous n'entendez rien. Laissez travailler ceux dont c'est le job. Nous sommes assez grands pour adopter l'attitude qui convient selon les circonstances et en fonction de critères qui vous échappent, et que nous n'avons pas à motiver.» Dûment remis en place (et je ne parle pas du ton !), j'ai appris, à mes dépens, ce qu'il en coûte de s'immiscer dans des sujets israéliens sensibles, même quand vous êtes bardé de bonnes intentions et totalement loyaliste à l'égard de l'Etat hébreu et de son gouvernement. Sur la base de cette expérience, au moins (mais j'ai d'autres paramètres de recoupement, sur lesquels je ne m'étendrai pas ici), je puis affirmer que je ne crois pas un mot de l'affirmation de Ménargues concernant une prétendue injonction de l'ambassade d'Israël en France, de ne pas l'interviewer, «parce qu'il est antisémite».
- "…je me réfère au sionisme en tant que théorie politique coloniale…" : M. Ménargues ferait bien de se documenter à de bonnes sources, avant de faire siens des poncifs éculés, qui participent davantage de la démagogie et du slogan, que de l'étude honnête d'un mouvement complexe, dans une période encore plus complexe. Car, en ces matières comme en beaucoup d'autres, les convictions idéologiques ne sont pas l'outil idéal pour juger des phénomènes et des institutions nés dans un contexte historique qui ne livre pas si facilement ses secrets, outre que ces convictions ne sauraient, en aucun cas, tenir lieu d'instrument d'analyse et de jugement, ni de la qualification indispensable à la connaissance des phénomènes idéologiques et de la manière dont les Etats s'efforcent de les empêcher de nuire à ses intérêts vitaux.


S.C. Donc, ceux qui se sont déchaînés contre vous, après votre passage à radio Courtoisie, ont participé à une manipulation ?

A.M. Absolument. Manipulation surtout dirigée par un homme comme M. Goldnagel, qui avait été lui-même interviewé maintes fois sur cette radio. Tout le monde peut voir aujourd'hui comment on fait des amalgames pour détruire un homme. M. Goldnagel a fait un amalgame en mettant dans la même dépêche mon nom, le Lévitique, Gollnish, qui est le numéro deux du Front national, la Shoa. Tout cela avec l'intention claire de me diffamer et de semer la confusion. Chez les citoyens de confession juive il y a deux mondes. Ceux qui se sentent d'abord français de religion juive. Et ceux qui se sentent d'abord juifs, israéliens et ensuite français. Ce sont deux mondes totalement différents. Il faut déterminer lequel a un esprit nationaliste exacerbé et lequel considère sa religion comme une simple religion. Il y a toute une ambiguïté du message et du langage là autour.

- Manipulation, diffamation, deux termes-clé du vocabulaire de la victimisation. Ménargues pose en victime, alors que c'est lui, le manipulateur et le diffamateur de ceux et celles qui ont le tort de défendre des convictions et une vision du monde qui n'agréent pas à notre expert au petit pied.
- Et mieux vaut passer pieusement sur le simplisme éculé et manichéen, qui tente de subsumer le peuple juif sous deux catégories - "deux mondes différents", selon le vocabulaire de Ménargues -, celui qui "a un esprit nationaliste exacerbé", et celui qui "considère sa religion comme une simple religion". Ce serait risible, si ce n'était dangereux.
De cette phraséologie spécieuse, on retiendra la tentative d'insinuer dans les esprits l'idée que le Juif qui aime Israël est, au mieux, un citoyen déloyal (double appartenance !), au pire, un fanatique, qui fera toujours passer les intérêts de son idéologie sioniste avant ceux de son pays de résidence, et par voie de conséquence est susceptible de nuire gravement aux intérêts de ce dernier pour favoriser ceux de sa nation atavique.

S.C. Pourquoi n'y a-t-il pas plus de journalistes qui disent les choses telles qu'elles sont ?

A.M. Parce que, pour certains, il faut assurer les fins de mois. Il y a beaucoup de journalistes qui partagent la même compréhension des choses que moi. Mais ils ne sont pas libres. Les patrons de presse ont peur de perdre des abonnés, les recettes de la publicité.

- Pas sympa pour ses collègues, Ménargues. Autrement dit, il y a les journalistes purs et durs, comme lui, victimes de 'leur amour de la vérité', qui les pousse à exposer 'loyalement' les tares du sionisme et de l'Etat d'Israël, et "les autres", vendus à l'argent (thématique antisémite éculée), qui se couchent. Belle démonstration de journalisme et d'humanisme !

S.C. Dans votre mise à pied, l'attitude de la Société des journalistes n'a-t-elle pas pesé en votre défaveur ?

A.M. Radio France internationale c'est 400 journalistes à Paris, et 300 correspondants dispersés dans le monde. Cette société de journalistes comprend 15 personnes, dont seulement 3 sont actives. Voici ce qui s'est passé. J'avais lancé une réforme de fond qui mettait les plus méritants en avant. Cela avait dérangé les habitudes. Il y avait déjà un malaise.

- Ce diable d'homme a réponse à tout. Ce ne sont donc pas 400 + 300 personnes qui l'ont condamné, mais un quarteron de 15 (pardon, 12, en décomptant les "inactives [?]" ! Conspiration d'une oligarchie corrompue, en quelque sorte. M. Ménargues fait mine d'ignorer que toute association est régie par un conseil d'administration qui gère les affaires courantes au nom des membres dont elle représente les intérêts. Il est vrai qu'aux yeux du journaliste, le cas Ménargues ne saurait décemment être considéré comme une 'affaire courante' !
- On remarquera également le surgissement subit d'un motif inattendu, dont le caractère démagogique est plus que grossier. Rendez-vous compte : Ménargues aurait été viré parce qu'il tentait de rendre son milieu de travail plus équitable. ("J'avais lancé une réforme de fond qui mettait les plus méritants en avant…" Un prophète, je vous dis, c'est un prophète que ce Ménargues ! Et qui a eu le sort de ces visionnaires, qui, aux dires du Juif Jésus, ne sont "pas reçus dans leur propre pays".

S.C. Donc, certains en ont profité pour prendre leur revanche ?

A.M. Dès que j'ai été accusé d'antisémitisme le mécontentement latent s'est exprimé.

– Maintenant, vous avez tout compris : en réalité Ménargues n'a été congédié que " par vengeance", pour le punir d'avoir pris parti pour la justice sociale dans sa profession. Tout le reste n'est que prétexte, poudre aux yeux. Tout de même, on en apprend des choses, grâce à Ménargues et à Oulala.net !

S.C. Pourquoi si peu de journalistes sortent-ils du lot ?

A.M. Cela tient à ce qui, dans les médias, correspond au «politiquement correct», et qui est, à dire vrai, l'expression d'une intolérance totale. La France est tombée dans l'intolérance intellectuelle. Ce qui est extraordinaire est que, quand on regarde la TV, les gens qui incarnent le «politiquement correct» sont des gens incultes. Ma grand-mère disait «La culture c'est comme la confiture. Plus on l'étale moins il y en a». Il est loin le temps où on avait des débats, où les gens s'affrontaient avec des arguments ! Aujourd'hui on ne s'affronte pas. Il n'y a plus de débat de qualité. C'est une pluie continue d'anathèmes ce à quoi l'on assiste sur toutes les chaînes télévisées et dans les médias en général. Le «politiquement correct» ne réfléchit pas, ne lit pas, n'a pas de références. Regardez ce qui est arrivé à Dieudonné, qui est un artiste. A-t-il été trop ou pas assez provocateur ? Mais la provocation ne fait-elle pas partie de l'échange d'arguments ? Est-ce qu'il ne faut pas provoquer pour faire réagir ? Le rôle des médias n'est pas celui de condamner. Quand Tariq Ramadan développe une idée, pourquoi l'accabler ? Si l'on n'est pas d'accord avec lui on engage un débat. Mais pas un lynchage. Et si on l'écoutait ? Ce serait plus constructif que de le noircir et de le rejeter.

- "La culture, c'est comme la confiture…", vous - comme moi, je suppose -, vous croyiez qu'il s'agissait d'un dicton populaire. Mais non, Ménargues l'attribue à sa grand-mère. Laissons-lui cette pieuse vanité familiale, au demeurant sans danger.
- Ce qui n'est pas le cas de ce qui suit. En effet, à bon nombre d'annexions idéologiques antérieures, Ménargues ajoute maintenant, au profit de sa personne martyrisée, celle du "politiquement correct". La fortune de cette expression récente est immense. Elle permet à beaucoup de médiocres et de haineux, incapables d'affronter la contradiction autrement que par des invectives, d'en estampiller le camp de leurs adversaires. A lire Ménargues, l'ensemble des membres de sa profession sont des chiffes molles, des décervelés, qui ne cherchent qu'à être considérés comme "corrects", c'est-à-dire à être bien vus. Jugement et exécution plutôt sommaires, qui masquent mal l'indigence de la réflexion de l'insulteur.
- On remarquera, au passage, la "lèche" pro-islamiste – indirecte, concernant Dieudonné, directe, concernant Tariq Ramadan.


S.C. Vous évoquez des figures sur lesquelles les accusations d'antisémitisme pleuvent en continu. N'est-ce pas ce qui vous attend ?

A.M. Dès que l'on critique Israël on est accusé d'antisémitisme. A force d'accuser tout le monde on finit par banaliser le terme d'antisémitisme. Ces excès finiront par se retourner contre l'Etat d'Israël et, malheureusement, contre les citoyens de confession juive qui acceptent tous ces abus. Suite à ce que j'ai subi, j'ai reçu des milliers de mails qui me disaient leur sympathie et aussi leur exaspération. L'intolérance des uns risque de faire le lit d'une flambée de haine sur d'autres. Tout cela doit nous faire réfléchir.

- "Dès que l'on critique Israël on est accusé d'antisémitisme". Nouveau recours à un poncif éprouvé. Pratique, car cela dispense d'examiner la nature et le ton des critiques adressées à Israël. Qui a dit que la critique permettait tout et n'importe quoi. M. Ménargues sait parfaitement qu'une bonne partie de la phraséologie anti-israélienne fait massivement appel – de manière explicite ou subliminale – à des stéréotypes, des insinuations, ou des allusions à forte coloration antisémite, voire raciste. Mais il est tellement plus facile de dirimer le débat en brandissant le caliquot rassembleur : "Dès que l'on critique Israël on est accusé d'antisémitisme". Misère de la critique !
- Quant à ce que dit Ménargues de l'"intolérance des uns" (comprenez : les Israéliens), qui "risque de faire le lit d'une flambée de haine sur d'autres (comprenez : les Juifs du monde entier), ce n'est pas un langage anodin. En effet, renforcé par l'emploi des termes, soigneusement choisis – exaspération et flambée de haine -, le procédé est transparent. Il consiste à faire entrer dans les cervelles le principe que ce qui arrive aux Juifs n'est que le résultat amplement mérité de "ces excès" – comme celui qui pousse les défenseurs d'Israël à "accuser tout le monde". Il est facile d'y décoder l'avertissement – que dis-je : avertissement ? plutôt la menace - qui dit, en substance : 'On vous aura prévenus. En soutenant 'l'occupation sioniste' et les exactions de la 'soldatesque israélienne', vous vous rendez responsables de ce qui vous arrive déjà et de la détérioration future inéluctable de votre situation, voire de votre sécurité, quel que soit le lieu où vous résidez. Car la colère de la rue arabe se déversera sur vous, faute d'être en mesure de s'en prendre à la puissance militaire d'Israël !'


S.C. Cette intolérance est-elle entretenue et l'antisémitisme exagéré d'après vous ?

A.M. Je ne crois pas à la spontanéité des réactions. Il y a, à l'évidence, une manipulation. Regardez ce qui s'est passé en France ces derniers mois. Il y a eu des actes attribués à l'antisémitisme qui se sont avérés être des actes organisés par des personnes de confession juive. Il y a un fond d'antisémitisme qui s'inscrit dans la tradition chrétienne. Un fond qui est minime. Or, il est certain qu'à force de mobiliser à tort et à travers toute la société sur le thème de l'antisémitisme on ne peut qu'exaspérer les gens. Nous avons vu ces derniers mois des ministres se déplacer et s'émouvoir au moins quatre fois sur des actes provoqués, contre eux-mêmes, par des citoyens de confession juive qui se disaient victimes. Il y a eu le cas d'un rabbin qui s'est poignardé, d'une synagogue incendiée parce qu'un juif ivre y a mis le feu. Et tout le monde s'est agité sans vérifier la véracité des faits.

- Autre parade classique, pour éviter les analyses de fond honnêtes : exciper de cas (très marginaux, au demeurant) de manipulations – plus ou moins conscientes, de certains, pour généraliser l'accusation de manipulation.
- Plus grave est l'accusation : "Il y a eu des actes attribués à l'antisémitisme qui se sont avérés être des actes organisés par des personnes de confession juive". M. Ménargues ignore-t-il qu'en examinant les archives de quelques mois d'actualité, même un journaliste débutant pourrait jeter en pâture au public des centaines de cas d'"actes attribués au" désespoir existentiel, "qui se sont avérés être des actes organisés par des personnes de confession" chrétienne ou musulmane ! Je sais : ce n'est pas pareil ! Refrain connu.
- Il n'aura échappé à personne, je suppose, que Ménargues réintroduit ici subtilement la menace évoquée plus haut, qui sert si bien sa thèse, selon laquelle les Juifs sont responsables de ce qui leur arrive, et qu'il s'efforce d'accréditer en ces termes: "à force de mobiliser à tort et à travers toute la société sur le thème de l'antisémitisme, on ne peut qu'exaspérer les gens."


S.C. Comment en finir avec ces manipulations ?

A.M. Par la raison et la tolérance. Tout un chacun devrait mieux vérifier, mieux faire la part du vrai et du faux et ne condamner que si il y a lieu de le faire. Mais pas comme cela se fait actuellement où toute la société est mobilisée a priori, autour de l'antisémitisme. On est sur une pente très dangereuse. Les gens accusent trop vite et les journalistes ne font pas leur travail de vérification et d'explication. Cela comporte des dangers.

S.C. Donc vous attribuez la responsabilité, d'une part à ceux qui agitent le spectre de l'antisémitisme, et d'autre part à l'ignorance ?

A.M. Oui. Et à l'a-culture des journalistes et des faiseurs d'opinion. Je crois qu'il y a volonté de manipulation. Quand Bernard Henri Levy se permet de ferrailler avec des mots pour démontrer qu'être antisioniste cela veut dire être antisémite, c'est un non sens. C'est faux. Est-ce que les anti-gaullistes étaient anti-français ? Les anti-communistes étaient anti-slaves ? Cela agite et confond inutilement.

- Remarquez à quel point les AUTRES journalistes sont nuls. Pas Ménargues, bien sûr, puisqu'il dénonce leur 'nullité'. BHL est, à l'évidence, un manipulateur. Pas Ménargues, bien entendu…

S.C. Le rapport Ruffin qui enfonce davantage le clou de l'antisémitisme vous a-t-il surpris ?

A.M. Le rapport Ruffin est un scandale. On ne pourra plus avoir le droit de critiquer un seul pays, donc on ne pourra plus penser. Une chose devrait nous interpeller ici. Le seul pays qui a comme géniteur légal le Conseil de sécurité des Nations Unies c'est Israël. Les Nations Unies ont voté quantité de résolutions qui n'ont jamais été appliquées. Pourquoi ? Est-ce que cela est tolérable dans un monde qui a besoin de justice et d'équilibre ? Il y a là un grand problème.

- ...Et un scandale de plus, dénoncé par notre Don Quichotte de la vérité universelle. Ruffin, ce "rufian", pense sans doute Ménargues ! Connaissant mieux la conception du monde de notre journaliste, on ne s'étonnera pas de sa hargne envers un rapporteur libre, désigné par le gouvernement pour rédiger une étude sur les méfaits de l'antisémitisme, et qui a osé – ô blasphème ! – affirmer que les propos haineux et injustes à l'égard de l'Etat des Juifs n'est pas exempt des miasmes de l'antisémitisme. Ce que Ménargues 'résume' de manière réductrice et malignement déformée, en ces termes : "On ne pourra plus avoir le droit de critiquer un seul pays, donc on ne pourra plus penser."
- "Le seul pays qui a comme géniteur légal le Conseil de sécurité des Nations Unies, c'est Israël" : phrase historique, qui mérite de prendre place dans le Guiness Book of Records de la cuistrerie journalistique ! "L'ONU, géniteur légal d'un pays" ! A ce compte, une administration communale qui enregistre une naissance, serait le géniteur légal du nouveau-né !. Il convient de faire remarquer à Mr Ménargues que tous les nouveaux Etats du monde qui sont venus à l'existence, au XXe siècle, avant ou après la naissance (bien entendu 'illégitime', selon lui) de l'Etat d'Israël, ont été reconnus aptes à exercer leur souveraineté nationale sur un territoire en vertu d'une décision ou d'une ratification des Nations unies. Si donc, à en croire Ménargues, Israël est un bâtard, il a de nombreux homologues, dont le "géniteur" est l'ONU. Je laisse à qui voudra bien en établir la liste le soin de vérifier les noms, lieux et dates de naissance de ces nouvelles nations (quelques exemples, entre autres: la Jordanie, le Koweit, l'Arabie Saoudite, la Tchéquie, la Slovaquie, etc., etc.).


S.C. Plus je vous écoute plus je vous sens déterminé à réagir. Donc on n'est pas parvenu à vous briser ?

A.M. Ola là-là [sic]. Non. J'estime que ce qui m'est arrivé est un accident de parcours. On ne m'a pas brisé. On ne va pas me faire taire. Je vais continuer de m'exprimer pour dire, avec les moyens que j'ai, ce que je vois tout simplement. Si je fais des fautes je suis prêt à accepter toutes les condamnations. Mais mes propos n'ont jamais été démentis. On m'a condamné parce que j'ai parlé.

- Intéressant, ce "Ola là-là" sur le site Oulala !
- Comme tous les pseudo-martyrs de la vérité, Ménargues clame qu'on ne l'"a pas pas brisé". Qu'"on ne va pas [l]e faire taire". Va pour ces rodomontades.
- Mais on pouffe de rire quand on lit : "mes propos n'ont jamais été démentis. On m'a condamné parce que j'ai parlé". M'est avis qu'à force de scruter les 'maladies' qu'il croit détecter chez les Juifs – et, en particulier, la paranoïa -, Ménargues a fini par en être contaminé. En effet, celle dont il fait montre lui vaudra, n'en doutons pas, de subir le sort de "l'arroseur arrosé".


S.C. Le vide ne s'est-il pas fait autour de vous ?

A.M. Non, non. Tout au contraire. Il y a énormément de gens qui m'ont rejoint pour me demander de continuer.

S.C. Avez-vous du ressentiment à l'égard de ceux qui vous ont attaqué ?

A.M. Non aucun. Les médias c'est collectif. J'en voudrais éventuellement aux rédacteurs en chef qui laissent diffuser des textes sans en vérifier les termes. Pas aux journalistes. Eux, ils font leur métier comme ils peuvent. S'ils sont manipulés, à eux de savoir quelles sont les limites. Les vrais responsables ce sont les rédacteurs en chef.

- Après toutes les 'gentillesses' dont il a gratifié ses collègues (voir plus haut), cette palinodie – qui ne s'embarrasse pas des contradictions les plus flagrantes - ne fait que déplacer l'accusation. En somme, le cri de ralliement que pousse ici Ménargues, c'est quelque chose comme: 'Prolétaires journalistes du monde entier, unissez-vous : le Rédac, voilà l'ennemi !' Parce que, évidemment, Ménargues fait mine d'oublier que les Rédacteurs en chef sont des journalistes, comme les juges sont souvent d'anciens avocats.
- Remarquez comme l'intervieweuse est magnanime : elle encaisse l'énorme sophisme sans sourciller, et passe à autre chose !


S.C. Ce qui vous est arrivé ne vous a-t-il pas rendu pessimiste ?

A.M. Pas du tout. Il va y avoir inévitablement une évolution des choses. Certes, tout est mis en œuvre par Israël pour empêcher les gens de savoir ce qui se passe. C'est ce que font les ambassades israéliennes et leurs agents de communication ou d'influence : empêcher la base de savoir et de réagir auprès de leurs dirigeants. On ne peut pas mentir tout le temps. Israël a perdu la bataille médiatique. Israël ne peut plus se faire passer pour la victime. Israël est l'agresseur. Les gens ne vont pas tarder à comprendre qui sont les meurtriers. Malgré tous les moyens engagés pour étouffer la vérité, les récits des témoins finiront par sortir. Je suis convaincu que les hommes politiques, en Europe, finiront par être poussés par leur base. Ils seront obligés de prendre des décisions le jour où les gens se mettront réellement à bouger. En démocratie, tant que les gens ne bougent pas le pouvoir ne bouge pas.

- "Israël a perdu la bataille médiatique" : J'ai démarqué, plus haut, la contradiction flagrante entre les affirmations de Ménargues sur l'omnipotence de l'influence médiatique israélienne, et ce constat de faillite. Je n'y insiste donc pas.
– Les passages mis en rouge et en grasses, ci-dessus, constituent la quintessence de la vision psychotique de ce journaliste, amer d'avoir été licencié, et aveuglé par sa haine d'un seul pays : Israël - qu'il lapide à coups de mots terribles : "agresseur", "meurtriers". Sans commentaire.


S.C. Comment est-il possible d'exercer un tel pouvoir sur les rédactions et sur une aussi longue durée ?

A.M. En faisant ce qu'ils ont fait jusqu'ici : des campagnes médiatiques basées sur le mensonge. Ils y mettent les moyens et ils ont l'argent pour le faire.

"Pouvoir sur les rédactions…ils ont l'argent pour le faire"… Et hop ! Retour de deux des poncif antisémites les plus tenaces : le Juif, maître absolu de la presse et ploutocrate…

S.C. Avez-vous un exemple ?

A.M. Il y a une personne qui rédige une dépêche qui accuse un tel d'«antisémitisme». Cette dépêche est reprise par des journalistes qui ne vérifient pas d'où cette information vient. C'est aussi simple que cela. Il y a bien évidemment des sujets qui reçoivent un écho particulier.

-… Conjuguées à l'énorme imbécillité "des journalistes qui ne vérifient pas d'où vient [l']information", ces influences (juives) occultes, insinue Ménargues, parasitent l'objectivité de la presse.
- Et afin que nul n'ait l'impudence de se croire assez intelligent pour mettre en doute une telle affirmation (qui n'a pas besoin d'apporter des preuves de ce qu'elle dit, puisqu'il s'agit d'un complot – impénétrable par nature), on assène le classique : "C'est aussi simple que cela". En d'autres termes, si vous ne croyez pas à une chose aussi 'simple' à comprendre, c'est que vous le faites exprès, ou que vous êtes congénitalement et définitivement idiot. A moins que… - l'argent juif aidant -, vous ayez vendu votre précieuse conscience de journaliste à ce peuple de "manipulateurs" et de "tueurs"…


S.C. Mais ces dépêches, fruit d'une manipulation, d'où partent-elles ?

A.M. Il y a une organisation non gouvernementale qui s'appelle «Avocats sans frontières». Créée par M. Goldnagel, cette ONG est une sorte de leurre, car il existe déjà en France une autre ONG appelée «Avocats sans frontières de France». Quand M. Goldnagel envoie une dépêche au nom d'«Avocats sans frontières» le journaliste ne va pas vérifier qui il y a derrière cette ONG. Donc l'appellation donnée par M. Goldnagel prête à confusion. M. Goldnagel a attaqué [sic] tout le monde d'antisémitisme. Daniel Mermet, Pascal Boniface, et tant d'autres. Tous les médias ont abondamment parlé des accusations qu'il avait proférées, mais quand M. Goldnagel a perdu les procès qu'il a engagés contre eux, les médias n'en ont pas fait état. Voilà comment les choses se passent.

- Si vous n'avez pas compris les précédent 'démonstrations' abstraites, Ménargues vous en administre la 'preuve' concrète. Les Juifs sont tellement malins, qu'un des leurs a créé une association au titre plagié de "Avocats sans frontières de France". Mais comment ont-ils fait ? – Les Juifs peuvent tout faire (voir plus haut), même 'piquer' le nom d'une association honorable, qui, se consacre à défendre les "bons" Palestiniens, et dénoncer les seuls "mauvais" du Proche-Orient : les Israéliens. Mesurez-vous l'ampleur de la forfaiture ? A la faveur de cette usurpation de titre, les gens croient avoir affaire à une organisation 'juste' de défense des droits des Palestiniens spoliés par les sionistes, et lisent sans méfiance ce qui n'est, en fait, que l'ignoble propagande sioniste d'une association juive.
- Petit étonnement, tout de même : Comment se fait-il que l'honorable association "Avocats sans frontières de France" n'ait pas protesté contre cette usurpation de raison sociale ? Allez savoir… Là encore, peut-être les Juifs, avec leur argent et leur puissance occulte… La preuve : "Goldnagel a attaqué [lire : accusé] tout le monde d'antisémitisme. Daniel Mermet, Pascal Boniface, et tant d'autres. Tous les médias ont abondamment parlé des accusations qu'il avait proférées, mais quand M. Goldnagel a perdu les procès qu'il a engagés contre eux, les médias n'en ont pas fait état." Curieux, c'est exactement le genre de plainte qu'on entend généralement dans le camp juif ! La presse a bon dos.


S.C. Voyez-vous une évolution possible dans la manière d'informer ?

A.M. Si tout le monde disait ce qu'il sait, le vrai, nous n'en serions pas là. Si tous les journalistes faisaient vraiment leur travail honnêtement, nous pourrions arrêter le flot de mensonges qui déferle sur tout ce qui touche au monde arabe. Ce qui est rassurant c'est que les lecteurs et auditeurs sont plus intelligents et cultivés que ceux qui les informent. Je découvre cela avec bonheur dans des rencontres et des mails que je reçois.

- Et voici la cerise sur le gâteau : Outre un zeste de démagogie, en l'espèce d'une louange appuyée des "lecteurs et auditeurs… plus intelligents" que les journalistes, Ménargues renvoie l'ascenseur au site arabe qui – pas aussi regardant que les autres – a l'obligeance (tactique ?) de le laisser déverser ses fantasmes. Mieux, il fait allégeance à la cause arabe. Il faut lire, pour la croire, cette extraordinaire profession de foi. Selon le journaliste, en effet, si tous les journalistes du monde "disaient ce qu'ils savent", s'ils "faisaient leur travail honnêtement" (et donc tapaient ensemble sur le dos d'Israël),

"nous pourrions arrêter le flot de mensonges
qui déferle sur tout ce qui touche au monde arabe".



Sylvia Cattori pour le texte de l'interview, et Menahem Macina pour les commentaires

© Oulala.net et upjf.org


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Remarques du site Oulala.net

[1] Le mur de Sharon. Presse de la Renaissance, Paris, 2004.

[2] L'association « Avocats sans frontières » que M. Goldnagel dirige en France, s'en prend à ceux qui le critiquent.

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[Merci à David Scebat, qui nous aimablement informés de la présence de ce texte sur le site oulala.net, afin que j'y réagisse éventuellement.]


Mis en ligne le 19 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.