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Islam

Témoignage d'une épouse égyptienne (1ère Partie)
26/03/2002

11/01/2002

MEMRI - Dépêche Spéciale – Egypte

Le 11 janvier 2002 N° 329

Témoignage d'une épouse égyptienne :
« Les Egyptiennes vivent exactement comme les Afghanes »


Première partie

Voir Deuxième Partie : www.reinfo-israel.com/documents/showthread.php?s=&threadid=236

L'hebdomadaire égyptien Akhbar Al-Yaum (subventionné par le gouvernement) a publié dernièrement une longue lettre provenant d'une égyptienne anonyme. Le rédacteur en chef Ibrahim Saadeh explique sa décision de publier la lettre par le fait que ses collègues ont déclaré avoir entendu un grand nombre d'histoires similaires, parfois encore plus dérangeantes.

Voici quelques extraits de la lettre :

A l'attention d'Ibrahim Saadeh :

Je ne sais pourquoi je m'adresse à vous, et je ne sais pas non plus à quoi cela sert d'écrire. J'en veux aux médias égyptiens et arabes qui, ces jours-ci, ne font que répéter que la fin du terrorisme et des terroristes est proche… La presse, ainsi que les chaînes satellite arabes et occidentales, ont montré la joie qui a balayé l'Afghanistan quand le peuple afghan a été délivré des flammes du fanatisme aveugle et de l'ignorance… et quand les Afghanes ont été délivrées de la rigidité d'un régime déterminé à les humilier, les persécuter, les dévaloriser et les démunir de tout ce qu'Allah leur a accordé… Vos porte-parole ne font que louer la libération des Afghanes… sans jamais rien dire de ce qui se passe [en Egypte].

La lectrice raconte son histoire

Ma vie était normale, mon enfance heureuse au sein d'une famille simple et pieuse qui suivait les préceptes de notre religion tolérante. Je n'ai pas eu la chance d'être née belle, mais je n'étais pas malheureuse, et n'ai jamais ressenti de jalousie à l'égard de mes camarades d'école et de fac, plus jolies que moi… Ma famille m'a encouragée à trouver un emploi correspondant à l'éducation que j'avais reçue. Ma famille ne fait pas la différence entre filles et garçons, surtout quand il s'agit du droit de travailler.

Mon mariage (1)

Un jeune homme a demandé ma main. J'étais fascinée par sa forte personnalité et son respect des convenances. Il était pieux sans être fanatique… Il n'a vu aucun problème à ce que je continue de travailler à mon modeste emploi, dans le secteur privé d'une compagnie où j'étais amenée à côtoyer des dizaines d'hommes… Mais avant même la fin de notre lune de miel, je fus stupéfaite de découvrir un homme qui n'avait plus rien à voir avec mon fiancé - transformé en une nuit en être rigide, dominateur et tyrannique… Une semaine après notre mariage, il m'a demandé de m'asseoir avec lui pour écouter ses instructions :

« Premièrement : Tu dois rompre tout contact avec ton travail. Inutile de démissionner : ne te rends pas au travail, ne donne pas d'explications. Au bout de 15 jours, ils te renverront, comme le veut la loi, sans t'accorder la moindre indemnité : tu n'en as pas besoin.

Deuxièmement : Il est évident que tu n'as pas été gâtée par la nature, et tu ferais mieux de reconnaître que le maquillage ne t'arrange pas, comme tu t'imagines peut-être. Sois contente que je t'ai acceptée telle que tu es, avec ta tête et ton poids. C'est assez pour toi. Débarrasse-toi tout de suite de tous ces pêchés [le maquillage]. Je te veux telle qu'Allah t'a créée, sans artifice, sans embellissement factice. Je t'ai acceptée malgré ta laideur et ton allure corporelle. En échange, j'attends de toi que tu suives mes directives à la lettre et que tu te montres reconnaissante du fait que je t'ai acceptée. J'aurais pu te rejeter, comme tous les autres hommes.

Troisièmement : Je sais bien que tu n'as pas une tête à attirer les hommes, mais il y des hommes que n'importe quelle femme, propre ou sale, belle ou moche, mince ou grosse, pieuse ou laïque, jeune ou vieille, attire. Il y a malheureusement de plus en plus d'hommes de ce genre dans notre société égyptienne infidèle… et il t'est interdit d'éveiller leur convoitise. Pour cela il n'y a qu'un moyen : porter des vêtements qui te protègeront de leurs regards adultères et de leur appétit bestial.

Quatrièmement : Pendant ton enfance et ta jeunesse, tu as laissé ton visage et tes cheveux découverts. C'est un grand péché dont tes parents et tes frères devront rendre compte [à Allah], même avant toi… Allah est clément et pardonne à ses serviteurs ; grâce à Lui, tu as eu la chance de ta vie… : ma demande en mariage, qui te sauvera des tourments de l'Enfer auxquels tu aurais sans aucun doute été vouée si tu avais épousé un homme de moins de foi que moi.

A partir de maintenant, tu vas déchirer tes vêtements, brûler tous tes habits et ta lingerie de soie. Une couturière va passer : elle va te coudre le seul habit dont une musulmane a besoin, qu'elle se trouve chez elle ou à l'extérieur. Il y a consensus sur l'aspect de cet habit… depuis l'époque du Prophète : il doit couvrir le corps de la femme de la tête aux pieds. Je ne me contenterai pas du voile [qui recouvre seulement la tête] et éveille les pulsions plus qu'il ne protège [les femmes]. Je n'accepterai pas de vêtements colorés… Que du noir. Je ne permettrai pas que tes mains soient découvertes… Le vêtement islamique n'autorise que le Dharbat Moussa [ouverture rectangulaire du niqab, habit qui recouvre la femme pieuse dans sa totalité], qui ne découvre que les yeux, te permettant de voir et de ne pas te cogner.

Ma soumission

J'ai refusé ces « directives ». Je suis retournée dans ma famille pour me plaindre de ces propos inattendus… Ma famille fut choquée… Mes parents furieux… Mon père et mon frère aîné sont allés trouver mon mari pour lui dire ce que je n'avais pas osé lui dire moi-même… [Quand ils sont revenus], mon père me dit que leurs protestations avaient surpris mon mari. Il avait réagi avec modération, leur indiquant que le seul but de ses injonctions était de me protéger et de protéger ma foi. Ni plus ni moins !

Ne vous fâchez pas si je vous avoue qu'en retournant chez lui, j'acceptai ses quatre directives… Sans donner d'explications, je cessai de me rendre au travail… Je n'ai pas répondu aux coups de téléphone, ni aux lettres de la direction… qui, jusqu'au dernier moment, m'a traitée en employée responsable. Finalement, j'ai reçu une lettre de renvoi qui a rempli mon mari de joie… J'ai jeté tout mon maquillage à la poubelle, me contentant dès lors de me laver le visage cinq fois par jour avant la prière. J'ai fait don de tous mes vêtements aux nécessiteux… Mon mari a fait venir une couturière enveloppée d'un niqab, dont je n'ai jamais vu le visage, bien que cela fasse plus de vingt ans qu'elle vient chez moi et qu'elle me fournit l'ensemble de mes habits « de femme pieuse », conformes à la shariah [loi islamique] d'Allah, selon la volonté de mon mari… lequel se prend pour un messager d'Allah dont la mission est de délivrer les musulmanes de tout âge de leurs pêchés ! Je possède de nombreux vêtements, tous identiques, cachant chaque centimètre de mon corps, mis à part le Dharbat Moussa qui ne dévoile que mes yeux. Ils sont tous soit noirs (pour l'extérieur), soit blancs (pour la maison).

Je vis avec mon mari depuis près d'un quart de siècle, et je vous jure que de tout ce temps, je n'ai pas connu plus d'une semaine de bonheur… Je suis mère de six enfants, quatre filles et deux garçons, qui vont tous à l'école. Pour mon mari, le seul but du mariage est d'accroître le taux de natalité de la nation de Mahomet. Si je n'étais pas déjà âgée de 55 ans, il ne se serait pas contenté de six enfants ; s'il le pouvait, il en multiplierait le nombre !

Après la lune de miel, mon mari - qu'Allah lui pardonne - a énoncé une autre directive : interdiction de rire dans l'appartement… Le rire, m'a-t-il expliqué, est un attribut de Satan dont le seul but est de corrompre les fidèles musulmans !

L'éducation islamique

Une fois passée la lune de miel, le rire disparut de ma bouche et de celle de mon mari. Aucun de nos invités n'osait rire, ou même sourire, de peur d'être mis à la porte pour toujours… Imaginez une maison remplie d'enfants qui n'ont le droit ni de rire, ni de jouer… Mon mari faisait venir un cheikh aveugle, qui assenait le Coran aux enfants pendant toute la matinée, y compris le court moment ou nous nous retrouvions autour de la table du petit déjeuner. Des enfants qui n'étaient pas encore en CP, qui ne pouvaient pas encore différencier la lettre A de la lettre B, devaient retenir et répéter les mots du cheikh aveugle, sans rien en comprendre… heure après heure.

Je fus choquée d'entendre le cheikh exiger que je couvre la tête de ma fille de quatre ans, et que je l'habille d'un niqab à l'âge de sept ans. Il m'ordonna de porter un niqab blanc à la maison, pour donner l'exemple à ma fille, et de ne pas l'enlever pendant les tâches ménagères… afin de ne pas encourager les filles à ôter le niqab à l'extérieur, quand elles se trouveraient loin de sa surveillance !

Chez nous, il n'y a ni télévision ni radio, ces derniers étant interdits par l'islam ; ils perturbent et distraient les enfants de leur seule raison d'être. Nous n'avons que des magnétophones, qui marchent du matin au soir. Mon mari rentre des cassettes de versets coraniques dans certains, des sermons de prédicateurs égyptiens et arabes dans d'autres. Nous avons des centaines de cassettes…

Mon mari était un grand collectionneur des cassettes du fameux prédicateur islamique… et nous réunissait souvent pour écouter ses sermons et commentaires… Souvent, il récompensait un enfant qui s'était souvenu de certains extraits en lui offrant une autre cassette du même célèbre prédicateur. C'est ainsi que les années se sont écoulées et que le nombre de cassettes a augmenté… jusqu'à ce qu'un jour mon mari rentre, en colère et déprimé, profanant des malédictions à l'encontre de ce prédicateur.

Evidemment, nous n'avons pas osé le questionner… Plus tard, il dit : « Vous ne le croirez jamais : ce type est un escroc dépravé. Le ministère de l'Intérieur… l'a filmé en cachette dans une situation contraire à la religion et à la moralité : il devrait être exécuté sur la place publique pour ce qu'il a fait ! Convoqué au commissariat, il a éclaté en sanglots, rampant aux pieds de l'officier pour lui embrasser les chaussures ! » Mon mari m'ordonna de lui amener la grande marmite de la cuisine… puis a demandé à mon fils aîné de lui amener toutes les cassettes du prédicateur… Quand celles-ci furent empilées par terre dans le salon (j'ai oublié de vous dire que mon mari a vendu les canapés et les fauteuils parce que nos « nobles ancêtres » avaient pour habitude de s'asseoir à même le sol)…, il se mit à distribuer les cassettes selon l'ordre établi par la loi religieuse [de l'héritage]… c'est-à-dire deux fois plus pour les garçons que pour les filles… et nous demanda de les jeter dans la marmite. Puis il déversa de la paraffine dans la marmite, gratta une allumette et la fit tomber dedans.

Cette même année, mon mari nous parla d'un jeune homme, diplômé de l'université américaine du Caire et vêtu à l'européenne, de façon moderne, qui s'était soudainement transformé en prédicateur islamique. Il nous dit que toutes les femmes riches couraient écouter ses sermons pour en savoir plus sur l'islam. Mon mari décréta : « Nous, il nous suffit de savoir que cet homme sort de l'université américaine pour le juger comme un agent américain dont le but est de déformer la religion de son auditoire ! … Nous, il nous suffit de savoir que ce garçon est aimé de ces dévergondées parfumées, aux visages découverts… pour comprendre que tout cela n'est qu'adultère. » Mais quelques mois plus tard, mon mari nous surprit tous en déclarant : « Il est clair que je me suis montré injuste à l'égard de ce jeune prédicateur. Je me suis rendu compte que c'est un fidèle, par le djihad qu'il mène pour la gloire de notre religion ; son but véritable est de guider ces femmes et ces jeunes filles… Ce fut une sage décision de sa part de s'habiller à l'européenne, de porter un costume et de venir rasé. Ainsi ces femmes lui font confiance et écoutent ses sermons, qui évoquent surtout de ce qui est permis et non de ce qui ne l'est pas. Après quelques rencontres, une fois qu'il a gagné leur confiance et conquis leurs esprits, il avoue qu'il est un prédicateur islamique extrémiste… J'ai entendu parler de dizaines de filles aux visages découverts qui ont brûlé leurs vêtements de pécheresses pour se revêtir de niqabs [à la suite de ses sermons]… Je vous ai amené quelques-unes de ses cassettes. Ensuite nous discuterons de ses préceptes. »

Un jour, ma fille aînée a demandé à son père : « Pourquoi ne nous amènes-tu pas des cassettes des figures religieuses marquantes… du cheikh d'Al-Azhar, du mufti d'Egypte ou des professeurs de l'université Al-Azhar, dont mon cousin fait l'éloge ? » La réponse de mon mari fut des plus étranges : « Ce sont des agents du gouvernement infidèle ; ils énoncent les préceptes qu'on leur commande et tiennent le même discours que les dirigeants… Il n'y a pas de place chez moi pour les cassettes de ces gens-là… » (2)


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(1) Les sous-titres sont ajoutés.

(2) Akhbar Al-Yaum (Egypte), le 29 décembre 2001

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