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50000 visiteurs aux 12 heures Amitié France-Israël, Cpte-rendu, Guysen
01/07/2003

30/06/03

[Il faut savoir gré au site Guysen Israël News de nous avoir gratifiés de l'excellent compte-rendu qui suit, rédigé en collaboration avec l'ICCC-France [1]. Nous le reproduisons ici, pour la commodité des lecteurs. Notre seule contribution a été de corriger les quelques inévitables coquilles, d'améliorer la mise en page et de mettre en exergue les citations et les noms propres, pour que les unes et les autres soient plus repérables. Nos remerciement chaleureux à nos amis de Guysen Israel News! M. Macina.]


Ce fut un succès et une fête

Malgré la canicule, un large public composé essentiellement de Juifs a manifesté son amour pour Israël en répondant massivement à l'appel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France). Récit.

Quelques chiffres. On estime le nombre de Juifs français à 500 000, dont 300 000 dans la région parisienne. Donc, un Juif sur dix, voire un Juif sur six, s'est déplacé pour exprimer à Paris son amitié indéfectible avec l'Etat hébreu. Et pour cela, il a fallu passer trois étapes de sécurité, braver la chaleur d'un espace - le Parc des Expositions de la Porte de Versailles - sans air conditionné, ce dont souffraient particulièrement les enfants et les personnes âgées, et le volume sonore trop élevé de la musique parfois diffusée.

20 ans après une manifestation similaire

Enfin ! Les débats proposaient des sujets variés - "Mahal, une armée de volontaires au service d'Israël", "le Temple", "le bioterrorisme" - avec des intervenants prestigieux. Pour ceux qu'intéresse la désinformation, était prévue la projection de films : "La colonne de feu", "Décryptage", de Philippe Bensoussan et Jacques Tarnero, et "La route de Jénine", de Pierre Rehov. Enfin, un salon du livre complétait ces animations. Michel Bacos, commandant de bord de l'avion d'Air France détourné à Entebbé, en 1976, a rendu hommage à l'armée israélienne – rappelons qu'il avait refusé d'abandonner les passagers juifs et israéliens.

Les stands, regroupés en villages, déployaient une large palette des réalités d'Israël et de la communauté juive.
  • Le premier était consacré au High tech, avec, notamment, Check Point, Israël Aircraft Industries Ltd (IAI) et Elbit - immobilier, aliments, tourisme, le KKL, Hatzala Yoch, Tsahal - dont les médailles gravées sont appréciées des adolescents, etc.
  • Le second regroupait les institutions - CRIF, AUJF, le Consistoire de Paris –, qui côtoyaient les associations anciennes - B'nai B'rith de France, Association France-Israël, Fils et Filles des Déportés Juifs de France, et les mouvements de jeunes -, ou récentes : Connec'Sion (Informaticiens juifs de France) et L'Observatoire des Ecoles.

Aucune exclusion :
  • le Mouvement Juif Libéral de France était présent. La Ligue de Défense Juive distribuait un recueil de dessins pour la paix, soulignant le lien direct entre Arafat et le terrorisme.
  • A noter, la présence de Chrétiens, catholiques et protestants, visiteurs et exposants, entre autres :
  • Sassoun, association pour la promotion des échanges entre l'Arménie et Israël, représentée par Paul Kieusseian et Loïc Ohanian;
  • l'Ambassade Chrétienne Internationale à Jérusalem;
  • la Communauté Evangélique des Soeurs de Marie;
  • les Amis de l'UPJF, dont le vice-président est François Celier; etc..

Un couple de Chrétiens avait imprimé sur le verso de sa carte de visite la photo de l'enfant juif du ghetto de Varsovie. Suzanne et Jean Fauvel appelaient à acheter les produits israéliens. Certains arboraient un badge : "Chrétiens pour Israël" et des citations de la Bible, en hébreu.
Une dame retraitée, ancienne femme de ménage, qui n'avait pas encore récupéré d'une récente opération à la hanche, racontait son émotion en écoutant la prière des Loubavitch.
Notons l'absence de Musulmans, bien que certains, tel le philosophe Morad El Hattab, aient exprimé, dans d'autres manifestations, leur soutien à Israël.

Remerciements, félicitations et encouragements à Guysen

Au stand de Guysen Israël News [G.I.N.], vous avez été nombreux à nous exprimer votre admiration et votre gratitude pour le travail de la rédaction, à nous inviter à continuer et à dialoguer avec Dominique Fitoussi, Claude Bensoussan, Victor Perez, Guy Senbel (quand il n'allait pas jouer au photographe), et moi, dans un stand où la carte d'Israël et les drapeaux à l'étoile de David attiraient toutes les "convoitises". Certains nous affirmaient que G.I.N. était en 'favori' dans leur ordinateur. De son ordinateur à son téléphone portable, un jeune homme gardait le contact avec le fil de l'actualité de G.I.N. Un internaute agriculteur - "non-Juif " précisait-il, d'emblée - démontait la désinformation des médias et nous assurait de sa solidarité avec Israël.

D'aucuns exprimaient des souhaits : introduction d'un courrier des lecteurs ou/et d'un forum pour confronter ses idées, création d'une association des amis de G.I.N. et rapprochement avec Debka. Les critiques ? Oui, il y en eut : l'ordre rétro-chronologique de présentation des news dans le mailinfo, la justification, et non l'alignement à gauche, des textes, etc. A tous ceux qui sont venus nous adresser ces messages, aux nouveaux internautes ou abonnés, toute l'équipe de G.I.N. adresse un chaleureux "Merci".


Un engagement verbal des politiques

Dans une salle fraîche et contiguë à l'espace des stands, 4 000 personnes ont écouté des artistes israéliens et français - Nourith, Shirel, Enrico Macias, Rika Zaraï, Daniel Lévi - reprendre des airs populaires, et ont entonné, à plusieurs reprises, la Hatikvah et la Marseillaise.

Le journaliste Yvan Levaï assurait la continuité des allocutions, et notamment celles des personnalités suivantes, qui composaient et emplissaient les premiers rangs :
  • S.E. Nissim Zvili, ambassadeur d'Israël en France;
  • Monsieur le Grand Rabbin Joseph Sitruk;
  • Roger Cukierman, président du CRIF;
  • quelques politiciens de droite (UMP, UDF) et de gauche (Parti socialiste):
  • Alain Madelin (UDF) - chaleureusement accueilli;
  • François Léotard (UDF), ancien ministre de la Défense;
  • François Bayrou (UDF), ancien ministre de l'Education;
  • Julien Dray (PS);
  • Jean-François Coppée, porte-parole du gouvernement;
  • le député Eric Raoult (UMP);
  • et d'autres élus parisiens des partis républicains, etc.


Certains espéraient le retour de l'âge d'or des relations franco-israéliennes (1948-1967). Pour le député Pierre Lelouche (UMP), "beaucoup reste à faire. Tout est à reprendre, dans un intérêt réciproque". Il est revenu à Meyer Habib, président du Comité d'organisation, d'adresser des reproches à la politique française, notamment pour l'absence d'Israël de l'Organisation Internationale de la Francophonie, et pour une diplomatie française qui concourt à la présidence de la Libye à la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies, refuse de qualifier le Hamas de mouvement terroriste et ne reconnaît pas Jérusalem comme capitale éternelle et indivisible de l'Etat juif.

Quant à Binyamin Netanyahu, il a rappelé que le terrorisme frappait en particulier en Israël, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Pour démontrer leur volonté de paix, les dirigeants palestiniens doivent "éradiquer le terrorisme, qui veut effacer le peuple juif de la surface de la terre, et renoncer à revendiquer le droit au retour des réfugiés palestiniens [dans les frontières de l'Etat d'Israël. Ndlr d'upjf.org]".

Yediyot Aharonot a révélé qu'un immigré marocain avait tenté d'agresser M. Netanyahu, peu avant que celui-ci se rende à cette manifestation. L'agent de sécurité français chargé de protéger M. Netanyahu a immobilisé l'auteur de cet incident - qui s'est produit dans un café de l'avenue Victor Hugo (Paris). Interpellé par la police, cet agresseur a porté plainte contre le garde du corps, pour coups et blessures!

Nicolas Sarkozy, Ministre de l'Intérieur et des Cultes, a été très longuement applaudi, sur le slogan, maintes fois répété : "Sarkozy président". Il a défini l'amitié comme un "devoir de mémoire". Avant de poursuivre : "Nul n'a le droit de vous [Ndlr de Guysen: Juifs français] reprocher votre attachement à Israël, racine et espérance pour tous les Juifs, qu'il soit un lieu de paix. La France n'est pas antisémite, mais l'antisémitisme y existe, malheureusement. Minimiser cette sinistre réalité, c'est refuser de se donner les moyens de la combattre. Toute attaque contre un Juif français est une tache sur le drapeau français. L'antisémitisme est l'affaire de la République. Je connais mes responsabilités et les assume à vos côtés pour que les Juifs aient droit à la sécurité dans ce pays qui est le leur".
N. Sarkozy a également exprimé son refus de l'association du drapeau israélien à la croix gammée, lors de certaines manifestations contre l'intervention militaire en Irak, en raison du régime démocratique israélien, si rare au Moyen-Orient. Pourtant, cette association diffamatoire a été récurrente dans de nombreuses manifestations, avant que M. Sarkozy ne donne des injonctions à son administration.

Ce discours très fort, où M. Sarkozy reconnaissait le droit d'Israël à la sécurité, n'est pas diffusé par le service de presse du Ministère. Regrets de ces propos, ou prudence à l'égard d'autres fractions de la population française ? Toujours est-il que M. Louvrier, conseiller en communication de M. Sarkozy, répond à une demande de ce discours : "Il n'y a pas de discours". Ce dernier aura donc vécu une heure, encore moins qu'une rose. Comme si ce discours n'avait pour unique destinataire qu'une communauté inquiète de la flambée d'actes hostiles et de la persistance d'une atmosphère antisémite. Une communauté pourtant viscéralement attachée à la République et à ses valeurs. Or, c'est en distribuant ce discours aux médias, en le mettant en ligne, que l'on peut espérer toucher les auteurs d'actes ou de climat antijuifs.

"Nous sommes là car nous avons foi en notre destin, en notre rôle de sentinelle de l'histoire. Les terroristes visent par priorité les enfants. Car c'est l'avenir du peuple d'Israël qu'on veut détruire. Malgré les déceptions passées, et parce que nous connaissons la volonté de paix du peuple israélien et de son gouvernement, nous ressentons une ardente espérance de paix. L'Europe a un rôle à jouer. Encore faut-il qu'elle rompe avec ceux qui veulent la destruction d'Israël. La morale et la 'real politik' ne sont pas compatibles. Que signifient ces distinctions bizarres entre branches politiques et branches militaires des mouvements terroristes ? Sinon un signe de faiblesse. Le soutien à la seule démocratie du Proche-Orient, c'est l'intérêt politique et l'intérêt moral de la France", a déclaré M. Cukierman.

"Je viens d'un monde où - certains d'entre vous le savent -, de session en session, j'ai eu souvent le sentiment de vivre 12 heures contre Israël. Je n'accepterai jamais que, faute de contrôle, une partie de vos impôts puisse aller au terrorisme ! L'Europe n'a pas été faite pour cela et elle n'a pas été faite comme cela. Les Israéliens vivent une épreuve terrible et, dans cette épreuve, ils demeurent viscéralement attachés aux valeurs de justice et de démocratie", a renchéri l'eurodéputé François Zimeray (PS).

"Je tiens, en ce jour si particulier, à vous redire toute mon amitié et ma fraternité envers vos communautés, vos écoles, vos mouvements de jeunesse, vos institutions religieuses ou laïques. Nous sommes à vos côtés dans le combat contre l'antisémitisme. Rien ne doit justifier l'antisémitisme et surtout pas des arguments pseudo religieux". Telle était la teneur du message de Mgr Francis Deniau, Président du Comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme et évêque de Nevers.

Bertrand Delanoë, maire de Paris, a adressé "au peuple d'Israël, un message d'amitié", se déclarant "conscient des drames et des douleurs qui secouent cette partie du monde, cet espace de civilisation, dont nous souhaitons, de toutes nos forces, qu'il redevienne un lieu de vie, de tolérance et d'harmonie".

Absent, Christian Poncelet, Président du Sénat, a évoqué, dans un message dont il fut donné lecture, "la coopération entre nos deux pays", en précisant : "celle-ci touche à tous les domaines qui intéressent l'homme et son épanouissement, et ne méconnaît ni la science - où nos échanges sont traditionnellement aussi denses que profitables, notamment dans le domaine spatial -, ni la culture, particulièrement chère au pays des Lumières et de l'impressionnisme".

Le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, François Hollande a d'abord été hué. Il a indiqué l'attachement des socialistes à l'Etat d'Israël depuis 1948, et reconnu la tardive prise de conscience de la vague d'antisémitisme par le gouvernement de Lionel Jospin. Faisant chorus à ce mea culpa des socialistes, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'Economie, a insisté sur le fait que les notes que Pascal Boniface, responsable de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), a rédigées pour le parti socialiste [1], n'engageaient pas l'Institut.

Rappelons que M. Boniface avait encouragé un revirement de la politique proche-orientale du Parti socialiste, compte tenu du nombre élevé de Musulmans en France, et s'était étonné de l'absence d'Israël parmi les pays de l'Axe du Mal. M. Hollande demeure membre du Conseil d'administration de l'IRIS, présidé par Pascal Lamy, Commissaire européen chargé du commerce.


Peu d'échos médiatiques

Parmi les médias français, seuls ont évoqué cet événement majeur, La Croix, Le Monde, Le Figaro, l'AFP, et, brièvement, France 2. Certains accordaient plus d'importance aux quelques centaines de manifestants soutenant José Bové, responsable de la Confédération agricole, afin qu'en violation de l'égalité devant la loi et la justice, il ne purge pas sa peine de prison ferme.

"Quatre institutions (CRIF, Fonds Social Juif Unifié, Consistoire Central et Consistoire de Paris) ont [fait don de] 90 000 euros. Grâce à des partenaires privés et à la location des stands, l'équilibre financier a été atteint", a conclu Gil Taïeb, co-président du Comité d'organisation, sur RCJ, une radio de la fréquence juive parisienne. Et Gil Taïeb d'ajouter : "Les institutions juives ont été au diapason des membres de la communauté".

Il a donné rendez-vous dans deux ans, voire dans un an, en fonction de la demande de la communauté...

Guysen Israël News/ ICCC-France

© Guysen Israël News


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Notes de la rédaction d'upjf.org

[1] International Christian Chamber of Commerce : "La Chambre de commerce chrétienne, est représentée et active dans 84 nations à travers le monde. L'ICCC représente les entreprises et les entrepreneurs de tous les domaines de l'économie, la recherche et le développement, la politique, les académies et les facultés qui pensent et agissent selon les valeurs, les principes, les préceptes de la parole de Dieu…" L'ICCC est représentée en France par l'Institut Chrétien de Commerce et de Coopération, dont le président est Jacques Caruel (commethique@infonie.fr).

[2] Sur cette affaire, voir l'article d' Henri Pasternak, paru dans L'Arche n°543 (mai 2003), sous le titre "Est-il permis de critiquer Pascal Boniface?", et celui qu'y a consacré, le 26 mai 2003, Philippe Karsenty, pour le compte de l'agence de presse israélienne Metula News Agency, sous le titre "La forteresse vide de Boniface et de ses amis".