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Christianisme

Dialogue catholique-juif : NON à l'antisionisme ! A-R Arbez
22/09/2004

22 septembre 2004

Il y a environ deux mois, lors d'un symposium catholique-juif à Buenos-Aires, une déclaration officielle de l'Eglise catholique-romaine marquait une étape significative dans la lutte contre l'antisémitisme (1).

Peu mise en avant par les médias occidentaux, il s'agit cependant d'une clarification importante dans les relations entre Eglise catholique et Peuple juif, surtout en tenant compte du contexte international où nous vivons.

Les interlocuteurs en présence étaient d'une part la Commission pontificale pour les Relations avec le Judaïsme, avec le Cardinal Walter Kasper, délégué par le Pape Jean Paul II, et, d'autre part le Comité juif international pour le Dialogue interreligieux, avec Israël Singer, Président du Congrès juif mondial.

Cinquante-trois personnalités catholiques et juives provenant de 26 pays ont donc travaillé ensemble sur des dossiers d'actualité, avec le souci de définir des objectifs communs.

Il en est ressorti une déclaration finale rejetant toute forme directe ou indirecte d'antisémitisme, y compris – et cela n'est pas anodin au regard de certains slogans médiatisés – l'antisionisme, qui est de plus en plus prétexte à banaliser la haine envers les Juifs en diabolisant Israël.

Cela ne signifie évidemment pas la censure de toute critique du gouvernement israélien et de sa politique. Mais ce qui est visé ici, c'est la mise en cause de la légitimité reconnue à l'Etat hébreu par l'ONU, en 1948, ainsi que la présentation partiale des événements du conflit palestino-israélien propre à certains milieux idéologiques.

Pour les organisateurs du Forum, dénoncer l'antisionisme comme une variante de l'antisémitisme a été un moment historique: « L'Eglise catholique reconnaît dans l'antisionisme une agression non seulement contre les Juifs, mais contre le Peuple juif en tant que tel ».

Mais le symposium de Buenos-Aires ne s'est pas limité à des débats conclus par une déclaration faisant figure de scoop.

Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français, l'exprime en peu de mots :

« Nous sommes passés d'un dialogue à une véritable coopération sociale, basée sur l'héritage commun du Mont Sinaï ».

Il est vrai qu'un centre social de secours aux déshérités de Buenos Aires fonctionne déjà, géré conjointement par Caritas et une Organisation caritative juive. D'autres expériences du même type existent également dans les Territoires sous autorité palestinienne, en Israël, et au Kosovo. D'autres projets sont en cours pour que Juifs et Chrétiens mettent ensemble la tsedaka au service des plus pauvres.

A une prise de position dénonçant l'antisémitisme et l'antisionisme s'est donc ajouté un engagement commun très concret contre les fléaux de la pauvreté et de la discrimination sociale.

Autre volet de la déclaration : le terrorisme. Au Proche-Orient, des organisations se sont spécialisées dans l'attaque de civils, envoyant des kamikazes se faire exploser au nom d'une cause. Le colloque de Buenos Aires l'a rappelé : « Le terrorisme est un péché contre l'Homme et contre Dieu ». Il est clair que le terrorisme, déjà injustifiable en lui-même, est encore plus révoltant lorsqu'il prétend s'exercer au nom d'un Dieu.

Globalement, on peut dire que cette déclaration catholique, selon laquelle l'antisionisme équivaut à de l'antisémitisme, n'est pas sans rappeler la prise de position de l'ONU, en 1991 : l'Assemblée abrogeait alors solennellement un texte onusien de 1975 assimilant (par on ne sait quelles dérives idéologiques) le sionisme au racisme.

Koffi Annan a d'ailleurs qualifié cet étrange texte de 1975 de «lamentable manifestation d'antisémitisme*».

Alain René ARBEZ *

* Archiprêtre, relations avec le judaïsme, Genève (Suisse)

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(1) "Antisémitisme" : mot inventé, dans les années 1870, par le publiciste allemand antijuif Wilhelm Marr. "Antisémitisme" ne signifie pas hostilité contre les Sémites en général, dont les Arabes font évidemment partie. Il s'agit bien de la haine envers les seuls Juifs, ciblés dans l'acception raciale et le contexte de l'époque.

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Note de la Rédaction d'upjf.org

Nous avons mis en ligne une traduction française du Rapport conjoint publié à l'issue de la Rencontre. Voir Déclaration Chrétiens et Juifs : Antisionisme = antisémitisme.

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© upjf.org

Mis en ligne le 22 septembre 2004 sur le site www.upjf.org.