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Menahem Macina

La hudna de Abbas, cheval de Troie d'Arafat? M. Macina
28/07/2003

Billet radiophonique de M. Macina sur Aroutz7

28/07/03

  • "Toutes les activités de peuplement doivent cesser et le mur doit tomber",
  • "Les conditions humanitaires sur le terrain doivent changer".
  • "Les atteintes à la dignité des Palestiniens doivent cesser".
Telles sont les injonctions émises par le premier ministre palestinien Abbas dans son allocution publique, à l'issue de son entretien avec le Pdt Bush.

Au train où vont les choses n'est-on pas en train de revenir au scénario de Camp David? On se souvient peut-être de la stupeur du monde quand Arafat a refusé l'offre de Barak, la plus extraordinaire qu'un dirigeant israélien ait jamais formulée, se contentant d'émettre sans cesse d'autres exigences, dont celle du retour des réfugiés palestiniens en Israël même, condition impossible à accepter pour Israël.

Vous me direz que Abbas n'est pas Arafat. Mais le moins qu'on puisse en dire est qu'il n'est pas son ennemi. On a beaucoup parlé de cheval de Troie, Abbas ne serait-il pas la machine de guerre secrète, apparemment inoffensive, qui introduirait Arafat et sa violence au cœur même de la négociation? Beaucoup d'Israéliens le pensent.

Arafat a tout essayé pour triompher par la force et arracher à Israël un accord-suicidaire. Il a utilisé en vain toutes les formes de violence, y compris les plus barbares, pour réduire Israël. Il ne lui restait donc que la carte diplomatique. Ne pouvant plus la jouer lui-même, tellement il s'est disqualifié, il l'a déléguée à Abbas.

Mais faut-il faire davantage confiance à Abbas qu'à Arafat?

En tout cas, ce changement de stratégie aura justifié le bien fondé de l'affirmation constante d'Israël : si Arafat le veut, la violence peut cesser. Voici, en effet, quelques semaines qu'elle s'est tue.

Arafat et les dirigeants palestiniens ont donc menti au monde en prétendant qu'ils ne pouvaient contrôler la colère de leur peuple, et que faire cesser tous les attentats était une exigence impossible à satisfaire.

Reste que la "houdna" – la trêve – on nous en a prévenus – peut cesser à tout instant et les horreurs reprendre. C'est la bonne vieille méthode qui a réussi à Arafat. L'essentiel étant, pour les Palestiniens, de créer les conditions d'un scénario dans lequel c'est Sharon qui, par son entêtement - et parce qu'au fond, il ne veut pas la paix -, aura été la cause de la reprise des hostilités.

S'agissant de la trêve, précisément, si nous nous tournons vers l'histoire ancienne et récente, il y a de quoi être inquiet.

Dans ses discours, Arafat a fait des allusions répétées au traité signé par le prophète Muhammad avec les infidèles de sa tribu, les Kuraysh, de la Mecque - quand ces derniers étaient plus forts que lui -, trêve violée ensuite, dès qu'il eut conquis la ville, bien avant la date prévue par le traité.

La première référence à cette traîtrise fut faite après la signature des accords intérimaires, dans le discours du "Jihad", qu'Arafat fit à la mosquée de Johannesbourg. La communauté juive parvint à se procurer le texte et il fut diffusé en Israël, en mai 1994.

La signification de ce traité a été explicitée par Arafat lui-même, à la Télévision palestinienne, le 21 août 1995: "Le prophète, le messager d'Allah, le dernier des prophètes a-t-il vraiment accepté d'être humilié… ? Non et non. Il n'accepta pas d'être humilié. Mais chaque situation a ses circonstances propres" [entendez : ce n'est qu'une tactique, dont on peut changer les règles quand on a atteint ses objectifs.

Une nouvelle référence à ce traité est faite, à la télévision arabe, le 18 avril 1998, en parallèle à l'avertissement que "toutes les options sont ouvertes au peuple palestinien".

Telle est, en fait, la logique de l'acceptation du traité d'Oslo, des négociations et des divers engagements pris. Il ne s'agit aucunement d'éléments de confiance et de coopération, mais de mesures temporaires, qui seront abandonnées dès que possible. Cela permet au leader palestinien de présenter, de façon acceptable, à des publics plus laïques, la nature provisoire de ses engagements, dans le cadre de la "stratégie des étapes" pour la libération de la Palestine, adoptée par le Conseil national palestinien, en 1974.

Plaise à D. qu'on n'entende pas à nouveau, comme au début de la 2ème Intifada, ce cri de guerre, alors diffusé en boucle à l'antenne de la radio officielle palestinienne :

«Khaybar, Khaybar, yya yahoud, jaysh muhammad saya'oud !» - Khaybar, Khaybar, ô Juifs, l'armée de Muhammad va revenir ! (1)
…Khaybar étant le nom d'une oasis située non loin de Médine, où les Juifs habitaient, avant que, dépité de n'avoir pu les islamiser, Muhammad, ne les massacre.


© Aroutz7 et Menahem Macina


(1) Voir M. Macina, "L'Intifada d'Al-Aqsa et la guerre sainte électronique"


Mis en ligne le 28 juillet 2003 sur le site www.upjf.org