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Menahem Macina

Des israéliens sans mandat peuvent-ils traiter avec l'ennemi? Macina
24/10/2003

Israël est, à ma connaissance, le seul pays au monde où des citoyens négocient un accord avec un ennemi implacable, sans aucun mandat gouvernemental ni politique.

Les seuls cas analogues concernent des 'républiques bananières', ou des Etats sur lesquels règne un dictateur despotique et sans appui populaire, qui cause à son pays un tort national et international considérable et refuse toute négociation avec une opposition, au demeurant muselée, voire intimidée.

Or, à l'évidence, tel n'est pas le cas de figure s'agissant d'Israël. On peut aimer ou haïr l'actuel chef du gouvernement, Ariel Sharon. On peut considérer sa politique comme désastreuse pour le peuple juif en général et pour le peuple israélien en particulier. Il reste qu'il a été élu dans le respect des normes de la démocratie. On sait que, dans un Etat démocratique, l'opposition s'exprime normalement par des voies parlementaires, politiques, sans préjudice des groupes de pression qui ont parfaitement le droit de faire entendre leur voix – ce dont ils ne se privent pas, en Israël.

Mais que des citoyens, faisant fi des mises en garde de leur gouvernement, se substituent aux institutions en place pour ouvrir des négociations avec un ennemi – dont on connaît l'obstination et les desseins hégémoniques à l'égard de la Palestine/Israël -, voilà du jamais vu.

On ne s'étonnera donc pas qu'un médecin israélien ait déposé plainte contre Beilin au quartier général de la police de Jérusalem, jeudi [23 octobre 2003].
Selon lui, Beilin, en tant que citoyen israélien privé, agit en violation de la section 97 B du Code israélien de procédure criminelle, qui affirme sans ambiguïté qu'un citoyen israélien qui négocie avec une puissance étrangère en vue de transférer à une entité étrangère la souveraineté sur une partie de la terre d'Israël est passible de l'accusation de trahison et encourt une condamnation pour trahison. (Voir "Israeli consulate in San Francisco promotes Beilin" (Makor Rishon) (1).

Au moment où une résolution de l'Assemblée Générale des Nations unies condamne Israël à détruire les portions du mur de protection qu'il a édifiées et lui enjoint d'annuler la suite de la construction de cet ouvrage, les ennemis de l'Etat juif ne pouvaient rêver un meilleur entérinement de leur politique d'opprobre sélective.

Alors, Beilin et consorts sont-ils des prophètes ou des "ennemis de l'intérieur" ? (2)

Menahem Macina

© upjf.org


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(1) Pour sa part, dans Maariv,l'écrivain israélien Aaron Megged s'insurge contre une telle accusation: "il n'est ni juste et ni sage de se livrer à des attaques furieuses contre l'équipe d'Israéliens qui a œuvré pendant plus de deux ans de négociations pour parvenir à de tels arrangements. Tous les membres de la délégation israélienne sont des sionistes qui ne veulent que le bien de l'État... Les accuser de collaborer avec l'ennemi, c'est les salir." Voir, sur Proche-Orient.info, "Il faut cesser de considérer Beilin et ses camarades comme des traîtres".

(2) Cf. E. A. Winston, "The enemy within" www.freeman.org/m_online/oct98/winston2.htm

Mis en ligne le 24 octobre 2003 sur le site www.upjf.org