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Menahem Macina

Laver l'honneur d'Amnon Dankner, Menahem Macina
29/10/2003

30/10/03

Rappel des faits

Dans un éditorial paru dans le journal Ma'ariv du 19 octobre, Dankner accuse Jacques Chirac de s'être "rangé parmi les représentants d'une France qui a massivement collaboré avec les nazis".
A la Une du quotidien israélien figure une photo de Jacques Chirac, titrée "Le visage antisémite de la France". Dankner reproche au président français d'avoir bloqué une résolution de l'Union européenne condamnant les propos antisémites du Premier ministre malaisien.

Selon Maariv, en effet, Jacques Chirac a empêché l'insertion, dans les conclusions du sommet des dirigeants de l'Union européenne, d'une formule condamnant les paroles, insultantes envers les Juifs, du Premier ministre malais, Mahathir Mohamad.

Toujours selon ce quotidien, la mention qualifiait ces propos de "faux" et d'"antisémites", et estimait qu'"ils n'ont pas leur place dans le monde civilisé".

Amnon Dankner affirmait que "deux types d'esprits soufflent, en France: celui du progrès, de l'humanisme et du courage, et celui de l'antisémitisme, de l'étroitesse de vue et de la traîtrise, dont Chirac s'inspire".

Et Dankner d'ajouter : "Le fait que le président d'un important pays européen empêche les Européens de condamner l'une des pires expressions d'antisémitisme formulées publiquement depuis la fin de la Seconde guerre mondiale est une tache pour la France". Dankner accusait également le Président français de s'"être rangé parmi les représentants d'une France qui a jadis massivement collaboré avec les nazis, la France du maréchal Pétain qui a servi Hitler, la France du régime de Vichy qui a traqué une poignée de résistants […] la France qui a pourchassé et enfermé les juifs pour les livrer aux nazis afin qu'ils soient exterminés".

L'affaire a fait grand bruit. La plume (ou le clavier) les démangeant, quelques ténors et barytons de nos Lettres et de notre Presse nationales ont crié leur scandale, à grand renfort de dithyrambes.

Humour de situation – grinçant, s'il en fût -, voici qu'à l'unanimité de la veille dans la condamnation des propos antisémites du Premier Ministre malais ("Les juifs gouvernent le monde par intermédiaire"), succédait celle du jour dans la réprobation scandalisée du crachat à la face du crucifié de l'Elysée, que constituait l'insupportable accusation de ce voyou israélien d'Amnon Dankner, dont je vous laisse contempler un instant l'horreur:



Titre : «Le visage antisémite de la France».
Sur le côté droit, en encadré, l'article de Dankner intitulé : "Le Collabo'"



Haro! sur Amnon. Le cas d'Elisabeth Schemla

Je passe sur les trémolos patriotiques des enragés : «C'est intolérable…», etc., et sur les regrets des (rarissimes) défenseurs (gênés) d'Israël. Je ne suis pas surpris des accents outragés du distingué Bernard-Henri Lévy. Non, moi, ce qui m'étonne, c'est la diatribe de Madame Elisabeth Schemla, sur son site Proche-Orient.info.

Je sais qu'on va m'accuser d'acharnement obsessionnel, ou de fixation maladive sur cette journaliste. Ne viens-je pas, en effet, d'exprimer malicieusement ma stupeur d'apprendre, de la traduction de l'article incriminé d'Amnon Dankner, qui figure sur son site [1], qu'Alfred Dreyfus aurait été accusé de "CRIME RITUEL" ?…[2] Et croyez-moi, cela n'a pas plu à l'intéressée, qui a même cherché à m'intimider (voir plus loin).

Eh bien, pour tout vous dire, si je reviens sur cette affaire (par la bande, mais la ficelle est grosse et je ne doute pas que vous l'ayez remarquée !), c'est que Madame Schemla, qui a, comme on le sait, une très haute idée de la déontologie de son métier, a cru nécessaire d'administrer à l'un de ses confrères - qui n'a pourtant pas de leçons à recevoir d'elle en matières déontologique et journalistique – une volée de bois vert que j'estime largement imméritée.

Passe encore que Mme Schemla se scandalise du crime de lèse-majesté présidentielle commis par Amnon Dankner. Mais lui intimer : "vous vous devez de vérifier vos informations d'abord [3], d'exercer votre propre sens de la responsabilité ensuite", et rendre à son encontre, avant instruction, un verdict de culpabilité, aussi tranché que souverain : "Vous avez failli à vos deux missions", voilà qui me paraît ne le céder en rien à l'insolence que l'on reproche tant au journaliste israélien.

Et comme si le soufflet de l'injure au Président ("Collabo" !) l'avait atteinte, elle, et elle seule, Elisabeth Schemla clôt sa lettre ouverte au journaliste israélien par cette fleur vénéneuse de la rhétorique roturière, qui a nom polémique : "Dans cette affaire, Amnon Dankner, il n'y a qu'un seul collaborateur, celui de la bêtise dangereuse : vous-même". [4]

Décidément, les transferts semblent inévitables dans cette affaire. Comme celui d'Elisabeth Schemla, dont la joue est encore toute chaude du soufflet destiné au Président, mon transfert à moi me fait ressentir l'insulte à l'honneur d'Amnon Dankner comme une atteinte à mon honneur propre. Et comme Elisabeth Schemla est montée aux créneaux pour défendre son président français, je monte aux miens pour défendre mon journaliste israélien.

Car, contrairement à E. Schemla, je connais l'itinéraire humain et professionnel d'Amnon, je lis depuis longtemps ses enquêtes fouillées et ses éditoriaux intrépides. Car intrépide, ce journaliste l'est, croyez-moi. Comme l'apprendront ceux qui l'ignorent, s'ils se donnent la peine de lire, en appendice de ce mien éditorial, le curriculum d'Amnon Dankner, ce journaliste n'a jamais craint d'affronter l'institution ni – chose infiniment plus rare et plus courageuse – l'opinion publique, quand l'une et l'autre ont porté atteinte à ce qu'Amnon a voué sa vie à défendre : le droit et la dignité de l'individu face au pouvoir des puissants ou de la populace.

Pour comprendre ce que d'aucuns ont défini - à tort - comme un "dérapage", à savoir l'interpellation passionnelle du président d'un Etat étranger, dont le comportement, dans l'affaire Mahathir, est comparé à celui des collaborateurs du régime de Vichy, il faut lire l'intégralité de l'article du journaliste israélien et l'intégralité de sa réponse à la lettre scandalisée que lui avait adressée M. Michel Miraillet, Chargé d'Affaires de l'Ambassade de France. [5]

A défaut, il faudra au moins garder présent à l'esprit cet extrait :

"Votre lettre est arrivée sur mon bureau en même temps que l'information heureuse annonçant que votre Président s'était réveillé et avait envoyé au Premier ministre malais une lettre condamnant les propos antisémites de ce dernier. J'ai pesé les deux réactions et je suis parvenu à la conclusion qu'il fallait écrire une lettre aussi agressive, si c'était là le prix à payer pour provoquer cette tempête publique qui a conduit Monsieur Chirac à condamner Mahathir Mouhamad… Je resterai à la disposition de M. Chirac dans l'avenir, au cas où il commettrait de nouvelles erreurs si graves sur mon pays et mon peuple. Et je continuerai à les dénoncer dans l'espoir qu'il les corrige, si besoin était." [6]

Propos impudents, à première vue, de qui insulte, puis persiste et signe. C'est mal connaître le journaliste et… le citoyen israélien. Car, avant d'être éditorialiste et écrivain, Amnon est un Sabra, un produit âpre de ce pays âpre, où, pour survivre ou ne pas abandonner le navire, l'individu doit être solide, fort, voire agressif, pour supporter les dizaines d'agressions incessantes dont est tissée la vie quotidienne de l'Israélien moyen, de la part d'ennemis qui en veulent à sa vie et à celle de sa famille ; de la part d'une économie chancelante qui lorgne sur ses revenus; de la part d'une administration tatillonne, soupçonneuse et souvent antipathique, qui semble se complaire à lui compliquer la vie ; de la part d'une population exaspérée par des conditions de vie stressantes et qui n'a ni le temps ni l'envie d'écouter ses doléances, même fondées, ni de compatir à ses souffrances, même déchirantes, parce que chacun, chacune, a trop à faire avec les siennes…

Alors [je m'adresse à un Juif fictif...] si vous voulez condamner, c'est facile, vous aurez l'oreille de beaucoup : "Ce Sabra-là comme beaucoup d'autres, fait tout pour se rendre antipathique", vous diront les très nombreux détracteurs de ce peuple exaspérant. Et nombreux seront vos coreligionnaires qui confesseront, plus ou moins piteusement, honteusement, qu'il est tout de même dommage que des Israéliens donnent, des Juifs en général, et de l'Etat juif en particulier, une si déplorable image…

Mais si, un bref instant, vous faites l'effort d'empathie minimum qui consiste à tenter de vous mettre à la place de ce citoyen israélien spécifique qu'est Amnon Dankner, et que vous l'imaginez, déjà accablé par le poids des soucis - dont je vous ai donné, ci-dessus, une nomenclature sommaire -, apprenant, par les dépêches de presse qui viennent de tomber sur son ordinateur, que le Chef de l'Etat français - dont les comportements anti-israéliens répétitifs sont gravés, de manière indélébile, dans la mémoire inquiète du peuple de la Mémoire – vient de s'opposer à l'insertion, dans les conclusions du sommet des dirigeants de l'Union européenne, d'une motion condamnant les propos antisémites publics, insoutenables, d'un chef de gouvernement islamique, opposition qui a conduit à substituer à cette réprobation officielle, une déclaration orale de niveau infiniment moins solennel… Bref, si vous êtes allé jusqu'au bout de l'effort d'empathie que je vous ai demandé, que pensez-vous qu'Amnon Dankner a ressenti ?

Je vais vous le dire. Fermez les yeux et remémorez-vous l'une de vos colères mémorables - et tant pis pour vous si vous ne savez rien de cette passion, qui n'est jamais que le cri de l'amour ou de la justice bafoués ! Ne vous est-il pas arrivé, comme dit la formule consacrée, que vos mots ont dépassé votre pensée? Eh bien, m'est avis que c'est ce qui est arrivé à Amnon. Comme l'ami, si souvent trahi qu'il en vient à se méfier de ses proches et de ses familiers, le journaliste israélien a dû revoir, en un éclair de mémoire de colère,
toutes les trahisons dont son peuple a été victime.
Toutes les lâchetés dont les siens sont morts.
Tous les coups dont les témoins affirment n'avoir pas été témoins.
Toutes les accusations et les insultes qu'ils prétendent n'avoir pas entendues, ou qu'ils ont estimées sans danger comme sans conséquence…

Et il s'est emporté. Il a craché, pêle-mêle, ses rancoeurs, ses peurs, ses phobies même – pourquoi pas ? Chat échaudé, dit-on, craint l'eau froide. Alors, pourquoi vous scandaliser de ce qu'Amnon, ait fait, en un éclair, la somme des coups et des trahisons, anciennes et récentes, et se soit pris à avoir peur, et comme tel à gueuler, à blasphémer même ?

Voilà, Madame Schemla, l'empathie dont moi et mes ami(e)s nous aurions aimé que vous fissiez preuve envers votre collègue en journalisme, au lieu de l'insulter - alors qu'il ne vous avait en rien agressée personnellement, en lui jetant l'ignominie déjà citée plus haut : "Dans cette affaire, Amnon Dankner, il n'y a qu'un seul collaborateur, celui de la bêtise dangereuse : vous-même".

Mais je sais que, pour vous, comme pour beaucoup de nos coreligionnaires de la Diaspora, le réflexe est incoercible, qui consiste à trouver encombrants et compromettants ces ours mal léchés d'Israéliens insolents, dont Amnon Dankner est sans doute, à vos yeux, un échantillon particulièrement représentatif et probablement haïssable (sinon comment auriez-vous osé le traiter de manière si lamentablement offensante ?).

Alors, voyez-vous, moi et des milliers d'autres comme moi, qui eux, n'ont pas votre vaste tribune ni la modeste mienne, nous sommes nombreux à aimer ces Israéliens-là, et à faire bloc avec eux, comme dans les vraies familles où l'on se dispute à mort, parfois, mais où, en cas de danger extérieur, c'est tous pour un et un pour tous… Et le danger extérieur pour les Juifs, il est là, visible, palpable, sous nos yeux.

On nous insulte dans les rues.
On terrorise les enseignants qui osent encore enseigner l'Affaire Dreyfus et l'Holocauste.
On agresse des enfants, des jeunes gens et des jeunes filles qui ont l'audace d'arborer des signes extérieurs juifs (kippa, magen david, etc.).
On oblige des jeunes filles à se mettre à genoux dans une cour d'école et à demander pardon d'être juives…
On vilipende et calomnie l'Etat d'Israël, qualifié de fasciste, colonialiste, assassin…
On accuse son armée de crimes de guerre, et l'on travestit son premier ministre en Hitler.
On entend des cris de "Mort aux juifs !" dans une manifestation gauchiste.
Etc., etc.

L'idée de l'Etat juif s'est imposée à Hertzl pour bien moins que cela.
Le pauvre, s'il savait…
Aujourd'hui cet Etat juif, notre seul havre sur la terre, on nous le délégitime, en ne nous laissant aucune illusion sur ce que l'on veut qu'il lui advienne ainsi qu'au tiers des Juifs du monde qui s'y accrochent avec l'énergie du désespoir…

Croyez-vous, Madame, qu'Amnon ignore que tout ce que je viens d'évoquer se passe en France ?

Et vous, vous faites semblant de ne pas comprendre les vraies raisons de sa colère, dont le comportement de Jacques Chirac n'a constitué que la goutte d'eau qui fait déborder le vase…
Vous prenez des mines dégoûtées parce qu'Amnon Dankner, exaspéré par cette attitude, a assimilé le plus haut représentant de l'Etat français à un collaborateur !

Choquée, vous êtes choquée ? Eh bien, moi, je suis choqué, comme Amnon Danker, de cette reculade inqualifiable de Jacques Chirac, devant l'occasion unique qui se présentait à lui - et que les élus européens se préparaient à saisir – de mettre une bonne fois au pilori des propos antisémites publics – au demeurant courants dans le monde arabe. Oui, Chirac a manqué une occasion historique de flétrir, à l'échelle de l'Europe (et je ne doute pas que ce geste eût été suivi par la majorité des chefs des Etats non voyous de la terre) cette nouvelle déjection islamisée de la Bête immonde …

Ce qui me gêne, dans votre lettre ouverte, Elisabeth Schemla, c'est que j'y retrouve les accents déclamatoires et scandalisés que vous preniez pour accuser Tsahal d'assassinat prémédité d'enfants, dans votre éditorial du 28 juillet 2002 – que j'avais pourfendu, alors -, "Il ne fallait pas tuer ces enfants de Gaza" [7]. Or – est-ce un hasard ? -, dans ces deux éruptions de votre indignation sélective, c'est à des défenseurs d'Israël que vous vous en prenez avec violence : là-bas des militaires, ici, un journaliste…


Pour terminer, je vais faire acte de lucidité. Je suis parfaitement conscient de la dérision des traits que je vous lance pour venger l'honneur d'Amnon Dankner. Là où vous trônez, Madame, vous êtes hors d'atteinte. Ne dirigez-vous pas une entreprise de presse électronique impressionnante ? N'êtes-vous pas riche en relations qui n'ont que faire des rameurs de fond que nous sommes, nous, pauvres responsables de sites, besogneux, isolés, ignorés des grands médias, connus seulement d'un public motivé par notre ligne éditoriale, si ce n'est entièrement acquis ?

Je suis donc parfaitement conscient de l'extrême inégalité de l'affrontement. Le combat du pot de terre contre le pot de fer, en quelque sorte. Et je sais d'avance que mon initiative sera jugée intempestive et me vaudra des reproches de beaucoup de ceux-là mêmes qui devraient me conforter dans mon attitude. Et ce d'autant que votre site, Madame, vient d'acquérir ses lettres de noblesse pro-israéliennes, en se faisant partenaire d'une initiative remarquable, qu'à ma connaissance, aucune des organisations juives ayant pignon sur rue n'a à son actif. Je veux parler de la visite en Israël, d'une délégation de 160 députés européens (8), qui a été reçue par différentes personnalités gouvernementales israéliennes, et à laquelle le Premier ministre, Ariel Sharon, a adressé un message de bienvenue [9].

Un beau coup, Madame. Je salue la performance et je me réjouis de l'initiative, car elle ne peut qu'être bénéfique à la cause d'Israël.

Toutefois, il en est de ce vôtre exploit, comme de celui de Jacques Chirac - qui reconnut la responsabilité de la France dans le régime de Vichy : ils ne confèrent à leurs auteurs aucune espèce d'immunité permanente qui les mettrait à l'abri de toute critique ou condamnation, s'ils venaient à nuire au peuple juif et à son Etat.

Mais pour en revenir à ma défense de l'honneur d'Amnon Dankner contre l'affront que vous lui infligez, Madame, je sais que même des amis me diront sans doute : "Il faut que tu aies perdu tout sens de la mesure pour t'attaquer à un tel monument !"

Ma réponse est simple. D'abord, vous n'êtes pas un monument (ce serait d'ailleurs disgracieux). Comme moi et comme tous, vous êtes un être transitoire et contingent, aujourd'hui en cour, demain passé de mode, ou perdu de réputation, ou tout simplement retourné à la terre d'où nous venons tous. Ensuite, je ne m'attaque pas à vous, je défends l'honneur d'un journaliste – honnête, indifférent aux honneurs et à sa réputation, et véritable défenseur des personnes et de son peuple - dont j'admire les articles, et qui, croyez-moi, n'a rien à vous envier, tant sur le plan journalistique que sur le plan littéraire, et dont je dirais même, au risque de déclencher votre ire, qu'il vous surpasse nettement en talent et en courage. Vous l'avez sali injustement. Plutôt que d'aboyer avec les loups contre Amnon Dankner, je préfère partager son opprobre en me rangeant à ses côtés contre vous. Mieux, je m'en fais un sujet de fierté.

Car, voyez-vous, Madame, Amnon et moi sommes du même bois, et ce qui vous semble ridicule et complètement inadmissible, dans sa réaction, me paraît, à moi, tout à fait honorable. Dans le même esprit, au lieu et dans la condition (modeste, très modeste) qui est la mienne, rien ne peut m'arriver de pire que de perdre ma foi et l'attachement inconditionnel à mon peuple et à son Etat. Je ne place pas mon honneur ni ma dignité là où vous placez les vôtres. Il m'est aussi indifférent d'être aimé, apprécié, applaudi, que d'être haï ou méprisé. La seule réprobation que je crains comme la mort, c'est celle que je verrais dans le regard impitoyable de ma conscience, si elle m'accusait de compromission et de recherche de ma gloire propre.

C'est pourquoi, comme Amnon Dankner, je n'ai pas peur d'apostropher les grands, ni de résister en face à des gens bien en cour comme vous - qui menacez de poursuivre notre site en diffamation pour avoir, dans un article précédent, osé exprimer des doutes sur votre 'infaillibilité' journalistique [10].

Voyez-vous, Madame, quand on est là où je suis, tout donné à ma foi, à mon peuple et à sa terre, et marchant avec mon D.ieu, le plus humblement qu'il m'est possible, on ne craint ni les procès, ni la misère, ni la mort - enfin si, la douleur et l'arrachement de la mort, mais pas la mort elle-même. Cette dernière n'est, après tout, qu'un changement d'état pour entrer, si nous avons été fidèles, dans une béatitude incommensurable. Je ne doute pas que vous y accédiez, un jour, pour peu que vous parveniez à vous voir telle que vous êtes et à accepter l'autre tel qu'il est. Ce que je vous souhaite de tout coeur.

Menahem Macina

© upjf.org et Menahem Macina


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Qui est Amnon Dankner ?

Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org

Original anglais : www.imw.org.il/english/engdankner.htm



Amnon Dankner. Texte hébreu en encadré :
"Prix israélien de la Critique des Médias pour l'année 2001".



Amnon Dankner a démontré, à plusieurs reprises… qu'il n'hésite pas à critiquer certaines institutions établies les plus sacrées de la société israélienne.

Il a exprimé une position impopulaire sur quelques questions essentielles qui étaient au centre du débat public. Il a défendu des personnalités et des secteurs de la société qui avaient été attaqués dans les médias. Amnon Dankner a été l'un des premiers journalistes à changer d'avis, à émettre publiquement des doutes sur la sagesse du processus d'Oslo, et - bien qu'il ne partage pas leurs opinions - à défendre le droit des résidents juifs de Judée, Samarie et Gaza, de bénéficier d'un droit d'expression équitable dans les médias.

Dans ses propos, tant écrits que radiodiffusés, Dankner n'a pas hésité à faire entendre une critique énergique du traitement médiatique de l'affaire Der'i, de celle des cadeaux reçus par Netanyahu, et de la saga Nimrodi.

Du fait de ses opinions et de ce qu'il s'écartait du consensus des médias, Dankner a été ridiculisé même par ses amis ‘proches'. Son attitude inébranlable a compromis sa réputation et son prestige, et lui a coûté cher, à titre personnel. Il s'est acquis un renom dans les médias israéliens, en 2001, pour sa critique courageuse, qui n'était pas toujours agréable à entendre pour son audience.

Pour ces raisons, le comité du prix israélien Abramowitz-Bergmann a décidé d'attribuer à M. Amnon Dankner le prix 2001 de la Critique des Médias.


Biographie sommaire

Amnon Dankner est né à Jérusalem. Il a fait ses études à l'école religieuse d'Etat "Maale". Il a effectué son service militaire dans une brigade du Nahal [11]. Il est diplômé de la faculté de droit de l'Université Hébraïque. Il a été porte-parole du ministère de l'Education, alors sous la responsabilité de feu Yigal Alon.

En 1976, il est entré comme journaliste au Ha'aretz. Durant sa carrière de journaliste, il a également travaillé pour Davar, Hadashot et Ma'ariv aux Etats-Unis.

Il a été membre permanent de l'équipe de journalistes des émissions de télévision "Popolitika" [popote politique] (canal 1), "Everything Political" [Tout est politique] et "The Kitchen" [La cuisine], de Dan Shilon (canal 2).

Amnon Dankner a publié 12 livres, parmi lesquels la biographie de Dan Ben-Amotz (Keter Publishing Company), "The Summer of Rina Oster" [L'été de Rina Oster] (Kibbutz Hameuhad Publishing Company), "Where were we and What Did We Do?" [Où étions-nous et qu'avons-nous fait?] (Keter Publishing Company). Il a également écrit trois scénarios pour le cinéma et la télévision, "Drik's Brother", "Begin" et "Sherman in the Winter".

Au cours des récentes dernières années, Dankner a concentré son activité littéraire sur les questions politiques ; il a critiqué le système judiciaire israélien, le rôle du procureur, et la police, dans une perspective visant à défendre les droits de l'individu.


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Notes

[1] www.proche-orient.info/xjournal_edito.php3
[2] Voir mon article "'Comme disait la Sainte'. Le crime rituel de Dreyfus" (www.upjf.org/documents/showthread.php?s=&threadid=5380)
[3] Amnon Dankner a fait justice de cette accusation erronée dans sa réponse auCchargé d'Affaires de l'Ambassade d'Israël à Tel Aviv, Daniel Miraillet : «L'Agence Associated Press a publié vendredi une information en ce sens et nous avons vérifié auprès de son correspondant à Bruxelles, s'il y avait une raison de penser que son information était fausse. Il nous a affirmé qu'il maintenait la véracité de cette dépêche. D'ailleurs à AP, on nous a expliqué que le gouvernement français ne les avait pas contactés pour remettre en cause l'exactitude de l'information qui a donc été diffusée à des milliers de journaux dans le monde. Même le reportage publié aujourd'hui par le journal Le Monde que vous connaissez bien confirme que Chirac et le Premier ministre grec ont empêché la publication d'une condamnation de l'Union européenne. Et le très crédible Corriere de la Serra est allé encore plus loin, en détaillant la manière dont Chirac s'y est pris pour empêcher l'inclusion d'une condamnation dans le relevé de conclusion.» www.proche-orient.info/xjournal_pol_der_heure.php3?id_article=17402
[4] www.proche-orient.info/xjournal_edito.php3
[5] (www.proche-orient.info/xjournal_pol_der_heure.php3?id_article=17402)
[6] www.proche-orient.info/xjournal_pol_der_heure.php3?id_article=17402
[7]http://www.proche-orient.info/xjournal_edito.php3?id_article=3417
Extrait : "Qui peut croire un instant que le haut commandement militaire israélien n'avait aucun autre choix que ce raid nocturne sur Gaza centre pour abattre le chef terroriste islamiste Salah Chéhadé ? […] Il faudrait aussi prendre les gens pour des gogos pour leur faire admettre que même l'officier le plus borné ignore qu'un missile d'une tonne fait de très gros dégâts et n'est pas l'arme la plus appropriée pour éliminer quelques hommes [..] C'est donc de sang-froid qu'ont été tués ces neuf enfants palestiniens, dont un bébé." Et voir ma réaction : www.upjf.org/documents/showthread.php?&threadid=2146
[8] Lire : "160 députés européens au Proche-Orient. Le quotidien israélien Ha'aretz relate le voyage organisé par François Zimeray, président de «Medbridge », en partenariat avec «proche-orient.info»" (www.proche-orient.info/xjournal_pol_der_heure.php3?id_article=17732).
[9] voir "P.M. Ariel Sharon speaks to Members of the European Parliament" (www.upjf.org/documents/showthread.php?threadid=5406)
[10] Voir “Comme disait la sainte” – Le 'crime rituel' de Dreyfus" (www.upjf.org/documents/showthread.php?&threadid=5380)
[11]"Nahal" est l'acronyme hébraïque de "Jeunesse Pionnière combattante" ("Noar Halutzi Lohem"). Voir l'historique de ce mouvement sur le site de Tsahal en français www.idf.il/newsite/french/nahal.stm.


Mis en ligne le 30 octobre 2003 sur le site www.upjf.org