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Festival du film à l'université: 'Tuez les juifs !' T. Menaker
20/12/2003

FrontPageMagazine.com, 17 décembre 2003


Traduction française par Menahem Macina pour upjf.org

www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=11299


Je pense que je n'apprendrai rien à qui que ce soit en disant que l'Université de l'Etat de San Francisco est, depuis longtemps, un centre important de propagande anti-israélienne et antisémite. En tant qu'étudiante de cette université, je puis en témoigner personnellement.

J'ai récemment assisté à un festival cinématographique organisé par l'université, sur le thème "Le problème israélo-palestinien vu par le cinéma". Presque tous les films présentés étaient de piètre qualité. Un documentaire israélien, au moins, était honnêtement qualifié d'"amateur", dans le programme. Difficile de dire ce qui m'a le plus effrayée : les images à l'écran, ou l'atmosphère dans la salle.

Un journaliste britannique, ressemblant au portrait de Dorian Gray [1], le visage ravagé par tous les vices, ne parvenait pas à cacher sa nature de vampire assoiffé de sang juif derrière un masque d'impartialité. Et il fallait être tout à fait naïf pour croire à la fraude montée de toutes pièces dans son "documentaire". Scène: une femme arabe montre des sacs en plastique remplis de déjections de chiens, que les soldats israéliens auraient laissés après une incursion militaire. Le sac donne l'impression de contenir les ‘œuvres' de 50 chiens ou d'un éléphant.

Imaginez un instant un soldat israélien portant une arme chargée et des munitions, au cours d'une dangereuse opération militaire, tirant et traînant péniblement ce sac durant tout le trajet depuis Israël jusqu'aux territoires occupés (en effet, les Arabes n'ont pas de chiens, parce qu'ils les considèrent comme des animaux impurs), pour l'abandonner dans une maison inconnue? C'est, bien sûr, une grave insulte pour tout Arabe ; alors mettons-la en scène pour les besoins du film! Cette "insulte aux excréments de chien" figure dans un autre "documentaire" britannique, contenant également des accusations selon lesquelles des Israéliens utilisent du gaz empoisonné.

En regardant ces films, j'ai constaté que les Arabes palestiniens sont devenus des victimes et des acteurs professionnels dans la saga 'Les-Israéliens-et-les-Juifs-sont-d'horribles-meurtriers-d'enfants". Ces films sont constamment projetés en Europe et particulièrement au Moyen-Orient, en raison d'une forte demande et d'un généreux financement. Il y a de nombreuses années, un auteur célèbre a affirmé que les juifs ne pardonneraient jamais à l'Europe pour ce qu'elle leur a fait durant l'Holocauste. Pour des Européens, l'image d'un Israël mauvais est un soulagement de leur complexe de culpabilité – si tant est qu'ils en aient un - vis-à-vis de l'Holocauste.

Autre scène: une manifestation d'une vingtaines d'écoliers qui 'sèchent' les cours, brandissant un drapeau palestinien, tandis que les cameramen s'affairent sur les lieux et masquent la vue. La seule présence de cameramen et des journalistes dans des foules de ce genre prouve que la situation est loin d'être mauvaise. En Tchétchénie, après de véritables incursions militaires, quand les Russes déversent des tapis de bombe sur les villes, les cadavres jonchent les rues, sans personne pour les évacuer. Avez-vous vu ces images dans les journaux, ou dans des films ? Aucun journaliste n'est assez fou pour se montrer à Grozny. C'est tout de même autre chose de se détendre dans un hôtel chic de Jérusalem, de prendre des douches et de se régaler de bons dîners israéliens, en posant au héros pour avoir photographié des opérations de lancement de pierres par des jeunes écoliers absentéistes.

Une réalité absurde émerge de ces "documentaires". On voit des enfants souriants, bien nourris par l'UNRWA, qui se laissent aimablement photographier. Une femme arabe, rompue aux interviews télévisées, se plaint de ce que sa dernière interview a été médiocrement réalisée. Des garçons sortant de l'école complémentaire posent, avec enthousiasme, pour les caméras, en lançant des cocktails-Molotov et en tirant au lance-pierres. Des Arabes palestiniens circulent sur des ânes et dans des chariots tirés par un âne.

Etant donné qu'Israël a plus d'ordinateurs par habitants que les Etats-Unis, il n'est pas étonnant que "humiliation" soit le second maître-mot de ces films. Quand votre peuple regarde le derrière d'un âne, tandis qu'un autre peuple, de l'autre côté de la rue, regarde un écran d'ordinateur, c'est une humiliation.

La tragédie des Arabes palestiniens est qu'ils sont contraints de se comparer à la civilisation merveilleusement développée d'Israël, au lieu de regarder, par exemple, les faubourgs du Caire, où des enfants en guenilles, sous-alimentés, non scolarisés, et aux dents pourries, s'ébattent dans la poussière, autour de huttes de torchis sans système de tout-à-l'égout.

Il est compréhensible que la seule existence d'Israël, si près d'eux, leur soit insupportable. Ce qui frappe gravement, dans tous ces films, c'est que, si l'on devait procéder à un comptage des mots et expressions les plus souvent utilisés, ce serait : "humiliation" et "tuer les Juifs!" Même dans le documentaire le plus pacifique et le plus idéaliste, œuvre d'un réalisateur juif, on peut voir une scène où le père d'un jeune garçon auquel on demande ce qu'il veut faire quand il sera grand, lui souffle : " tuer les Juifs!" Et quand on demande à cet enfant de dessiner ce qu'il fera plus tard : il se représente en train de massacrer des Israéliens.

Ce même "documentaire" de la Bande de Gaza accuse les Israéliens d'utiliser du gaz empoisonné. On y retrouve le même sac en plastique avec des excréments de chiens; mais aussi un enfant mutilé par l'explosion d'un engin inconnu qu'il a trouvé (peut-être ses propres parents ont-ils fabriqué quelques bombes improvisées - comme cela arrive souvent à des Arabes qui sont victimes d'une explosion prématurée, au cours de la fabrication de leur bombe, et perdent les yeux ou des membres).

Le film rend implicitement les Israéliens coupables de ces terribles mutilations corporelles. Super! Du gaz empoisonné, des excréments de chien, des enfants mutilés! En comparaison, la matsah [pain azyme] imbibée du sang de nouveaux-nés chrétiens fait presque l'effet d'un compliment. Ce fut une grande expérience pour une juive soviétique, qui a fui loin de son pays antisémite! En comparaison de ce déchaînement de haine antijuive, l'antisémitisme soviétique était comme une brise légère.

La situation dans la salle était bien pire encore. Un abruti de Juif, professeur de science sociale, qui ne s'était pas peigné depuis la chute de l'Union soviétique, s'adressait à une dame socialiste en l'appelant "camarade Robertson". Cette "camarade", une vieille hippie exerçant la fonction de professeur de philosophie (je ne peux qu'imaginer la qualité de son enseignement), sponsorise les populaces pro-palestiniennes et anti-américaines sur le campus.

Dans son discours improvisé, la juive communiste appellait à mettre fin à l'occupation israélienne et affirmait que tous les Juifs ne sont pas aussi mauvais que ceux qui figurent dans ces films. Par exemple, son ami, un médecin juif, travaille en Suède pour la cause palestinienne. Refrain connu : Je suis le bon juif; ce sont les autres Juifs qui sont mauvais, alors, tuez-les en premier.

Elle estimait que, sans Israël, sans cette Amérique terriblement capitaliste et ce terrible Président Bush, qui soutient Israël, il n'y aurait pas d'antisémitisme, ni de haine envers les juifs; ce qu'il nous faut, c'est uniquement détruire Israël pour créer un Etat arabe séculier à sa place, et vivre heureux avec nos camarades palestiniens dans un paradis socialiste. Sa haine envers Israël était si hystérique que même les Palestiniens présents dans l'assistance étaient stupéfaits. Et à propos de paradis socialiste, je viens justement de l'un d'entre eux, et j'aimerais beaucoup y envoyer cette dame.

L'union Générale des étudiants palestiniens assistait au festival en keffieh arabe, parfois ceint autour des hanches. Ils avaient deux porte-parole extrêmement passionnés, vétérans expérimentés d'une multitude de manifestations anti-israéliennes, qui ont lieu si fréquemment sur le campus, qu'un innocent visiteur pourrait croire qu'il débarque dans une quelconque université syrienne dirigée par le Hamas. En fait, le visiteur n'aurait pas tout à fait tort. Les étudiants palestiniens sont le seul groupe qui, durant près de vingt ans, a bénéficié, sur le campus, d'un bureau et d'un coordinateur non-étudiant, salarié à plein temps. Il serait intéressant de découvrir qui a financé ce groupe.

Notre 'Judenrat' [comité juif], représenté par le président du Département d'Etudes juives et directeur de [l'Institut] Hillel, ne faisait pas le poids en face d'eux. Le premier jour, les Juifs ont marmonné une réponse à moitié stupide; les jours suivants ils ont été muets comme des carpes - ou absents. Ils étaient impuissants. Ils ne s'étaient pas préparés à la confrontation, bien que tout un chacun sache ce qui se produit en de telles occasions.

Seul un chrétien converti au judaïsme a été vraiment éloquent dans sa défense d'Israël. J'ai dit, en toute sincérité, que les Juifs devraient apprendre des Arabes comment s'occuper de leurs traîtres en temps de guerre.

Il se pourrait que le festival ait eu de bonnes intentions. Le professeur d'histoire, Jerald Combs, a été un excellent modérateur, mais les voix juives qui s'exprimaient dans les documentaires (comme dans les assistances) étaient, pour la plupart, anti-israéliennes, ou, au mieux, dubitatives. Mais, comme d'habitude, ce festival s'est avéré être une fertile rencontre anti-israélienne en faveur d'une "Palestine libre", soutenue par des membres de la Voix Juive pour la Paix, remplis de haine envers Israël. Si je n'étais pas moi-même une juive ayant une grande expérience de la propagande antisémite soviétique, j'aurais quitté ce festival, remplie d'une haine résolue envers Israël et cruellement antisémite.

Aujourd'hui, on nous propose une nouvelle manifestation: "Solidarité dans la lutte: Cuba pour la Palestine. Votre poing pour la libération de la Palestine". À ce compte-là, le Mouvement pour une Nourriture Naturelle militera bientôt, lui aussi, pour la libération de la Palestine.

Et qu'entendent-ils exactement par "Libération de la Palestine"? C'est d'Israël qu'ils parlent. Pour libérer la Palestine, vous devez exterminer cinq millions de Juifs. Est-ce pour cela que combattent les étudiants de l'Université de l'Etat de San Francisco? Vous souvenez-vous que ce sont les émeutes et la propagande antisémites et antijuives dans les universités allemandes qui ont été le véritable déclencheur du début de l'Holocauste?

Nathan Scharansky, ministre israélien, peut difficilement être défini comme quelqu'un qui cède facilement à la panique. Dissident et prisonnier politique, il n'a pas eu peur de tenir tête au KGB, seul dans un Goulag soviétique. Mais après avoir fait le tour de six universités américaines, le mois dernier, il a écrit que la situation "sur les campus américains et canadiens était plus sérieuse que nous le pensions. Et [a-t-il ajouté] c'est vraiment effrayant."

Ainsi, des étudiants juifs sont soumis à des attaques antisémites malveillantes et constantes, maquillées en manifestations pro-palestiniennes, les parades antisionistes, au cours desquelles les participants atteignent un tel niveau d'excitation, qu'ils se mettent souvent à crier des slogans de type nazi.

Une étudiante juive de l'Université de l'Etat de San Francisco, faussement accusée de discours de haine par un activiste palestinien et un conseiller musulman, a été sanctionnée par l'administration de l'université. Qui, aujourd'hui, punirait une personne de race noire en se fondant sur l'accusation de membres du Ku Klux Klan ? Des journaux universitaires financés par les contribuables parlent régulièrement des Arabes palestiniens, le seul groupe élu parmi tant d'autres en guerre avec le peuple élu. Avons-nous oublié le célèbre avertissement de Martin Luther King : Quand on voit de l'antisionisme, c'est toujours de l'antisémitisme ?

Le défunt chef du KGB, Youri Andropov a dit jadis : "Nous avons gagné la guerre du Vietnam dans les rues de Washington". Le mouvement palestinien arabe a été créé par le KGB. Je le sais : j'ai travaillé avec des Arabes en Russie. Ils emploient la même stratégie de propagande que celle enseignée par le KGB, utilisée pour organiser des manifestations contre la guerre du Vietnam, et qui a séduit les professeurs puérils et leurs étudiants immatures. Malheureusement, notre civilisation est, une fois de plus, en train de perdre une guerre sur ses campus universitaires.

Tatiana Menaker


© FrontPageMagazine.com pour l'original anglais et upjf.org pour la traduction française


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Notes de la Rédaction d'upjf.org

[1] Unique roman – et chef-d'œuvre d'Oscar Wilde. Pour un bref résumé de l'ouvrage : www.alalettre.com/international/wilde-doriangray.htm

[2] Voir Nathan Sharansky, "Pourquoi le Sionisme se fait 'coller' sur les campus",
www.upjf.org/documents/showthread.php?s=&threadid=5412


[Texte aimablement transmis par Posy McMillen, Fort Worth, USA.]

Mis en ligne le 20 décembre 2003 sur le site www.upjf.org