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Menahem Macina

Abattre les chiens enragés, Menahem Macina
21/04/2004

21/04/04



© Cliché Atef Hassan/Reuters)



Un attentat de grande ampleur à la voiture piégée a fait au moins 68 morts et une centaine de blessés dans un attentat de grande ampleur visant plusieurs postes de la police irakienne, à Basora, dans le sud de l'Irak.

Selon les plus récentes dépêches de presse, au moins 10 policiers irakiens auraient été tués. Ce qui donne à penser que les 58 autres victimes sont des civils.

D'ores et déjà on connaît le nombre d'enfants tués dans le minibus qui les emmenait à l'école : 18.

18 jeunes vies irakiennes qui ne connaîtront jamais la joie de vivre dans leur pays libéré.

Pour l'heure, l'Irak est en proie aux dernières convulsions de mouvements fanatiques qui, sentant leur fin prochaine, massacrent sadiquement leurs concitoyens, hommes, femmes, enfants et vieillards.

Au-delà de la peine que j'éprouve pour ces jeunes morts et pour leurs parents, je ne puis m'empêcher de crier – même si mon cri est dérisoire : Jusques à quand laissera-t-on impunis ces crimes, au prétexte que nous sommes des démocrates et respectons le droit international ?

Je suis un ami des bêtes et je m'oppose à ce qu'on les fasse souffrir et les abatte sans raison. Pourtant, je n'hésiterais pas un seul instant à abattre un chien enragé.

Or, c'est à quelques milliers (voire quelques centaines) de chiens enragés que l'on a affaire dans ce malheureux pays. Si l'on ne réussit pas à les capturer, ou s'ils refusent de se rendre, il faut les abattre sans pitié, comme Israël l'a fait de ceux qui massacraient ses citoyens ou incitaient d'autres à le faire.

Aucune foi, aucune cause au monde ne peuvent justifier de tels crimes, surtout lorsqu'ils sont perpétrés à l'encontre de civils et d'enfants.

Il est clair pour tous les observateurs lucides, que les déchaînements récents de violence en Irak n'ont qu'un but : plonger le pays dans le chaos et la peur afin de favoriser l'accession au pouvoir d'un pouvoir islamiste violent et sans pitié.

Depuis des mois, ces meurtriers frappent les forces de la coalition, et le chœur des journalistes prétendument vertueux nous explique régulièrement qu'il est normal que "la population du pays" se révolte contre "l'occupant".

Qu'ont-ils à dire aujourd'hui quand ce sont exclusivement des Irakiens qui sont assassinés ? Prétendront-ils comme cet Irakien hystérique, vu au journal télévisé, que c'est à cause de la présence de troupes d'occupation occidentales que ces civils irakiens sont frappés ?

En réalité, il est clair que le but poursuivi est de faire partir les seules forces qui empêchent les fanatiques de prendre le pouvoir par la force.

Il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre la guérilla irakienne, qui massacre ses concitoyens sans distinction, et celle du GIA algérien, qui sema la terreur durant plus de 10 ans, torturant et exécutant de manière horrible des populations civiles qui leur étaient pourtant acquises idéologiquement, et ce pour des motifs divers, allant du plus infime soupçon de trahison, au simple manque de motivation…

La ressemblance de mode opératoire - à cette différence près que les explosifs ont remplacé les armes légères, les sabres et les poignards – prouve, s'il en était besoin que ces assassins n'ont pas besoin, pour massacrer, de motifs politiques ou idéologiques (par exemple, en Israël : 'l'occupation', en Irak, les forces de la coalition, etc.), car l'essentiel est de faire régner une terreur tellement paralysante que les terrorisés aideront leurs bourreaux à prendre le pouvoir, ne serait-ce que pour être eux-mêmes épargnés.

Quoi qu'il en soit, en ce triste jour, une soixantaine de civils ont été massacrés et parmi eux 17 jeunes filles déchiquetées et brûlées vives dans le minibus qui les emmenait à l'école.



© Cliché AP Photo/Nabil Al-Jurani


Tout était si calme à Bassorah depuis des mois. Il était 7h 30 du matin. Il faisait beau…

Mondo cane !

Menahem Macina

© upjf.org


Mis en ligne le 21 avril 2004 sur le site www.upjf.org