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Christianisme

Un cardinal de Curie a pitié de Saddam et critique les Etats-Unis
17/12/2003

WorldNetDaily, 16 décembre 2003

[Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org.]
Original anglais : www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=36168

Selon un membre de la haute hiérarchie vaticane * ceux qui ont arrêté l'ex-dictateur l'ont traité comme un animal.

[Ce prélat catholique tombe sous le coup de la parole matsdiq rasha - 'celui qui justifie le scélérat' (Proverbes 17, 15). Comment un homme d'Eglise de ce rang peut-il exprimer sa pitié pour ce tyran, assassin impitoyable et pervers de son peuple, et n'avoir pas même un mot de compassion pour ses victimes? C'est une honte... Menahem Macina.]

Voir toutefois la mise en situation de ces propos, après la traduction de l'article de WND.


Un membre de la haute hiérarchie vaticane [il siège à la tête de la Commission "Justice et Paix", au Vatican, NDLD d'upjf.org] a déclaré avoir ressenti de la compassion pour Saddam Hussein en regardant la vidéo du dictateur irakien déchu en captivité ; il estime que les Etats-Unis l'ont traité comme un animal.

Selon la BBC, le cardinal Renato Martino, l'un des principaux opposants à la guerre en Irak, a déclaré avoir éprouvé de la compassion en voyant les images de "cet homme détruit [tandis que les militaires] examinaient ses dents comme s'il était une bête".


Saddam Hussein prisonnier des Américains


Un officiel américain de haut rang a défendu la vidéo en disant qu'il n'y avait là aucune tentative d'humilier Saddam, et arguant que la diffusion d'un examen médical subi par un prisonnier est permise, aux termes des Conventions de Genève pour le maintien de la paix et de la sécurité.

Mais Martino a affirmé que les États-Unis "auraient pu nous épargner ces images".

"En le voyant ainsi, dans sa situation tragique, et malgré la lourde culpabilité qui est la sienne, j'a ressenti de la compassion envers lui", a-t-il dit à des journalistes, selon la BBC.


Le cardinal Renato Martino


Le cardinal a qualifié l'arrestation de "développement décisif", mais a affirmé qu'il serait "illusoire" de croire que cela "remédiera aux drames et aux dommages" causés par la guerre.

Selon Catholic World News, ces commentaires sont intervenus au moment où la police italienne réagissait à un avertissement selon lequel le Vatican pourrait devenir la cible du réseau terroriste Al-Qaida durant la période de Noël. L'avertissement provient des services de renseignements du Mossad israélien. Parmi les précautions prises, figure la fermeture, chaque nuit, de la principale voie d'accès au Vatican - la rue de la Conciliation.

Le Vatican a été un ferme adversaire de la campagne américaine en Irak.

Un envoyé du Vatican, qui avait rencontré le Président Bush, le 6 mars, juste avant le déclenchement de la guerre, déclarait avoir transmis, "clairement et avec force", un message du pape Jean-Paul II, selon lequel une guerre contre l'Irak serait un "désastre".


Le cardinal Renato Martino à la Conférence des Nations unies, en 1998


"Vous pourriez la commencer et ne pas savoir comment la finir", avait dit le cardinal Pio Laghi, après une rencontre d'une demi-heure à la Maison Blanche. "Ce sera une guerre destructrice de vies humaines. Ces gens qui souffrent déjà, en Irak, seront dans une situation vraiment dramatique".

Laghi, ancien ambassadeur du Vatican près les Etats-Unis et ami de la famille Bush, avait affirmé que les Etats-Unis ne devraient pas entreprendre une action contre l'Irak sans l'accord des Nations unies.

"Ce sera une guerre américano-irakienne, et ce n'est pas la bonne manière de procéder, puisque le gouvernement des Etats-Unis a fait appel aux Nations Unies", avait-il dit. "Attendons que les Nations unies donnent leur feu vert dans un sens ou dans l'autre."


© 2003 WorldNetDaily.com pour l'original anglais, et upjf.org pour la traduction française.

[Texte aimablement communiqué par Posy McMillen, Fort Worth, USA.]

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Noter la mise au point de InfoCatho

infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmilletroissem/semaine51/23nx51eglisei.htm

17.12.03 - "Justice et Paix" et l'arrestation de Saddam Hussein.

S'il convient "d'être content" de cette arrestation, la mise en scène des images de la capture de cet homme détruit, qui ont circulé dans le monde entier, aurait pu nous être épargnée.

C'est la première fois qu'un officiel du Saint-Siège réagissait à cette arrestation et à ses circonstances. Le 16 décembre, le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil "Justice et Paix" présentait oficiellement le message du pape pour la Journée Mondiale de la Paix. A l'issue de cette présentation, a été interrogé sur la prise de Saddam Hussein.

Pour lui, "ainsi finissent les dictateurs. Des responsabilités très lourdes pèsent sur ses épaules. Cela étant dit, vient ensuite un sentiment de compassion humaine. La mise en scène des images de la capture de cet homme détruit, qui ont circulé dans le monde entier, aurait pu nous être épargnée. Toute personne ayant des sentiments équilibrés doit le ressentir de la même manière que moi". "Personnellement j'ai eu de la peine en voyant cet homme détruit, traité comme une vache à laquelle on contrôle les dents", a dit Mgr Martino en marge de la présentation du message du pape Jean Paul II à l'occasion de la journée mondiale de la paix, le 1er janvier. "Je pense qu'on aurait pu nous épargner ces images."

Mgr Martino a été pendant de nombreuses années représentant du Vatican auprès de l'Onu. Il a également exprimé le voeu que cette arrestation et le procès qui devra "avoir lieu dans un lieu approprié puissent contribuer à la pacification et à la démocratisation de l'Irak". "Il me semble cependant illusoire de penser que cette capture puisse réparer tous les drames et les dommages causés par un conflit qui est toujours une défaite pour l'humanité", a-t-il dit.

Il a encore souhaité que cette capture, quoique "essentielle", n'ait pas "de pires et de brutales conséquences". "Elle ne signifie pas la solution complète du problème", a-t-il encore ajouté. La capture ne compense pas la guerre. A propos du procès de l'ancien dictateur, il n'a donné que peu d'indications, "car ce n'est pas au Saint-Siège de dire si le procès doit avoir lieu ici ou là". Le prélat a simplement affirmé qu'il doit se tenir "dans un lieu approprié" et souhaité qu'il contribue "à la pacification et à la démocratisation de l'Irak".

Il s'est par ailleurs exprimé sur la recommandation faite aux Nations Unies de revoir leur mode de fonctionnement en lien avec la lutte contre le terrorisme. Il a insisté sur le fait que Kofi Annan lui-même avait souhaité "réfléchir aux menaces et aux défis à affronter au XXIe siècle" et étudier les règles et les administrations afin de voir si elles "ne devaient pas être adaptées".

... "Le terrorisme est une plaie. On peut éliminer un, 10 ou 10'000 terroristes, mais si l'on ne combat pas ce qui est à la racine de leurs motivations, ils se renouvelleront toujours".

Mgr Martino a ajouté qu'il convient "d'être content" de cette arrestation et a exprimé le voeu qu'elle n'ait pas "de retombées négatives" sur le règlement de la crise au Proche-Orient. La cardinal italien a formulé ces remarques au cours de la conférence de presse de présentation du document de Jean Paul II qui condamne l'usage de la force comme unique instrument de lutte contre le terrorisme mais soutient les sanctions contre les gouvernants coupables de violations des droits de l'Homme.

(source : vis)

[Texte aimablement transmis par Cl. Almeiras.]

Mis en ligne le 17 décembre 2003 sur le site www.upjf.org