Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Etats du monde
Etats-Unis

Visa US révoqué: Ramadan n'a pu donner cours à ND
24/08/2004

[Sur les circonstances de la promotion de cet universitaire islamique contesté, au sein d'une grande université catholique américaine, se reporter à l'article de Michel Gurfinkiel, "Ramadan au coeur de l'Eglise". Menahem Macina.

24/08/04

Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org.

Texte original : www.wishtv.com/Global/story.asp?S=2213696&nav=0Ra7QBjy


South Bend - Le Département d'Etat a révoqué le visa accordé à un universitaire islamique qui devait commencer son enseignement, cette semaine, à l'université de Notre Dame (USA).

Une porte-parole du Département d'Etat a déclaré que le visa de Tariq Ramadan a été révoqué à la demande du Département de la Sécurité Intérieure Nationale.

Elle a précisé que, pour obtenir un visa de travail, les impétrants doivent répondre aux exigences, et que l'employeur éventuel doit s'en porter garant. Elle a refusé de donner plus de détails.

Ramadan devait enseigner au Kroc Institute de Notre Dame. Les cours commencent aujourd'hui.

© Associated Press pour l'original anglais, et upjf.org pour la version française.

----------------

Les États-Unis annulent le visa d'un universitaire musulman, T. Coyne

www.guardian.co.uk/worldlatest/story/0,1280,-4448283,00.html

SOUTH BEND, Indiana (AP) - Agissant à la requête du Département de la Sécurité du Territoire, le gouvernement des États-Unis a annulé le visa de travail d'un universitaire musulman qui devait enseigner à l'Université de Notre Dame, cet automne.

Tariq Ramadan, citoyen suisse qui est critiqué pour ses liens avec des militants islamistes et pour des déclarations dénoncées comme antisémites, était censé commencer son enseignement le premier jour de ce semestre.

La porte-parole du Département d'État, Kelly Shannon, a cité le Décret sur l'Immigration et la Nationalité, dont une partie traite des étrangers qui utilisent « une position en vue, dans quelque pays que ce soit, pour approuver ou soutenir une activité terroriste. » Une autre section du dit Décret interdit l'accès aux étrangers dont l'entrée [sur le territoire] peut avoir « des conséquences potentiellement graves à l'encontre de la politique étrangère des États-Unis. »

Ces deux sections ont été modifiées conformément au USA Patriot Act [Décret patriotique américain] promulgué après les attaques du 11 septembre [2001].

Shannon n'a pas d'emblée dit si l'une ou l'autre section s'appliquait au cas de Ramadan.

« Nous ne voyons pas pour quelle raison l'une ou l'autre devrait s'appliquer à Tariq Ramadan, a déclaré Matt Storin, porte-parole de Notre Dame. C'est un universitaire distingué, une voix modérée au sein du monde musulman. »

Selon Kelly Shannon la décision a été prise sur demande du Département de la Sécurité du Territoire.

Notre Dame avait engagé Ramadan au début de cette année comme professeur pour la chaire Henry B. Luce de "religion, conflit et promotion de la paix" à l'institut Kroc pour les études internationales en faveur de la paix.

Tariq Ramadan est resté en Suisse, et Matt Storin a indiqué qu'il lui adresserait un message pour lui demander son commentaire.

Ramadan a enseigné à l'université de Genève et à l'université de Fribourg, toutes deux en Suisse, et s'est acquis une audience populaire parmi les musulmans européens en montrant comment les valeurs islamiques sont compatibles avec celles de la société européenne laïque.

« Il a défini de multiples manières ce que signifie être un musulman européen, a indiqué Muqtedar Khan, un chercheur en sciences politiques de l'Université Adrian, dans le Michigan. Il n'a fait qu'essayer de combler le fossé entre les cultures. »

Par contre, la spécialiste en terrorisme, Yehudit Barsky, de l'American Jewish Committee, a accusé Ramadan de tenter de conférer une légitimité aux militants islamistes. « Nous nous serions attendus à ce que l'université fasse preuve de plus de prudence par rapport à sa venue » a-t-elle affirmé au cours d'une récente interview.

© Tom Coyne et upjf.org pour la version française.

----------------

L'annulation de son visa empêche un universitaire musulman de venir enseigner à Notre Dame
www.southbendtribune.com/breakingnews/posts/1533.html

SOUTH BEND — Tariq Ramadan, universitaire musulman internationalement reconnu, est supposé commencer cette semaine un cours à l'université Notre Dame.
Au lieu de cela, il est chez lui, en Suisse, dans l'espoir de récupérer son visa qui a été révoqué par le Département [américain] de la Sécurité du Territoire.
C'est le dernier épisode des aventures de Ramadan, considéré comme un musulman modéré par les uns et comme un islamiste extrémiste par ses adversaires.

« Nous sommes profondément déçus et embarrassés » a déclaré mardi Matthew Storin, porte-parole de Notre Dame.

Les dirigeants de l'université ont été avertis depuis deux semaines environ que Tariq Ramadan avait un problème de visa, mais ont supposé qu'il ne s'agissait que d'un malentendu, a-t-il expliqué.

« Ce n'est que plus récemment qu'il nous est apparu que ce n'était pas qu'une erreur » a dit le porte-parole, ajoutant que l'université n'avait pas été informée des motivations de l'administration.

Aucun interlocuteur n'était immédiatement joignable mardi matin au Département d'État américain pour commenter la révocation de ce visa.

Les officiels de l'université restent optimistes quant à trouver quelque arrangement qui permette à Tariq Ramadan de venir aux États-Unis occuper son poste universitaire.

Notre Dame avait annoncé au début de l'année avoir engagé Tariq Ramadan comme professeur pour la chaire Henry B. Luce de "religion, conflit et promotion de la paix" à l'institut Kroc pour les études internationales en faveur de la paix. Il s'agit d'un poste de titulaire à plein temps.

Les reproches d'extrémisme islamiste adressés à Tariq Ramadan sont sans fondement, a affirmé R. Scott Appleby, directeur de l'institut Kroc.

« Nous le considérons comme un musulman modéré et non comme un extrémiste, a plaidé M. Appleby. Il ne se fait pas l'avocat de la violence ou de l'antisémitisme. »

Tariq Ramadan critique parfois les politiques américaine ou israélienne, mais aussi les actions de pays islamiques comme l'Arabie saoudite, a rappelé M. Appleby.

Un cours est planifié pour ce semestre, un séminaire de la faculté des Arts et des Lettres intitulé "Introduction à l'éthique islamique."
Un autre professeur sera affecté à cet enseignement, en espérant que Tariq Ramadan obtiendra son visa et sera prochainement en mesure d'assumer ses fonctions ici, a souhaité Scott Appleby.

Faire venir à Notre Dame un intellectuel comme lui est important, a insisté M. Appleby, car « notre pays, nos étudiants et nos dirigeants politiques ont besoin de mieux comprendre l'Islam — pas seulement d'un point de vue scolaire, mais avec une vue d'ensemble du monde islamique par rapport aux problèmes contemporains. »

En avril, Time magazine a cité Tariq Ramadan dans sa liste des 100 personnalités les plus influentes dans le monde. Le magazine l'avait classé parmi les "scientifiques et penseurs."

© South Bend Tribune et upjf.org pour la version française.


[Information et textes anglais aimablement communiqués par P.A.H, que nous remercions chaudement ici.]

Mis en ligne le 24 août 2004 sur le site www.upjf.org.