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Israël (Société - mentalités)

Cour suprême d'Israël autorise la projection du film 'Djénine Djénine'
11/11/2003

[Celles et ceux qui fréquentent régulièrement notre site savent que nous n'avons pas coutume de publier des textes qui déforcent l'Etat d'Israël et ses institutions. Nous avons cru devoir faire une exception pour cette libre opinion, parce qu'elle émane d'un juriste israélien, et parce que nous estimons que son cri doit être entendu. Menahem Macina.]

Un jour noir pour la démocratie israélienne

« Rends-nous nos juges comme autrefois…
Eternel, qui aimes la justice dans le jugement »
(Rituel quotidien [qui paraphrase Isaïe 1, 26])


La décision de la Cour suprême - fleuron de la démocratie israélienne - d'autoriser la projection du film de propagande « Djénine Djénine », de Mohammad Bacri, n'est pas seulement une insulte aux soldats de Tsahal qui ont combattu à Djénine et à leurs familles. C'est une nouvelle fissure dans la défense de l'Etat d'Israël contre ses ennemis de l'intérieur et de l'extérieur, et une nouvelle brèche dans les murailles de Jérusalem, que les juges de la Cour suprême viennent de créer par leur décision.

Le film de Mohammad Bacri, tout le monde s'en souvient, fait partie de la campagne de propagande lancée par les ennemis d'Israël après l'opération «Rempart », en avril 2002. Ce film reprend les accusations de « massacres », et de « crimes contre l'humanité », proférées contre l'Etat juif, et propagées par de très nombreux médias dans le monde entier. La commission israélienne de contrôle des films avait décidé d'interdire la projection de ce film - mesure sans précédent, justifiée par le caractère outrancier et grossièrement mensonger du film de Bacri et par le contexte de propagande internationale contre l'Etat juif. Dans de nombreux pays, et notamment en France, les amis d'Israël avaient durement bataillé pour empêcher que ce film de propagande ne soit diffusé sur des chaînes de télévision publiques, et qu'il ne verse encore de l'huile sur le feu ni n'incite à de nouvelles violences antijuives. Ils avaient obtenu gain de cause dans plusieurs cas.

Or, voilà que les juges de Jérusalem, au nom d'une conception très libérale de la liberté d'expression, inspirée de la jurisprudence américaine, viennent d'annuler la décision de la commission de contrôle des films, et d'autoriser la projection en Israël de ce film de propagande. Cette décision s'inscrit dans le droit fil d'une jurisprudence marquée par la doctrine de « l'activisme judiciaire », développée par le juge Aharon Barak, qui soumet tous les pouvoirs en Israël à l'autorité de la Cour suprême. Les réservistes présents dans la salle d'audience se sont émus à juste titre de cette décision, qui porte atteinte à l'honneur de Tsahal et à la mémoire de leurs camarades tombés à Djénine, accusés, dans le film de Bacri, de s'être comportés comme des nazis… Une fois de plus, la Cour suprême vient de donner raison aux ennemis intérieurs de l'Etat d'Israël, au nom de principes abstraits totalement coupés des réalités du monde qui nous entoure. Refusant à la commission de contrôle des films le droit de juger si le film de Bacri était mensonger ou non, la Cour suprême a, en fait, donné un blanc-seing à tous les ennemis de l'Etat juif, pour continuer leur travail de sape de la démocratie israélienne.

Plus grave encore, par cette décision, les juges éminents de Jérusalem ont, sans le vouloir évidemment, donné des armes aux ennemis d'Israël à travers le monde, qui ne manqueront pas de se référer à cette décision pour poursuivre leur campagne de diabolisation d'Israël et des Juifs… Ainsi, au nom de la liberté d'expression et des grands principes « éclairés » de la démocratie, les juges de la Cour suprême, enfermés dans leur tour d'ivoire, ont – hélas ! - encouragé les « incendiaires des esprits » à continuer leur campagne de haine…

P. Lurçat, avocat
Jérusalem

© upjf.org

Mis en ligne le 11 novembre 2003 sur le site www.upjf.org