Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Christianisme

Destitution du patriarche grec de Jérusalem, Irénéos 1er
11/05/2005

10/05/05

Information reprise de "Un écho d'Israël".


Pour comprendre la genèse de l'affaire, rappelons les termes d'une dépêche antérieure de "Un écho d'Israël" : «Le patriarche Irénéos Ier est accusé d'avoir vendu à des investisseurs juifs étrangers des biens et des terrains détenus par sa communauté dans la vieille ville de Jérusalem annexée par Israël en 1967. Deux fameux hôtels situés porte de Jaffa, l'Imperial et le Petra, font partie de la transaction menée en sous main par des groupes juifs religieux américains désireux de judaïser la ville sainte […] À Jérusalem comme dans le reste des Territoires occupés, la cession de terre à des acheteurs juifs est considérée comme un acte de haute trahison.» Par ailleurs, il se pourrait que nous assistions ici au dernier épisode d'une lutte interne féroce entre deux tendances, au sein du patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem : l'une, pro-israélienne, réprésentée par Irénée 1er, l'autre, anti-israélienne, ou, à tout le moins nationaliste palestinienne, dont l'archimandrite Hanna Attalah [1] est un représentant notoire, comme en témoignent ses déclarations passées et les réactions qu'elles ont suscitées. Menahem Macina.


Vendredi 6 mai au soir, les agences de presse ont annoncé «la fuite» du patriarche grec-orthodoxe Irénéos 1er de son siège patriarcal de Jérusalem. Un représentant de l'Eglise orthodoxe a par ailleurs annoncé que «le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe grecque de Jérusalem a révoqué, vendredi, le patriarche Irénéos 1er». Ce dernier a été informé de sa destitution par un document signé par les deux-tiers des membres du Saint-Synode, même si, à strictement parler, le document n'a aucune valeur juridique.

Le Saint-Synode a nommé un triumvirat temporaire en la personne des métropolites Ischios (qui a présidé hier au Saint Sépulcre), Basilius et Cornélius, jusqu'à l'élection d'un nouveau patriarche. A la faveur d'une sortie d'Irénéos du patriarcat, des clercs ont fermé les portes du lieu et l'archimandrite Attalah Hanna a déclaré que le patriarche Irénéos 1er avait quitté le patriarcat et que personne ne sait où il se trouve.

En fait, il s'était réfugié dans le monastère de la vallée de la croix. Quelques heures plus tard, Irénéos est revenu au patriarcat, escorté par de nombreux policiers israéliens. Il devrait quitter prochainement Jérusalem pour une destination encore inconnue.

Lors des offices, hier, au Saint Sépulcre, le nom d'Irénéos n'a pas été mentionné dans la liturgie.

Le porte-parole du patriarcat grec-orthodoxe, Aristarchos, affirme que la destitution d'Irénéos 1er n'est pas liée à la vente de propriétés à des Juifs, mais à une "mauvaise gestion, un manque de transparence et de la tromperie."

Le matin de ce jour dramatique, Maariv et Yediyot étaient revenus sur l'affaire des ventes de propriétés de l'Eglise grecque orthodoxe à des Juifs par le patriarche Irénéos 1er. Selon Maariv, le patriarche grec-orthodoxe serait sur le point d'être destitué, alors que, pour Yediyot, on pouvait déjà considérer qu'il était destitué de ses fonctions. (Voir : Le patriarche orthodoxe a bien vendu des propriétés à des Juifs américains.)

L'émotion reste toujours aussi vive chez les chrétiens, et plus les révélations de la presse se font précises, plus le peuple fait pression sur le haut clergé orthodoxe, qui, il y a une semaine encore, soutenait majoritairement le patriarche Irénéos 1er. Hier, jeudi 5 mai, alors que les orthodoxes sont en pleine octave pascale, treize évêques et vingt-cinq archimandrites ont annoncé que, dorénavant, le patriarche serait "persona non grata" et qu'ils ne reconnaissaient plus son autorité. Dans un communiqué publié à Jérusalem, les 38 dignitaires ont annoncé avoir décidé de "destituer Irénéos Ier de ses fonctions de patriarche grec-orthodoxe en Terre Sainte, de ne plus traiter avec lui et de le considérer comme persona non grata à l'Eglise". Une décision formelle de révoquer Irénéos 1er relève uniquement du Saint-Synode qui ne peut être convoqué que par le patriarche lui-même...

Selon un communiqué de l'AFP, le Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem a entamé des démarches pour annuler la vente controversée de bâtiments dans la Vieille ville à des investisseurs juifs étrangers. "Nous avons été sollicités par le Patriarcat et par le Patriarche Irénéos Ier pour examiner l'existence de cette transaction, révélée par la presse, mais qui n'est pas prouvée, et la faire annuler le cas échéant", a déclaré à l'AFP, l'avocat Guilad Sher, dont le cabinet gère nombre de dossiers du Patriarcat depuis l'été 2002. Guilad Sher qui fut conseiller du Premier ministre Ehud Barak est directement impliqué dans les affaires des ventes et de locations. Ce dernier estime d'ailleurs que la vente n'est pas avérée. Il faut s'attendre à ce que la justice israélienne soit saisie rapidement de ce dossier dans le cadre d'une procédure comparable à un référé.

Au patriarcat orthodoxe, on explique que cette vente a été faite pour prouver aux Israéliens que Irénéos 1er n'est pas un proche de l'OLP. En effet, le gouvernement d'Israël fut le dernier à reconnaître la légitimité du patriarche, car certains ministres craignaient qu'il vende des terrains ou des propriétés de Jérusalem-est à l'Autorité Palestinienne. Irénéos 1er avait été élu patriarche orthodoxe en septembre 2001.

© Afiq.net.

----------------------------

Note de la Rédaction d'upjf.org

[1] Sur les agissements très anti-israéliens de l'archimandrite Hana Attalah, voir :
----------------------------

Mis en ligne le 11 mai 2005, par M. Macina, sur le site www.upjf.org.