Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Etats du monde
Etats-Unis

La presse israélienne et la victoire de Bush
04/11/2004

04/11/04

Publiée par l'Ambassade de France en Israël

www.ambafrance-il.org/diplomatie/revuepresse.php?id=2705&rub=3

Tendance

"Bush est bon pour Israël" – c'est par ce titre publié aujourd'hui dans le Yediot Aharonot que l'on peut résumer le sentiment de la presse israélienne au lendemain de la réélection du Président G. W. Bush. Les journaux pensent en effet que ce dernier partage les mêmes préoccupations que le Premier ministre Sharon, s'agissant du terrorisme ou de la menace iranienne, tout en estimant probables des pressions ultérieures de la part de la Maison-Blanche. Le Président américain va certes "soutenir les opérations militaires dans les Territoires et le plan de désengagement, note ainsi le Haaretz, mais exigera le respect des engagements israéliens, notamment sur le gel de la colonisation et le démantèlement de colonies illégales". Le Yediot va même jusqu'à craindre qu'Israël soit sacrifié sur l'autel de la réconciliation Etats-Unis/Europe.

Au plan intérieur, les journaux notent le vote, hier, à la Knesset, "par 64 voix contre 44 et 9 abstentions", de la loi sur l'indemnisation des colons, à qui pourront être versées des sommes variant de "350 000 à 750 000 dollars par famille". La chance n'a pas souri à Ariel Sharon dans tous les domaines, remarquent les journaux, puisque ne disposant pas d'un soutien suffisant au Parlement, le Premier ministre a décidé de reporter d'une semaine le vote de la loi de finances 2005, après concertation avec B. Netanyahu.

Enfin, les médias consacrent également plusieurs articles à l'état de santé de Yasser Arafat, dont les médias annonçaient ce matin une "sérieuse aggravation".


La victoire de Bush

La presse israélienne se félicitait jeudi de la réélection du président George W. Bush à la Maison-Blanche tout en estimant que la «deuxième mouture» serait moins conciliante avec Israël. «L'ami reste en place», titrait ce matin le quotidien populaire Maariv, dont l'éditorialiste estime que «le président du monde» a été élu grâce à une puissante mobilisation des fervents chrétiens américains.

"Bush est bon pour Israël", écrit de son côté le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, qui couronne «le Roi George». «Pour Ariel Sharon», souligne le journal, «la victoire de Bush est une bonne nouvelle, pour Israël et pour tout le Proche-Orient». «Comme le Premier ministre israélien, George.W. Bush lutte sans compromis contre le terrorisme ; comme lui, il s'inquiète de la menace iranienne et s'efforcera vraisemblablement de faire en sorte que ce problème soit traité par le Conseil de sécurité de l'ONU, pour que ce dernier impose des sanctions économiques à Téhéran.

«Le président américain est le plus amical qu'ait connu Israël depuis sa création et il s'impliquera davantage dans le processus de paix», ont indiqué des responsables politiques israéliens tout en estimant que George. W. Bush critiquera Sharon sur la construction dans les Territoires occupés.

Selon le quotidien de tendance gauche libérale Haaretz, «Sharon peut achever tranquillement la mise en œuvre de son plan de désengagement jusqu'à la fin 2005». «Le président Bush», écrit le commentateur du journal, «va continuer à soutenir les opérations militaires israéliennes dans les Territoires et le plan de désengagement». «En revanche», souligne le journaliste, «George W. Bush exigera de Sharon le respect de ses engagements concernant le gel de la colonisation et le démantèlement des colonies illégales en Cisjordanie.»

«S'il rompt ses promesses», estime pour sa part le Yediot, «le sourire de Sharon pourrait disparaître rapidement.». «Le Premier ministre israélien pourrait pour la première fois être la cible de fortes pressions exercées par le Maison-Blanche. Le G. Bush "deuxième mouture" n'est plus tenu par le vote juif et s'investira davantage au Proche-Orient», estime le journal. Des responsables politiques cités par le journal sous couvert de l'anonymat, redoutent que le Président américain souhaite rétablir ses relations avec l'Europe et le monde arabe, avoir un peu la paix en Irak et tout cela sur le compte d'Israël. Ariel Sharon, affirment-ils, sera peut-être tenu de verser une part du tribut que Bush sera prêt à donner aux Européens, pour qui son premier mandat était un "véritable cauchemar" et qui devront passer quatre nouvelles années à ses côtés.

Pour l'éditorialiste du Maariv, «il faut garder en mémoire que le roman d'amour entre George W. Bush et Ariel Sharon n'a débuté qu'au lendemain du 11 septembre et de l'affaire du Karin A, après que le président américain eut à plusieurs reprises menacé et pointé du doigt le Premier ministre israélien.» «Tout au long de son premier mandat, George.W. Bush a planifié sa réélection, en sachant que pour être reconduit, il avait besoin des voix et de l'argent des Juifs américains. A présent, George.W. Bush va chercher à entrer dans l'histoire. Et pour ce faire, il devra quitter l'Irak avec les honneurs, vaincre le terrorisme, et apaiser l'Amérique. Ces objectifs, il ne pourra vraisemblablement pas les atteindre seul. Bush devra donc se réconcilier avec la communauté internationale, satisfaire les Européens, et prouver au monde arabe qu'il n'est pas parti en croisade. Coût de l'opération : le président des Etats-Unis sera contraint d'exercer de lourdes pressions sur Israël», est-il noté.
«Reste qu'au-delà de ces considérations, il y a George W. Bush l'homme», écrit le quotidien. «Le fermier texan rugueux, l'évangéliste, le shérif qui sait clairement distinguer le Bien du Mal, le noir du blanc, le terrorisme de ses victimes ; celui-là hésitera à porter atteinte à Israël.»

Dans son éditorial, le Yediot se demande «pourquoi les échecs de Bush, qui n'a pas su gérer la nation américaine (hausse du chômage, déficit important de la balance commerciale et du budget, fossé grandissant entre riches et pauvres), n'ont pas entraîné sa défaite ». «Deux millions d'électeurs, indécis, hésitaient entre les deux candidats parce que, depuis le 11 septembre 2001, ils ont le sentiment que les Etats-Unis défendent leur peau. La grande majorité des gens ont besoin alors de simplicité, et non pas de raisonnements alambiqués : ils veulent savoir qui est le méchant et cherchent les signes évidents qui leur permettent de distinguer entre les peuples éclairés et ceux des ténèbres», affirme le quotidien. «Les Etats-Unis ont opté pour le simplisme et n'ont peut–être pas tort : nous vivons une époque dont les défis ne permettent pas de procéder à des analyses subtiles.»

Ambassade de France en Israël

Mis en ligne le 04 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.