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Israël (Société - mentalités)

Les événements du Liban vus par la presse israélienne
01/03/2005

Extrait de la Revue de Presse Ambassade de France en Israël du 1er mars 2005
www.ambafrance-il.org/diplomatie/revuepresse.php?id=2882&rub=3



Les journaux israéliens saluaient, ce matin, la victoire de «l'autre Liban» qui a obtenu la démission du Premier ministre pro-syrien Omar Karamé. «Soulèvement au Liban», titre le quotidien de centre-droit Maariv, qui publie, en Une, la photo de la foule en liesse descendue dans les rues «fêter la victoire». «Ce qui avait commencé, il y a une quinzaine de jours, avec l'assassinat de Rafic Hariri au cœur de Beyrouth, s'est achevé hier sur la démission du Premier ministre pro-syrien, Omar Karamé», renchérit le journal.

«Bouleversement libanais», écrit, de son côté, le quotidien à grand tirage Yédiot Aharonoth, qui relève que, «pour la première fois dans l'histoire du monde arabe, un gouvernement a démissionné après avoir cédé aux pressions des manifestants».

Optimistes, les médias estiment qu'il s'agit d'un premier pas vers la fin de l'occupation syrienne. «L'histoire du monde arabe se souviendra du 28 février 2005 comme du jour de la «révolution blanche», note le Yédiot.

Cité par ce quotidien, le directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien, Ron Prossor, a déclaré, de son côté, qu'Israël «espère à présent que le Liban se libèrera du joug syrien et de celui du Hezbollah. Nous espérons que ce processus conduira à l'indépendance du Liban et à la signature d'un accord de paix avec Israël».

Plus prudent, l'éditorialiste du journal révèle que, dans les milieux sécuritaires israéliens, certains doutent qu'un retrait syrien du Liban soit une bonne nouvelle pour Israël. «Le Liban est un pays aux multiples clivages démographiques, et nous avons une triste expérience de cette instabilité», écrit le journaliste.

Sur le même ton, l'orientaliste Gaï Bechor parle d'un «séisme», tout en estimant que les Libanais «ne sont pas certains de s'être définitivement débarrassés du joug syrien».

Le commentateur du Maariv estime qu'il «manquait, dans les manifestations de rue, hier à Beyrouth, une grande pancarte avec l'effigie du président américain G.W. Bush». Selon le journal, «une ligne droite mène de la démission du Premier ministre libanais pro-syrien, Omar Karamé, à la 'politique de force' du chef de la Maison-Blanche, visant à promouvoir la démocratie au Moyen-Orient. Cela a certes demandé un peu plus longtemps que ne l'imaginaient Bush et ses collaborateurs faucons. Mais, 2 ans après l'invasion de l'Irak, la Maison-Blanche peut déjà enregistrer un certain nombre d'événements qui paraissaient comme inimaginables dans cette partie du monde :

  • Les anciens sujets de Saddam Hussein sont allés aux urnes en dépit du terrorisme et ont élu un parlement.
  • Chez nos voisins palestiniens, se poursuit une bataille publique pour assainir la vie politique et l'administration, et mettre à l'écart les fidèles de Yasser Arafat.
  • A Damas, l'opposition manifeste devant les caméras et exige avec colère du président Assad des réformes démocratiques.
  • Des milliers d'étudiants égyptiens, qui, pour la plupart, n'étaient pas nés quand Hosni Moubarak est devenu président, manifestent aujourd'hui en conspuant Moubarak et en exigeant qu'il quitte ses fonctions.
  • Et à Beyrouth, hier, pour la première fois dans l'histoire de la «oumma arabe», un gouvernement a donné sa démission sous la pression des manifestations de rue.
On trouvera des gens pour continuer à se moquer de G. Bush et de ses capacités à tenir les rênes du monde démocratique. Mais la vague créée en avril 2003, quand les statues de Saddam Hussein allèrent mordre la poussière sur les places de Bagdad, continue sa route avec la force d'un tsunami», conclut le Maariv.

© Ambassade de France en Israël

Mis en ligne le 02 mars 2005 sur le site www.upjf.org.