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Antisémitisme

Dieudonné vomit sa haine au Zénith
09/02/2005

« Petit rappel d'une info que certains d'entre vous ont peut-être reçue et qui doit nous inciter à savoir à quoi nous en tenir vis-à-vis de 'l'humoriste' Dieudonné, mais aussi de ses amis Djamel Debbouze, Daniel Prévost et Djamel Bouras... C'est purement abject, en particulier au lendemain de la Commémoration de la Libération du Camp d'Auchswitz ! J-M. C. [que nous remercions de nous avoir transmis ce texte]. »

Par Martin Perez, extrait du n° 872 d'Actualité Juive

Pour la dernière de son spectacle, devant cinq mille spectateurs survoltés, 'l'humoriste' a fait d'Israël et des juifs sa principale cible.

Dieudonné a réussi son double pari : remplir le Zénith de Paris pour la dernière parisienne de son spectacle, "Mes Excuses", avant de partir en tournée en province et en Belgique. Et transformer la soirée en meeting politique antisioniste, durant lequel les noms de nombreuses personnalités juives ont été copieusement sifflés et hués par la foule.

« Je m'excuse, Ô Peuple élu ! », c'est sur le ton de l'ironie que l'artiste débute son one man show en forme de long plaidoyer. Deux heures durant, il revient sur le sketch du Juif orthodoxe faisant le salut nazi, diffusé sur France 3 en décembre 2003, lors de l'émission « On ne peut pas plaire à tout le monde », et qui avait suscité le scandale que l'on sait. « J'ai bien senti qu'il y avait comme un malaise » raconte-t-il, hilare, face au public, « Fogiel a fait sa petite chatte, il a eu une descente d'organes. » Rires dans la salle, les cinq mille spectateurs conspuent l'animateur, Dieudonné poursuit : « Dans ce pays, dès que tu parles un peu d'Israël, tu as intérêt à t'accrocher. Tu mets les pieds dans une zone interdite, parce qu'on est en France, parce qu'il y a eu la guerre, parce qu'il y a eu (Il feint une hésitation) parce qu'il y a eu la Shoah ! » - Il prononce le mot en chuchotant et se retourne en jetant des regards inquiets. « Je regarde toujours par derrière, car les sionistes c'est toujours dans le dos qu'ils t'attaquent. »

Toujours ironique, le comique raconte la campagne de boycottage dont il a fait l'objet : « J'ai compris que j'avais fait une grave erreur. Dans ce pays, si un artiste veut réussir, s'il veut être diffusé dans la grande distribution, il doit faire du Brue l » (A nouveau les cris, les huées), vous savez, Maurice, celui qui a changé de nom. Remarquez, c'est son problème». Dès qu'une personnalité juive est citée, le public démarre au quart de tour. Il faut dire que Dieudonné chauffe la salle : « BHL, ce philosophe milliardaire ! Ses milliards, il les a gagnés dans le commerce du bois précieux africain. Sur place les gens n'ont plus de bois ni de milliards. Il leur a tout volé. »

A propos de l'ostracisme dont il serait la victime : « Je suis interdit de télévision. Ardisson me l'a confirmé. Maintenant, c'est BHL, Finkielkraut et Bénichou qui parlent à ma place. »

Les personnages imaginaires, qui apparaissent sur scène, au fil des sketchs, n'échappent pas aux fantasmes de l'humoriste. Ainsi, l'infirmière blanche, catholique et raciste terrorisée par l'invasion des noirs dans les hôpitaux : « Je n'avais qu'un seul blanc dans mon service, le Pr Blumenthal : il me comprenait. »

Autre personnage campé par Dieudonné, le Pr Goldinekraut (rires dans la salle), intellectuel participant à un débat télévisé : « Ce soir, je ne m'exprimerai pas en tant que juif-pratiquant-laïc-athée (les rires repartent de plus belle), mais en tant que citoyen français traînant derrière lui 100 000 ans - que dis-je ! – 200 000 ans de douleur et de persécutions et de pogroms (tout le Zénith s'esclaffe). Je tiens à souligner l'ingratitude des nègres d'Afrique vis-à-vis du peuple élu. Nous leur avons tout apporté, Diderot, Montesquieu, Rousseau, qui, comme chacun sait, étaient tous juifs à 90 %... »

On l'a compris, on est très loin du simple spectacle comique. On est encore plus loin de la seule critique d'Israël. Tout au long du one man show, les dérapages se multiplient. La liste des sionistes qui travaillent à la télévision, que Dieudonné menace de révéler, les insultes, proférées pêle-mêle et de manière obsessionnelle, contre le CRIF, Elie Wiesel, les juifs, le complot juif, la haine des juifs à l'égard des noirs, le racisme des juifs, et tout y passe et rien ne lasse. Les spectateurs, ravis, en redemandent.

A la fin du spectacle, Dieudonné appelle trois personnes à venir le rejoindre. L'acteur Daniel Prévost, qui ne lui a, paraît-il, jamais ménagé son soutien. « Dieudo est le plus grand humoriste actuel », s'exclame Prévost, « c'est aussi le plus courageux. Il faut protester contre l'interdiction qui lui est faite de passer à la télévision. »

Deuxième vedette à monter sur scène, Djamel Debbouze qui, le visage masqué par une écharpe, fait mine de s'en prendre à Dieudonné : « T'as failli niquer ma carrière. Je tiens à me désolidariser publiquement. » Une fraction de seconde, à peine, on sent comme un flottement dans la salle. L'acteur retire son écharpe et se tourne vers le public : « Mettez-vous à ma place. Ce n'est pas vous qui avez été obligés d'aller vous farcir Drucker et Enrico Macias. » Rires et applaudissement. Rayonnant, Djamel conclut : « Dieudonné, c'est le meilleur d'entre nous. Il a les *******s de dire tout haut ce qu'on pense tout bas. »



  • Dernière guest-star à venir témoigner sa solidarité, le judoka Djamel Bouras : « Je tiens à remercier Dieudo, cet homme libre. J'espère que vous allez continuer à le soutenir. Il y a certaines puissances qui nous font beaucoup de mal. »

    Le dernier mot est pour Dieudonné. « Il est temps que les gens se lèvent et que nous soit rendue notre dignité. »


    Martin Perez, pour Actualité Juive

    Note de la Rédaction d'upjf.org

  • Voir "Trop Debbouze: L'odeur de la judéophobie sur scène"

    Mis en ligne le 9 février 2005 sur le site www.upjf.org.