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Christianisme

Le Pdt Katsav aurait accusé Mgr Sabbah de légitimer la terreur
17/01/2004

15/01/04

Titre complet : Jérusalem, Le président Moshe Katsav s'en prend au Patriarche latin de Jérusalem. Il accuse Mgr Sabbah de légitimer la terreur

[Pour relativiser ces propos, il faut tenir compte de l'origine de ce communiqué de presse : une agence catholique qui n'est pas particulièrement favorable à l'Etat d'Israël. Menahem Macina.]

Jérusalem, 15 janvier 2004 (Apic) Le président israélien Moshe Katsav s'en est pris vivement au chef de l'Eglise catholique de Terre Sainte. Recevant dans sa résidence une délégation d'évêques catholiques de plusieurs continents emmenée par le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, il a accusé ce dernier de "légitimer la terreur".
Saluant la délégation d'évêques catholiques de plusieurs continents venus manifester pour la troisième fois leur solidarité avec les chrétiens de Terre Sainte du 12 au 15 janvier 2004, le président Katsav a affirmé qu'Israël ne poursuivrait pas les négociations de paix avant que ne cesse la terreur palestinienne. Mgr Sabbah a estimé, pour sa part, que l'occupation israélienne était la cause de la terreur et que l'occupation devait cesser.

Très fâché qu'on argumente sur la cause de la terreur, Katsav a alors accusé le patriarche latin de Jérusalem de "légitimer la terreur". "En tant que chef spirituel, vous devez condamner la terreur de toute sorte", a-t-il lancé, avant d'affirmer que "Dieu ne pardonne pas le terrorisme".
"Est-ce que le meurtre d'une petite fille d'un an et d'une mère protégeant ses enfants est une guerre de libération? Cela ne peut qu'être appelé un carnage. Je comprends votre soutien au peuple palestinien. Vous en avez tout à fait le droit. Mais vous devez rejeter toute forme de terreur", a-t-il déclaré, d'après ce que rapporte jeudi le quotidien israélien Ha'aretz.


"Une des racines du terrorisme est l'occupation"

Mgr Sabbah a répondu qu'il s'opposait à tout bain de sang, tout en ajoutant que l'on ne pouvait pas fermer les yeux: "L'oppression de tout être humain, pour quelque raison que ce soit, est interdite. Nous devons combattre la terreur, mais la terreur a une raison".

Ce vif échange a surpris les évêques venus apporter leur contribution à la promotion de la paix et à la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens et entre juifs, chrétiens et musulmans au Proche-Orient. Il illustre cependant bien le fossé qui sépare les deux peuples en conflit.

Le patriarche Michel Sabbah n'a fait que répéter ce que dit inlassablement le pape Jean Paul II, à savoir que la lutte contre le terrorisme doit également prendre en compte l'élimination de ses causes. "Une des racines du terrorisme est l'occupation", a souligné le Patriarche latin de Jérusalem. Et de souligner que lui-même et d'autres chefs religieux s'engagent pour que les Israéliens puissent vivre en sécurité, "mais cela devrait aussi valoir pour les Palestiniens".


Les évêques dénoncent les effets dévastateurs du mur de sécurité israélien

Jeudi 15 janvier, à l'issue de quatre jours de visites et d'entretiens, la délégation des évêques catholiques d'Europe et des Amériques a publié une forte déclaration de solidarité avec les Eglises de Terre Sainte et condamné ceux qui versent le sang des innocents, de quelque côté que ce soit. "Nous avons vu les effets dévastateurs du mur de sécurité que l'on est en train de construire à travers les terres et les maisons des communautés palestiniennes", peut-on lire.

Les évêques dénoncent ce qui apparaît comme "une structure permanente, divisant les familles, les isolant des terres qu'ils cultivent et de leurs moyens d'existence, les coupant même de leurs institutions religieuses".

Publié à l'issue d'une conférence de presse dans la Vieille Ville de Jérusalem, le communiqué relève que les évêques américains et européens ont pu vivre "l'expérience de la frustration et de l'humiliation subies chaque jour par les Palestiniens aux points de contrôle, qui les empêchent de nourrir leur famille, de se rendre à l'hôpital, d'aller au travail, de suivre leurs études et de rendre visite à leurs parents".


Qu'en est-il du respect de l'Accord Fondamental signé entre Israël et le Saint-Siège ?

La délégation épiscopale relève également que, "malgré des efforts visibles", des prêtres, des séminaristes, des religieuses et des religieux, ainsi que du personnel laïc, se sont vu refuser des visas et des permis de séjour, ou ont eu des difficultés à les obtenir pour étudier et travailler en Israël et dans les territoires palestiniens.

Ces mesures prises par les autorités israéliennes constituent de véritables obstacles empêchant les Eglises de réaliser complètement leur mission au service du peuple de Terre Sainte. "Ceci est particulièrement regrettable, étant donné que l'Etat d'Israël et le Saint-Siège viennent tout juste de célébrer les dix ans de la signature de leur Accord Fondamental", écrivent les évêques. Ils se disent également inquiets des instructions écrites données par les autorités israéliennes aux pèlerins arrivant en Terre Sainte, qui vont rendre désormais très difficiles les visites des lieux saints chrétiens situés dans les territoires palestiniens, y compris la Basilique de la Nativité à Bethléem.


Pas des murs, des ponts!

Malgré la situation dramatique – le communiqué réclame, à l'instar de Jean Paul II, "non des murs, mais des ponts!" -, les évêques catholiques ont également perçu des signes d'espoir, en particulier la vitalité et l'engagement de l'Eglise de Terre Sainte elle-même, y compris les relations fraternelles entre les chefs des Eglises chrétiennes. Ils ont également noté la faible, mais notable, augmentation du nombre de pèlerins se rendant sur les lieux saints. Ils concluent leur visite, intitulée "L'Eglise universelle solidaire de l'Eglise en Terre Sainte", par cette parole à l'adresse des communautés chrétiennes locales: "Vous n'êtes pas seuls!". JB


Des évêques venus d'Europe et des Amériques

Le communiqué publié à l'issue de la visite de solidarité avec les chrétiens de Terre Sainte est signé par Mgr Brendan O'Brien, président de la Conférence épiscopale canadienne; Mgr Wilton D. Gregory, président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis; Mgr Patrick Kelly, vice-président de la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles, également délégué du Conseil des Conférences épiscopales d'Europe (CCEE); Mgr Bernard-Nicolas Aubertin et Mgr Lucien Daloz, de la Conférence des évêques de France; Mgr Reinhard Marx, de la Conférence épiscopale d'Allemagne; Mgr Joan Enric Vives, de la Conférence épiscopale d'Espagne; Mgr William Kenney, de la Conférence des évêques catholiques de Scandinavie et délégué de la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté européenne (COMECE); Mgr Gregorio Rosa Chavez, président de Caritas Amérique latine; Mgr Piergiuseppe Vachelli, sous-secrétaire de la Conférence épiscopale italienne. La Conférence des évêques suisses était représentée par Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire à Lausanne. (apic/com/haar/be)
15.01.2004 - Jacques Berset

Katholische Internationale Presseagentur (kipa@kipa-apic.ch)
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[Texte aimablement communiqué par l'Abbé René Arbez, Genève.]

Mis en ligne le 17 janvier 2004 sur le site www.upjf.org