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Shoah

Yad Vashem : inauguration du nouveau musée à Jérusalem
17/03/2005

Ambassade d'Israël en France

Newsletter n° 118 du 17 mars 2005


Plus de 30 chefs d'Etat et Ministres du monde entier se sont rendus mardi 15 mars à Jérusalem pour les cérémonies d'inauguration du nouveau Musée de Yad Vashem, le mémorial des martyrs et héros de la Shoah. Les cérémonies se sont réparties sur deux jours, sous le haut patronage du Président d'Israël, Moshé Katsav.

Parmi les personnalités présentes, on comptait notamment Jean-Pierre Raffarin, Kofi Annan, Joshka Fisher, et les Présidents de Bosnie-Herzegovine, de Croatie, de Lituanie, de Serbie et de Pologne – des pays qui ont été très actifs pendant la guerre dans la déportation des Juifs. Il y avait aussi les Présidents de Suisse et d'Albanie, les Premiers ministres de Suède, d'Italie, des Pays-Bas, de Belgique, du Danemark et de Roumanie, le Vice-Premier Ministre britannique, et des Ministres et hauts représentants norvégiens, espagnols, tchèques, grecs, turcs, estoniens, latviens, slovènes, russes, canadiens, autrichiens, hongrois, et du Vatican.

D'après le Président de Yad Vashem, Avner Shalev, cette impressionnante assemblée «illustre l'importance que les leaders du monde accordent au souvenir de la Shoah. Cela met en lumière le rôle essentiel joué par Yad Vashem, qui n'est pas seulement de remémorer le passé, mais aussi de forger le futur, en luttant contre l'antisémitisme et pour les valeurs des droits de l'homme et de la démocratie ».

10 ans ont été nécessaires pour construire ce nouveau musée. Il s'étend sur 4200 mètres carrés, quatre fois plus vaste que l'actuel musée qu'il va remplacer. Il présente l'histoire de la Shoah, d'une part de façon didactique, d'autre part d'une façon plus originale, avec des expériences de victimes, des témoignages, des objets personnels, des œuvres artistiques. L'idée est de raconter l'Histoire avec un grand « H » et celle avec un petit « h », toutes les petites histoires qui la composent.

Il y a un nouveau hall des noms, et la fin de la visite nous mène sur une terrasse avec une vue panoramique sur Jérusalem : tout un symbole…

Le nouveau musée de Yad Vashem sera ouvert au public dès la fin du mois de mars.


Les leaders du monde à Jérusalem

Le Premier Ministre Sharon a eu des entretiens avec un grand nombre de leaders venus à Jérusalem, les 15 et 16 mars, à l'occasion de la cérémonie de l'inauguration du nouveau musée de Yad Vashem : Kofi Anan, Jean-Pierre Raffarin, les Présidents de la Pologne et de la Suisse, les Premiers ministres belge et néerlandais, etc.

Moshé Katsav

Le Président d'Israël a appelé les leaders européens à poursuivre la mémoire de la Shoah : «Les leaders du monde aujourd'hui représentent la dernière génération entre ceux qui ont vécu la Shoah et les générations à venir ; c'est la raison pour laquelle les dirigeants de ce monde doivent porter la responsabilité de cette mémoire, des leçons et de la spécificité de la Shoah».


Ariel Sharon

Le Premier ministre israélien a déclaré, lors de la cérémonie : «A la fin d'une visite de ce musée, le visiteur sort et voit le ciel et la vue ouverte de Jérusalem. Je sais quel est le sentiment d'un Juif qui sort des profondeurs et respire l'air de Jérusalem. Il se sent à la maison, il se sent protégé et comprend la terrible différence entre celui qui vit dans son pays, un pays qui est capable de le défendre, et entre celui qui se trouvait seul, sans aucune protection face à des bêtes humaines ; il sait que l'Etat d'Israël est la garantie que le peuple juif ne connaîtra plus jamais la Shoah.

Ariel Sharon a exprimé au Premier ministre français sa satisfaction quant à l'action du Gouvernement dans la lutte contre l'antisémitisme. Il a salué les efforts des deux pays pour améliorer les relations bilatérales, malgré des désaccords sur le plan diplomatique, et a exprimé sa volonté de poursuivre la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays.

Jean-Pierre Raffarin

Jean-Pierre Raffarin a confirmé que les relations bilatérales se sont réchauffées et a noté que la France voulait améliorer les relations dans tous les domaines. Il a souligné que le Gouvernement français lutte contre l'antisémitisme avec toutes les forces nécessaires. Il a également noté qu'il apprécie le courage d'Ariel Sharon pour son plan de désengagement et a ajouté que ce plan ouvre une nouvelle perspective de paix et d'espoir à la région.

Le Premier ministre français a salué le travail commémoratif présenté par le musée, qui permet, selon lui, de porter la parole des victimes : «Ecrire, dire, faire savoir ce qui se passait, quelle profondeur dans le mal fut atteinte, cela valait raison de vivre et de tenir dans ce tréfonds… [Les victimes] luttaient contre l'anéantissement voulu, préparé, planifié de leur - de notre - humanité, de cette part irréductible que chacun de nous porte, et continue de porter avec eux. Cette parole demeure, auprès de nous tous. C'est de cette parole que ce lieu se fait l'écho».

«Le Gouvernement que je dirige lutte avec détermination contre toutes les formes de réapparition de l'antisémitisme en France. La répression est nécessaire… mais, tout autant que la répression, c'est l'éducation qui importe. A ces générations, nées longtemps après 1945, nous devons répéter sans cesse que la Shoah demeure une fracture de leur histoire, une aporie au cœur de leur identité. Je voudrais rendre hommage aux efforts inlassables accomplis ici, à Yad Vashem, pour l'éducation à la mémoire de la Shoah», a-t-il conclu.

Kofi Annan

D'après K. Annan, la tragédie de la Shoah occupe une «place unique dans l'histoire des Nations Unies». «Notre mission globale de paix, de liberté et de dignité humaine a été littéralement forgée dans le feu, en fait un des feux les plus atroces que l'humanité ait jamais contemplés», a-t-il déclaré.

«L'une des responsabilités sacrées de l'ONU est de lutter contre la haine et l'intolérance… Si l'ONU échoue dans son rôle de leader dans la lutte contre l'antisémitisme et le racisme, elle sera vouée à renier sa propre histoire et à mettre en danger son avenir. Cette responsabilité nous lie au peuple juif et à l'Etat d'Israël, qui est né, comme l'ONU, des cendres de la Shoah», a-t-il poursuivi.

© Ambassade d'Israël en France


Lettre d'information éditée par l'Ambassade d'Israël en France
Dina Sorek, Ministre-conseiller à l'information près l'Ambassade d'Israël à Paris


Mis en ligne le 17 mars 2005 sur le site www.upjf.org