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Éditorialistes
Menahem Macina

De Charm el Cheikh à Netanya, Menahem Macina
14/07/2005

L’opinion qui prévaut, tant dans la presse que dans l’opinion publique mondiales, est qu’Abbas veut sincèrement la paix, mais qu’il en est empêché par ses ultras, les groupes terroristes irréductibles en tous genres. Est-ce-si sûr ?
13/07/05
 
Le 8 février 2005, Sharon et Abbas se rencontrent à Charm el Cheikh. Ils y proclament un cessez le feu général et l’arrêt de toutes les opérations militaires. Depuis, les provocations et les tentatives d’attentats n’ont pratiquement pas cessé, des pluies de roquettes s’abattent régulièrement sur des localités israéliennes, y compris sur celles qui sont situées dans des zones indiscutablement israéliennes. Et, voici qu’un terroriste-suicide, venu de la Cisjordanie toute proche, vient semer la mort à Netanya ! Peut-on encore se taire sur les responsabilités de la direction politique palestienne et, en premier lieu, sur celles de son chef, Mahmoud Abbas ?
 
 
Après avoir établi, pièces à l’appui, dans leur excellent ouvrage, Le dossier Arafat, publié en 2004, que le Raïs palestinien avait planifié, déclenché et soutenu l’Intifada, les avocats Karin Calvo-Goller et Michel A. Calvo, découvraient, avec stupeur, en février 2005, que l’actuel Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, ne dérogeait pas à cette politique.
 
Et ils le prouvent en mettant à la disposition des internautes, sur leur site Internet (ledossierarafat.com), un document vidéo, aussi stupéfiant qu’irréfutable, où l’on peut voir et entendre M. Abbas, interviewé par Mohammed El Baz, sur une chaîne de télévision palestinienne, déclarer, sans la moindre gêne, qu’il a lui-même donné l’ordre aux terroristes de tuer des (civils) Israéliens - ce qu’il appelle «accomplir son devoir de résistant». (Voir la vidéo en arabe).
 
Ci-après, deux passages-clé de cette interview, traduits en français par un traducteur-interprète juré assermenté près les Cours d’Appel. (Voir le document pdf).
 
Il importe de bien noter que cet entretien télévisé a eu lieu le 14 février 2005,
soit 6 jours seulement après la conclusion de l’accord de cessez-le-feu réciproque !
Question de Mohammed El Baz :
 
Si je comprends bien, l’opinion publique israélienne a évolué de manière positive à l’égard de notre cause, à l’égard de notre peuple ; elle reconsidère notre position, elle pose sur vous un regard différent : quel est donc le message que vous adressez aujourd’hui à l’opinion publique israélienne ?
 
Mahmoud Abbas :
 
… Quand je dis qu’il faut libérer les prisonniers, cela veut dire qu’il faut les libérer : ce sont des êtres humains qui ont fait ce que nous leur avons commandé de faire, nous, en tant qu’Autorité Palestinienne, et, par conséquent, il n’est pas juste de les sanctionner pour ceci, alors que, de notre côté, nous nous réunissons autour de la même table pour dialoguer et négocier. De plus, cela fait déjà plusieurs années qu’ils sont emprisonnés. Pour combien de temps encore ? A vie ? Ils ont été jugés, ont vécu longtemps loin de leurs proches et de leurs familles ; ça suffit. Voilà le message que j’adresse aujourd’hui à l’opinion publique israélienne. Il faut que le peuple israélien fasse preuve d’autorité, qu’il fasse pression sur son gouvernement, qu’il manifeste dans la rue. Il faut qu’il exige la libération de nos prisonniers, le retrait de Gaza et de Cisjordanie et des autres régions. Il n’est pas permis que le peuple palestinien continue à être brimé et envahi éternellement…
 
 
Mohammed El Baz :
 
Monsieur le Président, comment faire pour gérer leurs exigences et leurs discours concernant ceux qui ont du sang sur les mains ?
 
Mahmoud Abbas :
 
Bon, soyons clairs : il s’agit d’une guerre – la guerre des guerres. En temps de guerre, vous donnez des ordres à vos soldats de tuer ; moi, j’ai donné ordre à mon fils, à mon frère, bref, à quiconque, d’accomplir son devoir de résistant. Dans les deux cas, qu’il s’agisse du soldat ou du civil, l’un et l’autre ont tué. Il ne faut donc pas venir me dire qu’ils doivent rester en prison parce qu’ils ont  du sang sur les mains.
Il s’agit de combattants, et, comme tout être humain qui se bat en période de guerre – et des guerres, il y en a eu partout dans le monde -, quand il y a trêve, il faut oublier le passé ; ça s’applique aussi aux prisonniers, aux déportés. Ils doivent tous être libérés. Sinon quel sens aurait la paix ? Ça suffit, c’est fini. Il faut libérer les prisonniers, il faut libérer les déportés… Sinon, que voulez-vous que je réponde au citoyen ordinaire lorsqu’il me dira : « Voilà où j’en suis aujourd’hui ; c’est toi qui m’as donné l’ordre d’agir, c’est donc toi qui es responsable de mon sort » ?
 
Surréaliste ! N’est-ce pas ? Mais non moins réel !
 
 
Maître Michel A. Calvo a raison de faire remarquer :
 

« [M. Abbas] semble ignorer, ou feint d’ignorer que

tuer des civils constitue un crime contre l’humanité.

Les attentats ayant visé des civils juifs,

les auteurs peuvent être poursuivis pour crimes de génocide.»

 
D’ordinaire, il n’est pas facile d’apporter des preuves tangibles à l’appui d’aussi graves chefs d’inculpation. Quant à obtenir des aveux, c’est, le plus souvent, impossible.
 
Or, ici, note encore Me Calvo, nous avons un « aveu extrajudiciaire exceptionnel, concernant des faits, niés jusqu’à ce jour et qui relèvent de la responsabilité [de M. Abbas] et de celle de tous les membres de l’Autorité Palestinienne qui se sont succédé ».
 
Qu’attend donc la presse pour relayer ces éléments de preuve indiscutable, pour qu’ils remontent jusqu’aux autorités civiles, politiques et judiciaires, et que les coupables soient dénoncés, et éventuellement châtiés comme ils le méritent, sans faire acception de personne - M. Arafat, à titre posthume, et M. Abbas, en personne ?
  • En ces jours, où le Tribunal Pénal International, secondé par les forces de l’Otan, donne la chasse aux dirigeants serbes, Radovan Karadzik et Ratko Mladic, coupables de crimes contre l’humanité
  • En ce jour, où le terrorisme palestinien vient encore de semer la mort dans une ville paisible du territoire israélien...
n’est-il pas temps de rompre le silence complice qui,
par un philo-palestinisme aveugle et partisan,
couvre des crimes contre l’humanité perpétrés par des terroristes
qu’un dirigeant palestinien, indûment adulé par les Occidentaux, ose appeler : 
 
des «résistants» qui n’ont fait que leur «devoir» ?
 
© Menahem Macina pour upjf.org.
 
 
Voir aussi : Le Dossier Arafat’ boycotté par la presse - ’Le dossier Arafat’, recension de M. Remaud
 
 
Mis en ligne le 13 juillet 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org