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Menahem Macina

Le téléthon du tsunami: solidarité et intérêt, M. Macina
06/01/2005

06/01/05

Selon l’AFP, qui relaie une information de l’ONU, les promesses d’aide internationale aux pays d’Asie ravagés par les raz-de-marée oscillent désormais entre 3 et 4 milliards de dollars, et ce montant ne cesse d’augmenter, souvent sous la pression de collectes privées qui atteignent des niveaux record et dépassent parfois largement la part de l’effort public.

On est frappé par la frénésie de promesses de dons : un véritable téléthon. D’abord timides et modestes, les chiffres se sont rapidement envolés pour atteindre des sommets. Le diagramme de l’AFP, ci-dessous illustre le niveau des contributions promises.



Philippe Landry (AFP/AFP/Infographie - mercredi 5 janvier 2005, 21h09)



Et encore n’est-il déjà plus à jour. Les enchères ne cessent de monter. Hier, étaient résolument en tête le Japon, l’Allemagne et les Etats-Unis. Mais l’Australie, proche voisin de l’Indonésie, vient de réaliser l’échappée la plus époustouflante, qui laisse loin derrière le trio de tête. En effet, le le Premier ministre australien, John Howard, s’est engagé à consacrer l’énorme somme d’un milliard de dollars à la réhabilitation de l’Indonésie, dont 500 millions d’aide directe et 500 de prêts à faible intérêt. M. Howard a précisé que l’aide globale sur 5 ans atteindrait le montant-record de un milliard huit cent millions de dollars!

Et malgré le propos habile, selon lequel "la dimension de la catastrophe exigeait une réaction au-delà de l’ordinaire", il est clair qu’ici l’intérêt l’a emporté sur la solidarité, ou du moins, a fait avec elle un mariage de raison.

Considérons un instant la situation géographique respective des deux pays :



La relative proximité de l’Indonésie et de l’Australie, semble faire de cette dernière le maître d’oeuvre tout désigné de la reconstruction gigantesque des parties dévastées de l’Indonésie. En ce sens, son énorme apport financier est un peu comme un "Plan Marshall" régional. Outre qu’il lui assurera une prépondérance technologique et économique, il lui permettra sans doute également d’exercer une influence politique déterminante, capable, par exemple, de contenir l’Islamisme. En effet, la population de l’Indonésie, à très forte majorité musulmane, constitue un vivier potentiel pour la diffusion de cette idéologie.

Alors, se demandera-t-on peut-être, qu’ont à gagner les autres pays donateurs qui, comme les Etats-Unis et l’Europe, sont trop loin de cette région pour exercer sur elle une influence directe ? La réponse n’est pas évidente et la donne est trop complexe pour qu’une réponse décisive puisse être apportée à cette question. Il semble, toutefois, que le gain, ici, s’évalue en termes d’image.

Les conflits, on le sait, doivent dorénavant inclure, dans leur stratégie, le facteur opinion publique, qui est loin d’être négligeable. Le cas de figure le plus flagrant et le plus instructif est celui de l’Amérique. La visite de Colin Powell vient d’illustrer cette stratégie, qui ne se donne même pas la peine de se dissimuler.

S’exprimant à Jakarta, la capitale indonésienne, le 4 janvier au soir, Powell a émis l’espoir que l’énorme opération humanitaire américaine contribuera à diminuer les sentiments hostiles aux Américains dans le monde musulman et aidera à combattre le terrorisme. Nous ne sommes pas des ennemis de l’Islam, a-t-il insisté. J’espère qu’en voyant nos efforts et l’aide apportée par nos pilotes, les citoyens indonésiens apprécieront mieux le système de valeurs qui est le nôtre.

Voire.

Menahem Macina

© upjf.org



Mis en ligne le 06 janvier 2005 sur le site www.upjf.org.