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Éditorialistes
Menahem Macina

Le Pen... aujourd’hui comme hier, Menahem
26/04/2002

"Comment se fait-il, m’ont écrit des membres de mon fan-club, que vous, Menahem, le pourfendeur des méchants, n’écriviez rien à propos de Le Pen, surtout dans les circonstances actuelles ?"

La réponse est simple. Tant de plumes lepenophobles, meilleures (ou plus en cour) que la mienne s’y adonnent chaque jour avec une telle ardeur, que - vaniteux comme je suis - je n’ai pas envie de m’égosiller sans qu’on m’entende, dans ce hourvari général.

Mais puisque vous insistez, je vais - fainéant comme je suis - vous servir du réchauffé en la matière, en l’espèce de deux billets publiés, il y a quelques années, dans "Actualité Juive" (hebdomaire qui, à l’époque, prisait ma prose, et m’avait confié un billet hedomadaire...)

Et puis... tant pis, je le dis, bien que je risque de paraître immodeste : en relisant ces papiers vieux de 5 et 6 ans, je trouve qu’ils sont comme moi (!) : ILS N’ONT PAS PRIS UNE SEULE RIDE...

Le rouge au «Front»…


C’est chose peu commune que d’entendre le leader du FN se réclamer de Jules Ferry et de Léon Blum. On prend son bien où l’on peut, lorsqu’on est accusé de racisme pour avoir rappelé un truisme : l’inégalité des races!
Et puis, lorsqu’un Marocain – «Non pas un Français, Madame Ockrent, je vous parie 45.000 F que c’est un Marocain!» –, lorsqu’un Marocain donc assassine un petit Français, au diable ceux qui brandissent les spectres d’Hitler et de Mussolini!…

Pauvre Le Pen, défenseur héroïque d’une France cannibalisée par les étrangers – surtout les noirs et les maghrébins! – qu’interviewe une journaliste «orientée, épouse d’un ex-ministre socialiste»!

Pauvre Le Pen, victime d’un «complot maçonnique» (Ch. Ockrent : «Vous n’avez pas oublié un adjectif?»)…

Qu’on ne laisse jamais parler sans lui couper la parole.

Que l’on questionne comme un prévenu!

À qui, enfin, l’on intente un procès d’opinion, parce qu’il affirme, au nom de tous les «vrais» français, qu’il faut bouter hors du sol national ces étrangers qui mangent notre pain!…

Ces races inférieures «qui viennent, jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes…»


La France en a le rouge au Front… national!


A.J., n° 487 du 26 septembre 1996

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Le mauvais œil


"Envoyé Spécial" consacrait récemment une séquence décapante à M. Le Pen. Après l’avoir vue, on comprend pourquoi l’intéressé a lutté bec et ongles pour exiger des coupures. Mais que les Lepénophobes ne se bercent pas d’illusions : familier des bas-fonds de la politique, aussi imprévisible qu’insaissable, gageons que, tel le poulpe couvrant sa fuite d’un nuage d’encre, ce champion de l’esquive et de la réponse à tout aura tôt fait d’éructer le flot rageur de ses dénégations, de ses sarcasmes et de ses arguments ad hominem, pour tenter de faire oublier cette mise à nu obcène de son idéologie.

Le réalisateur a eu raison de souligner les parallèles frappants entre les thèmes xénophobes du leader du FN et ceux de la droite nationaliste, raciste et antisémite des années 30 et du régime de Vichy.

Il a bien fait de stigmatiser l’exploitation des peurs et des frustrations de larges couches de la population, le martèlement des vieux poncifs du "complot maçonnique et euro-mondialiste", à la solde du "capital anonyme et vagabond", et le haro sur l’"invasion étrangère", réputée responsable du chômage et de l’abâtardissement de la France.

Mais je crains que la démonstration ne laisse de marbre les électeurs du FN. D’aucuns les prétendent abusés. Possible.

Difficile d’oublier pourtant qu’à l’instar du séducteur, le démagogue n’est qu’un catalyseur, un débrideur de pulsions qui n’attendent qu’une prise de pouvoir de la démesure pour se donner libre cours.

On ne regarde pas impunément la Gorgone dans les yeux, ni Le Pen dans le blanc de l’œil qui lui reste.


Car, quelle que soit la manière dont il a perdu l’autre, une chose est sure :
IL A LE MAUVAIS OEIL !


A.J., n° 510 du 7 mars 1997