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Menahem Macina

Du sel sur la plaie d’Israël
10/04/2002

A 9h 15, ce matin du 10 avril 2002, j’allume ma télévision et vais directement sur CNN - une habitude, presqu’une accoutumance. Je m’attends à quelques nouvelles du jour et je suis curieux de savoir où en est Colin Powell de sa tournée au Proche-Orient.
Et soudain tombe l’information : un nouvel attentat vient de frapper la population civile israélienne.
En matière de victimes, les évaluations varient : de 8 à dix morts et de 12 à 20 blessés. Comme à chaque fois qu’un attentat de cette nature se produit, la peine, la douleur m’envahissent. Je m’imagine l’horreur de celles et ceux qui se sont vus mourir dans les plus atroces souffrances, la douleur des blessés, le désespoir des familles.
Comme à chaque fois qu’un tel drame se produit, je n’attends pas du présentateur le moindre mot de compassion. Ce n’est pas son rôle, bien sûr. Par contre, je suis anxieux d’entendre les réactions des divers ’référents’ auxquels, je le sais, la chaîne va faire appel. J’espère confusément que l’un d’entre eux ne va pas avoir l’impudence d’attribuer cet acte à l’action israélienne "Bouclier de défense" contre les infrastructures terroristes terrées dans les villes palestiniennes. Mais ce qui suit est pire encore.
Comme je l’avais prévu, la présentatrice demande ses premières réactions à une personnalité. Et devinez laquelle... Saeb Erekat, le ministre palestinien de l’information !
L’homme, connu pour sa parfaite maîtrise de l’anglais, son débit verbal torrentueux et son habileté à retourner à l’avantage de la direction palestinienne les pires erreurs ou mensonges de cette dernière, ne faillit pas à sa réputation.
Après l’inévitable phrase standard exprimant un regret de pure forme pour les victimes civiles et le désaccord de l’Autorité Palestinienne avec de tels actes, Erekat se lance dans une diatribe-fleuve, stigmatisant Ariel Sharon pour les "massacres" qu’il est censé perpétrer chaque jour, menaçant l’Etat hébreu d’un embrasement général suite à cette "politique du pire". Et d’adresser un appel solennel aux Israéliens. "Cet homme vous mène à la catastrophe", dit-il en substance, "ne continuez pas à le suivre"... Et le reste à l’avenant.
Deux minutes au moins se sont écoulées, sans que la présentatrice n’intervienne. Je n’en crois pas mes oreilles. Je bous d’indignation. Va-t-elle interrompre ce moulin à paroles, ce proféreur de vaines leçons, d’impudentes menaces?
L’interruption vient enfin - encore la pauvre femme a-t-elle du mal à glisser sa voix fluette dans le flot serré de la harangue de son référent. Sa question est à peine audible. Il s’agit, me semble-t-il, des conséquences possibles de ce nouvel attentat sur la visite prochaine de Powell en Israël et sur les chances qu’il rencontre ou ne rencontre pas Arafat.
Mais je n’écoute plus. J’attends avec impatience le référent suivant. Car je ne doute pas qu’après ce point de vue palestinien viendra celui d’un Israélien. Et je suis anxieux de l’entendre.
Mais rien de tel ne se produit. Croyez-le ou non. La mort de 8 civils israéliens n’aura droit, en guise d’oraison funèbre, sur CNN, qu’à une diatribe palestinienne agressive.
Ainsi va le monde et tel est le destin de notre peuple.
Où est la justice, où est la compassion?
D. seul peut répondre. Mais quand et comment ?
Les Saintes Ecritures répondent, la Torah d’abord, puis les Prophètes :

"A moi la vengeance et la rétribution, pour le temps où leur pied trébuchera. Car il est proche, le jour de leur ruine; leur destin se précipite! Car L’ETERNEL va faire droit à son peuple, il va prendre en pitié ses serviteurs. Car il va voir que leur vigueur s’épuise... Oui, je lève ma main vers le ciel et je dis: Aussi vrai que je vis pour toujours... quand j’aurai aiguisé mon épée fulgurante, ma main saisira le Droit. Je rendrai la pareille à mes adversaires, je paierai de retour ceux qui me haïssent... Car [D.] vengera le sang de ses serviteurs, il rendra la pareille à ses adversaires, il paiera de retour ceux qui le haïssent et purifiera la terre de son peuple." (Deutéronome, 32, 35 et ss.).
"Car ainsi parle L’ETERNEL Sabaot, après que la Gloire m’eût envoyé, à propos des nations qui vous dépouillent: "Qui vous touche, touche à la prunelle de mon oeil" (Zacharie 2, 12).

Menahem