Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Éditorialistes
Menahem Macina

"Désolés, mais c’est eux ou nous", Menahem Macina
08/04/2002

En Israël et dans le cercle de plus en plus étroit des amis de ce peuple universellement contesté, l’espoir a fait place à l’incrédulité, à la stupéfaction et au découragement.

Comme souvent, le coup le plus dur est porté par un ami, en l’occurrence, l’Amérique, le grand allié - réputé inconditionnel - de l’Etat d’Israël.
Israël avait cru, nous avions cru avec lui, que le monde avait compris à quel adversaire nous avions affaire – je ne parle pas du peuple palestinien, mais de sa direction politique. Sharon, l’exutoire de la haine des chefs des nations, l’empêcheur de pétro-dollariser en rond, croyait pourtant avoir fait la preuve de l’inanité des accusations de va-t’en-guerre, de partisan du Grand Israël, d’ennemi irréductible du peuple palestinien, voire d’assassin et de criminel de guerre, dont l’accablaient ses ennemis.
N’avait-il pas stoïquement supporté, durant des mois, des attentats horribles, sans procéder à des représailles dignes de ce nom, se contentant de détruire des bâtiments ? Pour donner des gages de son aspiration à la paix, il avait accepté toutes les conditions posées par son allié américain.
Bien qu’ayant compris la stratégie d’Arafat, visiblement engagé dans une guerre de harcèlement contre l’Etat hébreu, il avait donné des gages de loyalisme, de fidélité à la parole donnée. Tandis qu’en face…
Plus Israël faisait de concessions, plus Arafat se faisait exigeant. Une à une, Sharon avait renoncé à toutes ses conditions préalables, jusqu’à celle - pourtant légitime - de refuser de négocier sous le feu.
Mais tout cela n’avait pas fait cesser la terreur. Les attentats s’ajoutaient aux attentats, l’horreur à l’horreur, sans qu’on sache exactement ce que voulait cet ennemi impitoyable, de plus en plus intraitable et fanatique…

Alors, la colère de son peuple avait gagné le général vétéran, et un destin fatal le contraignit à reprendre son premier métier : celui des armes. Ses propres analyses et celles des membres de sa coalition l’avaient confirmé dans la certitude qu’Arafat ne voulait pas la paix, qu’il continuerait de violer cyniquement sa parole et ses engagements, tout en continuant d’envoyer ses commandos de massacreurs contre une population désorientée. La décision qui découlait de ce constat était inéluctable : il fallait combattre, éradiquer les structures terroristes retranchées dans les ’sanctuaires’ des villes autonomes palestiniennes, d’où les tueurs fondaient comme l’éclair pour frapper mortellement, puis, leur forfait accompli, s’y réfugiaient sans coup férir.

Restait l’inconnue majeure. De nos jours, la guerre ne se limite pas au choc des armes, celui des mots est tout aussi redoutable. Aujourd’hui, on peut perdre une guerre si l’on s’aliène les opinions publiques mondiales. Israël n’ignore rien de la détérioration de son image. Cette guerre - qu’on espère brève – il sait qu’elle déchaînera les passions, qu’elle mettra dans l’embarras les rares partenaires qui le soutiennent encore. Mais, "ein brerah" (pas le choix), comme on dit en hébreu. Ceux qui connaissent cet Etat et n’ont pas envers lui d’idées préconçues ni de haine irrationnelle, savent qu’Israël ne fait la guerre que lorsqu’il y est contraint, et surtout lorsqu’il estime que sa sécurité est en jeu. Et c’est le cas. Car ce pays minuscule, environné d’Etats hostiles, ne peut pas se permettre de perdre une seule guerre, pas même une bataille.

Donc, malgré la mauvaise presse qu’il a dans le monde, malgré la cote insolente de popularité d’Arafat, malgré l’engouement pro-palestinien de la quasi totalité de la planète, Israël caressait l’espoir – naïf me semble-t-il – que les dirigeants des grandes nations, particulièrement ceux des Etats-Unis, adopteraient son point de vue, à savoir : qu’Arafat n’est plus un partenaire crédible pour la paix, et que la direction de l’Autorité Palestinienne est devenue une entité terroriste au plein sens du terme.
De plus, Israël estimait que les forfaitures de plus en plus graves d’Arafat (Affaire du Carine A, bordereaux – signés par lui - de versement de rémunérations à des terroristes déclarés, etc.) vaudraient au leader palestinien un discrédit définitif, voire amèneraient G. Bush à le désavouer, comme l’avait fait jadis son père, pour le chef d’Etat panaméen Noriega; ensuite une nouvelle génération de dirigeants plus modérés et surtout plus pragmatiques prendrait la relève des négociations de paix, et tout serait à nouveau possible. De surcroît, l’horreur que suscitaient les bombes humaines, de plus en plus souvent utilisées contre des civils, semblait de nature à instaurer un climat de compréhension internationale à l’égard de l’opération qui allait être lancée. Telles étaient les spéculations de l’exécutif israélien quant il approuva l’opération "bouclier de protection".

Au début, le silence américain fut interprété comme un acquiescement. Si Bush et Powell n’ont pas protesté contre la mobilisation de 20.000 réservistes – pensait-on – c’est qu’il sont tacitement d’accord pour une opération longue. Mais voici que, depuis hier, le vent a tourné. On ne saura peut-être jamais si c’est contraint et forcé que le président américain, a désavoué son allié, mais ce semble bien être le cas. Désormais, Israël a le dos au mur. Tout se passe comme si des forces colossales se liguaient pour l’empêcher de démanteler toutes les infrastructures terroristes palestiniennes. Certains Etats en ce monde semblent prêts à tout pour sauver Arafat et ce qui reste de l’Autorité Palestinienne, prêts même à mettre en danger la patrie, voire la vie de cinq millions et demi de Juifs israéliens. Pourquoi ?
Par humanitarisme, par idéal démocratique, par pitié pour le faible ? Allons donc ! Qu’on me permette ce piètre jeu de mots : les Etats n’ont pas d’états d’âme. Alors pourquoi?...

On sait que la cohabitation entre les nations est chose délicate. L’équilibre de la paix est sans cesse remis en cause par des situations, dont nous autres – qui ne sommes pas dans le secret des dieux – ignorons, le plus souvent, les tenants et les aboutissants. Les motifs apparents des conflits, ou les justifications qu’on en fournit n’ont souvent rien à voir avec les raisons invoquées. Qui croit encore que c’est l’assassinat de l’Archiduc Franz Ferdinand d’Autriche, à Sarajevo, le 28 juin 1914, qui fut la cause de la Grande Guerre (celle de 1914-18). On sait aujourd’hui que ce drame ne fut que le détonateur d’une situation déjà explosive, due à la bipolarisation de l’Europe (Triple Entente : France - Royaume-Uni – Russie, contre Triplice : Allemagne - Autriche-Hongrie - Italie), et qui engendrait des tensions permanentes et des affrontements ethniques sanglants; en fait, ce sont les nationalismes exacerbés et l’engrenage fatal des alliances qui firent dégénérer ce contentieux en une guerre terrible, responsable de dizaines de millions de morts. Cet exemple n’est pas unique, mais il a valeur de paradigme dans l’histoire des conflits. C’est sans doute à lui que songent les diplomates qui tentent d’enrayer l’escalade en cours, parce qu’ils savent qu’un événement relativement minime peut avoir des conséquences incalculables.

Pourtant, nous allons le voir, cette explication par l’histoire des conflits classiques ne rend pas suffisamment compte de la différence de situations. Si quelqu’un veut se livrer au jeu difficile de l’analogie et de l’extrapolation historiques, point n’est besoin de remonter si loin dans le temps. Un précédent s’impose – qu’il paraît difficile de considérer comme inadéquat : les attentats islamistes meurtriers du 11 septembre 2001, aux Etats-Unis.
Si différence il y a entre les bombes humaines qui terrorisent la population israélienne et les avions-suicide lancés contre les symboles de la force et de la prospérité américaines, elle n’est que dans l’échelle des pertes humaines simultanées, et non dans le processus de leur mise en œuvre, ni dans l’idéologie barbare qui en est le moteur, lesquels sont rigoureusement identiques.
Or, qu’avons-nous vu ? – Une Amérique toute entière debout derrière son président, et qui déclare la guerre au terrorisme mondial. Vous avez bien lu : « mondial ». Ensuite, se mit en branle une logistique impressionnante de guerre, qui alla semer la mort et la dévastation à des milliers de kilomètres du sol américain, faisant, comme c’est inévitable, de nombreuses victimes civiles innocentes – ce qu’on appelle pudiquement les «dommages collatéraux».

Extrapolons, à présent. Israël a été frappé, non pas une fois, ni deux fois, mais à des dizaines et des dizaines de reprises, avec une sauvagerie inouïe, et ses morts furent des civils horriblement déchiquetés par de modernes ‘kamikazes (qui ne méritent d’ailleurs pas ce nom, car les Japonais, eux, se faisaient exploser avec leur avion contre des cibles militaires : les navires alliés). C’est le moment de rappeler que les attentats-suicide palestiniens n’ont pas commencé avec l’Intifada II, mais en 1993, à l’époque même de la mise en place du processus d’Oslo. Puis vint la fameuse poignée de mains entre Rabin et Arafat. On commença à adopter la rhétorique de ce dernier: "la paix des braves", "les territoires contre la paix". Et les Israéliens se mirent à y croire. Après tout, se disaient-ils, l’égyptien Sadate avait été un adversaire implacable d’Israël, il nous avait attaqués, un jour de Yom Kippour. Il avait réellement voulu détruire Israël. Et puis, un jour, le miracle s’était produit : Sadate était venu à Jérusalem. Les Israéliens, incrédules l’avaient vu descendre de son avion présidentiel sur l’aéroport Ben Gourion, accueilli avec tous les honneurs militaires par un Premier ministre de droite, Menahem Begin, l’ancien terroriste de l’époque mandataire, dont la tête avait été mise à prix par les Anglais. Et finalement, l’ennemi irréductible d’hier s’était adressé à eux du haut de la tribune de la Knesset!
Dès lors, tous les espoirs paraissaient permis, la gauche israélienne triomphait, la droite même était ébranlée et voyait fondre son front du refus de l’idée même de la création d’une entité nationale palestinienne sur un sol considéré par eux comme juif. Puis la machine s’était grippée. Arafat, le partenaire de paix, se révélait ombrageux, retors, changeant, imprévisible. Il décourageait autant les Israéliens que les Américains par ses contradictions, ses paroles données et sans cesse reprises, son incapacité congénitale à décider, à s’engager… Jusqu’à la dégradation de ces deux dernières années et à l’Intifada II, qui ne tarda pas à prendre les allures d’un soulèvement armé.

Désormais, le peuple et les dirigeants israéliens avaient perdu leurs illusions. L’entité politique avec laquelle l’Etat hébreu était censé devoir faire la paix s’était manifestée au grand jour pour ce qu’elle avait toujours été : une organisation terroriste structurée, militarisée, fortement hiérarchisée et organisée, avec – cerise sur le gâteau – pour chef de guerre et trésorier-payeur des actes terroristes palestiniens, son Président démocratiquement élu : le prix Nobel de la Paix, Yasser Arafat.
Contrairement aux Américains, les Israéliens, eux, n’ont pas eu à déployer la logistique complexe de leur grand allié : leur champ d’opération se trouve, en effet, à quelques encablures des centres de peuplement de leur Etat. Ils n’ont pas déversé des tapis de bombes; d’abord parce que la nature de cette guerre, presque au corps à corps, ne le permet pas; ensuite parce qu’ils n’en veulent nullement à la population civile palestinienne, mais seulement à ses milices terroristes et à certains de ses dirigeants dévoyés. Comme le grand frère américain, ils ont décidé d’éradiquer le terrorisme, oh ! pas dans le monde, seulement à la porte de chez eux. Leur armée s’en est pris aux groupes terroristes qui se terrent au beau milieu de la population civile. Qui installent leurs ateliers clandestins de fabrication d’explosifs dans des appartements, des garages, voire des usines apparemment inoffensives. Qui infiltrent terroristes et bombes dans des ambulances. Qui mitraillent des civils au cours de leurs célébrations religieuses. Qui dansent dans les rues après un massacre d’innocents.
Comme les Américains, ils s’en sont pris au régime qui soutient ce terrorisme et lui donne asile, en l’occurrence, à la direction politique de l’Autorité palestinienne, qui ne vaut pas mieux que son bras armé. Qui aspire à devenir un Etat, et se conduit comme une entité maffieuse. Qui désinforme, ment, se parjure, calomnie, trafique l’information, et intoxique les opinions publiques occidentales. Qui diffuse un enseignement de la haine et du mépris du juif, jusque dans les manuels scolaires de sa jeunesse. Dont le clergé transforme chaque prêche en un appel au meurtre… Et je pourrais allonger la liste désespérante de ces constatations qui obsèdent l’Israélien moyen, de plus en plus amer à la lecture des réactions mondiales hostiles à tout ce que fait son gouvernement, mais compréhensives envers les actes inqualifiables de ses ennemis, hystériquement accusatrices pour chaque souffrance palestinienne, mais insupportablement indifférentes aux siennes…

Alors, quand leur Etat, a déclenché l’opération "bouclier de protection", ses citoyens, l’ont approuvée à une écrasante majorité (plus de 70%, selon un tout récent sondage). Et les journalistes occidentaux – qui n’aiment pas avoir tort et ne vont pas renoncer si facilement à LEUR coupable, désigné d’office à la vindicte de leurs opinions publiques - en sont réduits à racoler quelques gauchistes, juifs ou israéliens, irréductibles, et à les interviewer avec complaisance. On voit des chaînes de télévision couvrir avec emphase des manifestations pacifistes israéliennes qui ne comptent parfois que quelques centaines de personnes, et se contenter de mentionner brièvement, avec une gêne visible et une rage contenue, celles des partisans de l’auto-défense israélienne, se gardant bien d’en mentionner le nombre - surtout lorsque celui-ci dépasse, comme on l’a vu récemment, la dizaine de milliers de manifestants -, et d’en montrer la moindre image. Tout se passe comme au bon vieux temps des staliniens : ce ne sont pas les faits qui comptent, mais la grille de lecture que certains Etats et leur presse leur superposent, conformément à la vulgate de l’interprétation unique et hégémonique qui a cours, en ces temps de fausse vertu et de travestissement tiers-mondiste et anti-mondialiste de la vérité.

Mais je parle, je parle… et je m’aperçois que je n’en suis pas venu au fait : le pourquoi de ce soutien inconditionnel et quasi-universel de la cause palestinienne et de son icône sacralisée : Yasser Arafat.
Je me garderai bien de jouer les prophètes, car ces derniers – on le sait – sont conspués s’ils se trompent, et éliminés s’ils ont raison. Je dirai simplement ce que je crois, même si je dois sombrer dans le ridicule. Même si j’ai le tort d’avoir raison.

Les Palestiniens n’intéressent pas les Etats, surtout pas les Etats arabes. Le pathos que ces derniers entretiennent au sujet de ce malheureux peuple a pour seul but de masquer leur responsabilité écrasante dans ce drame humain, en même temps que de leur servir d’alibi pour la mauvaise action qu’ils sont sur le point de perpétrer : l’abandon du peuple israélien à son triste sort. Et eux, soyez-en persuadés, ils ne renouvelleront pas l’erreur du nazisme. Eux, ils auront un alibi en béton armé : l’antisionisme - ce frère jumeau de l’antisémitisme. Car, de fait, s’il est un point sur lequel les Etats du monde, à deux trois exceptions près, sont unanimes, c’est celui de la nuisance, en quelque sorte congénitale, du sionisme. "Le sionisme, voilà l’ennemi !", telle pourrait être la version, ’politiquement correcte’, de l’insortable : "le Juif, voilà l’ennemi !" - de sinistre mémoire.

C’est que le sionisme est devenu une pierre d’achoppement pour un nombre considérable de gens. S’ils ignorent pourquoi on hait tant cet avatar moderne du peuple juif - qui a le tort de faire mentir tous les stéréotypes du youtre éternel errant, haïssant le travail de la terre, inapte au métier des armes, etc. -, oui, même s’ils ne comprennent pas la raison profonde de cette antipathie universelle, "les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux", comme le chantait si finement Georges Brassens. Tout est là. Et nos gens de marteler (sans doute pour étouffer le "Pourquoi me frappes-tu ?" de cette caricature de Christ) les poncifs anesthésiants à la mode : "Il n’y a qu’à eux qu’il arrive ce qui leur arrive. Comment ont-ils pu se mettre dans un tel pétrin ? Il faut qu’ils soient têtus et arrogants. Est-il possible qu’ils ne soient pas ce que l’on dit qu’ils sont, ou qu’ils n’aient pas commis ce dont on les accuse. Le monde entier ne peut pas avoir tort et eux raison contre tous. DONC, puisque TOUT LE MONDE se plaint de ces gens-là, il faut les mettre au pas une bonne fois pour toutes"…
Et ce d’autant que l’entêtement d’Israël à jouer dans la cour des grands - en faisant, en tout petit, et pour quelques dizaines d’assassinés tout au plus, ce que les Etats-Unis font à une échelle gigantesque, et en massacrant des centaines de Palestiniens - irrite au plus haut point les Arabes.

Alors, il est temps qu’Israël le comprenne : que peuvent faire les nations qui ont le pistolet de la pompe à essence braqué sur leurs carnets de commandes et, en définitive, sur le porte-monnaie de leurs ressortissants ?
C’est que leurs gouvernants, eux, ont des centaines de millions de bouche à nourrir, des usines à faire tourner, des marchés juteux à sauvegarder, un chômage à résorber, une paix sociale à préserver, une Bourse à rassurer. Bref autant de motifs de tirer à vue, et en état de légitime défense, sur "ce petit Etat de m…" (© Ambassadeur de France en Angleterre)
- qui refuse de céder aux musulmans quelques pierres réputées saintes;
- qui ‘mégote’ pour quelques arpents de terre, au nom de prétendus motifs sécuritaires;
- qui colonise contre leur gré des millions de Palestiniens;
- qui, au final, fournit lui-même à ses détracteurs tous les motifs pour l’ostraciser, et à son dernier allié de poids, toutes les raisons du monde de cesser de le soutenir.

Alors, que cela plaise ou non, que je sois, après l’avoir dit, taxé de ’cinglé’ ou de ’paranoïaque’ - peu importe -, je dirai, pour finir, ce que je pense, ce que je crois, ce que je crains aussi (au point que j’aimerais avoir tort sur toute la ligne…).

Quand un peuple a cessé d’être utile à qui que ce soit,
qu’il n’a ni pétrole, ni ressources naturelles au-dessus de la moyenne,
qu’il n’est plus un allié indispensable dans la lutte entre grandes puissances (comme celle qui opposa les Etats-Unis et l’ex-Union soviétique),
quand il refuse trop ostensiblement de sacrifier sa spécificité, son identité et son unique foyer national sur l’autel de l’Or noir,
que croyez-vous qu’il puisse, qu’il doive lui arriver ?

Demandez aux nations. J’entends déjà le chœur des lâches :

"Désolé, mais c’est eux ou nous".

On devine la suite.

..................................

Mais qu’on se rassure : si – ce qu’à D. ne plaise ! -, ce mauvais scénario venait à se réaliser, dans x années, le temps ayant cicatrisé les blessures, une "Déclaration de repentance" regrettera, avec maintes circonlocutions pour en décliner la culpabilité, cette nouvelle Schoah.

Et il y a gros à parier que, s’il en reste un descendant de ces Israéliens - qui furent les derniers colonisateurs de l’histoire -, il écrasera discrètement une larme d’émotion.


Menahem


Copyright 2002 reinfo-israel et Menahem Macina